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Un article intéressant de "La Croix" sur la différence entre demandeur d’asile et migrant économique.

10 août 2017 -
PDF - 223.4 ko

Migrants : des pêcheurs tunisiens promettent de bloquer l’arrivée d’un navire affrété par des militants d’extrême droite

7 août 2017 -

un article de France TV Info qui redonne un peu d’espoir ! :

http://www.francetvinfo.fr/monde/europe/migrants/migrants-des-pecheurs-tunisiens-promettent-de-bloquer-l-arrivee-d-un-navire-de-militants-d-extreme-droite_2317563.html#xtor=EPR-2-[newsletterquotidienne]-20170807-[lestitres-colgauche/titre2]

Calais : « les policiers nous aspergent de gaz pendant que nous dormons » ( Libération, 26 juillet)

28 juillet 2017 -

Calais : « les policiers nous aspergent de gaz pendant que nous dormons »
Par Haydée Sabéran, Lille, de notre correspondante — 26 juillet 2017 à 07:22

L’ONG Human Rights Watch dénonce dans un rapport publié ce mercredi l’usage du gaz poivre par la police contre les migrants à Calais, y compris pendant leur sommeil. Des accusations qualifiées de « mensongères » par les autorités.

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Calais : « les policiers nous aspergent de gaz pendant que nous dormons »
Que faisiez vous le 30 juin au petit jour ? Moti W., un Oromo d’Ethiopie de 17 ans, lui dormait sous un pont à Calais. Human Rights Watch a recueilli son témoignage : « Les policiers sont arrivés. Ils nous ont aspergé le visage, les cheveu, les yeux, les vêtements, le sac de couchage, la nourriture. Il y avait beaucoup de gens endormis. La police a tout recouvert de gaz poivre. »
L’ONG new-yorkaise assure avoir recueilli « des récits cohérents et détaillés » et « des témoignages multiples » qui décrivent presque tous des migrants aspergés de gaz poivre jusque dans leur sommeil. Presque tous leurs interlocuteurs le racontent, et certains disent le vivre tous les jours. La préfecture, dans un communiqué, a parlé d’« allégations mensongères et calomnieuses ». Human Rights Watch qui avait déjà constaté des violations des droits humains en 2014 à Calais, est revenu fin juin-début juillet pour recueillir la parole d’une soixantaine d’exilés sur les violences policières.
Les témoignages, publiés dans un rapport intitulé « C’est comme vivre en enfer », sont glaçants. Ils corroborent et amplifient ceux recueillis par plusieurs journaux, dont Libération, ces derniers mois. Le rapport va plus loin encore que celui du défenseur des droits Jacques Toubon, déjà implacable. « Les aspersions ont lieu presque chaque nuit, raconte Nebay T., Erythréen de 17 ans. Les policiers s’approchent de nous pendant que nous dormons et nous aspergent de gaz. Ils le pulvérisent sur tout notre visage, dans nos yeux. » Dans la plupart des cas, précise l’ONG, « cet usage policier du gaz poivre se fait sans aucun avertissement » Un migrant explique qu’un agent « le bouscule du bout de sa botte » pour le réveiller, « avant de couvrir son visage de gaz ». Une femme de 18 ans, Layla A., raconte : « Il y a deux jours (le 29 juin, ndlr), je marchais sur la route. Des policiers sont passés et ont utilisé leurs sprays. C’était le soir, peu après 20 heures. […] Ils ont ouvert la fenêtre [de leur voiture], et ils m’ont aspergée. » Biniam T., Ethiopien de 17 ans : « Ils nous ont aspergé depuis la camionnette. Ils n’ont pas dit un mot. Ils ont juste sorti les sprays. » Saare Y., Erythréen de 16 ans, le 30 juin : « [Hier soir], l’un d’eux m’a attrapé. Il m’a tenu par le bras, et un autre agent de police est arrivé et m’a aspergé les yeux. Le gaz poivre est aussi entré dans mon nez. » Les scènes se passent à l’abri des regards. Mais pas toujours. Un bénévole raconte : « J’ai vu deux policiers en train d’asperger [un garçon] dans les yeux. Il a fait quelques pas avant de tomber par terre, sur les genoux. »
« Vous avez le sentiment qu’il vaudrait peut-être mieux vous tuer »
Negasu M., Oromo de 14 ans : « Quand les policiers me trouvent, ils m’aspergent de gaz. Ils prennent ma couverture. Parfois ils prennent mes chaussures. Parfois ils prennent mes vêtements. J’essaie de ne jamais dormir au même endroit. » Sans préciser leur âge, les enquêteurs de Human Rights Watch ont également vu des enfants avec « des bandages sous les yeux », qui leur ont raconté « que des policiers leur avaient envoyé du gaz poivre au visage la nuit précédente ». Abel G., 16 ans, raconte ce que provoque le gaz : « Vous pleurez. Vous avez très chaud au visage. Votre gorge est contractée. Vous ne pouvez plus respirer. » Demiska N., 15 ans, ajoute : « Vous êtes désorienté. C’est comme si vous ne saviez plus rien. Vous n’arrivez pas à réfléchir. Vous ne voyez plus rien. Vos ne vous rappelez plus de rien. Vous avez le sentiment qu’il vaudrait peut-être mieux vous tuer » dit le gosse de 15 ans. L’ONG précise qu’une étude du North Carolina Medical Journal explique que le gaz poivre, oléorésine de capsicum, peut « causer des brûlures et des abrasions aux yeux, des crises d’asthme, de l’hypertension, des douleurs à la poitrine, et une perte de conscience. »
L’ONG estime que les témoignages « suggèrent fortement que les CRS et d’autres corps de police ne respectent pas ces normes internationales et nationales ». Elle ajoute que « la pulvérisation de gaz poivre est une forme d’usage de la force. Son emploi sur des enfants et des adultes endormis est disproportionné et viole les règles internationales prohibant les mauvais traitements. Il en est de même de l’usage du gaz poivre à l’encontre d’enfants et d’adultes qui marchent le long des routes. »
Une « violation de l’interdiction de traitements inhumains et dégradants »
L’ONG, qui accuse les autorités françaises accusées de « violation de l’interdiction de traitements inhumains et dégradants » et « d’abus de pouvoir », réclame la fin des violences, un meilleur accès aux services de la protection de l’enfance pour les mineurs, un meilleur accès à la demande d’asile, et un hébergement pour les demandeurs d’asile.
Le sous-préfet de Calais, Vincent Berton a assuré à HRW que les témoignages étaient « des calomnies. La police est le corps administratif le plus contrôlé, et répond à des codes et des règles de déontologie très strictes. » Et à propos de sprays au poivre sur les migrants endormis : « Pour moi, ça n’existe pas. » Dans un communiqué publié mardi soir, la préfecture indique que le préfet Fabien Sudry « rappelle la possibilité à toute personne estimant que ses droits sont mis en cause de saisir les autorités judiciaires compétentes. À sa connaissance, seules trois plaintes ont été déposées depuis fin 2016 à l’encontre de l’action des forces de l’ordre ; elles en sont à un stade d’instruction. » Vendredi, le conseil d’Etat examine l’appel de l’Etat et de la ville contre le Tribunal administratif de Lille qui réclame douches, latrines, et points d’eau pour les migrants.

Human Right Watch dénonce l’utilisation de gaz poivre contre les migrants à Calais. (Le Monde, 26 juillet)

28 juillet 2017 -

D’une ampleur inédite, l’enquête de cette ONG indépendante montre que l’usage de l’agent chimique est quotidien, y compris sur la nourriture et l’eau.

Calais est un enfer… L’organisation humanitaire Human Right Watch (HRW), qui mène des investigations sur les violations des droits humains partout dans le monde, vient de dresser un bilan approfondi des violences policières dans le Calaisis.

D’une ampleur inédite, l’enquête de cette ONG indépendante et internationale, rendue publique mercredi 26 juillet, a été menée à partir d’entretiens avec plus de 60 demandeurs d’asile et migrants, dont 31 enfants non accompagnés, en juin et juillet. Il en ressort une violence récurrente et souvent gratuite des forces de l’ordre envers les exilés et les associatifs qui les aident à survivre.

Si les migrants ne se plaignent pas prioritairement d’être frappés ou insultés, ils sont unanimes à dénoncer l’usage quotidien du gaz poivre contenu dans les bombes lacrymogènes de défense dont disposent les policiers.

Cet « agent chimique conçu pour maîtriser des personnes se comportant violemment, cause une cécité temporaire, de fortes douleurs oculaires et des difficultés respiratoires, qui durent en général de trente à quarante minutes, précise le rapport. La nourriture et l’eau aspergées de gaz poivre ne peuvent plus être consommées, tandis que les sacs de couchage et les vêtements doivent être lavés avant de pouvoir être utilisés à nouveau. »

La nuit et le jour
D’après le travail de cette organisation des défense des droits de l’homme, ce gaz est en effet très largement utilisé contre les exilés, mais aussi contre le peu qu’ils possèdent, qu’il s’agisse de nourriture ou de biens. L’affaire n’est pas nouvelle mais elle a pris une ampleur inédite depuis que l’exécutif a fait évacuerla jungle, en octobre 2016, et il se bat pied à pied pour éviter toute reconstitution de campement dans le Calaisis.

L’auteur de ce travail, Michael Garcia Bochenek, un juriste, estime caractéristique le récit de Nebay T., un Erythréen de 17 ans, qui lui a raconté comment « les aspersions ont lieu presque chaque nuit. Les policiers s’approchent de nous pendant que nous dormons et nous aspergent de gaz. Ils le pulvérisent sur tout notre visage, dans nos yeux », lui a-t-il expliqué.

Ce qui se produit la nuit arrive aussi le jour, comme Layla A. le montre. Cette jeune femme de 18 ans lui a raconté que deux jours avant son entretien, elle marchait « sur la route » : « Des policiers sont passés et ont utilisé leurs sprays. C’était le soir, peu après 20 heures, ils sont passés près du point de distribution dans leurs voitures. Ils ont ouvert la fenêtre et m’ont aspergée ». Des humanitaires, subissent aussi parfois le même sort en plus des contrôles d’identité, des amendes à leur véhicule pour manque d’eau dans le lave-glace, pour des rétroviseurs sales ou un stationnement gênant.

Outre la nuit et les moments où les migrants sont isolés, loin des associatifs qui les aident, le temps des repas concentre aussi des manifestations de violence d’une autre sorte. Nasim Z., un Afghan, a expliqué à HRW que les policiers avaient intentionnellement aspergé son repas et qu’il a eu faim cette nuit-là. Certains jours, les distributions sont interdites, ou arrêtées arbitrairement.

Stratégie de la dissuasion
Une travailleuse humanitaire – elle souhaite rester anonyme –, d’Utopia 56, une des associations de terrain, a relaté avoir donné deux bidons d’eau à un groupe d’hommes. Le lendemain ils ont expliqué que des policiers avaient pulvérisé du gaz dedans. Sarah Arrom, qui travaille également pour Utopia 56, a enregistré plusieurs témoignages similaires ; comme des bénévoles d’une autre association, l’Auberge des migrants.

Ces pratiques-là ne sont pas nouvelles. Ces dernières années, Le Monde a interrogé des exilés qui avaient vécu ce type de violences. Pourtant, le travail de HRW va plus loin en mettant en exergue leur systématisme. Preuve que, comme le suspecte Bénédicte Jeannerod, la directrice de HRW France, il s’agit d’une stratégie de la dissuasion destinée à empêcher les exilés de se réinstalleren bordure de la frontière avec le Royaume-Uni, alors que la jungle a été démantelée en octobre 2016.

A moins qu’il ne faille même conclure, en accord avec une enquête indépendante baptisée « Nobody Deserves to Live This Way ! » (Personne ne mérite de vivre comme ça !) menée par la britannique Christine Beddoe pour la Human Trafficking Foundation qu’en réalité, « les actes hostiles des autorités françaises [à Calais] ont créé un “facteur répulsif” favorisant le trafic vers le Royaume-Uni ».

Bénédicte Jeannerod, qui signe après ce travail une série de recommandations qu’elle a dressées hier soir au gouvernement français, estime que « les autorités devraient envoyer un message clair pour signifier que le harcèlement policier, ou toute autre forme d’abus de pouvoir, ne sera pas toléré ».

Mépris des droits humains
Cette dernière rappelle en effet qu’« il est tout à fait condamnable que des policiers utilisent du gaz poivre sur des enfants et des adultes endormis ou en train de vaquer pacifiquement à leurs occupations » et insiste que « lorsque les policiers détruisent ou confisquent les couvertures des migrants, leurs chaussures ou encore leur nourriture, non seulement ils rabaissent leur profession, mais ils portent atteinte à des personnes ».

Pourtant, rien ne plaide vraiment pour que dans le contexte actuel de mépris des droits humains, son analyse soit entendue. D’ailleurs, lorsque l’organisation a présenté son travail au sous-préfet de Calais, Vincent Berton ce 7 juillet, HRW rapporte que ce dernier a tout simplement réfuté les résultats du travail. Le rapport reprend sa citation où il insiste sur le fait que « ce sont des allégations, des déclarations de personnes, qui ne sont pas basées sur des faits. Ce sont des calomnies ».

Cette réaction est ce qui, au fond, a le plus choqué l’auteur de l’enquête, Michaël Garcia Bochenek qui estime avec le recul, « difficile de comprendre le déni des autorités françaises, même après ces comptes rendus clairs, cohérents, détaillés et assez gênant des abus de la police. Au lieu de cet aveuglement volontaire, la préfecture devrait examiner les pratiques policières et assurer le respect des normes nationales et internationales ».

Déjà, du temps où Bernard Cazeneuve était ministre de l’Intérieur, ce dernier réfutait tous les témoignages, estimant que les migrants n’avaient qu’à porterplainte. C’est la réponse qu’il avait faite à HRW qui avait réalisé une première enquête sur le même sujet, fin 2015.

Alors, à Calais, la vie continue avec ses rêves brisés et ses cauchemars récurrents comme ceux de Gudina W., un Ethiopien de 16 ans qui a confié à l’enquêteur : « Quand je dormirai cette nuit, je verrai les policiers. Je me réveillerai et je me rendrai compte que j’ai rêvé que les policiers venaient me frapper. C’est ça dont je rêve. »

"C’est de l’abus de pouvoir" : à Calais, les bénévoles en colère face aux pressions policières (France info, le 23 juillet)

28 juillet 2017 -

Les associations d’aide aux migrants dénoncent les distributions d’eau et de nourriture interrompues, les gazages, les PV et les violences dont ils font de plus en plus l’objet.

Ils sont là pour aider des hommes, des femmes et des enfants à survivre. Mais à Calais (Pas-de-Calais), les bénévoles qui distribuent de l’eau, de la nourriture et des vêtements aux migrants se sentent entravés par la police. Face aux intimidations, aux interruptions de distribution et aux contraventions distribuées à tour de bras, les associations voient leur tâche devenir de plus en plus compliquée. "A Calais, la police s’en donne à cœur joie", dénonce Yann Manzi, le fondateur d’Utopia 56. Découragées, les associations se sentent abandonnées par le gouvernement et le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, qui les a d’ailleurs invitées à aller "déployer leurs savoir-faire ailleurs" lors de son déplacement à Calais le 22 juin. Franceinfo a recueilli leurs témoignages.

Des gazages et des violences physiques

Fin mai, dans une lettre envoyée à Emmanuel Macron, les associations avaient déjà dénoncé "une chasse à l’homme", "des violences policières illégitimes" et le "harcèlement des réfugiés". Mais depuis début juillet, la situation s’est encore dégradée et les bénévoles s’inquiètent désormais d’une escalade de la brutalité policière. "On a passé un cap la semaine dernière, dans la nuit du 13 au 14 juillet", raconte Lucie, bénévole et chargée de communication de l’association Utopia 56 à Calais. Gaël, le responsable de cette antenne locale, "s’est pris un coup de matraque sur le haut du crâne, alors qu’il essayait de calmer les exilés pendant une intervention policière".

Dans une vidéo, que franceinfo a pu visionner, on voit le bénévole se faire pousser violemment par un policier qui brandit sa matraque. Les images de la GoPro, qu’il porte sur son ventre, ne permettent pas de voir le coup, mais Gaël demande immédiatement au policier de se calmer. "Quoi ’calmez-vous ?’ Ça veut dire quoi ?" vocifère le policier en retour. "J’ai reçu un coup. Peut-être pas volontaire, mais il me l’a mis", explique alors Gaël à un autre policier, qui s’empresse de démentir.

"Vers minuit, le même jour, un CRS a aussi gazé l’intérieur d’un camion avec des vêtements et de la nourriture. On pensait que c’était un incident isolé, mais la même chose s’est reproduit le lendemain, en plein jour", assure Lucie à franceinfo.

Ils ont gazé l’intérieur d’un camion, alors qu’il y avait des bénévoles à l’intérieur.

Lucie
à franceinfo

C’est aussi ce qui est arrivé à Alan, un bénévole britannique de l’Auberge des migrants, pendant une distribution d’eau le 16 juillet. "Un des policiers (...) a utilisé sa bombe lacrymogène, il a commencé par asperger les réfugiés afin de les faire partir. Ensuite, il m’a aspergé de lacrymogène en plein visage", explique-t-il dans sa déposition, que franceinfo a pu consulter. Le bénévole a décidé de porter plainte.

Des distributions interrompues

Outre les violences physiques, les associations contactées par franceinfo dénoncent le fait que les policiers se montrent verbalement menaçants. "Ils nous disent n’importe quoi, que ce qu’on fait est interdit, qu’on n’a pas le droit d’être là et nous donnent l’ordre de nous disperser", raconte Vincent de Coninck, chargé de mission du Secours catholique à Calais. "On est obligé de faire de la pédagogie, de leur expliquer dans quel cadre légal on opère."

Les distributions de nourriture ou d’eau potable sont aussi régulièrement interrompues. "C’est de l’abus de pouvoir, de l’entrave à la distribution", selon Yann Manzi de Utopia 56. Claire Millot, de l’association Salam, qui se charge de distribuer les petits-déjeuners aux migrants, en a fait les frais dimanche.

D’un revers de la main, ils ont renversé toute la nourriture. De l’autre main, ils tenaient leurs bombes lacrymogènes. Ensuite, ils ont écrasé le pain avec leurs chaussures. On n’a rien pu faire.

Claire Millot
à franceinfo

"Les policiers n’ont rien, aucun papier à nous montrer", déplore cette bénévole, en dénonçant des actions arbitraires. Contactée par franceinfo, la préfecture du Pas-de-Calais botte en touche et admet qu’"aucun arrêté [interdit de] distribuer de telle à telle heure ou dans tel ou tel lieu". Reste qu’elle préfère que les distributions soient toujours "encadrées par la police".

Des contraventions répétées et abusives

Les associations se sentent aussi étranglées par des contraventions très fréquentes, qu’elles jugent abusives. "Les contrôles sur nos véhicules peuvent durer jusqu’à 40-50 minutes", rapporte François Guennoc, porte-parole de l’Auberge des migrants. "Ils s’arrêtent quand ils trouvent quelque chose qui n’est pas en règle. Parfois, on ne peut même pas contester les amendes qu’ils nous donnent, parce qu’on est effectivement en infraction, reconnaît-il. Mais on est vraiment dans la recherche de la pénalisation."

On a eu des amendes parce que sur un véhicule, les deux pneus avant n’étaient pas de la même marque par exemple, ou encore parce qu’il n’y avait plus assez de liquide lave-glace.

François Guennoc
à franceinfo

Le 18 juillet sur Facebook, l’association a d’ailleurs posté sur sa page le PV reçu pour "circulation de véhicule à moteur non muni de pneumatiques". "L’officier qui a donné cette contravention a simplement dû oublier des mots, mais elle illustre bien l’absurdité des motifs pour lesquels on est pénalisés", ironise le porte-parole.

Durant les deux derniers mois, l’Auberge des migrants affirme avoir écopé de 1 500 euros de contraventions. Pour cette association qui ne roule pas sur l’or, c’est de l’argent qui aurait dû plutôt servir à des biens de première nécessité. L’Auberge des migrants a donc lancé une collecte de dons afin de pouvoir régler les amendes.

En réponse, la préfecture du Pas-de-Calais se contente de rappeler que les associations peuvent contester ces contraventions. "C’est vraiment un gaspillage d’énergie pour nous", regrette Loan Torondel, l’un des coordinateurs de l’Auberge des migrants. "On ne fait que donner des repas et de l’eau, on ne fait rien d’illégal. Ce n’est pas en les empêchant de manger et de boire qu’on va rendre la situation plus régulière."

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