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L'univers de Fanny Bouyagui

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On a lu, on a vu

L’univers de Fanny Bouyagui

21 juillet 2011 - Le journal de Saône et Loire - M.S.

Plasticienne et vidéaste, ou plutôt VJ, Fanny a créé, voici 20 ans, Art point M, qui parcourt l’Europe pour animer des festivals. Rencontre.

L’univers de Fanny Bouyagui est tout entier tourné vers l’image et la musique électronique. Elle peut, une nuit durant, animer une soirée dans un club underground berlinois. Accompagner de ses images un défilé de l’école de stylisme Esmod ou, au contraire. Ou décider de s’embarquer pour Agadès, ville frontière pour tous les migrants africains en route pour l’Europe… un Eden qu’ils n’atteindront jamais.

Elle s’est plu à immortaliser sur la pellicule les visages de migrants de Calais et ceux de ses amis DJ, dont l’activité leur permet de parcourir le monde pour mixer dans les lieux les plus prestigieux. Elle a passé son avant-bras tatoué du mot « Peace » autour du cou de ces hommes et de ces femmes aux destins bien différents « tout simplement parce qu’ils n’ont pas le bon passeport ». Dans un autre festival, elle a enfermé dans des boîtes de très jolies filles. Les projets se multiplient pour cette touche à tout qui avoue être « bookée ». Pourtant, elle s’est laissée happer par cette aventure, cette performance qu’elle a baptisée Soyez les bienvenus.

« Mon père est Sénégalais, il était bienvenu dans la France des années 50, il a eu un passeport, un emploi d’ouvrier. Je suis partie à Agadès avec le questionnement suivant : pourquoi les gamins d’aujourd’hui, veulent-ils encore venir en France ? J’ai rencontré beaucoup de migrants que j’ai photographiés, ensuite je voulais aller sur l’île de Lampedusa, mais une copine journaliste m’a conseillé plutôt une petite ville d’Italie, Castel Volturno, 23 000 habitants, dont 18 000 migrants qui attendent chaque jour dans les rues qu’on vienne les chercher pour un emploi... Ils squattent là-bas, ils louent des maisons à la Mafia, ils vivent un cercle vicieux, ils gagnent 25 € par jour et en envoient une centaine chez eux pour faire vivre la famille qui croit en retour qu’ils sont riches », explique F. Bouyagui, qui livre une installation en deux parties, Soyez les bienvenus opus 1 et 2, faite d’images, de vidéos sur le vif, de témoignages et d’une installation plastique.

Soucr

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