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Archives du mois de 08 2010

Les sept migrants de Norrent-Fontes interpellés jeudi ont été libérés

31 août 2010 - La Voix du Nord - Céline Bardy

Les sept migrants érythréens du camp de Norrent-Fontes interpellés jeudi à 3 h 10 du matin (notre édition de vendredi) ...

ont finalement été libérés le soir même, vers 21 h, a-t-on appris hier, auprès de la présidente de l’association Terre d’errance.

Ils avaient été appréhendés dans la nuit de mercredi à jeudi donc, sur l’aire d’autoroute de Saint-Hilaire-Cottes par la police aux frontières (PAF) de Coquelles et des gendarmes de Béthune alors qu’ils venaient de monter à l’arrière d’un camion, supposé partir pour l’Angleterre. Les sept Érythréens avaient ensuite été placés en garde à vue.

Rappel à la loi et APRF

Selon Lily Boillet, présidente de l’association Terre d’errance qui vient en aide à ces migrants, trois des personnes interpellées, « les présumés passeurs », ont été relâchés « avec un rappel à la loi ». Les quatre autres s’en tirent « avec un APRF, un arrêté préfectoral de reconduite à la frontière ».

Depuis leur libération, les sept migrants ont regagné le camp de Norrent-Fontes.

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Demandeurs d’asile : l’état n’a « rien à leur proposer »

27 août 2010 - Francis Lumineau - Nice-Matin

Immigration : Une rencontre hier entre des associations de soutien aux migrants sans toit et le n°2 de la préfecture n’a pas apporté le moindre début de solution

Arrivé voici à peine une semaine de Calais, où il a eu à gérer l’affaire de la « jungle » où se réfugiaient encore, il y a un an, des centaines de demandeurs d’asile, le sous-préfet Gérard Gavory, nouveau secrétaire général de la préfecture, était, hier après-midi, en terrain connu : il a pour la première fois affronté le dossier des 89 demandeurs d’asile (en attente du statut de réfugié) sans hébergement depuis l’automne 2009.

Aux quatre représentants d’associations de soutien (1), qu’il a reçus avec un des demandeurs d’asile, il a fait cette réponse, que chacun, associatif comme migrant, redoutait : « Moi, je n’ai rien à leur proposer. Nous faisons face, dans ce département, à un afflux très important de demandeurs d’asile, environ 1 200 (2). Tous les moyens disponibles sont mobilisés : pour les familles, nos engagements sont tenus. Pour les personnes seules, c’est également le cas : ils touchent l’allocation d’attente de 319 E par mois que prévoit la loi quand l’État ne peut assurer l’hébergement. »

Pour autant, le représentant de l’État se dit prêt à envisager, sans plus de précision, une « aide » pour trouver des solutions à l’extérieur des A.-M. Dans d’autres départements donc, dans des CADA (centres d’accueil des demandeurs d’asile), en principe réservés aux familles. Certains, estime-t-il, « peuvent essayer de se regrouper pour payer un hébergement avec l’allocation d’attente ».

Le budget 2010 déjà dépassé

Mais le sous-préfet Gavory rappelle aussi que « l’État fait le maximum, l’enveloppe budgétaire de l’année pour cette question (4,7 millions d’euros) est déjà très largement dépassée. On a fait une demande de supplément pour payer les hôteliers... C’est pourquoi on ne peut accepter les reproches des associations. »

Celles-ci, justement, étaient très mécontentes, hier soir. « On a quitté la réunion avant la fin sans dire au revoir ! s’exaspère Bernard Neuville (Vie et Partage). On nous oppose une fin de non-recevoir, à part cette proposition de se regrouper pour payer une chambre... C’est vrai qu’il y a une surpopulation de demandeurs d’asile, mais les 300 000 E dépensés au printemps dernier en hébergement auraient été mieux utilisés à leur trouver du travail ou bien des solutions de transfert vers d’autres régions pouvant les recevoir. Mais il fallait calmer le milieu militant parce qu’on était en période électorale... »

Pour la Pastorale des migrants, Soeur Agnès, restée jusqu’à la fin de la réunion, se demande « comment vont se passer les transfèrements vers d’autres départements alors que l’association ALC qui gère cela est déjà débordée. »

La religieuse insiste sur la dimension humaine du débat : « Il faut que la police arrête de harceler les demandeurs d’asile tous les soirs dans les parkings : ce n’est pas humain, ils n’en peuvent plus. En France, est-on encore dans le respect de l’homme ? »

(1) Vie et Partage, le Secours catholique, les Don Quichotte et la Pastorale des migrants (qui dépend de l’évêché).(2) Le chiffre officiel pour les A.-M. était de 1 300 à fin juin 2010 (il a donc baissé), contre 791 seulement pour l’année 2009.

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Sept migrants du camp de Norrent-Fontes interpellés

27 août 2010 - La Voix du Nord - Céline Bardy

À 3 h 10 du matin, dans la nuit de mercredi à jeudi, sept migrants du camp de Norrent-Fontes ont été interpellés ...

sur l’aire d’autoroute voisine de Saint-Hilaire. Un peu plus tôt dans la soirée, un petit groupe d’une dizaine d’Érythréens aurait quitté le camp pour le parking, dans l’espoir de trouver un camion en partance pour l’Angleterre. « On en a repéré un, racontait hier après-midi l’un des membres de cette expédition. Muni de quelques papiers, il n’a pas été placé en garde à vue. On était dix, mais il n’y avait pas assez de place pour tout le monde. Il n’y en a que sept qui ont pu monter. C’était un camion pour transporter de la nourriture, il y avait des cartons dedans, il faisait froid mais pas trop, c’était assez sûr pour faire le voyage. J’ai fermé la porte et c’est là que la police est arrivée. » « On est intervenu dans le cadre d’une opération de flagrant délit avec une vingtaine de policiers de la PAF (Police aux frontières, NDLR) et une dizaine de gendarmes de Béthune, explique-t-on hier du côté des policiers. On avait mis en place un dispositif de surveillance qui a abouti. » Dans le lot des interpellés, les forces de l’ordre distinguent « trois passeurs et quatre migrants ». Toujours selon cette source, le camion dans lequel aurait embarqué les migrants était « frigorifique, la température était de - 18,5° C, mais ils n’y sont pas restés plus de quatre minutes, vu qu’on est intervenu tout de suite, ils vont bien ».
Les migrants revenus au camp livrent une version différente de l’arrestation : « Ils (les forces de l’ordre, NDLR) nous ont poussé par terre, mis du gaz dans les yeux, on nous traite comme des voleurs ! », s’emporte une jeune femme d’une vingtaine d’années dont le frère a été arrêté.
Lily Boillet, présidente de l’association Terre d’errance qui suit les migrants de Norrent-Fontes, s’inquiétait hier soir du sort judiciaire des gardés à vue : « On va attendre la fin des 24 heures (de garde à vue) mais ce qui nous inquiète beaucoup c’est que les avocats qui les défendent sont toujours commis d’office et récupèrent les dossiers au dernier moment. Ces derniers temps, tous les jugements qui ont été rendus étaient défavorables aux migrants. Je suis inquiète pour la justice dans mon pays. » Les gardes à vue pourraient être prolongées de 24 heures supplémentaires.

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Des migrants dans un camion frigorifique

26 août 2010 - Europe 1

Sept migrants ont été interpellés dans la nuit de mercredi à jeudi, alors qu’ils tentaient de passer illégalement en Angleterre en se cachant dans un camion frigorifique, a appris l’AFP jeudi de source policière. Les migrants, trois passeurs et quatre clandestins, ont été arrêtés en flagrant délit vers 3h00 du matin sur l’aire de repos de Saint-Hilaire, sur l’autoroute A26, près de Béthune (Pas-de-Calais), par une vingtaine de policiers de la PAF et une dizaine de gendarmes.

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Il faut donner une vraie chance aux enfants réfugiés de demander l’asile

24 août 2010 - Blog de Thomas Hammarberg

Les politiques d’asile menées actuellement en Europe ne s’intéressent guère au cas des enfants réfugiés. Ceux-ci, considérés comme de simples objets appartenant à leurs parents, ne sont généralement pas entendus. On oublie souvent qu’ils peuvent avoir des raisons personnelles de demander une protection. Certains en ont effectivement.
A l’arrivée d’une famille, les parents sont généralement interrogés sur les raisons qui les poussent à demander l’asile, mais les mineurs ont rarement l’occasion de donner leur point de vue.

Lorsque des enfants arrivent non accompagnés, les services d’immigration ont tendance à se soucier uniquement de les renvoyer auprès de leurs parents, sans envisager qu’ils aient pu fuir leur pays avec le soutien de leur famille, ce qui est pourtant souvent le cas.

Quant aux services d’immigration qui ont la volonté d’interroger les enfants plus sérieusement, ils ne semblent pas savoir s’y prendre. Dépasser les barrières linguistiques et culturelles, et les effets du traumatisme, demande en effet des compétences particulières. Il convient donc de se réjouir de la proposition de la Commission européenne de désigner pour chaque enfant un tuteur chargé de défendre l’intérêt de l’enfant.

Les réponses apportées par les gouvernements aux besoins des enfants réfugiés ont des répercussions importantes sur leur avenir. Le principe de l’intérêt supérieur de l’enfant doit guider la procédure d’asile. En d’autres termes, chaque enfant doit être considéré comme une personne à part entière, dont la situation mérite une attention particulière.

Principes directeurs relatifs à la procédure d’asile appliquée aux enfants

Il est nécessaire que les gouvernements établissent des directives afin que la procédure soit aussi équitable et adaptée que possible. Ces directives devraient insister sur les points suivants :

  • Il ne faut pas interroger uniquement les parents, mais aussi les enfants, pour que ceux-ci puissent raconter leur propre expérience. Au besoin, un entretien individuel devrait être organisé avec l’enfant.
  • Les raisons que pourrait avoir l’enfant de demander l’asile devraient être abordées lors de l’entretien.
  • Tout agent, interprète ou autre intervenant chargé de mener des entretiens avec des demandeurs d’asile devrait recevoir une formation particulière qui l’aide à détecter les demandeurs les plus vulnérables et à les interroger. Les entretiens avec des enfants requièrent des comportements et des compétences spécifiques.
  • Les mineurs séparés ou non accompagnés devraient se voir désigner un tuteur compétent aussi rapidement que possible.
  • Il importe de tenir dûment compte, dans la procédure judiciaire, des raisons qui poussent l’enfant à demander l’asile.

Le Haut-Commissariat des Nation Unies pour les réfugiés a fait paraître un guide pour aider les autorités à déterminer l’intérêt supérieur de l’enfant. Ce document devrait servir de référence commune à tous les agents qui travaillent au contact d’enfants demandeurs d’asile.

Tout enfant bénéficie de droits

Les enfants migrants ont les mêmes droits que les autres enfants, notamment le droit de vivre dans des conditions décentes et de recevoir une éducation de qualité.

Les normes internationales relatives aux droits de l’enfant sont assez exigeantes, peut-être plus exigeantes que ne l’auraient cru certains gouvernements lors de la ratification, mais cela ne saurait être un prétexte pour retarder leur mise en œuvre.

Thomas Hammarberg

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Tags racistes

24 août 2010 - La Voix du Nord

Hier matin, des tags racistes ont été découverts sur l’aire de douches des migrants, rue Prévert à Calais (photo ci-dessous).
Ils ont été effacés par les services de la ville.

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Le documentaire qu’il faut voir à Lussas

22 août 2010 - Le Monde - Isabelle Regnier

Quand août prend fin, l’heure de Lussas sonne pour les amoureux du cinéma documentaire. Ils viendront parfois de loin, et se retrouveront dans la petite ville de l’Ardèche (1 000 habitants), du 22 au 28 août. Parce que l’offre est de qualité dans ce festival intitulé Etats généraux du documentaire. Et qu’elle est pléthorique : plus de cent quarante films et des débats...

L’offre est telle qu’il serait dommage de manquer Qu’ils reposent en révolte (des figures de guerre), de Sylvain George, programmé lundi 23 août, à 21 heures. Ce film a été révélé en juillet au Festival international du documentaire (FID) de Marseille. Il apporte tout à la fois une nouveauté dans le genre, et impose son sujet avec la force d’une déflagration.

Tournée pendant trois ans, à partir de juillet 2007, à Calais, aux côtés des migrants qui transitent dans cette ville et y stagnent, traqués, cette fresque de deux heures et demie frappe par son souffle et son acuité politique. L’image numérique est d’un noir et blanc charbonneux, magnifique.

Le film, construit comme une succession de blocs d’action, fait l’effet d’une improvisation de jazz filmique, sur ce que serait la vie de ces gens à Calais. "Pas tout à fait vivant, pas tout à fait mort, pas tout à fait humain, pas tout à fait animal... Entre les deux", commente un de ces migrants, en riant. C’est l’intelligence de l’auteur, que d’avoir restitué aux hommes filmés l’humanité dont les politiques d’immigration oeuvrent à les déposséder.

Sylvain George ne filme pas des "sans-papiers" mais des êtres humains - vivants, lucides, consumés par la colère mais prêts à blaguer pour peu que la tension veuille bien redescendre quelques instants. Il montre leurs visages de près, des tirades lâchées à la face du monde, la manière dont, malgré des conditions de vie lamentables, on se fait plaisir, en s’aménageant un repas convivial dans la rue, en prenant un bain dans une rivière.

A coup de rasoir

Le point de vue de Sylvain George résulte de sa démarche : il passe peut-être plus de temps la caméra éteinte qu’allumée. "Je suis persuadé qu’un grand film se mesure aussi à l’aune des images qu’on n’a pas tournées", soutient-il. C’est de cette proximité acquise avec ses personnages, de la confiance qu’il a obtenue, que vient la richesse de son film, sa vérité, sa densité. A partir de là, il peut construire des rimes, monter ses séquences, au fond, comme on mixe des samples de musique. Il peut confronter la douceur d’une douche de rosée sous des feuillages ensoleillés - qui pourrait figurer dans Une partie de campagne, de Renoir - avec un épisode durant lequel des hommes effacent à coup de rasoir et de brûlures leurs propres empreintes digitales. Il fait jaillir de cet effet de contraste la violence du monde actuel.

Par des effets de montage heurté, ou distendu, qui renvoient à la dislocation de ces vies, la rythmique des corps s’articule avec les signes de l’espace urbain, avec les mouvements des grues utilisées pour détruire, en septembre 2009, les jungles de Calais. En se postant sur cette zone frontière, c’est le coeur même de la planète qu’interroge Sylvain George, tendu à bloc entre Nord et Sud, riches et pauvres, centre et périphérie.

Venu au cinéma il y a cinq ans, après avoir enchaîné des emplois dans le secteur social, et mené plus ou moins en parallèle des études de science politique, de droit, de philosophie et de cinéma, ce quadragénaire bouillonnant dit trouver dans ce médium le moyen d’établir une relation dialectique avec le monde. Avec ce film, il a touché son but.

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Le flux s’est tari, pas les craintes

18 août 2010 - The Economist

Pour la première fois depuis longtemps, le nombre d’immigrés entrés illégalement en Europe a baissé. Pourtant, les gouvernements continuent d’agiter l’épouventail d’une "invasion" en cours.

Nous sommes à la mi-août, haute saison du trafic des migrants en Méditerranée. Pourtant, des milliers d’Africains et d’Asiatiques souffrant de déshydratation ne débarquent pas sur les rivages de l’archipel des Canaries, du Sud de l’Espagne, de Sicile ou d’autres îles italiennes.

Certes, une poignée de clandestins sont arrivés. Il y a deux semaines, on s’est aperçu que 40 pauvres hères nord-africains ont fait grimper de près de 10 % la population de la petite île italienne de Linosa. L’organisation caritative Caritas a affirmé que la migration par voie maritime augmentait. Mais les chiffres de l’agence chargée de la sécurité aux frontières de l’Union européenne, Frontex, montrent que 150 personnes seulement sont parvenues jusqu’en Italie et à Malte lors du premier trimestre de cette année, contre 5 200 au cours de la même période de 2009. Durant cette période, seuls cinq individus ont mis pied à terre sur les îles Canaries, où avaient afflué des dizaines de milliers d’Africains il y a quelques années. Où sont donc passés tous les migrants ?

La réponse tient en partie au fait que les gouvernements d’Europe du sud se sont attaqués au problème par la voie diplomatique (et avec de l’argent). L’Espagne a passé des accords avec les pays du Maghreb, qui ont eu pour effet de repousser plus au sud les ports d’embarquement des migrants, rendant le périple vers les Canaries d’autant plus dangereux et coûteux. Plus discutable, le gouvernement de Silvio Berlusconi s’est entendu avec la Libye pour que les patrouilles italiennes puissent remettre les migrants interceptés entre les mains impitoyables de la police du colonel Kadhafi, avant qu’ils n’aient une chance de demander l’asile.

Mensonge éhonté

L’afflux vers l’Europe n’est cependant pas déterminé uniquement par l’efficacité des mesures prises en vue de le limiter. Il est également influencé par le nombre de ceux qui sont prêts à risquer leur vie et leurs maigres économies pour franchir les frontières de l’Union européenne. Deux facteurs semblent jouer un rôle. Le flux des demandeurs d’asile dépend en partie du niveau d’instabilité dans les zones en proie aux troubles dans le monde. Comme la Somalie, l’Irak et les territoires palestiniens ont connu des années pires que 2009, il se trouve peut-être que l’accord italo-libyen est entré en vigueur au moment même où le nombre de migrants atteignant la côte nord-africaine commençait à refluer de toute façon.

L’autre facteur est le ralentissement économique en Europe, dont les effets se font particulièrement sentir en Espagne. Dans ce pays, la crise économique inverserait même la direction de la migration. Le nombre des résidents étrangers a chuté de 2 % au deuxième trimestre de cette année. La baisse est surtout sensible chez les Latino-américains, dont le communauté compte désormais 100 000 personnes de moins.

Ce qui nous amène à une autre source de confusion, voire de mensonge éhonté : les Equatoriens et les Colombiens installés en Espagne ne sont pas arrivés à bord de rafiots. Ni les Philippins et les Moldaves débarqués en Italie. Certains sont arrivés par avion avec des visas touristiques. D’autres par voie de terre. L’arrivée des migrants en bateau donne des images poignantes à la télévision. Mais elle ne représente pas la majorité des entrées.

Une affiche de la Ligue du Nord, le parti autonomiste et xénophobe italien, montre un bateau rempli de visages noirs, accompagné du slogan "Nous avons arrêté l’invasion”. Ce qui est loin de la vérité. Les arrivées par la mer en Italie n‘ont représenté qu’un cinquième du total estimé. Par ailleurs, l’“invasion” n’est sans doute pas enrayée, ou du moins pas définitivement. Le retrait des troupes américaines d’Irak, la reprise économique en Europe, et bien d‘autres facteurs pourraient un jour faire remonter le nombre d’individus désireux de risquer le tout pour le tout.

Le vrai problème de l’immigration

Mais si l’économie se redresse et que des dizaines de milliers de personnes réussissent à entrer en Europe, les gouvernement s’en inquiéteront-ils vraiment ? On répond la plupart du temps par l’affirmative, alors que rien n’est moins sûr. Les gouvernements nationaux semblent osciller entre complaisance et hostilité, selon la conjoncture économique et les sondages d’opinion. Au niveau européen, les Etats membres ne sont jamais parvenus à s’entendre sur des mesures destinés à aider les petits pays, comme Malte, qui servent de pointé d’entrée.

Mais d’un autre côté, l’Europe a besoin des immigrés pour compenser ses faibles taux de natalité, et effectuer les travaux pénibles dont ne veulent pas ses propres citoyens. Cet été, l’agence pour l’emploi en Catalogne a proposé à 7 800 chômeurs de faire la cueillette des fruits. Moins de 1 700 d’entre eux ont accepté. Et parmi ces derniers, nombreux étaient ceux qui n’étaient pas espagnols.

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Algérie : 12 migrants morts dans le désert

15 août 2010 - Le Figaro - AFP

Douze ressortissants africains, candidats à l’émigration clandestine en Europe, sont morts de soif dans le désert algérien, ont annoncé aujourd’hui à l’AFP deux survivants qui ont pu regagner le nord du Mali.

"Nous avons quitté la ville (malienne) de Kidal. Nous sommes rentrés par notre propre voie (illégalement) en Algérie. Entre la frontière algérienne et la ville de Tamanrasset, le camion est tombé en panne", a raconté "Ahmed", un chauffeur-transporteur de clandestins, très connu dans le milieu entre le Mali et l’Algérie.

"L’eau était terminée. La nourriture aussi. Douze personnes sont mortes. Seul moi et un passager avons pu survivre", a-t-il poursuivi.

Le passager, Etienne, un ancien étudiant qui tentait sa "chance" pour aller en Europe a précisé que les personnes décédées étaient "trois Camerounais, trois Maliens, deux Ivoiriens, deux Sénégalais, un Gambien et un Guinéen".

Le trajet entre le nord du Mali et l’Algérie est l’une des routes fréquemment empruntées par les candidats à l’émigration clandestine vers l’Europe.

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Égypte : 6 Érythréens tués par balle

14 août 2010 - Le Figaro - AFP

Six migrants érythréens ont été tués par balle hier soir près de la frontière entre l’Egypte et Israël, quatre par des passeurs et deux par la police égyptienne, a indiqué samedi un responsable des services de sécurité.

Les violences ont éclaté après que des clandestins, retenus par des passeurs près de la frontière, se furent emparés des armes de leurs gardiens pour s’enfuir, a affirmé ce responsable sous le couvert de l’anonymat.

Quatre Erythréens —une femme et trois hommes— ont été tués dans les échanges de tirs qui ont suivi.

Deux autres Erythréens, membres du même groupe, ont été tués par balle par la police égyptienne alors qu’ils tentaient de passer en Israël.

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Camp de migrants à Loon-Plage : la citerne de la discorde

13 août 2010 - La Voix du Nord - Estelle Jolivet

Autour de cette citerne gonflable de 5 000 litres installée, le 21 juillet, à proximité du campement de migrants de Loon-Plage et démontée le 30, deux logiques sont entrées en conflit : celle des humanitaires de Médecins du Monde, qui se battent pour améliorer les conditions d’hygiène sur place, et celle du Grand port maritime, qui refuse « d’encourager » la présence des migrants sur ses terrains. Explications.

Légère, pliable, facile à installer. cette citerne à eau potable est conçue pour les situations d’urgence rencontrées par Médecins du Monde.
D’Haïti à Loon-Plage. Le 21 juillet, une « poche » d’une contenance de 5 000 litres est installée à proximité du campement où vivent quelques dizaines de migrants, Irakiens et Afghans, avec vue sur le port Ouest. Branchée sur une borne incendie via un « compteur de chantier » de la Lyonnaise des Eaux, elle est destinée à offrir aux clandestins un point d’eau permanent.

« On prenait un risque »

« On n’avait pas l’autorisation du port, on savait qu’on prenait un risque », reconnaît Vincent Hirel, logisticien de Médecins du Monde. Effectivement, dès le lendemain, le GPMD demande à l’organisation de retirer la citerne. Ce sont finalement les services techniques portuaires qui s’en chargent, le 30 juillet. Pour Vincent Hirel, c’est un retour à la case départ.
Ce « professionnel » de l’humanitaire est arrivé à Dunkerque mi-mai, pour une mission clairement définie : l’amélioration des conditions d’hygiène sur les camps de Loon-Plage, Téteghem et Grande-Synthe. C’est la première fois que MDM juge nécessaire l’envoi d’une mission « opérationnelle » sur le littoral de la mer du Nord, en plus de l’action des médecins bénévoles qui, une fois par semaine, offrent une consultation mobile sur chaque site. Bon nombre de patients viennent soigner des dermatoses, qui pourraient être évitées en appliquant des règles basiques d’hygiène.
L’installation de points d’eau potable reste le principal cheval de bataille de Vincent Hirel. À Grande-Synthe, la municipalité a donné son accord. Idem à Téteghem, sauf que le terrain appartient à la communauté urbaine, dont le feu vert, toujours attendu, est indispensable. En attendant, les migrants s’approvisionnent à une bouche d’incendie située en bordure de la route de Furnes, « une pratique globalement tolérée mais dangereuse à cause des voitures », constate Vincent Hirel. À Loon-Plage, l’épisode de la citerne illustre la difficulté de trouver un terrain d’entente avec le Port.
« Nous sommes partagés entre l’aspect humanitaire et nos obligations, en tant qu’établissement public de l’État à vocation industrielle et commerciale », concède Daniel Deschodt, directeur commercial du Port. « Nous devons avant tout assurer la sûreté de nos clients et la sécurité des personnels, transporteurs et travailleurs portuaires. » Gênée aux entournures, l’autorité portuaire pointe la proximité immédiate du terminal ferry de la Norfolkline. « Notre client investit dans des opérations de sûreté portuaire pour se prémunir contre les clandestins, et nous ne pouvons pas être un vecteur facilitateur qui irait à l’encontre des obligations légales de notre client », poursuit encore Daniel Deschodt. Qui rappelle que le port a, sur son territoire, un rôle de régulation portuaire, mais pas de police. Et qu’il agit au besoin en concertation avec la sous-préfecture et les municipalités.
Mais pour une citerne d’eau potable, n’aurait-on pas pu fermer les yeux, à défaut d’autoriser ? « Ça ne serait pas raisonnable. Aujourd’hui une citerne, demain des tentes, après-demain des cabanons ? On peut vite être débordé par le problème. À l’époque de Sangatte, il y avait une structure d’accueil connue. Là, ce n’est pas le cas. Les conditions de vie des clandestins sont précaires. L’action des associations l’est également. »

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Nicolas Sarkozy et l’immigration : changement de ton

10 août 2010 - Lemonde.fr

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Bataille de l’eau pour les migrants

9 août 2010 - Libération - Haydée Saberan

A Dunkerque, Médecins du Monde se démène afin d’améliorer des conditions sanitaires déplorables.

« C’est bien que tu sois venu, on n’avait plus d’eau. » Le jeune Afghan sourit à Vincent Hirel, logisticien de Médecins du Monde (MDM). C’était mardi dernier, à Loon-Plage, près de Dunkerque, dans un coin de dunes, près du terminal des containers vers l’Angleterre, transformé en camping par les migrants. Vincent Hirel apporte des brouettes de bouteilles. L’eau, il est là pour ça. « Notre but, c’est améliorer les conditions de vie des migrants sur le plan hygiène et sanitaire. L’accès à l’eau potable, à des latrines, et le ramassage des déchets. » Bref, dans le jargon humanitaire, le « WatSan », « water and sanitation », comme après un tremblement de terre à l’autre bout du monde, « parce qu’ici les pouvoirs publics ne font pas ce qu’il faudrait ».

Citerne démantelée. Depuis la fermeture de Sangatte, en novembre 2002, tout ce qui ressemble à du confort pour les migrants du littoral est suspect de créer un appel d’air. C’est pour ça que la « jungle » de Calais a été détruite l’an dernier. C’est pour ça qu’une citerne de 5 000 litres d’eau potable de MDM a été démantelée par le port autonome de Dunkerque (LibéLille.fr du 2 août 2010), le 31 juillet, après dix jours. Mais les besoins existent : « Sur 1 900 consultations de MDM en 2009, nous avons relevé 40% de dermatoses, dues au manque d’hygiène », explique Vincent Hirel.

Les maires de Grande-Synthe (PS) et Téteghem (UMP) ont donné leur accord de principe pour un point d’eau. A Téteghem, reste à convaincre la communauté urbaine (PS), propriétaire du terrain. « C’est facile, il y a des canalisations partout, dit Vincent Hirel. Une demi-journée de travail en théorie, mais quand il s’agit des migrants, les autorités tardent à se décider. » A Loon-Plage, sans point d’eau, « on doit trouver une solution. S’il le faut, on apportera 100 jerricans d’eau tous les jours ».

Une trentaine d’Afghans, et de Kurdes, jeunes, arrivent au signal, un coup de klaxon. Salam, association d’aide aux migrants, s’occupe de la nourriture. Dans la clinique mobile, MDM soigne. « En Afghanistan, on avait de l’eau, une salle de bains. On est parti parce qu’il y a 50 morts par jour. Et on se retrouve ici, à vivre dehors, avec des humanitaires qui nous aident, et des compagnons qui hurlent dans leur sommeil, à cause des cauchemars », dit un Afghan là depuis « huit mois ». Farman, 17 ans : « Vous nous soignez. Pourquoi vous ne nous laissez pas tout simplement passer en Angleterre ? La police prend nos empreintes et nous dit "Tu as quarante-huit heures pour quitter le territoire". On veut bien ! »

Cuisine. Mercredi, à Téteghem, une forêt de peupliers, des mauvaises odeurs, du papier toilette rose décomposé. « On veut éviter les champs de déjection, vecteurs de maladies », dit Vincent. Quatre Vietnamiens cuisinent. Du linge étendu, des brosses à dents accrochées aux arbres. Vincent montre le logo MDM sur son tee-shirt. « My friends, I want to make toilets. Where ? » Un Vietnamien lui montre, derrière les déchets. Un autre marche avec une brouette remplie de jerricanes vides vers la borne d’incendie. Vincent creuse la latrine. « Avec un demi-mètre cube, ça peut servir trois mois. » Après ? « On rebouche et on creuse plus loin. »

Un Kurde de 17 ans se prépare à manger, une bouillie de tomates. Il propose à manger, Vincent décline. Une visseuse, des planches, un trou, une bâche verte, il a fini. « Le prochain truc, des douches ». Un plancher, une bâche pour se cacher, « des seaux en métal pour chauffer l’eau ». Et aussi des fûts « pour brûler les poubelles ».

Jeudi, à Téteghem, près d’un plan d’eau, le camion de MDM, des gens de la paroisse, de Salam. Marie assure des navettes en voiture vers des douches une fois par semaine. Depuis vingt-cinq jours qu’il est là, Ali 29 ans, Kurde d’Irak, n’a jamais réussi à y aller. « Notre baignoire, c’est ça. » Il montre le plan d’eau. « Un peu salée, pas sale. » Boire ? « Un quart d’heure de marche ». Les poubelles ? « On essaie de ramasser. Certains s’en fichent. » Vincent Hirel : « Dans un village au Tchad, on peut s’appuyer sur des relais, le chef, le dispensaire. Ici, il y a toujours des nouveaux. Et ceux qui sont là pensent qu’ils sont partis le soir même. » Ou sont épuisés.

Gales. Ali sourit : « J’ai perdu cinq kilos. » Deux jeunes déboulent : « On a pris le mauvais camion, on arrive de Belgique. » Deux heures de marche et une nuit blanche. Voilà Kalim, Afghan, remis d’un pied cassé. « J’ai sauté du camion et je suis mal tombé. » Et puis Qais, 11 ans, fan de Lionel Messi, est tombé en jouant au foot. Delphine et Géraldine, internes en médecine, l’ont pansé. « Sa plaie s’était infectée. On a aussi des piqûres d’insectes surinfectées, des gales. Parfois, il suffirait d’avoir accès à une douche pour que ce soit réglé. »

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Iana victime de Dublin II

7 août 2010 - La Voix du Nord

"C’est à cause du réglement Dublin II que la famille Aloeva ne peut pas...

...demander l’asile en France", regrette Caroline Letellier, élève avocate à la Cimade.

Selon cette mesure, établie en 2003, un seul état de l’union européenne est responsable de l’examen d’une demande d’asile. C’est en général l’état qui enregistre le premier l’entrée du demandeur. La convention est complétée par la base de données Eurodac contenant les empreintes digitales des requérants déjà enregistrés de tous les pays membres et permettant de détecter ceux qui ont déjà déposé une demande.

Des associations de défense des réfugiés s’indignent contre ce système qui avantage les pays n’ayant pas de frontières terrestres avec les pays d’émigration. Comme c’est le cas de la France. Une bonne partie des migrants venus par l’Est, comme Iana et ses enfants, passent en général par la Pologne, la Slovaquie, ou encore la Hongrie.

Selon certaines associations de défense des immigrés, la Pologne supporte actuellement un taux de plus de 25% d’augmentation des demandes d’asile chaque année depuis 5 ans.

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Quand la police aux frontières reconduit les sans-papiers en jet

6 août 2010 - 20 Minutes - Julien Ménielle

Elle nie cependant y avoir recours pour masquer des expulsions polémiques...

Pas vu pas pris. La police aux frontières, soucieuse d’éviter les incidents lors des expulsions sur des vols réguliers, auraient recours à des petits avions pour les procédures impliquant notamment des enfants. Une information démentie par les services de police.

Selon le réseau éducation sans frontières (RESF), cité par France-Info, une famille géorgienne a été évacuée cette semaine encore à bord d’un petit Beechcraft « dissimulé en bout de piste » sur un petit aérodrome alors qu’ils avaient passé la nuit dans le centre de rétention jouxtant l’aéroport de Lyon.

« 2% des cas »

La police aux frontières (PAF) a une flotte constituée de 2 petits avions acquis en 2006 et 2008 », confirment les services de police à 20minutes.fr. Mais ils sont pilotés par des fonctionnaires de la PAF et ne sont utilisés « que dans 2% des cas », les autres reconduites à la frontière s’effectuant sur des vols réguliers.

La PAF n’y aurait recours que dans le cas où il n’y a pas de vol commercial permettant de réacheminer « dans les délais de la procédure » la personne reconduite vers le pays « par lequel est arrivée », assure la source policière.

« Il faut être discrets »

Un fonctionnaire affecté aux reconduites aux frontières a cependant indiqué à France Info que « sa hiérarchie privilégie régulièrement ces vols (...), surtout lorsque des enfants sont concernés, qu’ils bénéficient du soutien d’associations et dont la presse pourrait se faire l’écho. »

Ce que démentent les services de police interrogés par 20minutes.fr, qui nient par ailleur y avoir un recours plus fréquent : « le pourcentage de 2% est stable depuis 3 ans ». Mais pour le fonctionnaire cité par la radio l’assure de son côté : « Il faut être discrets, confie un policier : l’image des charters d’immigrés aurait laissé des traces ».

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« On n’est pas des passeurs »

5 août 2010 - L’Echo de la Lys - C. B.

à chaque fois, c’est le même scénario. Pour les uns, c’est du harcèlement, mais pour la justice, c’est la traque aux passeurs qui profitent des étrangers en situation irrégulière.

La semaine dernière deux Érythréens considérés justement comme des passeurs ont été interpellés sur l’aire de Saint-Hilaire-Cottes.
Ces deux-là nient le statut de passeurs qui leur est attribué par les enquêteurs. Ils prétendent aider les clandestins à monter dans les camions à destination de l’Angleterre. Goïtom Hailemikael, 37 ans et Yonas Tesfaukael, 28 ans, ne dérogent pas à la règle. Ils ont été interpellés sur l’aire de repos de l’A26 le 30 juillet dernier après plusieurs nuits de surveillance de la police aux frontières. Les deux Érythréens ont été placés en détention provisoire ce week-end dans l’attente de leur jugement ce lundi 2 août.

Un sac à dos avec des pinces

Une opération de surveillance a été mise en place les 28-29 et 30 juillet par les agents de la police aux frontières. Elle se fait la nuit, celle-ci étant propice aux activités des groupes de clandestins.
Les policiers observent dans le courant de la première nuit des mouvements. Ils décrivent le mode opératoire des individus qui aident les clandestins à monter dans les camions. L’un fait davantage office de guetteur. L’autre ferme les portes des poids lourds. Les policiers décrivent la tenue vestimentaire des deux Érythréens suspectés d’être les passeurs.
La seconde nuit, le scénario est identique. Deux individus sont à la tête d’un groupe qui avance sur le parking.
L’effectif de surveillance est renforcé afin de procéder à l’interpellation des individus. Parmi les clandestins on note la présence de plusieurs mineurs dont une jeune fille enceinte de six mois.
Un sac à dos contenant des tenailles, pinces... est découvert lors d’une battue organisée aux abords du parking, et dans les bosquets.
Les clandestins n’ont n’y argent sur eux, ni téléphone. Une carte Sim est saisie mais son exploitation ne donnera rien car l’opérateur est d’origine italienne. Lors des auditions, les clandestins sont unanimes et soutiennent la même version : il n’y a pas de passeur. Chacun s’entre aide.
« On n’est pas des passeurs mais des passés », déclarent Goïtom Hailemikael et Yonas Tesfaukael.
Sauf que l’interprète est témoin d’une déclaration de l’un d’entre eux. Il explique qu’il ne peut pas parler par peur des représailles.

« Des failles dans le dossier »

Goïtom Hailemikael et Yonas Tesfaukael sont dans le box des accusés. Ils maintiennent leurs dénégations et prétendent que les policiers sont des menteurs. Malgré la lecture du rapport d’enquête, les Érythréens campent sur leur version.
Face au comportement des prévenus, le Parquet reprend chaque élément du dossier. Le procureur Salimi veut ainsi ôter le moindre doute qui pourrait persister dans l’esprit des juges.
Pour le ministère public, il n’y a aucun doute : les prévenus sont bel et bien des passeurs. Le procureur requiert six mois de prison ferme et une interdiction de territoire français durant cinq ans.
Maître Amourette, avocate de la défense, relève des failles dans la procédure. D’autres passeurs sont évoqués mais brillent par leur absence sur le banc des prévenus. « Pourquoi ? » s’interroge la défense.
L’avocat dénonce un dossier ficelé avec de maigres indices. Comme le sac à dos trouvé à proximité de l’aire d’autoroute. « Rien ne prouve qu’il appartient à l’un ou l’autre ».
Quant aux confidences d’un des clandestins recueillies par l’interprète : « Aucune preuve tangible ne permet de dire que ce témoin désignait Goïtom Hailemikael et Yonas Tesfaukael. Il manque des éléments objectifs », conclut la défense qui demande la relaxe.
Finalement Goïtom Hailemikael et Yonas Tesfaukael ont été condamnés à quatre mois de prison ferme à exécuter immédiatement.

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Eau des migrants : le Port de Dunkerque s’explique

4 août 2010 - Libélille - Haydée Sabéran

Après avoir retiré le point d’eau potable installé par Médecins du Monde à Loon-Plage pour les candidats au passage clandestin en Grande-Bretagne, le Port Autonome de Dunkerque s’explique. « On n’autorisera pas d’installation fixe. Nous avons indiqué par écrit à Médecins du Monde qu’ils n’avaient pas d’autorisation pour installer cette citerne d’eau gonflable », se justifie Philippe Carpentier, adjoint au directeur d’exploitation. Premier argument, la politique migratoire de la France.

« Le Port est un établissement public d’Etat. A ce titre, on ne peut pas autoriser une installation qui tendrait à pérenniser le campement de Migrants. On ne peut pas laisser pérenniser un site qui va à l’encontre de ce que fait l’Etat en matière migratoire ». Second argument : la sécurité. « A côté, à une centaine de mètres du terminal de containers. Il y a de très gros risques ». Et les arguments humanitaires ? Le responsable du port relativise : « Ils ont un accès à l’eau à environ 2 kilomètres ». Le Port a donc « déposé » l’installation, sans la détruire, et la tient à la disposition de Médecins du Monde.

Hier en début d’après-midi, l’association Salam et Médecins du Monde étaient sur le campement, les premiers pour nourrir les migrants, les seconds pour les soigner. Ils leur ont apporté des bouteilles d’eau. « Heureusement que tu es venu », a dit Farman, jeune Afghan de 20 ans à Vincent Hirel, logisticien de Médecins du Monde « on n’avait plus rien à boire ». Il tente le passage en Angleterre depuis 20 jours. Un autre a avoué être là depuis huit mois, à Calais puis Loon-Plage.

La première fois que Libération a rencontré des migrants à Loon-Plage, c’était en 2003, quelques mois après la fermeture du Centre de la Croix-Rouge de Sangatte. D’autres étaient là avant la fermeture. A l’époque, il n’y avait pas de citerne d’eau potable pour « pérenniser » leur présence. En revanche, il y avait déjà, à quelques centaines de mètres de leur campement de fortune, des liaisons transmanche vers la Grande-Bretagne.

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Démantèlement d’un réseau transmanche de passeurs d’immigrés

2 août 2010 - L’Express.fr - Reuters

Les polices française et britannique ont démantelé un réseau transmanche de passeurs d’immigrés clandestins albanais et sri-lankais qui opérait à partir de Calais et de Dunkerque, annonce le ministère français de l’Immigration.

Vingt-six personnes ont été arrêtées lors d’opérations menées simultanément, dont 18 en France et huit en Grande-Bretagne, notamment à l’aéroport londonien d’Heathrow, dit-il dans un communiqué. Des dizaines d’étrangers en situation irrégulière ont également été interceptés.
Le ministère précise que des tarifs de 2.000 à 5.000 euros étaient exigés pour chaque passage.
Le démantèlement de cette filière constituée par des ressortissants albanais "constitue la plus importante opération coordonnée de part et d’autre de la Manche depuis la création de la cellule franco-britannique de renseignement opérationnel en septembre 2009 à Folkestone", souligne-t-il.

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Une citerne d’eau pour les migrants démantelée

1er août 2010 - La Voix du Nord

À la demande des pouvoirs publics, les services du Grand Port maritime de Dunkerque ...

ont démantelé, vendredi, une citerne d’eau installée par Médecins du monde « dans une logique humanitaire », précise l’organisation. Installée le 21 juillet sur un terrain du port, cette citerne d’une capacité de 5 000 litres permettait aux migrants de Loon-Plage d’avoir un accès à l’eau potable de proximité. Cette eau servait aussi à se laver, à cuisiner.

Dans un communiqué, Médecins du monde écrit : « Depuis la fermeture du centre d’hébergement de Sangatte en novembre 2002, nous menons un programme de santé auprès des migrants du littoral, notamment à Dunkerque où les équipes assurent des consultations médicales mais aussi du soutien logistique d’urgence en distribuant du matériel de survie : jerricanes, vêtements de pluie, couvertures... Nous demandons une nouvelle fois aux pouvoirs publics de prendre des mesures urgentes pour garantir aux migrants des conditions de vie décentes afin notamment d’éviter des épidémies. En août 2009, une épidémie de gale avait touché les migrants de Calais. » Le représentant de Médecins du monde à Dunkerque précise que la citerne, alimentée par une borne à incendie, disposait d’un compteur de la Lyonnaise des eaux. Des associations continuent d’apporter des bouteilles d’eau aux migrants. Pour se laver, ces derniers doivent désormais aller aux douches situées à 3,5 kilomètres de leur camp installé près de la Norfolkline, à Loon-Plage. •

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Asylum seeker takes his own life after losing legal aid

1er août 2010 - The Guardian - Owen Bowcott et Nathalie Hanman

Refugee support group blames immigration policy for leaving asylum seekers without help to pursue claims

For two hours Osman Rasul perched on railings surrounding the seventh floor balcony of a Nottingham tower block. He blanked out police officers attempting to talk him down and at 7pm last Sunday, placing his hand on his heart, he looked up to the sky and leapt.

The 27-year-old Iraqi Kurd, classified by the local refugee centre as a "destitute asylum-seeker" and in a fraying relationship with the mother of his two children, had lost the legal aid he needed to pursue his application to remain in the UK. A trip south to confront Home Office immigration officers in Croydon saw him being turned away and told to find a solicitor.

Nine years of legal limbo, his friends suggested, had induced mounting desperation. Rasul anticipated deportation and all hopes of a life in Britain had evaporated by the time he jumped from Clifford Court tower. The waiting ambulance carried his body to the Queen’s Medical Centre. At 7.21pm he was pronounced dead.

Rasul’s inability to disentangle his life from the multiple restrictions of the immigration system were not unique. His problems became more acute last month when the charity Refugee and Migrant Justice (RMJ) was forced into administration, depriving him of access to legal aid and expert immigration advice.

The organisation blamed its demise on a policy of delayed payment by the Legal Services Commission [LSC], which runs the legal aid system in England and Wales. Charities including Amnesty International and Barnado’s, as well as the Archbishop of Canterbury, had unsuccessfully lobbied the government to tackle the cash flow issue.On its dissolution the RMJ warned : "The legal representation of more than 10,000 vulnerable asylum seekers and victims of trafficking, including nearly 900 separated children, is now at risk."

Joanna Petersen, a former case worker for RMJ, said the number of lawyers and immigration advisers available to handle cases declined rapidly after changes made by the LSC four years ago meant solicitors were only paid fixed fees at the end of each case. "RMJ asked the government for it to be paid money it was already owed," Petersen explained. "The answer that came back [in June] was no. So we had to pack everything up. The worst part was boxing up files on which we wrote ’Urgent, Victim of Torture’ or ’A Minor, Trafficking Victim’ — and not knowing when the cases will ever be dealt with."

According to campaigners and lawyers, the reduction in legal aid is part of a broader national pattern that risks leaving hundreds of thousands of the most vulnerable people, including asylum seekers and victims of domestic violence, without access to advice.

The £2bn legal aid budget is already expected to be one of the hardest hit in Whitehall, with justice secretary Kenneth Clarke specifying in a recent interview that it was one area "where our cuts can come from".

"The LSC thinking was that they didn’t need RMJ because they had plenty of suppliers willing to take on any new cases," Steve Hynes, director of LAG. "It must have been a political decision because it doesn’t make financial sense. Everyone who knows about case work knows it isn’t as simple as picking up a new case from another firm – there are always extra costs involved."The Law Society says firms providing legal aid are being "wiped out" by changes to the tendering process in which firms competitively bid for and are allocated legal aid work. In the family law sector – which covers domestic violence work – almost half (1,300) of the 2,400 firms have lost their bids, while only 252 of 410 firms applying for immigration and asylum work won contracts.

"Towns up and down the country have been left without a firm," said Richard Miller, head of legal aid policies at the Law Society. "Some firms can switch to private work and keep going. In a lot of cases the firms will collapse and the lawyers will become insolvent, closing down without finishing their current cases. Possibly hundreds of thousands of clients will have lost their current lawyer and will have to find another one."

The LSC insists its new tendering system works well. Its chair, Sir Bill Callaghan, said : "We are confident that we now have a quality provider base, and quality-assured advice provision across England and Wales."

Rasul, who arrived in Britain in 2001 claiming he was in danger from the Kurdish political factions that control northern Iraq, had been refused permission to stay in Britain once but was preparing a fresh claim. He had been receiving food parcels and £10 a month from a local charity, the Nottingham Refugee Forum. He was not allowed to work. "He was living on £20 a month in charitable donations plus gifts of food," said Bea Tobolewska, the manager of the forum. He was not allowed to work. "He was a destitute asylum-seeker and had been sleeping on the streets. When RMJ went into receivership it was his last opportunity of seeing a solicitor," she added.

For the last few months of his life, Rasul relied on the kindness of friends in Nottingham to provide support. Harry Woolner, who works with the homeless in the city, gave him shelter. "Osman had no resources," Woolner said. "He had gone through a traumatic period."

Receiving a letter from RMJ saying they could not help him any more was the last straw, said Woolner.

"He felt he was never able to take control of his life. He was frustrated that his case had not been progressed so he decided to go down to the Home Office [immigration centre] in Croydon and ’hand himself in’, saying : ’Either send me home or help me’. He felt he was taking control at last. It was a brave thing to do. But when he got there they said ’Who are you ? We don’t know you. Get a solicitor’. In terms of his mental state it was too much to take.

"In London he stayed with friends some of the time but also slept rough and was not eating well. He was mentally and physically exhausted when he came back. We didn’t realise the severity of the situation.

"He went out for a bike ride on the Sunday," Woolner said. "We thought that was positive. But he did not come back."

Woolner is now trying to raise money for Rasul’s body to be returned to Iraq.Rasul was separated from his Polish partner and the mother of their sons, Malgorzata Gajda, 30, who lives in Coventry. She said he had become increasingly distant from their sometimes tempestuous relationship. "He was on the balcony for two hours, I was told. At 6pm that evening I received a call from a private number. I said ’Hello, hello’ but no one answered. I’m sure it was him. He wanted to hear me and the kids for the last time."

"The police tried to keep speaking with him. He was very quiet. Then he put his hand on his heart and looked up to God and jumped."

Dasthy Jamal, of the International Federation of Iraqi Refugees, blamed the immigration system. "The Home Office’s immigration policy is responsible for Osman’s death. After nearly 10 years he didn’t have a chance to build a life here."

A UK Border Agency spokesman said : "Any death of this kind is a tragedy and our deepest sympathies are with Mr Rasul’s family and friends. We are working closely with Nottinghamshire police while this matter is being investigated. It would be inappropriate for us to comment further at this stage."

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