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Archives du mois de 11 2010

Les bénévoles de la Mission ouvrière auprès des migrants de Calais

29 novembre 2010 - La Voix du Nord - J.-M. D.

Des couvertures, des vêtements chauds,

des tapis de sol « pour remplacer les cartons qui pourrissent rapidement avec la pluie », des denrées alimentaires, des produits d’hygiène. Comme chaque dernier dimanche du mois, une dizaine de bénévoles, rassemblés par la Mission ouvrière de Lille, ont pris la route de Calais hier pour apporter aux migrants un peu de réconfort. Trois voitures, coffres pleins, maillon d’une chaîne de solidarité engagée il y a trois ans, bien avant la fermeture de « la jungle », soulignent Jacques Vintaer et Jean-Pierre Leroy.

Animateurs en pastorale - mouvance JOC (Jeunesse ouvrière chrétienne) -, ils sont « la présence de l’Église », comme ils disent, ancrés ici à Lille « dans le sens du partage et de la rencontre », avec un regard attentif sur ce qu’il se passe sur le littoral. « Chacun sait que la fermeture de la jungle n’a pas changé grand-chose à la situation de ces gens aujourd’hui toujours à la rue, une situation absolument scandaleuse. »

« La petite lueur de Noël »

Les denrées alimentaires et couvertures proviennent de dons de particuliers qui répondent à leur appel. Le prochain déplacement prendra une connotation particulière puisqu’on sera le dimanche 26 décembre. « On aimerait pouvoir leur apporter quelques douceurs pour Noël, chocolat, friandises, coquilles, confitures. Être, en quelque sorte, une petite lueur. » Des permanences pour recevoir les dons seront ouvertes dans le courant du mois de décembre (à des dates qui restent à préciser) : deux à la Mission ouvrière de la rue des Meuniers, deux place du Prieuré à Fives.

En attendant les nouvelles permanences, on peut contacter les bénévoles au 03 20 54 37 47 (rue des Meuniers) ou sur ces numéros de portables : Tél : 06 08 65 88 59 / 06 17 39 18 30.

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Calais sous la neige, les migrants sous abri minimal

29 novembre 2010 - Libélille - Haydée Saberan

INTERVIEW - Un gymnase, un carton par terre. En cas de grand froid, Voilà le régime des migrants de Calais. Les jeunes candidats au passage en Angleterre, ne sont pas des sans-abri comme les autres. Pour Matthieu Quinette, coordinateur de Médecins du Monde, c’est discriminatoire.

Il neigeait dimanche à Calais. Où dorment les migrants quand le thermomètre descend en dessous de zéro ?
Dans la salle du BCMO(1), ouverte depuis trois nuits, avec le minimum. C’est un peu bizarre. On peut parler de régime discriminatoire. C’est le plan grand froid, pourtant ils ne sont pas accueillis comme les autres sans-abris. Alors que les circulaires prévoient le droit commun pour tous les êtres humains, des conditions d’accueil -toilettes, douches, lits-, et du personnel salarié, eux dorment sur des cartons au sol. Il y a trois toilettes dehors pour plus de 110 personnes, pas de douche. Ce sont les bénévoles de Salam qui assurent la permanence.

Tous les migrants de Calais n’y vont pas, et continuent à tenter leur chance sur les camions.
Il y a aussi ceux qui ne savent pas que le local existe. Et puis certains préfèrent leur squat, le local est fermé la journée.

Problème, le maire annonce vouloir murer le squat de la rue Descartes.
Le faire en ce moment serait dramatique. A l’intérieur, il y a une centaine de personnes, dont quatre femmes. Tous les systèmes d’accueil d’urgence sont saturés. Si on supprime ce squat, certes pourri, ils sont à la rue. La rue, c’est pire qu’un squat. On ne peut pas mettre dehors des gens qui n’ont rien fait de mal, et qui n’ont pas d’autre refuge. Des jeunes, entre 15 et 25 ans. Avec des rhinos, des otites, des bronchites. Les pathologies de l’hiver et du froid.

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Plus de 400 millions de migrants en 2050, selon l’OIM

29 novembre 2010 - L’Express.fr - Reuters

Les migrants qui quittent leur pays à la recherche de travail et de meilleures conditions de vie pourraient dépasser les 400 millions d’ici 2050, ce qui représente 7% de la population mondiale actuelle, indique l’Organisation internationale des migrations (OIM).

Ajouté aux mouvements de population à l’intérieur des frontières, qui sont également en progression du fait de l’exode rural, le phénomène touche déjà un milliard de personnes en 2010, souligne-t-elle dans son rapport qui paraît tous les deux ans.
"Il y a dix ans, lorsqu’est paru le premier rapport Etat de la migration dans le monde 2000, on comptait 150 millions de migrants.
"Aujourd’hui, ce chiffre est passé à 240 millions et pourrait atteindre 405 millions en 2050, sous l’effet de disparités démographiques croissantes, des modifications de l’environnement, des nouvelles forces politiques et économiques qui s’exercent dans le monde, des révolutions technologiques et des réseaux sociaux", peut-on y lire.
William Lacy Swing, directeur général de l’OIM, juge fondamental que les pouvoirs publics se dotent de programmes à long terme pour que ces mouvements profitent aussi bien aux migrants qu’à leurs pays d’accueil.
"En négligeant de mettre en place des politiques et des ressources appropriées pour gérer les migrations, on risque de manquer une occasion historique de tirer parti de ce phénomène mondial", explique-t-il.
"Etant donné que le rythme de la migration ne ralentit pas, les perspectives dont disposent les Etats pour transformer ses inconvénients en atouts s’amenuisent rapidement."
"En l’absence d’un sérieux investissement dans les questions migratoires, il est clair que des questions fondamentales telles que les droits humains des migrants ou leur intégration dans la société d’accueil prendront des proportions de plus en plus dramatiques.
"En investissant dans l’avenir des migrations et en planifiant les flux migratoires futurs, on améliorera l’image des migrants dans l’opinion, qui a été particulièrement mise à mal par la récession économique actuelle, et on contribuera à alléger la pression politique exercée sur les gouvernements pour qu’ils livrent des réponses à court terme à la migration", ajoute William Lacy Swing.

Jean-Philippe Lefief pour le service français

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Net immigration up to 215,000 as Britons stay home

25 novembre 2010 - The Guardian - Alan Travis

A 10-year low in the number of British citizens leaving the country has seen net immigration rise to 215,000 in the year to March 2010, according to official figures published today.

The unexpected rise will make the promise by the home secretary, Theresa May, to reduce the figure from "hundreds of thousands to tens of thousands" by the next general election even harder to achieve. Net immigration has risen by more than 50,000 since the Conservatives promised to cut it in their manifesto.

The Office for National Statistics also said the annual long-term migration statistics showed the highest recorded number of people arriving to study in Britain in 2009. However, separate Home Office figures also published today, which exclude students from EU countries, show the rise is a return to levels last seen between 2005 and 2007.

The discrepancy is likely to confuse ministers preparing to publish proposals to close the door to up to 120,000 international students in order to meet their immigration target.

The Home Office quarterly migration figures also show the number of asylum seekers has fallen for 15 successive months, with only 4,440 claiming refugee status between July and September. The largest number came from Iran (580), Sri Lanka (345) and Afghanistan (315).

The asylum figures show that 35 children, including five under-fives, have been detained purely for immigration purposes since the election of the coalition government on a pledge to end the practice. The most recent figure shows that 15 children, including six toddlers, were detained in October, mostly in Yarl’s Wood detention centre.

The removal of failed asylum seekers has fallen again in the past 12 months, with a 17% drop in the number who went home voluntarily or were deported to 17,705 between July and September 2010 compared with a year earlier.

The ONS figures on net migration show that 580,000 people came to work or study in the UK for more than a year in the 12 months to March 2010, while 364,000 moved abroad over the same period. This gives a rounded net migration figure of 215,000.

ONS statisticians said the rise since the 2008 figure of 163,000 was driven mainly by a fall in emigration, with a 10-year low in the number of Britons leaving the country. The number of people coming to Britain from outside the EU remained virtually unchanged last year at 303,000

The most popular destinations are the US and Australia, with 56,000 people heading there last year, the same number as in 2008. Of those leaving the UK, one in three said they had a definite job to go to and one in four were looking for work.

The figures also show the number moving to Poland has fallen sharply from 50,000 in 2007 to 24,000 last year.

The immigration minister, Damian Green, said the figures showed why it was necessary to tighten the immigration system further to reduce net migration to manageable levels.

"The annual limit that we announced this week will ensure we continue to attract the brightest and the best while we reduce economic migration by more than a fifth compared with last year.

"We will shortly be launching a consultation on student visas, so as with economic migration we refocus on the areas which add the greatest value, protecting our world class universities."

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Net migration to UK rises as fewer Britons leave

25 novembre 2010 - The Independant - Wesley Johnson, PA

Net migration to the UK rose to 215,000 in the year to March as the number of Britons leaving to live abroad fell to a 10-year low, figures showed today.

An estimated 140,000 British citizens emigrated in 2009, the lowest since 1999 and down from 173,000 in 2008, the Office for National Statistics (ONS) said.

The figures will pose further problems for the Government as it seeks to fulfil its pledge to cut net migration to the tens of thousands by 2015.

To fulfil the Government’s pledge to cut net migration to the tens of thousands by 2015, Home Secretary Theresa May has said all routes to entry, including student, work and family visas, as well as the link between temporary visas and settlement, will have to be tackled.

The number of migrant workers coming to Britain from outside the EU will be cut by a fifth and capped at 21,700 from next year.

Students coming to the UK to study a course below degree level - around 120,000 last year - will be targeted, as will those abusing the study route by using it as a means to stay on in the UK.

Visas for highly skilled workers without a job offer will effectively be scrapped and replaced by up to 1,000 visas for those with "exceptional talent", which will include sports people and scientists.

There will be a new minimum salary of £40,000 for firms using intra-company transfers (ICTs) to bring their own people into the UK for more than a year to do specific jobs, but employees staying for less than 12 months will be exempt, prompting fears that firms will seek to exploit the loophole.

Family visas will become more selective, with a minimum standard of English being introduced as a requirement for those applying for marriage visas.

The Government will also focus on the tens of thousands of people who come to the UK each year to fill a temporary skills shortage and end up staying, with settlement becoming "a privilege to be earned, not an automatic add-on to a temporary way in".

An estimated 368,000 people emigrated from the UK in 2009, down from 427,000 in 2008.

Along with the drop in Britons, the number of other EU citizens leaving fell to 109,000 from 134,000 in 2008.

The number of non-EU citizens leaving was 119,000, a similar level to 2008.

The fall in numbers of Britons emigrating was driven mostly by a 25% decrease in British men leaving the UK, the ONS said.

The number of British women emigrating remained steady at 60,000.

Most of those leaving the UK last year left for work reasons, with one in three saying they had a definite job to go to and one in four saying they were looking for work.

The number of emigrants to Poland halved between 2008 and 2009, down from 50,000 to 25,000, the ONS figures showed.

Australia remained the most popular destination for emigrants from the UK, with 56,000 people heading there last year, the same number as in 2008.

But the number of people coming to Britain from outside the EU remained virtually unchanged last year at 303,000, driving net migration up to 198,000 from 163,000 in 2008.

The number of student visas, a key target of the Government’s proposals to bring net migration down, was also up, rising 16% to 355,065 in the year to September.

Immigration minister Damian Green said : "These statistics once again show why we must tighten our immigration system in order to reduce net migration to manageable levels.

"We aim to reduce net migration from the hundreds of thousands back down to the tens of thousands by taking action on all routes into the UK.

"The annual limit that we announced this week will ensure we continue to attract the brightest and the best while we reduce economic migration through tiers one and two by more than a fifth compared with last year.

"We will shortly be launching a consultation on student visas, so as with economic migration we refocus on the areas which add the greatest value and where evidence of abuse is limited, protecting our world class universities."

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Hausse de la migration nette au Royaume-Uni

25 novembre 2010 - Aufait Maroc - MAP

La migration nette au Royaume-Uni a enregistré, sur une année jusqu’à mars dernier, une hausse pour s’établir à 215.000 personnes à mesure que le nombre de Britanniques choisissant de partir vivre à l’étranger a chuté à un niveau enregistré il y a dix ans, ont indiqué jeudi des chiffres de l’Office des statistiques nationales (ONS).

Quelque 140.000 citoyens britanniques ont émigré en 2009, soit le plus bas niveau depuis 1999, précise la même source.

Le gouvernement de coalition s’est engagé à réduire la migration nette de dizaines de milliers d’ici 2015.

Pour honorer cet engagement, le gouvernement imposera des restrictions notamment sur les visas pour étudiants et ceux octroyés aux travailleurs. Le nombre de travailleurs migrants provenant de l’extérieur de l’espace européen l’UE sera réduit d’un cinquième et sera plafonné à 21.700 visas dès l’année prochaine.

Les visas pour les travailleurs hautement qualifiés, n’ayant pas d’offre d’emploi seront supprimés et remplacés par des visas pour les personnes ayant "un talent exceptionnel", qui comprendra les sportifs et les scientifiques.

Pour les travailleurs transférés par leurs compagnies outre-mer, ils devront percevoir un salaire minimum de 40.000 livres Sterling.

Le ministre en charge de la question de l’immigration, M. Damian Green, cité par The Independent, a souligné que ces statistiques démontrent encore une fois la nécessité de renforcer le système d’immigration afin de réduire le solde migratoire à des niveaux gérables.

"Le quota annuel que nous avons annoncé cette semaine nous permettra de continuer à attirer les plus brillants et les meilleurs", a-t-il déclaré.

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Brusque décrue de migrants à Téteghem : « Il y a une tolérance, mais ça doit rester gérable »

24 novembre 2010 - La Voix du Nord - A. C.

Hier, à la sous-préfecture, avec la mairie de Téteghem, il a été question de dresser un bilan des dernières actions qui ont permis de dépeupler ...

la « jungle ».

« La semaine dernière, on comptait plus de 150 migrants. Dimanche, ils étaient 90, lundi, 40 et aujourd’hui 30 », confiait, hier, le directeur général des services de la mairie de Téteghem, précisant : « Il n’y a pas eu de démantèlement de camps. Il n’est pas question de priver les migrants de tentes, de prendre leurs affaires alors que le froid arrive », poursuit Paul Christophe. Interpellations quotidiennes pour des contrôles d’identité, présence accrue de la police censée envoyer un message dissuasif en direction des filières de passeurs auraient permis, selon la mairie, d’assainir la situation. « Il y a une tolérance sur le site, dans la limite de ce que l’on sait gérer pour une commune de notre taille. Même les associations étaient dépassées par l’afflux soudain de migrants. Si l’on veut un bon accompagnement, la situation doit rester gérable. »

Les dernières descentes de police avaient aussi pour but d’enlever les détritus. Les aires d’autoroute de Téteghem et Ghyvelde-Les Moëres sont fermées. Sans limitation de durée.

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Des interpellations en attendant la solution

24 novembre 2010 - Le Phare Dunkerquois - D. E.

23 migrants ont été interpellés jeudi et lundi matin aux abords des campements de fortune du lac de Téteghem par les services de la police de l’air et des frontières.

« Il s’agit principalement de personnes qui n’avaient pas de papiers (sous-entendu qui n’avaient pas encore été recensées par les services locaux de lutte contre l’immigration illégale) », a confirmé une militante de Salam après avoir interrogé les migrants restés sur le camp à l’issue du passage des forces de police.
La première opération policière est intervenue deux jours après que le premier magistrat téteghémois, Franck Dhersin, se fut ému du nombre élevé de clandestins, estimé entre 150 à 200 personnes, présents autour du lac.
Un lac autour duquel cohabitent en réalité plusieurs ethnies réparties sur trois camps. L’un mixte composé d’Afghans et de Kurdes, un autre exclusivement kurde et le dernier, plus discret et renfoncé dans les sous-bois, asiatique (Vietnamiens, Chinois,etc).
A leur arrivée jeudi matin sur les camps, les associations d’aide aux migrants étaient partagées entre le soulagement, d’une part, de constater que les forces de l’ordre n’avaient pas procédé à un démantèlement, et d’autre part, la crainte de voir ce démantèlement se dérouler plus tard, « après par exemple la réunion entre le maire de Téteghem et le préfet » qui était prévue le 19 novembre.
Pour tirer la sonnette d’alarme, Franck Dhersin a évoqué l’éventualité « de voir s’installer une seconde jungle » sur sa commune, du type de celle de Calais et donc « de ne plus contrôler la situation ». Le premier magistrat craignant de son côté que cet afflux de migrants ne se répercute négativement dans l’opinion de la population proche.
"Victime" d’une politique menée à l’échelon national qu’il avait lui-même soutenue à l’époque, Franck Dhersin se tourne désormais vers la CUD (propriétaire des terrains occupés par les migrants) et son président Michel Delebarre pour trouver des solutions et garantir notamment une meilleure régulation des flux ainsi que des conditions de vie décentes, surtout à l’approche de l’hiver. Mais surtout, le maire téteghémois souhaite revenir à une situation antérieure, où les effectifs sur les camps ne dépassaient pas la quarantaine de clandestins.
Le lac de Téteghem bénéficierait d’un regain d’intérêt de la part des passeurs (qui organisent les passages et donc attirent vers eux les candidats à l’exil) dont une partie des activités se redéploieraient vers les aires d’autoroutes belges (attendu que les aires françaises sur l’A16 sont désormais fermées) et le port d’Ostende.
Si pour la préfecture, « aucun démantèlement n’est programmé pour l’instant », le préfet s’est néanmoins rendu sur les lieux le 20 novembre sous escorte policière afin de prendre la mesure de la situation. A titre de précaution, les associations humanitaires, comme Salam et Médecins du monde ont distribué des kits de survie tandis que les migrants préféraient quitter le camp téteghémois pour rejoindre d’autres points de chute, contribuant ainsi à faire retomber, sans doute momentanément, la tension.

Souce

La « jungle » du lac de Tétéghem reste sous surveillance

23 novembre 2010 - La Voix du Nord - Annick Michaud

La « jungle » du lac de Téteghem s’est en grande partie vidée ce week-end. La police maintient la pression et les contrôles et les associatifs veillent.

Les associatifs qui viennent en aide aux migrants ont changé leurs horaires. Alors qu’habituellement ils se rendent au lac à l’heure du déjeuner pour distribuer les repas, hier, des représentants de Terre d’errance étaient à l’entrée du site dès 7 h 30. Avec une crainte : que la police ne vienne démanteler la « jungle » et en chasser les migrants.

Un démantèlement partiel a bien eu lieu, mais il a été l’oeuvre, ce week-end, des migrants eux-mêmes (notre précédente édition). En témoignaient, hier matin, le tas de couvertures, tentes, chariots de supermarché amassés près de la grille marquant l’accès au site. Les migrants ont d’eux-mêmes réduit leur présence autour du lac à une quarantaine de personnes, répondant ainsi au souhait de l’État et de la commune.

Pour autant, la police était bien présente sur place hier. Très tôt même. Peu après 7 h 30, hier, une vingtaine de fonctionnaires de la Police aux frontières ont débarqué avec des camionnettes. Comme ils le font désormais chaque jour, ils ont contrôlé les personnes présentes sur deux mini-campements, d’un seul côté du lac, près de l’autoroute. À chaque fois, une dizaine de migrants, des Africains, des Afghans... Huit d’entre eux ne pouvant présenter des papiers officiels ont été arrêtés et conduits dans les locaux de la PAF à Saint-Pol-sur-Mer. Les installations, en revanche, ont été laissées en l’état, même si le sous-préfet Jérôme Gutton ne s’engage pas sur le long terme : l’État veille à ce que le lac de Téteghem ne redevienne pas une implantation majeure.

L’aire d’autoroute fermée

Une fois l’intervention de la PAF terminée, les associatifs de Terre d’errance, rejoints par des représentants de Médecins sans frontière, sont retournés sur les campements. Des campements rejoints par quelques migrants qui s’étaient égaillés dans la nature pour échapper au contrôle de police. Ils expliquaient que ceux qui ont quitté la « jungle » ce week-end sont partis vers Paris ou Calais. Certains, aussi, racontaient-ils, ont tenté de passer en Angleterre la nuit même, comme cette femme enceinte que Médecins du monde cherchait désespérément pour la conduire en consultation à la polyclinique.

Emmaüs, pour sa part, a accueilli une maman avec ses trois enfants en bas âge.

Avec la fermeture de l’aire d’autoroute, « qui ne rouvrira pas », assure le sous-préfet Jérôme Gutton, le maire Franck Dhersin espère que le site du lac deviendra moins intéressant pour les passeurs qui, racontent les associatifs, demandent 1 500 E aux migrants pour les « héberger » dans cette « jungle » et les faire passer en Angleterre.

Des douches au stade

L’élu se félicitait hier de voir « la situation revenue à un niveau que je réclamais » même si, disait-il, « en tant qu’homme je ne suis pas totalement satisfait car j’ai conscience que les gens sont déplacés dans un moment difficile et que rien n’est résolu ». Si les migrants bénéficient de repas fournis par les associations, Franck Dhersin précise aussi que la ville va continuer à mettre à disposition les douches du stade de foot pour que les migrants puissent se laver une fois par semaine.

Quant aux détritus à l’entrée du lac, la ville a sollicité la communauté urbaine de Dunkerque qui doit ramener une benne. « Mais ce sont les bénévoles qui devront la remplir », déplore Franck Dhersin, toujours critique face à l’absence de réponse de l’intercommunalité sur la prise en charge des migrants.

Une nouvelle réunion entre le sous-préfet et la ville de Téteghem est prévue aujourd’hui pour faire un point sur la situation et informer le préfet.

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Tétéghem : la « jungle » s’est vidée

22 novembre 2010 - La Voix du Nord - A. M.

Hier soir, la « jungle » du lac de Téteghem ne comptait plus qu’une quarantaine de migrants, ...

constataient à la fois les associatifs et le maire Franck Dhersin. Ils étaient encore 150 à 200 un peu plus tôt, un chiffre qui avait valu à Franck Dhersin, dans la semaine, de tirer le signal d’alarme auprès des services de l’État.

Pour les associatifs, cette fuite des migrants installés autour du lac de Téteghem serait due à la pression policière, devenue quotidienne ces derniers jours : « A la distribution du repas (NDLR : hier midi), les migrants nous ont expliqué que la police viendrait démonter le camp et que ceux qui seraient encore là et en situation irrégulière seraient arrêtés », expliquent-ils en substance. Pour le maire Franck Dhersin, ces départs massifs sont en effet motivés par l’annonce d’une intervention policière imminente si le camp restait aussi peuplé. Mais le maire de Téteghem dément qu’elle soit prévue pour aujourd’hui : « Le préfet a dit qu’on ne pouvait accepter l’idée d’un nouveau camp dans le Dunkerquois. Je lui ai dit de nous donner du temps », rappelle-t-il en précisant qu’un nouveau point devait être fait mercredi. « C’est la première fois qu’un camp se vide tout seul par la discussion et le dialogue », se félicitait-il hier soir, après avoir passé les derniers jours sur le terrain, à la rencontre des migrants, comme les associatifs.

Partis de Téteghem, les migrants devront trouver d’autres points de chute. On évoque Grande-Synthe, Calais, la Belgique, voire Paris.

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Vingt et un migrants entassés dans un fourgon

22 novembre 2010 - Nord Littoral - B. G.

Le 19 mai 2010, à, l’embarquement pour la Grande-Bretagne, Hans-Jürgen Stucke, un Allemand âgé de 46 ans est contrôlé.

Il revient de tout un périple entre l’Allemagne, la capitale et Calais, en partance pour l’outre-Manche. C’est tout de même le prévenu qui a loué le van à son nom.

Au départ, il était censé charger un lot de meubles à Emmaüs, en plus d’alcool. Le tout aurait finalement été déchargé. Et à la place du vide, les enquêteurs découvrent 21 clandestins entassés dans son van.

Il ne pouvait ignorer participer à un trafic. Même s’il dira ignorer la nature exacte des "produits" transportés, -des êtres humains en réalité-, il n’a pas eu le courage de s’opposer à cette triste réalité. Vingt et une personnes, ça a un poids... Il savait. C’est une évidence. Ces clandestins ont fait un voyage bien pénible.

La substitute requiert dix mois de prison ferme, outre une interdiction de séjour dans la région pour une durée de trois ans.

Hans-Jürgen Stucke écope de douze mois de prison avec sursis simple.

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Les réfugiés de Teteghem prennent la route

22 novembre 2010 - 20 Minutes - Gabriel Thierry

Migrants Un camp installé près d’une aire d’autoroute a brusquement pris des airs de « jungle »

Ils ont bouclé leurs valises à roulettes et rangé les duvets. Les migrants installés dans la « jungle » de Téteghem ont commencé à démonter leur campement de fortune, hier. Dans la matinée, ils avaient reçu la visite de la police pour des contrôles d’identité. « Cela ressemble à la destruction de la jungle de Calais (en septembre 2009) », note Mathieu Quinette, coordinateur de Médecins du monde sur le littoral. Quelques jours plus tôt, devant l’afflux de migrants, le maire Franck Dhersin (UMP) avait tiré la sonnette d’alarme. « Je n’ai jamais demandé l’évacuation du camp, j’ai toujours réclamé que l’on partage la misère », assure l’élu. D’une quarantaine, le nombre de clandestins était passé à près de 200 et entre 150 et 180 ce week-end : la fermeture de l’aire d’autoroute voisine, d’où ils partaient vers l’Angleterre, a transformé le camp en impasse

Un scandale pour les bénévoles

Ce dimanche, les bénévoles qui aident les migrants ont tenté de parer au plus pressé. Deux familles, quatre jeunes enfants en tout, ne retourneront pas sur la route, mais seront hébergés par Emmaüs Dunkerque. « Même s’ils sont clandestins, ils ont le droit d’être traités comme des êtres humains », enrage Marc, un bénévole. « Personne n’en veut, c’est scandaleux », renchérit François Braure, le président de l’association de Terre d’errance Flandre-littoral.
La veille, Médecins du monde avait constaté la disparition de la citerne d’eau de 3000 litres, fournie par la mairie, lors de la distribution d’un repas et d’un kit de survie.« On a eu un problème technique, elle devrait être remise en place dès lundi », assure encore Franck Dhersin. Ce lundi, la grande majorité des migrants devrait déjà être repartie. Vers Calais, Grande-Synthe, ou même Paris. « J’y serais dans trois ou quatre jours, lâche un migrant. De toute façon, je ne sais pas où aller ».
Dans un coin de la jungle, des irakiens et des afghans se préparent au départ. Regards durs. Un peu plus tôt, les bénévoles assurent avoir vu les hommes pleurer après ce nouveau coup du sort. « Nous ne sommes pas des criminels, juste des victimes de la guerre », insiste Ahmed, un migrant originaire du Soudan. En fait, seuls ceux qui n’ont plus d’argent devraient rester à Téteghem. Dans l’impasse.

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Maire et humanitaires craignent la destruction du camp de migrants

21 novembre 2010 - Nord Eclair

Depuis deux semaines, une centaine de migrants sont installés sur un terrain de Téteghem, au sud-est de Dunkerque. Les humanitaires et le maire UMP de la commune craignent une destruction du camp, qui selon eux ne ferait une fois de plus que « déplacer le problème ».

« À chaque fois qu’on a déménagé, on a reporté le problème ailleurs » . Le maire de Téteghem, au sud-est de Dunkerque, où s’est établi un camp de migrants, craint, comme les humanitaires, un démantèlement qui ne réglerait pas le problème, un an après la destruction de la « jungle » de Calais.
Sur ce terrain situé au bord d’un lac, ils sont depuis deux semaines 200 de nombreuses communautés, selon le maire Franck Dhersin (UMP) et Médecins du Monde. La préfecture, de son côté, parle de 80 à 100 personnes, d’après les comptages de la Police aux frontières (PAF).

À mi-chemin entre Calais et Ostende, principaux points de départ pour l’Angleterre, la situation de la ville explique cet afflux, selon le maire qui rappelle que des camps voisins ont été démantelés.
« À aucun moment, je n’ai demandé l’évacuation, je demande qu’on partage la misère », ajoute M. Dhersin, qui pointe notamment la communauté urbaine de Dunkerque, propriétaire du terrain.
Il espère obtenir des conditions d’hébergement « convenables » pour les migrants, faciliter le travail des associations et une pression moins forte sur la population. Comme dans l’ancienne « jungle » de Calais, les différentes communautés sont actuellement réparties dans des mini-campements formés de bâches et palettes de bois. Selon le maire, quelques incidents ont déjà fait deux blessés graves.

La préfecture n’a pas l’intention de détruire le camp pour l’instant
En août 2009, environ 1 500 clandestins afghans ou irakiens étaient recensés dans le Nord-Pas-de-Calais, dont plus de la moitié autour de Calais. Plusieurs centaines vivaient dans la « jungle », principal campement d’étrangers en situation irrégulière en France, détruit par les bulldozers le 22 septembre 2009 sur instruction d’Éric Besson, alors ministre de l’Immigration.
Un an après, les migrants seraient trois fois moins nombreux à errer sur le littoral en attendant un ferry pour l’Angleterre. Mais « on est dans des solutions de déplacement du problème », renchérit Mathieu Quinette, coordinateur de Médecins du Monde sur le littoral. Pour lui, l’afflux de Téteghem s’explique aussi par la fermeture du parking de l’aire d’autoroute à proximité, qui interdit aux migrants d’embarquer dans les camions pour l’Angleterre.
Interrogée, la préfecture a indiqué qu’elle n’avait pas pour l’instant l’intention de détruire le camp. Elle exprime cependant sa « volonté d’éviter que Téteghem soit un point de fixation d’étrangers en situation irrégulière » et a procédé « depuis un mois, à plusieurs opérations de contrôle et d’interpellations », indique Marc Chappuis, directeur de cabinet du préfet du Nord, Jean-Michel Bérard.
« Si on détruit ce campement, les populations vont se disperser, elles n’auront même plus les abris qu’elles avaient, elles n’auront plus accès à l’aide humanitaire et elles vont être sous la mainmise des passeurs », craint Mathieu Quinette.
Dans le camp, au bord du lac, les migrants n’ont qu’une question à la bouche : « Quand est-ce qu’ils rouvrent le parking ? »

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Le BCMO sera ouvert en cas de grand froid

20 novembre 2010 - Nord Littoral - A. TH.

Le conseil des migrants qui s’est tenu hier fut l’occasion pour la mairie et les associations de planifier la mise en oeuvre de l’ouverture de la salle du BCMO en cas de grand froid.

Difficulté à trouver des cartons, complexité à renouveler les couvertures, longue durée de l’épisode hiémal, hygiène improbable... Autant de problèmes rencontrés l’hiver dernier par les bénévoles des associations qui avaient assuré la surveillance des migrants et sans-abris lors de l’ouverture du gymnase du BCMO (l’ancien bureau central de la main d’oeuvre destiné à l’embauche des dockers), sis place de Norvège. « J’ai renouvelé la convention avec l’association Salam afin que cette salle soit ouverte au déclenchement du niveau II (le niveau "grand froid", ndlr) du plan hivernal, affirme Natacha Bouchart, maire de Calais. L’association aura les clefs et pourra ouvrir le BCMO de 19 heures à 10 heures du matin . »

Des couvertures jetables

De l’aveu de Jean-Claude Lenoir, vice-président de l’association Salam (Soutenons, aidons, luttons, agissons pour les migrants et les pays en difficulté, acronyme qui signifie paix en arabe), ce conseil des migrants fut « technique ».

Le maire s’est ainsi engagé à fournir des gants et des masques à Salam pour « la protection des bénévoles et des migrants ».

Au prochain conseil municipal, sera de plus soumise au vote une subvention de 1 500 euros au bénéfice de Salam pour l’achat de 300 couvertures jetables.

Une subvention exceptionnelle

« Nous espérons que les grandes associations à but humanitaires oeuvreront également si un nombre plus important de couvertures se révélait nécessaire », gage l’édile.

Adjoint au maire en charge à l’environnement, Philippe Mignonet promet : « Le service hygiène de la ville interviendra en concertation avec Salam. Au plus tard, le BCMO sera nettoyé en début d’après-midi, sachant que les migrants auront dû avoir quitté la salle à 10 heures au plus tard.

En cas d’épisode hivernal prolongé, nous assurerons un nettoyage au moins deux fois par semaine. » En plus des WC de chantier déjà installés sur le lieu de distribution des repas, trois autres cabines seront posées à proximité du BCMO. « Ça peut paraître du détail, mais pour nous qui sommes des bénévoles de terrain, c’est important, assure Jean-Claude Lenoir. Pour éviter des rassemblements et pour gêner le moins possible les riverains, on distribuera également le petit déjeuner sur le lieu habituel de distribution des repas. »

L’association Salam recherche des couvertures et des cartons. Pour des raisons d’hygiène, il n’est en effet pas possible de faire dormir les sans-abris sur des matelas, à moins de les renouveler chaque nuit.

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La Belle Etoile n’accueillera pas les migrants au BCMO cet hiver

20 novembre 2010 - Nord Littoral

« Les bénévoles des associations n’ont pas à se substituer aux pouvoirs publics pour assurer la mise à l’abri des migrants », argue la Belle Étoile.

Depuis 1944, l’association vient en aide aux migrants. Elle refusera cependant cet hiver d’assurer la surveillance des sans-abris au BCMO, le gymnase sis place de Norvège. « Cette année encore, l’hiver sera rude et le plan grand froid sera probablement activé, comme tous les ans », présage l’association.

En cas de températures négatives, le BCMO sera alors ouvert chaque nuit aux sans-abris - pas seulement aux migrants. Depuis trois ans, la municipalité signe une charte avec l’association Salam afin qu’une surveillance soit assurée chaque nuit. Il y a deux ans des heurts avaient éclaté entre les bénévoles de diverses associations.

L’hiver dernier, une rotation avait été établie entre les bénévoles. La durée de l’épisode hiémal, une hygiène problématique et la difficulté à se procurer cartons et couvertures propres en suffisance avaient fortement éprouvé l’endurance des bénévoles de toutes les associations.

« Nous demandons l’ingénierie de la mairie, pas ses subventions »

Cet hiver, la Belle Étoile prend ses responsabilités. « Nous avons la décence de ne pas demander 5 000 euros de subventions à la mairie, escompte Monique Delannoy, présidente de l’association. Par contre nous demandons l’ingénierie à la municipalité. Nous estimons qu’elle peut assumer le gardiennage et le nettoyage du BCMO. » Une décision que Natacha Bouchart, maire de Calais, refuse de commenter : « L’explication qu’elle donne est d’ordre national ; c’est à l’État d’assumer cette prise en charge. Je n’ai pas à juger. Je trouve ça curieux venant d’une association qui vient en aide aux migrants. » Et son directeur de cabinet, Claude Demassieux d’ajouter : « D’autant qu’elle avait demandé l’an passé à participer à ces surveillances. » Le collectif C’Sur n’a, quant à lui, pas fait connaître officiellement sa position.

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Que sont devenus les rescapés de l’incendie de Dijon ?

19 novembre 2010 - L’Express.fr - Claudia Choquet

L’incendie a ravagé un foyer de demandeurs d’asile causant la mort de sept personnes. Une cellule de relogement a été mise en place.

Après l’incendie volontaire qui a ravagé une des façades d’un foyer de migrants à Dijon et tué sept personnes, la mairie, la préfecture, le conseil régional et Adoma - entreprise gestionnaire de logements sociaux - travaillent d’arrache-pied pour reloger les rescapés.
Malgré l’ampleur du feu, une partie du bâtiment a été épargnée par les flammes. "Tous les logements n’ont pas été détruits, ce qui a permis à une partie des victimes de regagner leur appartement", explique une employée d’Adoma. Les autres ont été relogés dans des logements sociaux inoccupés près de Digoin et de Chalon-sur-Saône. "Dans la mesure du possible, on tente de reloger les travailleurs migrants à Dijon ou à proximité de Dijon", précise l’employée.

Produits de toilette, vaisselle et vêtements ont été distribués aux demandeurs d’asile

A ce jour, 139 personnes sur les 192 présentes au moment du drame ont de nouveau un toit, assure Adoma. La même issue est promise aux 53 migrants toujours hospitalisées.
Choquée par cet incendie, la population s’est spontanément mobilisée pour venir en aide aux rescapés. Des "produits de toilette, de la vaisselle et des vêtements" ont été gracieusement distribués par les Dijonnais, témoigne un proche du maire. Des entreprises de la région ont également offert des meubles et du matériel électroménager.
Pour centraliser cet élan de solidarité, la mairie de Dijon aurait ouvert un compte bancaire pour recueillir les dons. Le montant de cette aide s’élèverait à 10 000 euros. Les frais relatifs au rapatriement de deux corps seraient également pris en charge par la municipalité.
L’aide n’est pas seulement matérielle. Une cellule d’assistance psychologique a été installée au sein du Palais des Sports où des professionnels de la santé s’y relaieront toute la semaine prochaine.

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Interpellations de routine, hier, dans la « jungle » de Téteghem

19 novembre 2010 - La Voix du Nord - A. C.

Les associations d’aide aux étrangers en situation irrégulière étaient sur le qui-vive ...

, hier matin, après l’annonce d’une « réponse rapide » promise par le préfet pour réduire l’afflux de migrants aux abords du lac Téteghem (ils seraient environ 150).

Hier matin, quelques associatifs étaient présents dans la « jungle », craignant un démantèlement des abris de fortune.

Le démantèlement n’a pas eu lieu. En revanche, une quinzaine d’étrangers en situation irrégulière ont été interpellés dans le cadre de contrôles d’identité.

Une opération de routine.

Pour le collectif Carrefour des solidarités, l’afflux de migrants s’explique par le jeu des vases communicants : « L’augmentation importante des campements à Téteghem est une conséquence directe du démantèlement opéré il y a quelques mois par les forces de police sur le territoire de Loon-Plage ».

Le collectif met en garde : « Tout démantèlement augmente de façon catastrophique la précarité des familles et des enfants qui vivent dans ces camps. Cela a pour conséquence d’augmenter leurs problèmes de survie et de santé ». •

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A Teteghem, maire et humanitaires craignent la destruction du camp de migrants

19 novembre 2010 - AFP - Nicolas Gubert

TETEGHEM — "A chaque fois qu’on a déménagé, on a reporté le problème ailleurs" : le maire de Teteghem (Nord), où s’est établi un camp de migrants, craint, comme les humanitaires, un démantèlement qui ne règlerait pas le problème, un an après la destruction de la "jungle" de Calais.

Sur ce terrain situé au bord d’un lac, ils sont depuis deux semaines 200 de nombreuses communautés, selon le maire Franck Dhersin (UMP) et Médecins du Monde.

La préfecture parle de 80 à 100 personnes, d’après les comptages de la Police aux frontières (PAF).

A mi-chemin entre Calais et Ostende, principaux points de départ pour l’Angleterre, la situation de la ville explique cet afflux, selon le maire qui rappelle que des camps voisins ont été démantelés.

"A aucun moment, je n’ai demandé l’évacuation, je demande qu’on partage la misère", ajoute M. Dhersin, qui pointe notamment la communauté urbaine de Dunkerque, propriétaire du terrain.

Il espère obtenir des conditions d’hébergement "convenables" pour les migrants, faciliter le travail des associations et une pression moins forte sur la population.

Comme dans l’ancienne "jungle" de Calais les différentes communautés sont actuellement réparties dans des mini-campements formés de bâches et palettes de bois. Selon le maire, quelques incidents ont déjà fait deux blessés graves.

En août 2009, environ 1.500 clandestins afghans ou irakiens étaient recensés dans le Nord-Pas-de-Calais, dont plus de la moitié autour de Calais. Plusieurs centaines vivaient dans la "jungle", principal campement d’étrangers en situation irrégulière en France, détruit par les bulldozers le 22 septembre 2009 sur instruction d’Eric Besson, alors ministre de l’Immigration.

Un an après, les migrants seraient trois fois moins nombreux à errer sur le littoral en attendant un ferry pour l’Angleterre.

Mais "on est dans des solutions de déplacement du problème", renchérit Mathieu Quinette, coordinateur de Médecins du Monde sur le littoral. Pour lui, l’afflux de Téteghem s’explique aussi par la fermeture du parking de l’aire d’autoroute à proximité, qui interdit aux migrants d’embarquer dans les camions pour l’Angleterre.

Interrogée par l’AFP, la préfecture a indiqué qu’elle n’avait pas pour l’instant l’intention de détruire le camp. Elle exprime cependant sa "volonté d’éviter que Téteghem soit un point de fixation d’étrangers en situation irrégulière" et a procédé "depuis un mois, à plusieurs opérations de contrôle et d’interpellations", indique Marc Chappuis, directeur de cabinet du préfet du Nord.

"Si on détruit ce campement, les populations vont se disperser, elles n’auront même plus les abris qu’elles avaient, elles n’auront plus accès à l’aide humanitaire et elles vont être sous la mainmise des passeurs", craint Mathieu Quinette.

Dans le camp, au bord du lac, les migrants n’ont qu’une question à la bouche : "quand est-ce qu’ils rouvrent le parking ?".

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Téteghem : Une quinzaine de migrants interpelés

18 novembre 2010 - La Voix du Nord

Après que la mairie de Téteghem s’est émue auprès du préfet, du nombre croissant de migrants qui ont fait de la commune un point de chute (ils sont environ 150), les assocations d’aide aux étrangers en situation irrégulière craignaient un démantèlement rapide de la "jungle".

Ce n’était pas le cas ce matin. En revanche, une quinzaine de clandestins ont été interpellés.

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Coup de couteau fin octobre à Téteghem : un ressortissant vietnamien en garde à vue

18 novembre 2010 - La Voix du Nord - A. C.

Le 30 octobre, en milieu de matinée, au bord du lac de Téteghem, un migrant a été poignardé dans le dos. ...

Le coup de couteau avait été porté avec une telle violence, qu’il avait perforé un poumon. La victime avait été transportée à l’hôpital dans un état grave.

Une enquête préliminaire avait aussitôt été ouverte pour violences avec arme. Les policiers avaient rapidement identifié un suspect qui, aussitôt le coup de poignard asséné, s’était évanoui dans la nature.

Hier, les enquêteurs ont réussi à le localiser grâce à son téléphone portable. L’homme, un ressortissant vietnamien, a été interpellé à la gare, sortant du train Lille-Dunkerque.

Placé en garde à vue, il a reconnu être l’auteur du coup de couteau. Reste encore les raisons de son geste à éclaircir avec plus de précisions.

Le procureur de la République de Dunkerque, Philippe Muller, précisait hier que le suspect serait déféré aujourd’hui pour une présentation en comparution immédiate prévue demain.

Cette interpellation intervient dans un contexte où la situation de la « jungle » de Téteghem, interpelle les autorités en raison du nombre croissant de migrants qui en ont fait leur point de chute.

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Le préfet promet « une réponse rapide » pour la jungle de Téteghem

18 novembre 2010 - La Voix du Nord - E. J.

Le maire de Téteghem, Franck Dhersin, s’est longuement entretenu, hier, ...

avec le préfet du Nord, Jean-Michel Bérard. Étaient également présents le sous-préfet de Dunkerque et le directeur de zone de la Police de l’air et des frontières. Au menu : la gestion du problème posé par la « jungle » du lac de Téteghem, en bordure de l’A16, qui est passée de 50 à 150 migrants en deux mois, suite notamment à la destruction du campement de Loon-Plage, en septembre.

« On partage le constat suivant : la situation est trop lourde à gérer pour la ville, pour les associations, pour la population et pour l’État, qui ne veut pas voir se reconstruire un nouveau Calais », a relaté Franck Dhersin, qui avait proposé que les migrants soient « répartis » dans différents campements, dans l’agglomération dunkerquoise. « Cette idée n’enchante pas l’État, qui dit qu’aucun des maires ne sera d’accord », a-t-il poursuivi. Le « succès » du site de Téteghem (40 hectares) viendrait de sa situation idéale, à mi-chemin entre les ports de Calais et d’Ostende.

« Le préfet m’a promis une réponse verbale pour le début de semaine prochaine, a enfin confié Franck Dhersin, qui a demandé la tenue d’une nouvelle réunion, cette fois en présence des associations. Mais je ne serai pas forcément prévenu lorsqu’une action sera déclenchée sur le terrain. » •

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DIJON - Deuxième interpellation après l’incendie meurtrier d’un foyer de migrants

18 novembre 2010 - Le Point

Une deuxième personne a été interpellée, a annoncé le Parquet de Dijon.

" Nous avons deux personnes en garde-à-vue. L’enquête s’oriente vers la piste criminelle. Je ne me permettrais aucun autre commentaire avant la fin des auditions a déclaré Eric Lallement, le procureur de Dijon.

Brice Hortefeux, ministre de l’Intérieur a annoncé, quelques heures auparavant, à l’Assemblée nationale l’arrestation d’un premier individu. "Cette personne, interpellée, était dans un hôpital psychiatrique depuis dimanche soir. Il y a naturellement des vérifications à effectuer concernant son éventuelle responsabilité", avait indiqué le ministre.

Ce suspect serait âgé de 19 ans, selon une source policière. "La police technique et scientifique de Lyon, sous l’autorité du parquet, examine un certain nombre d’éléments précis", a continué le titulaire de la Place Beauvau en réponse à une question du député UMP de Côte d’Or, Bernard Depierre. "Il y a encore 61 personnes hospitalisées, 14 qui sont dans un état grave et 8 dans un état critique", a précisé le ministre.

_C’est un feu de poubelles, propagé par le vent, qui est à l’origine de cette tragédie dans ce foyer de neuf étages situé dans le quartier populaire de Fontaine d’Ouche, où 141 résidents étaient présents.

Le sinistre, qui a touché le foyer Adoma dimanche matin, a provoqué la mort de sept personnes.

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200 migrants à Téteghem, le maire craint une « nouvelle jungle »

17 novembre 2010 - Nord Littoral

Le maire de Téteghem (Nord), Franck Dhersin, a demandé mardi l’aide des pouvoirs publics face à l’afflux de migrants sur sa commune qui lui fait craindre la formation d’une « nouvelle jungle », un an après la destruction très médiatisée du campement de clandestins à Calais.

M. Dhersin (UMP) affirme avoir alerté la communauté urbaine de Dunkerque, la préfecture du Nord et le ministère de l’Intérieur. Il devait être reçu mercredi par le préfet du Nord.
« On approche les 200 migrants. Tant que nous en comptions une trentaine, nous pouvions gérer, leur fournir de l’eau, les douches, du bois pour se chauffer.
Aujourd’hui c’est impossible », a-t-il indiqué à l’AFP.
« C’est une nouvelle "jungle" qui se constitue, avec les problèmes d’hygiène et de salubrité qui en découlent. Et depuis une quinzaine de jours, comme les arrivées de multiplient, on a des problèmes avec des passeurs », a-t-il ajouté.
Au cours des deux dernières semaines, deux migrants, un Afghan et un Vietnamien, ont été grièvement blessés par balle et par arme blanche, selon les associations d’aide aux sans-papiers.
Le campement de sans-papiers de Téteghem, commune de l’agglomération dunkerquoise, abrite des migrants afghans, kurdes, iraniens, érythréens et vietnamiens.
Il est l’un des derniers connus sur le littoral depuis le démantèlement en septembre 2009 de la « jungle » de Calais et des autres campements environnants, en particulier celui de Loon-Plage en septembre 2010.
Avant ces opérations lancées sur instruction du ministre de l’Immigration de l’époque, Eric Besson, jusqu’à 1 500 migrants attendant de passer clandestinement en Angleterre avaient été recensés dans le Nord-Pas-de-Calais.
Plusieurs centaines d’entre eux vivaient dans la « jungle », principal campement d’étrangers en situation irrégulière en France, détruit par les bulldozers le 22 septembre 2009. Ils n’étaient plus que 500 un an après, selon les associations.

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La « jungle » de Téteghem « grossit », le maire tire la sonnette d’alarme

17 novembre 2010 - La Voix du Nord

« On fonctionnait depuis trois ans avec une trentaine de migrants. Mais leur nombre a explosé. » Ils étaient 150, hier, lors de la distribution de repas gérée par l’association SALAM sur le site du lac de Téteghem, en bordure de l’A16. Et ça inquiète le maire, Franck Dhersin, qui a demandé à rencontrer le préfet, aujourd’hui. ...

Franck Dhersin s’empresse de préciser qu’il « ne demande pas une évacuation du camp ». Comme d’autres municipalités du Dunkerquois, Téteghem est prête à assumer sa part de solidarité face à « ce problème avant tout humanitaire ».

Vers une répartition ?

Il y a quelques semaines, le maire a donné son accord pour l’installation d’une citerne d’eau potable sur le site, comme le réclamait l’association Médecins du monde (MDM). « Mais pour notre petite ville (7 500 habitants), tout n’est pas supportable. Je demande davantage de dialogue avec la communauté urbaine, propriétaire du terrain. Et une répartition des migrants dans l’agglomération dunkerquoise. » Comme avant, pourrait-on ajouter.

Car si le nombre de migrants sur le littoral dunkerquois stagne depuis deux ans, aux alentours de 200, répartis en trois sites, la « jungle » de Loon-Plage a été rasée en septembre et « une pression policière renforcée empêche les migrants de s’y réinstaller », affirme Matthieu Quinette, coordinateur MDM. À Grande-Synthe, le nombre de migrants est simultanément descendu à une dizaine, sans raison précise. Les migrants se concentrent donc aujourd’hui à Téteghem. Paradoxe : l’aire d’autoroute située à proximité du camp est fermée depuis un mois et demi. Les rixes sur fond d’affaires de passeurs se multiplient.

Les associations craignent un nouveau démantèlement, synonyme « d’accès plus difficile à ces populations ». Franck Dhersin, lui, craint les réactions de ses administrés. Des entrepreneurs riverains déplorent ainsi depuis deux semaines des vols de palettes et de plaques de polystyrène et des destructions de clôtures.

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"Ils ne sont pas agressifs", témoignent les riverains

17 novembre 2010 - La Voix du Nord

Il y a les commerçants du coin prêts à tirer sur leur fibre solidaire, comme cette ...

moyenne surface de bricolage qui fournit à Médecins du Monde, au prix d’achat, des palettes et du bois de construction pour les abris des migrants. Il y a aussi les entreprises de la zone du Chapeau-Rouge qui, depuis quinze jours, constatent des vols sur leurs parkings. « Des palettes ont disparu, ainsi que des panneaux de polystyrène d’1 m par 2,50 m, témoigne cet imprimeur. Ils ne sont pas agressifs mais ils écrasent tout le grillage. » Les riverains, eux, croisent les migrants au quotidien, au bord des routes, mais n’évoquent pas de dérangement particulier. « Ils ne viennent jamais dans le lotissement et ne sont pas vindicatifs », témoigne un habitant. « Mais on ne peut plus se balader au bord du lac », déplore un second. Il y a deux ans, en voulant tailler la haie du fond du jardin, Alain Simoneau avait découvert entre les buissons « un petit camp de stockage. Ils avaient laissé là le barda qu’ils ne voulaient pas trimballer partout. Je n’avais jamais rien remarqué ».

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Sur les bords du lac de Téteghem, la « jungle » abrite désormais plus de 150 migrants

17 novembre 2010 - La Voix du Nord - Estelle Jolivet

Celle de Loon-Plage a été détruite en septembre. Celle de Grande-Synthe a été désertée sans raison précise à la même époque. Depuis, c’est dans la « jungle » de Téteghem que les migrants du Dunkerquois semblent se concentrer, malgré la non-réouverture de l’aire d’autoroute sur l’A16. Ils étaient plus de 150, hier, lors de la distribution de nourriture. Les associations s’inquiètent. Le maire de Téteghem, Franck Dhersin, demande de l’aide.

À Calais, avant le démantèlement de la « jungle » on avait l’habitude de ce genre de scène. À Téteghem, on n’avait jamais vu ça. Une longue file d’attente serpente désormais dans le chemin de terre à chaque distribution de repas par les bénévoles de l’association Salam, le mardi et le jeudi.
Depuis début octobre, plus de 150 migrants vivotent sur les bords du lac, Afghans, Érythréens, Iraniens, Irakiens, Soudanais ou Vietnamiens. Plus quelques enfants en très bas âge, nez rouges et bonnets jusqu’aux yeux, dans les bras de leur maman.
« On avait prévu à manger pour 130 mais ils étaient plus nombreux », constatait hier midi Dominique, qui a servi à la chaîne des louches de couscous et de légumes dans des barquettes en plastique. Du pain, du fromage, un fruit et un demi gobelet de thé : de quoi combattre modestement les rudesses de l’automne. « Certains sont revenus deux fois. Une dizaine n’a pas eu assez à manger. Ça fait quand même mal au coeur, et ça cause des problèmes. » La consultation mobile de Médecins du monde, elle non plus, ne désemplit pas. Les associations font face comme elles peuvent. « Il y aurait moins de bobologie si on nous laissait traiter les problèmes d’humidité », soupire Stéphane Bazonnet, le nouveau logisticien de Médecins du Monde (MDM), en se dirigeant vers le « camp n° 1 », intercommunautaire et arabophone, où ont poussé une quinzaine de tentes.
Toutes arborent le logo MDM, « pour la police, au cas où ». La plus grande, « construite grâce au savoir-faire d’un Palestinien qui a bossé huit ans au black en Grèce », abrite 26 personnes.
Des anoraks sèchent dans les arbres, des cendres rougissent sous une grille de barbecue tordue posée sur deux pierres. Des déchets s’entassent dans un coin, malgré les conteneurs stationnés à l’entrée du campement, régulièrement vidés par les services de la communauté urbaine. « J’essaie de garder le lieu propre pour que l’insalubrité ne puisse servir de prétexte à la destruction du camp », explique Stéphane Bazonnet.
Ce spectre hante tous les bénévoles, qui craignent « une stratégie de la terre brûlée » après la mise à sac de la jungle de Loon-Plage, en septembre. « La présence policière y est toujours intense, pour empêcher les migrants de se réinstaller », témoigne Matthieu Quinette, coordinateur MDM. François Braure, bénévole à Terre d’Errance Flandre littoral, dénonce « l’hypocrisie des politiques, qui ferment les yeux sur cette détresse ».
Le maire de Téteghem, Franck Dhersin, qui avait procédé, il y a quelques semaines, à l’installation d’une citerne d’eau potable après des mois de négociation avec les associations, lance un appel au secours (lire ci-dessous). Il doit rencontrer le préfet, aujourd’hui.

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150 migrants dans la « jungle » de Téteghem : les associations et la municipalité s’inquiètent

16 novembre 2010 - La Voix du Nord

150 migrants, dont quelques familles, ont été recensés, ces dernières semaines, dans la « jungle » du lac de Téteghem. C’est trois fois plus que cet été. La population n’a jamais été aussi importante dans ce camp, qui comptait parmi les trois points de chute du Dunkerquois pour les migrants en partance vers l’Angleterre.

Mais le camp de Loon-Plage a été détruit en septembre. Celui de Grande-Synthe semble déserté et n’abriterait en ce moment qu’une dizaine de personnes.

Les bénévoles associatifs font face tant bien que mal à cet afflux de migrants, et craignent un nouveau démantèlement. Le maire de Téteghem, Franck Dhersin, sollicite l’aide de la communauté urbaine de Dunkerque pour demander « non pas une expulsion, mais une meilleure répartition de l’effort sur l’agglomération. Tant qu’on ne dépasse pas 50 personnes, on peut gérer. Là, je tire la sonnette d’alarme ».

Il rencontrera le préfet, demain, à ce sujet.

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Prison ferme pour quatre « skinheads » agresseurs de migrants

13 novembre 2010 - La Voix du Nord - Laurent Renault

C’était drôle. Voire rigolo,que de jeter des pierres, d’insulter, frapper des migrants de passage à Calais. Le tribunal n’a pas apprécié ces agissements et condamné quatre jeunes, âgés de 19à 21 ans, à des peinesde prison ferme.

« Vous, Rémi Longavesne, vous allez le premier m’expliquer vos propos tenus il y a six semaines dans le bureau du procureur. » La présidente Simart est déterminée. Elle veut savoir pourquoi, après être passé dans les mains des policiers, après les aveux des uns, des autres, les confrontations... ce jeune homme a déclaré : « Je ne regrette rien. La décision du tribunal ne changera rien. J’ai la haine des étrangers, la haine des non Français... » Il y a six semaines, le jeune homme a été interpellé comme huit autres personnes (dont cinq mineurs).

Ils avaient demandé du temps pour préparer leur défense, raison pour laquelle ils étaient à nouveau devant le tribunal hier. « Cette décision provisoire m’a fait réfléchir », assure Rémy Longavesne. Assis, le procureur de la République lève les yeux à cette déclaration. Il n’en croit pas un mot et attend son tour pour intervenir.

Devant le parc Saint-Pierre, avenue de Coubertin, entre août et septembre, les copains ont jeté des pierres, donné des coups, menacé à la barre de fer, au cutter, aspergé de bombe lacrymogène et insulté des Soudanais. Parce qu’il y avait un regard de travers, « parce qu’ils ne sont pas comme nous... parce qu’ils n’ont pas la même couleur de peau... parce que je faisais comme les autres... parce que c’était pour faire mon intéressant... » Voilà les explications formulées par les quatre majeurs de l’affaire.

Pendant ce temps, le procureur Joubert se lève, fait quelques pas, remet sa robe. Et patiente encore.

La présidente continue d’attaquer, demande des explications de texte : « Ça veut dire quoi, je suis nationaliste ? Le neonazi ? Hitler ? » Pour toute réponse, quelques « heu... », « ben... », ou tout simplement des blancs.

Le procureur prend la parole et plante le décor. Une heure qu’il attend ça : « J’espère que la défense ne fera pas passer ses clients pour de simples abrutis ! Il y a dans ce dossier des choses qui font peur... » Et d’évoquer ces « étrangers de Calais », ces personnes « qui quittent leur pays pour tenter de travailler, en Angleterre. Vous feriez bien de prendre exemple, vous, qui êtes des oisifs blancs ! » Pour Jean-Philippe Joubert, ces quatre-là, sans formation, sans travail, qui ne comprennent pas l’idéologie qu’ils défendent, sont dangereux. Les réquisitions seront suivies à la lettre par le tribunal : Christopher Foubet, 22 ans, de Blériot, a été condamné à vingt-quatre mois de prison dont un an ferme. Jugé en état de récidive (agression), deux mois sont venus s’ajouter à la décision. La même peine a été prononcée contre Rémi Longavesne, de Fiennes. Jason Rougemont, 20 ans, de Calais, a été condamné à vingt mois dont six ferme et Yann Harduin, 20 ans, des Attaques, à douze mois dont la moitié ferme. « Vous avez cinq ans pour ne pas recommencer. Sinon, le sursis se transformera en ferme. » Auront-ils retenu cette leçon ? •

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Calais : prison ferme pour 4 skinheads

12 novembre 2010 - Le Figaro - AFP

Quatre hommes âgés de 18 à 22 ans, appartenant à la mouvance skinhead, ont été condamnés par le tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer à des peines allant de six mois à un an de prison ferme pour des agressions contre des migrants à Calais (Pas-de-Calais).

Deux prévenus, condamnés à deux ans de prison, dont un avec sursis, ont été écroués. L’un d’eux a vu un précédent sursis de deux mois révoqué et est parti en prison pour 14 mois.
Leurs deux co-prévenus ont été condamnés à six mois ferme. Cinq mineurs impliqués comparaîtront devant le juge des enfants.

Ces personnes avaient été interpellées fin septembre après le dépôt de plaintes par des migrants soudanais. Ces derniers ont expliqué avoir été victimes d’agressions réitérées d’un groupe de jeunes individus fréquentant le centre de Calais.
Le préfet du Pas-de-Calais avait "sévèrement condamné ces actes à caractère raciste".

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143 migrants dans un camion citerne

11 novembre 2010 - Le Figaro - AFP

La police grecque a annoncé jeudi avoir découvert 143 migrants sans papiers entassés dans un camion citerne près de Corinthe, dans le Péloponnèse, et arrêté six passeurs présumés, en route pour Patras, le port reliant la Grèce à l’Italie. La majorité des migrants ont déclaré être des Afghans tandis que parmi les six passeurs présumés figuraient cinq Irakiens et un Grec.

L’arrestation a eu lieu dans la nuit. Le camion citerne était précédé par un véhicule où se trouvaient la plupart des passeurs, qui, selon la police, avaient l’intention de conduire le groupe à Patras pour le faire passer en Italie. S’affirmant débordée par l’afflux de migrants illégaux en route vers l’ouest à ses frontières avec la Turquie, la Grèce accueille sur place depuis la semaine dernière une centaine de gardes-frontières européens, dépêchés à sa demande par Frontex, l’agence européenne de surveillance des frontières.

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Un havre en Calabre

8 novembre 2010 - Libération - Dino Diméo

Des 700 habitants que compte Riace, dans le sud de l’Italie, 230 sont migrants. Venus d’Afrique et du Moyen-Orient, ils ont relancé la vie économique de ce bourg déserté.

Le village de Riace revit. Ses ruelles étaient désertes, ses maisons abandonnées, la petite commune qui surplombe l’aride côte sud de la Calabre sombrait dans le silence et la mort, sous un soleil de plomb. Depuis six ans, les commerces ont réouvert, les écoles se sont remplies, les places se sont animées. Riace revit grâce à des migrants échoués sur les côtes italiennes, fuyant la misère d’Afrique et du Moyen-Orient.

Sur ces collines qui dominent la mer Ionienne, la terre est grise comme du ciment, le soleil violent, hostile. « C’est un peu comme chez moi ici. Je m’y sens bien », dit Mari, une Afghane de 45 ans, brodant, assise sur un muret à l’ombre de l’église. Comme elle, ils sont 230 migrants désormais installés à Riace, qui compte quelque 700 habitants. Iraniens, Palestiniens, Afghans, Somaliens, Erythréens, ils sont arrivés, pour la plupart, par la mer, clandestinement. Ils sont devenus des immigrés, en règle, et ont choisi Riace. « Ils viennent presque tous du camp de Crotone, à une centaine de kilomètres d’ici, explique Tonino, garde municipal. C’est là que les autorités leur délivrent des papiers. »

De l’autre côté de la ruelle, Giacomo, retraité, campé au frais dans l’ombre de sa porte, lance : « Ici, tout le monde cohabite ! Chrétiens, musulmans, Italiens… » Une vie en équilibre qui doit beaucoup à Domenico Lucano, 52 ans, élu maire en 2004 sur le slogan « Un’altra Riace è possibile », « un autre Riace est possible ». Comment ? En aidant les centaines de clandestins qui débarquent sur les côtes sud de l’Italie à s’installer dans le bourg. C’était son projet, « c’est notre solution », dit-il aujourd’hui.

Cette partie de la Calabre n’a pourtant rien d’un paradis. C’est une région sauvage à la beauté esquintée par le chômage et l’incurie politique. Sur des kilomètres de plage, les carcasses de maisons en béton s’alignent, plantées dans le sable, inachevées. Dans ce sud italien qui vit sous l’emprise d’une administration vérolée par la N’drangheta, la mafia locale, on cultive tout sauf l’accueil. En 2009, les habitants de Rosarno, à 50 kilomètres de Riace, se sont mondialement illustrés en lançant une « ratonnade » contre des immigrés venus faire la cueillette des oranges.

Mais Riace semble appartenir à un autre monde. Le bourg perché a vécu l’exode d’après-guerre, puis celui du choc pétrolier. La majorité de ses habitants est partie vivre en Amérique du Sud, aux Etats-Unis, au Canada… Quant aux rares familles restées au pays, elles ont préféré déserter ce piton rocheux pour s’installer sept kilomètres plus bas, à Riace Marina, au bord de la mer.

Maisons abandonnées et réquisitionnées

Le village des hauteurs se meurt en ce mois de juillet 1998, lorsqu’une centaine de Kurdes échouent sur la plage de Riace, là même où en 1972 furent découvertes deux statues grecques en bronze datant du Ve siècle avant J. -C. Domenico Lucano est témoin de l’événement. Il rêve de leur donner asile, comme avait tenté de le faire le village voisin, Badolato. Lorsqu’il est élu, il fait de l’accueil des immigrés sa priorité. Il appuiera son action sur l’association Città Futura qu’il a fondée dès 1999, inspiré par Longo Maï, célèbre communauté alternative française issue du mouvement néorural d’après Mai 68. Città Futura s’est fixée pour mission de développer l’artisanat local et les « liens interculturels ».

Premier défi pour le nouveau maire, fournir un logement aux migrants : « J’ai contacté les propriétairesdes maisons abandonnées pour leur demander si je pouvais y loger des immigrés, explique-t-il. Avec leur accord, je les ai réquisitionnées, et on a tout remis en état. » Il faut ensuite aider les migrants à s’installer.

Alfonso Di Stefano, 55 ans, membre de la Rete antirazzista siciliana (« réseau antiraciste sicilien ») est bien rodé à l’assistance aux clandestins. Il conseille souvent Domenico Lucano. « En général, les immigrés et leurs familles restent à Riace deux ou trois mois en attendant de pouvoir se rendre ailleurs en Italie ou en Europe, dit-il. Ils apprennent l’italien, parfois un métier. » Certains travaillent dans les ateliers d’artisanat de Città Futura, puis quittent le bourg au bout de quelques mois. D’autres, à l’inverse, choisissent d’y rester.

Ainsi Issa, un Afghan de 39 ans, arrivé il y a huit ans. « J’ai travaillé dans les filatures dans le nord de l’Italie puis j’ai fait la collecte des olives dans le sud, dit-il. Mais c’est ici que j’ai choisi de rester pour apprendre mon nouveau métier de potier. » Shukri, 23 ans, est somalienne. Elle a quitté Mogadiscio il y a deux ans alors qu’elle était enceinte de sa fille Anna. « Je suis passée par le Kenya, puis en voiture jusqu’en Libye, raconte-t-elle. De là, on a pris une embarcation jusqu’à Lampedusa »,une île au sudde laSicile. Shukri sait qu’elle aurait pu y rester : 500 immigrés clandestins disparaissent en Méditerranée chaque année. Bien intégrée à Riace, elle travaille au restaurant Donna Rosa géré par Città Futura.

La maison de l’association, une bâtisse de deux étages en plein cœur du bourg, baptisée du nom de Giuseppe Puglisi, un prêtre du quartier Brancaccio à Palerme assassiné par la mafia en 1990, ne désemplit pas : curieux, touristes, militants de tous bords. Mona, une Libanaise arrivée en 2006, se démène pour toutes les formalités administratives des migrants, appelle médecins et hôpitaux, alerte le maire quand il faut donner un coup de pouce à une affaire délicate.Et distribue des bons aux familles « pour qu’elles puissent vivre dans le village », précise Mona.

Côté finances, l’association affiche des comptes presque à l’équilibre grâce aux subventions gouvernementales et européennes qui octroient à Riace 20 euros par jour et par réfugié. Grâce aussi à la Banca Etica, qui accorde des facilités, et au « tourisme éthique et solidaire » pour lequel la commune fait campagne : l’association propose à la location saisonnière une vingtaine des gîtes, soit une centaine de lits, ouverts dans des maisons autrefois abandonnées et à présent rénovées. Cet été, Riace affichait complet.

La médiathèque transformée en mosquée

Début août, deux jours avant le ramadan, une délégation menée par Sari et Sameh, deux Palestiniens qui ont fui l’Irak de l’après-Saddam, s’est rendue à la mairie pour demander un lieu où prier. La commune leur a donné les clés de la médiathèque, devenue depuis une minimosquée. La transformation n’a suscité, dans le village, aucune protestation. Et certainement pas l’opposition des 40 natifs de Riace salariés de l’association, travaillant avec les immigrés dans les divers ateliers et dans les chambres d’hôtes. « En générant ces emplois, j’ai permis à 40 familles italiennes de rester ici. Sinon, elles aussi auraient quitté Riace », insiste le maire.

La commune, côté mer et côté montagne, compte 1 780 âmes. Place de la mairie, dans le vieux bourg, une vingtaine de personnes - enfants et adultes - attendent l’autocar qui dessert le bord de mer. Des Palestiniens, des Somaliens. Assis au bar à deux pas, quatre retraités les saluent. Ils appellent les gamins par leur prénom. « Il ne restait plus que des vieux ici. Aujourd’hui, il y a ces enfants », continue Tonino.

Depuis, la réputation de Riace a dépassé les frontières de la péninsule. Wim Wenders y a tourné son court-métrage en 3D Il volo, l’histoire d’un jeune Afghan qui refait sa vie dans la région. Et pour ceux qui continuent d’affluer sur les côtes calabraises, le village est devenu une destination de prédilection. Cet été encore, un yacht battant pavillon turc a débarqué 150 passagers près de Riace Marina. « Je ne sais pas qui a organisé le voyage, s’interroge Domenico Lucano. Je sais juste qu’ils sont arrivés en très bonne santé, frais comme des touristes . A 1 000 euros par tête,c’est la moindre des choses ! »

Il y a deux mois, Lucano a été surpris d’apprendre qu’il figurait sur la liste des candidats potentiels pour recevoir le World Mayor Prize, une distinction qui doit être décernée le 7 décembre. « Je suis devenu un petit phénomène politique. » Qui, dans la région, doit en déranger plus d’un. « Mais j’ai développé des anticorps contre la N’drangheta, poursuit-il. Je n’ai pas peur du crime organisé. Même s’ils ont tué les chiens de mon fils. La politique, aujourd’hui, me paraît bien plus dangereuse. Mais pour l’instant, on me fiche la paix. »

Source, article illustré par Isabella Balena

Les sans-papiers paieront pour être soignés

4 novembre 2010 - Nord Littoral - A. TH.

Jusqu’à présent, toute personne présente sur le territoire national pouvait avoir accès aux soins médicaux. La réforme de l’aide médicale d’État a été votée mardi par l’Assemblée nationale.

Les sans-papiers qui voudront être soignés devront s’acquitter d’une cotisation de 30 euros.
Le durcissement de la politique menée par le gouvernement se poursuit à l’égard des populations immigrées et plus généralement des laissés pour compte. L’Assemblée nationale a restreint mardi l’accès à l’aide médicale d’État (AME), les députés UMP instaurant notamment un droit d’entrée de 30 euros (NL du 11/09/2010). Cette AME permet la prise en charge des soins des étrangers sans papiers et sans ressources à condition qu’ils justifient d’au moins trois mois de présence en France. « L’AME est vraiment pour les plus pauvres, résume le D r Martine Devries, de Médecins du monde (NL du 11/09/10). Demander aux bénéficiaires de payer l’AME c’est taxer les plus pauvres des plus pauvres. » C’est en effet l’un des paradoxes de cette réforme : faire payer des personnes qui sont sans aucune ressource.

« Taxer les plus pauvres des pauvres »

En 2009, l’AME a bénéficié à 215 000 personnes aux ressources inférieures à 634 euros par mois, et a coûté 546 millions d’euros. Son budget a augmenté de 15 % en un an. Le député de la majorité Dominique Tian estime que le « coût dérape » et que le dispositif est « très largement fraudé ». Ce que conteste Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, alléguant qu’il n’y a « pas de dérive financière de l’AME » et que « les fraudes ne sont pas majoritaires (...) Le coût global évolue de la même façon que les dépenses de santé ». Le Dr Martine Devries avance une autre explication à cette augmentation : « Les déboutés du droit d’asile sont de plus en plus nombreux. Leur nombre a augmenté de 20 %.
Tant que leur demande est étudiée par une préfecture, ils bénéficient de la CMU. Dès lors qu’ils sont déboutés, ils n’y ont plus droit et sont éligibles à l’AME. » La réforme de l’AME a été votée dans le cadre de l’examen en première lecture des crédits Santé du projet de loi de finances 2011. Le montant du budget de l’AME s’établit à 588 millions d’euros pour 2011. Selon Roselyne Bachelot cette mesure devrait permettre de couvrir « les frais d’ouverture du dossier et la fabrication de la carte sécurisée ».

« Une réforme injuste, onéreuse et dangereuse pour la santé publique »

N’en reste pas moins le coût de cette cotisation annuelle. Le forfait de 30 euros revient à « écarter une partie de ces personnes de l’accès aux soins », déplore Marisol Touraine (PS). Médecins du monde considère en effet que 80 % des sans-papiers négligent leur santé. C’était l’argument du Dr Martine Devries : la gratuité de l’AME est un devoir de solidarité. « Les bénéficiaires de l’AME ne sont pas les travailleurs sans-papiers qui eux, même s’ils sont en situation illégale sur le territoire, paient des cotisations et ont droit à la CMU, expliquait-elle. Les bénéficiaires de l’AME n’ont rien. Alors quand ils vont chez le médecin, ce n’est pas pour de la chirurgie esthétique ! C’est pour leur survie. Alors c’est évidemment un devoir de solidarité. Mais c’est aussi une nécessité économique et de santé publique. »

Et la santé publique ?

Présidente du Parti Chrétien démocrate, Christine Boutin déplore quant à elle une série de restrictions qui « n’est pas acceptable », précisant : « On ne se rend pas compte qu’en prenant une telle mesure c’est la santé publique en général que nous fragilisons. » Ce que confirme le Dr Martine Devries : « Trois arguments démontrent la nécessité de cette AME et les effets néfastes de cette réforme qui se révélera dangereuse en terme de santé publique, économiquement catastrophique et socialement injuste et discriminatoire. Laisser cette AME gratuite est en réalité un devoir de gestion rationnelle d’accès aux soins puisqu’il coûte moins cher de prendre en charge une pathologie de bonne heure qu’à un stade avancé, et un devoir de santé publique car on ne peut pas laisser impunément une personne souffrant d’une maladie infectieuse parmi la collectivité. Au-delà de l’altruisme, la solidarité c’est aussi penser à soi : nous faisons tous partie d’une chaîne et si un maillon casse, c’est tout le monde qui se casse la gueule. »

Vingt à trente bénéficiaires calaisiens

Calais ayant la chance de disposer d’une permanence d’accès aux soins (Pass), la ville compte peu de personnes éligibles à l’AME. « Il s’agit de migrants qui veulent passer mais n’y parviennent pas et sont présents depuis trois mois, ou des gens qui ont décidé de rester mais ont été déboutés du droit d’asile ou sont en attente d’un récépissé de leur demande, décrit le Dr Martine Devries. Alors c’est vrai, il y a une Pass à Calais, mais quand on est là depuis plusieurs mois, qu’on commence à s’installer, peut-être avec quelqu’un dans un logement... on n’a pas forcément envie de retourner faire la queue à la Pass. De plus, la Pass est quand même engorgée. Et puis il n’y a pas que Calais. Boulogne, Dunkerque ou Saint-Omer n’ont pas de Pass. Les personnes qui n’ont pas l’AME ou qui ne pourront pas la payer iront aux urgences des hôpitaux. » Vingt ou trente personnes bénéficieraient de l’AME à Calais.

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Les étrangers sans papiers devront payer pour être soignés

2 novembre 2010 - Libération.fr

Les associations le redoutaient : l’Assemblée nationale a restreint ce mardi l’accès à l’Aide médicale d’Etat (AME), couverture médicale gratuite prévue pour les étrangers en situation irrégulière aux faibles ressources, les députés UMP instaurant notamment un droit d’entrée de 30 euros !

Les élus de la majorité ont également exclu du panier de soins pris en charge les actes « au service médical rendu faible », comme les traitements de la stérilité et les cures thermales, dans le cadre de l’examen des crédits « santé » du projet de budget pour 2011.

L’amendement instaurant le forfait a été déposé par plusieurs députés UMP, dont Dominique Tian, Thierry Mariani, Dominique Door et Jean Léonetti. Le principe d’un forfait avait été évoqué en juillet par la ministre. Il prévoit également de limiter les ayants droit « aux conjoints et enfants, en excluant les ascendants, les descendants (sauf enfants) et les collatéraux jusqu’au troisième degré ».

Plusieurs associations avaient mis en garde contre l’offensive de députés UMP pour restreindre l’AME, estimant qu’il s’agissait de stigmatiser les étrangers.

Sonnette d’alarme

Jeudi dernier, les associations membres de l’Observatoire du droit à la santé des étrangers (ODSE) ont tiré la sonnette d’alarme. Si l’accès à l’AME se réduit trop, les sans-papiers vont attendre pour se faire soigner : « [Ils] seraient donc pris en charge à un stade plus avancé de leur pathologie, au risque d’arriver quand [ils] ont besoin de soins urgents, toujours plus lourds et compliqués à mettre en œuvre. »

La gauche a estimé que la restriction touchant l’AME allait porter atteinte à la santé publique car « les personnes concernées souffrent plus que la moyenne de maladies infectieuses graves », a expliqué Marisol Touraine (PS). Le montant du budget de l’AME s’établit à 588 millions pour 2011.

Des organisations de médecins s’inquiétaient également de cette restriction de l’accès à l’Aide médicale d’Etat (AME). Cette contribution « condamnerait de nombreux malades à rester sans soins », alertait cet après-midi le Syndicat de la Médecine générale et le Comité des Médecins généralistes pour l’Accès aux Soins. L’association France Terre d’Asile s’est également émue de cette proposition qui, selon elle, « constitue une aberration politique » et « une grave erreur du point de vue de la santé publique ».

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Salam invite la population à venir distribuer des repas aux migrants vendredi soir

2 novembre 2010 - Nord Littoral

Un an après le démantèlement de la jungle, des actes de violence à caractère raciste, jusque-là quasi-inexistants, ont secoué l’actualité.

Le 10 août, une journée avant le début du jeûne, l’association Salam déplore dans un communiqué les arrestations de mineurs à proximité du lieu de distribution. Des accords existent pourtant avec les forces de l’ordre. Ils prévoient une « trêve » avant et après les distributions des repas. Le 10 septembre, le niveau d’agressivité monte encore d’un cran du côté des forces de l’ordre. Selon les humanitaires, on aurait procédé à la Citadelle à une chasse à l’homme sous les yeux des collégiens présents pour leurs cours d’éducation physique. La peur pousse certains migrants à se jeter dans les douves pour échapper à la police... Le 6 octobre, trois délinquants racistes d’une vingtaine d’années sont interpellés pour avoir organisé des « expéditions punitives » envers des migrants d’origine africaine. Placés en détention provisoire, ils seront jugés le 12 novembre prochain. Enfin, le 12 octobre, un homme de trente ans est arrêté pour avoir brûlé la tente d’un migrant d’origine afghane et condamné à huit mois de prison ferme.

Appel aux dons

« On entend parler souvent des migrants, mais on ne les connaît pas, assure Salam dans un communiqué.
Cette ignorance pousse à l’ignominie. Pour poursuivre notre action de mobilisation et de sensibilisation, nous invitons la population à se joindre à nous, lors de la distribution du repas du vendredi 5 novembre 2010, à 18 h 30. En ce jour symbolique, vous pourrez mieux connaître les migrants, mais aussi les bénévoles de Salam. »
Par ailleurs, afin d’appréhender au mieux la période de grand froid, l’association lance un appel aux dons. Voici la liste de tout ce dont les migrants nécessitent au quotidien : des produits d’hygiène (tubes de dentifrice, brosses à dents, rasoirs, savons...), des vêtements d’hommes (blousons, pantalons, jeans, chaussettes et chaussures), des bouteilles d’eau vides, munies de leur bouchon, des bâches, des couvertures...

Erratum de SALAM : Pour des raisons pratiques, nous avons dû repousser d’une journée la date du RDV. Rejoignez-nous pour la distribution du samedi 6 novembre, à partir de 18h30.
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« Les Mains en l’air », un film qui ne laisse pas indifférent

1er novembre 2010 - La Voix du Nord

Jeudi, une quarantaine de participants issus de la formation générale BAFA, du

club ados de Réty, ainsi que Franck Boulanger, Théophile Boidin, Fabien Létendart, militants de l’éducation populaire, se sont retrouvés pour la diffusion du film Les Mains en l’air de Romain Goupil.

Le film traite de l’expulsion des enfants clandestins scolarisés en France. Une projection suivie d’un débat animé par Sylvie Copyans, de l’association Salam.

Cette séance était organisée en partenariat avec Cinéligue, la FLASEN et le service local de la jeunesse. Lors du débat, ont été présentés le travail du réseau Éducation sans frontières, les problèmes auxquels ses membres sont confrontés, ainsi que les traumatismes vécus par des familles qui n’ont pas d’autres issues que de vivre cachés ou de se suicider pour ne pas retourner dans leurs pays.

Sylvie Copyans a ensuite parlé de son riche vécu auprès des clandestins sur le Calaisis avec l’association SALAM ses différentes expériences, ses moments de joie, de peine auprès de ces personnes qui fuient la misère et les dictatures pour se retrouver sans rien. Pour le responsable du service jeunesse, « il est primordial que nos jeunes connaissent la réalité et se rendent compte que cette détresse humaine touchant des jeunes de leur âge se trouve à quelques kilomètres de chez eux. Cette détresse doit nous faire réagir et s’investir davantage pour rendre notre société meilleure ! » •

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