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Archives du mois de 12 2010

Grèce : arrestation de 158 migrants irréguliers prêts à partir pour l’Italie

16 décembre 2010 - Romandie News - AFP

ATHENES - La police grecque a arrêté 158 migrants irréguliers près de Pylos, sur la côte ouest du Péloponnèse, d’où ils s’apprêtaient à gagner l’Italie par la mer, et elle a dû intervenir jeudi à Patras, plus au nord, après des affrontements entre groupes de migrants.

Selon l’agence de presse grecque, Ana, un premier groupe de 56 migrants, dont 27 mineurs et une femme prête d’accoucher qui a été hospitalisée, ont été découverts entassés à bord d’un yacht, dont le capitaine grec a toutefois réussi à prendre la fuite.

Les autres, quelque 102 personnes de diverses nationalités, dont des femmes et des enfants, ont été surpris par la police alors qu’ils attendaient sur une plage de Méthoni un bateau passeur qui devait les embarquer et n’a pas été localisé.

Selon les premiers éléments de l’enquête, les deux groupes avaient été convoyés en autobus de la région d’Athènes par des trafiquants d’immigrés.

Des forces anti-émeutes sont par ailleurs intervenues jeudi en fin de journée à Patras, le premier port grec vers l’Italie, pour mettre fin à des affrontements entre des migrants se disputant le contrôle des abords des quais, d’où des clandestins tentent quotidiennement d’embarquer vers l’Italie, a indiqué une source policière.

Quatre migrants ont été blessés, et un squat incendié, dans ces heurts qui ont opposé environ 200 migrants, Afghans d’un côté, Arabes de l’autres, selon la même source. De telles violences sont récurrentes à Patras, devenu un cul de sac pour la migration irrégulière, sur le modèle du port français de Calais.

Des dizaines de milliers de migrants, notamment des Afghans, des Irakiens et des Africains de l’est, dont beaucoup venus via la Turquie voisine, vivotent dans la capitale grecque ou les ports ouvrant sur l’Italie, dans l’espoir de poursuivre leur route vers l’ouest et le nord de l’Europe.

Les autorités grecques, qui font rarement état de succès dans la lutte contre les réseaux basés dans le pays pour assurer leur transit, ont obtenu le concours de l’agence européenne de surveillance des frontières Frontex pour mieux contrôler les arrivées sur ses îles égéennes et à la frontière terrestre avec la Turquie.

Le déploiement en novembre de garde-frontières de Frontex dans cette dernière zone a réduit les arrivées quotidiennes de quelque 250-300 à 100-150 personnes par jour, selon les dernières données du ministère grec compétent.

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Australie. Au moins 27 immigrés morts dans un naufrage

15 décembre 2010 - Ouest France

Une embarcation de fortune transportant des immigrants s’est fracassée contre des rochers au large de l’île australienne de Christmas Island. Le naufrage a fait au moins 27 morts, dont des enfants. Selon les Douanes, 42 personnes ont survécu.

« A 18h00 (08h00 GMT), 41 personnes ont été sorties vivantes de l’eau et une autre était parvenue à rejoindre le rivage », a indiqué la police des Douanes et de la protection des frontières dans un communiqué. « Mais malheureusement, les premières informations disent également que 27 corps ont été récupérés à ce stade ».

Des informations précédentes, basées sur des témoignages, évoquaient le nombre de 50 morts.

Sous les yeux horrifiés d’habitants

Les passagers seraient de nationalité iranienne et irakienne, selon des avocats spécialisés dans la défense des demandeurs d’asile.

La tragédie s’est déroulée sous les yeux d’habitants de Christmas Island, dont certains s’étaient regroupés sur les falaises surplombant une mer démontée. « Il y avait des enfants dans la mer. L’un d’eux était un tout petit, vêtu d’un gilet de sauvetage, qui flottait le visage dans l’eau, visiblement mort », a déclaré Simon Prince, un habitant de l’île, à la télévision Sky News. « C’est quelque chose que je ne suis pas près d’oublier ».

Les habitants ont dit avoir été réveillés à l’aube par des hurlements venus de la mer. Ils ont lancé à l’eau des gilets de sauvetage mais le vent les ramenait sans cesse vers le rivage. Ils ont ensuite formé une chaine humaine pour lancer des cordes.

Selon les témoins, l’embarcation était bondée de passagers, des familles pour la plupart, et ils semblaient malades, allongés sur le pont, alors que le bateau dérivait avant de se fracasser sur les rochers.

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Matelas, tapis et duvets : les migrants auront-ils leurs cadeaux pour Noël ?

15 décembre 2010 - La Voix du Nord - Olivier Pecqueux

Il y a deux semaines, l’État annonçait vouloir débloquer 100 000 E pour améliorer l’hébergement des migrants de Calais en pleine période de grand froid. Les fonds ont été versés à la Ville vendredi, mais les associations devront encore patienter deux semaines avant de voir arriver les matelas et les tapis épais au gymnase du BCMO, place de Suède.

La neige a disparu des trottoirs mais les nuits sont toujours aussi fraîches à Calais. Depuis bientôt un mois, le gymnase de la place de Suède, au port, ouvre chaque nuit ses portes aux migrants qui n’ont plus le courage ni la force de dormir dans des squats sans chauffage. Aux frais de la municipalité, le local est ainsi transformé en centre d’accueil d’urgence pour le troisième hiver consécutif.

Ils étaient soixante-dix environ pour les premières nuits ils sont désormais en moyenne entre cent et cent cinquante, chaque soir, à chercher le sommeil à même le sol, dans cet ancien local des douanes. Cet accueil d’urgence, toléré par l’État et la mairie, est rendu possible grâce aux associations qui viennent en aide aux migrants, heureuses d’apprendre au début du mois que l’État, sur les fonds de la direction départementale pour la cohésion sociale, apporte cet hiver 100 000 E pour améliorer les conditions d’accueil des migrants.

« Nous avons fait des propositions pour recevoir deux cents tapis en mousse, des matelas et des duvets, mais pour le moment rien n’est arrivé », rapporte Jean-Pierre Leclercq, président de Salam (pour Soutenons, aidons, luttons, agissons pour les migrants en difficulté). Le versement de 99 999 E précisément a pourtant bien eu lieu vendredi, comme convenu lors de la signature de la convention voilà deux semaines à la sous-préfecture. Ce versement est intervenu deux jours après le vote d’une délibération lors du conseil municipal. Celle-ci, rappelait le maire Natacha Bouchart, portait sur l’attribution à l’association Salam « d’une subvention d’un montant de 30 000 E affectée à l’amélioration de l’accueil des personnes sans domicile fixe ».

Cette première dotation permettra l’achat de duvets et de tapis en mousse, à glisser sous des matelas gonflables. « Au lendemain du conseil municipal, jeudi, nous avons envoyé les bons de commandes pour recevoir ce matériel », confirme Philippe Mignonnet, adjoint au maire chargé de l’environnement. L’entreprise contactée, sur les conseils de Jean-Claude Lenoir, le porte-parole de l’association Salam, doit livrer ces fournitures dans un délai de deux semaines. Soit à peu près pour le 25 décembre. Un cadeau de Noël qu’apprécieront les migrants en situation irrégulière, qui peuvent encore espérer dormir pendant deux mois environ dans le local chauffé du BCMO.

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Projet de loi LOPPSI 2

14 décembre 2010 - LDH

Le projet de « loi d’orientation et de programmation pour la performance et la sécurité intérieure », dite LOPPSI 2, est examiné en seconde lecture par l’Assemblée nationale le mardi 14 décembre 2010.

Selon toute vraisemblance, le texte sera adopté - au mieux - en l’état. Cependant, des risques d’aggravation sont toujours possibles.

Le projet de loi en discussion est un agrégat hétéroclite de dispositions techniques, un véritable fourre-tout législatif, dont la lecture est loin d’être aisée. Cette difficulté de lecture élude les débats parlementaires et publics, et empêche les acteurs de prendre du recul.

Or, il s’agit d’un texte éminemment politique qui insiste sur le fichage, la surveillance, le contrôle et l’enfermement, mettant ainsi en avant les valeurs que le gouvernement veut imposer à la société : répression, exclusion, stigmatisation, suspicion.

Le texte gouvernemental en cours d’examen relaie un discours politique sécuritaire qui utilise la figure du délinquant pour entretenir le fantasme de l’ennemi intérieur.

C’est ainsi que tout au long des 48 articles composant le texte de loi, les mesures dérogatoires au droit commun deviennent la norme, la surveillance et le contrôle social s’étendent, et l’objectif de réinsertion disparaît à chaque peine.

Le projet de loi est donc dangereux. Il est essentiel que nous en ayons connaissance pour mieux en combattre les effets pervers.

Télécharger l’analyse de la LDH du projet de loi LOPPSI II

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Projection du film "Entre deux" à Lille

9 décembre 2010 -

Dans le cadre de la Semaine des Droits de l’Homme à Lille, la Cimade et Flandre Terre Solidaire vous invitent à une soirée d’information et de réflexion sur les migrations

le mercredi 15 décembre dès 19h au cinéma l’Univers (Lille).

19h00 : VERNISSAGE de l’exposition photo “Que fais-je ici ?”
Nadège Fagoo, photographe, et Emilie Lenancker, enseignante, sont allées à la rencontre de ces hommes qui ont tout quitté. Migrants sans famille, à l’unique objectif : obtenir le sésame qui les éloignera pour toujours des conflits.
Ces rencontres ont eu lieu à l’hiver 2009 dans le camp de Bailleul. Elles vous invitent à découvrir leurs histoires, entre réflexions et tranches de vie…
A la fois poignants et percutants, ces témoignages résultent d’une vie de fuites, de souffrances et de
quêtes. Lors de ces entretiens, des émotions, des messages sont passés nourris par leurs rêves et
espoirs déchus. Leur visage, immortalisé. Leur humanité, figée sur pellicule.
Une série de portraits singuliers à l’étrange portée universelle.
L’expo photo sera visible jusqu’au 19 décembre

20h00 : Projection du film « Entre-Deux », de Nicolas Straseele (docu,
France, 2010, 68 min)

A l’approche de l’hiver, des citoyens français s’organisent et hébergent à Bailleul des étrangers en
difficulté, sans toit et sans papiers.
Le film témoigne de cette rencontre entre membres de l’association « Flandre Terre Solidaire » et
migrants venant de Calais : aventure pour les uns, intermède pour les autres entre la fuite et un
avenir incertain.
La projection sera suivie d’une rencontre avec le réalisateur, la présidente de l’association Flandre
Terre Solidaire, Claire Cleenewerck et un représentant de la Cimade.

Entrée libre

Cinéma l’Univers - 16 rue Georges Danton à Lille – Métro Porte de Valenciennes
Contact : La Cimade Lille – 68 rue du marché à Lille – Tel : 03.20.54.35.14 – lille@lacimade.org
Avec le soutien de la Ville de Lille

Communiqué de presse du forum réfugiés

9 décembre 2010 - Forum réfugiés

Forum réfugiés et ALYNEA ouvrent 200 places d’hébergement à Lyon

Forum réfugiés ouvre, en collaboration avec l’Association lyonnaise nouvelle d’écoute et d’accompagnement (ALYNEA), un dispositif d’accueil d’urgence d’une capacité de 200 places, destiné aux demandeurs d’asile primo-arrivants en attente d’un hébergement ainsi qu’aux personnes relevant des dispositifs d’accueil de l’urgence sociale.
Inauguré le 9 décembre par M. Jean-François CARENCO, Préfet du Rhône, Préfet de la Région Rhône-Alpes, en qualité de financeur de l’opération, et par l’archevêque de Lyon, le cardinal Philippe BARBARIN, propriétaire des lieux, en présence du président de Forum réfugiés, M. Gérard CALLE et de la présidente d’ALYNEA, Mme Henny BEYER, le site, situé dans le 5ème arrondissement de Lyon, accueillera les personnes dès le 10 décembre au soir.
En raison de la saturation du Dispositif national d’accueil (DNA), due principalement à l’augmentation constante du nombre des arrivées de demandeurs d’asile pour la deuxième année consécutive (+16% dans le département du Rhône en 2010, avec 1.864 nouvelles personnes reçues par Forum réfugiés au 30 novembre), il devenait urgent de trouver sans délai des solutions de mise à l’abri.
Fin novembre, une dizaine de familles de demandeurs d’asile primo-arrivantes étaient en effet sans proposition d’hébergement, situation que l’agglomération lyonnaise n’avait pas connue depuis plus de cinq ans, et ce alors même que près de 1.000 demandeurs d’asile sont aujourd’hui hébergés dans le DNA dans le département du Rhône, et autant à l’hôtel.
Forum réfugiés salue la mobilisation de chacune des parties, qui a permis de trouver rapidement une solution pour la période hivernale. Pour autant, cette mise à l’abri temporaire, ajoutée aux autres sur le territoire national, ne règle pas ! le problème de la saturation du DNA.
47.686 personnes ont demandé l’asile en France en 2009, pour 20.400 places en CADA. Compte tenu de la durée moyenne de séjour en CADA (19 mois), le nombre de places réellement disponibles n’est que de 13.000. L’ouverture de 1.000 places supplémentaires en Centre d’accueil pour demandeurs d’asile (CADA) en 2010 représente un effort louable mais insuffisant.
Une solution durable passe par une poursuite de l’extension des capacités du DNA. C’est aussi une solution de bonne gestion, une place en CADA étant moins onéreuse qu’une place dans l’hébergement d’urgence, tout en permettant l’accompagnement de qualité nécessaire durant une procédure longue et complexe.
Le défaut d’hébergement plonge de fait dans la précarité des personnes vulnérables qui ont fui leur pays en raison de persécutions ou de menaces graves contre leur intégrité. La protection au titre de la Convention de Genève pour les réfugiés, dont nous fêterons le 60ème anniversaire de la signature en juillet prochain, prévoit, en conformité avec la réglementation européenne, des conditions d’accueil et de traitements convenables. Les efforts entrepris pour que toutes les personnes en quête de protection soient accueillies dans la dignité doivent être poursuivis sans relâche.

Aide médicale : droit d’entrée supprimé

5 décembre 2010 - Le Figaro - AFP

Les sénateurs ont supprimé le droit d’entrée de 30 euros par an pour bénéficier de la couverture médicale gratuite pour les étrangers en situation irrégulière aux faibles ressources, dans le cadre du projet de budget 2011 dont ils poursuivaient dimanche l’examen.

Les députés UMP avaient introduit un article rattaché à la mission santé du projet de budget lors de la première lecture, créant un droit de timbre annuel de 30 euros pour l’accès à l’Aide médicale d’Etat (AME). Cet article limitait également les ayants droit.
Les sénateurs ont adopté, contre l’avis du gouvernement, plusieurs amendements supprimant cet article, déposés par le rapporteur UMP de la commission des Affaires sociale Alain Milon, les groupes Union centriste, CRC-SPG (communiste et Parti de gauche) et RDSE (à majorité radicaux de gauche) et les sénateurs Verts-Europe Ecologie. "Cette prestation relève de la solidarité nationale, pas d’une logique d’assurance. La somme de 30 euros équivaut à 8% des revenus des bénéficiaires... ce serait une entrave aux soins, poussant les bénéficiaires vers la CMU" (couverture maladie universelle), a plaidé M. Millon. "Cette mesure est injuste, dangereuse et inefficace", s’est indigné Jean Desessard (Europe écologie/Les Verts).

La secrétaire d’Etat à la Santé Nora Berra, mise en minorité, a jugé que le timbre de 30 euros "ne compromet pas la gratuité des soins" et qu’"il ne s’agit en aucun cas d’une participation financière à chaque soin". Les sénateurs ont également supprimé une disposition instaurée par les députés et excluant de l’AME les actes au faible "service médical rendu" comme "le traitement de la stérilité" ou "les cures thermales".
Les restrictions de l’accès à l’AME votées par les députés ont soulevé de nombreuses protestations, notamment d’associations. L’AME a bénéficié en 2009 à 215.000 personnes aux ressources inférieures à 634 euros par mois. Son budget s’établit à 588 millions d’euros pour 2011.

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Salles chauffées pour les migrants

4 décembre 2010 - Le Phare Dunkerquois

Deux salles, chauffées, à Téteghem et Grande-Synthe, à la demande des services de l’Etat, ont été ouvertes aux migrants.

Ces sans-papiers, candidats au passage en Grande-Bretagne, seraient une centaine à rechercher des refuges de fortune, dehors, sur le Dunkerquois. Côté associatif, contactés pour apporter leur concours, on déplore « l’improvisation » dans laquelle les choses ont été menées. On songe aux 100 000 euros débloqués par L’État, la semaine dernière, et versés à ville de Calais pour améliorer les conditions d’accueil des migrants.

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L’Etat débloque cent mille euros pour héberger des migrants au BCMO

3 décembre 2010 - Nord Littoral - A. TH.

L’Etat débloque cent mille euros
pour améliorer les conditions d’hébergement des migrants au gymnase du BCMO. L’argent devrait permettre l’achat de matelas et de couvertures,
et l’embauche de personnels.

« C’est une sacrée belle avancée qui est en réalité le fruit du combat que nous avons mené l’an passé. » Présidente de la Belle Étoile, Monique Delannoy se félicite de la réunion qui s’est tenue hier matin en sous-préfecture de Calais. A l’issue d’une rencontre entre les associations qui aident les migrants, le préfet et la ville de Calais, une convention a en effet été signée par l’État et la ville. « L’État a décidé de verser 100 000 euros à la ville de Calais pour améliorer les conditions d’accueil des migrants au BCMO, explique Pierre de Bousquet de Florian, préfet du Pas-de-Calais. Il ne s’agit absolument pas de statibilisation malvenue mais d’humanité et de dignité. » Pour la troisième année consécutive, l’ancien bureau central de la main d’oeuvre destiné à l’embauche des dockers, est mis à disposition de la mairie par le conseil régional du Nord - Pas-de-Calais. La ville passe ainsi une convention avec l’association Salam. En cas de déclenchement du niveau "grand froid" du plan hivernal (lorsque la température ressentie est entre -5°C et -10°C la nuit et négative dans la journée) le BCMO est mis à disposition de Salam qui peut y accueillir les migrants de 19 heures à 10 heures du matin.

Achat de matériels, recrutement de salariés

Le gymnase a cette année ouvert ses portes aux migrants samedi en accueillant 70 personnes environ. Mais ils étaient 140 environ dans la nuit de mercredi à jeudi. L’an passé, le BCMO avait été ouvert durant soixante-deux jours. Un long épisode hiémal qui avait usé les organismes. Trois bénévoles assurent chaque nuit la garde du local et de ses occupants.

En plus de la garde du local, les bénévoles devaient rechercher sans cesse des cartons propres et des couvertures qui, pour des raisons d’hygiène, ne pouvaient être distribuées deux soirs de suite. « Ces 100 000 euros pourront être utilisés à l’achat de matériel de couchage, à la location et à l’entretien quotidien des WC, à l’achat de produits de nettoyage, à l’embauche de personnel d’accompagnement », détaille le préfet avant de préciser que la mairie rencontrera prochainement Salam pour dresser un inventaire des priorités.

Cette somme de 99 999 euros - et pas cent mille, pour des raisons juridiques - s’ajoute aux cinquante mille euros dépensés chaque année par la ville dans le cadre de l’ouverture du BCMO « pour la valorisation des personnels, l’entretien de la salle, etc. » explique Philippe Mignonet, adjoint en charge de l’Environnement.

« L’argent sera débloqué avnt le 10 décembre »

Le maire de Calais, Natacha Bouchart, se félicite évidemment de cette convention : « Je pense que les associations peuvent être satisfaites que l’État reconnaisse le travail qu’elles accomplissent. Lors du dernier conseil des migrants il avait été question d’une subvention de 1 500 euros au bénéfice de Salam pour l’achat de 300 couvertures jetables. Compte tenu de cette somme de 100 000 euros débloquée par l’État, il n’en est évidemment plus question. » L’argent émane de la direction départementale de la cohésion sociale. « Nous avons travaillé de façon efficace avec les services de la ville, ce qui nous permettra de déloquer cette somme avant le 10 décembre, précise Serge Szarzynski, directeur de la DDCS. Il s’agit de fonds 2010 qui couvriront l’hiver 2010-2011. Nous estimons que cette somme permettra de tenir une centaine de jours alors que le BCMO avait été ouvert 62 nuits l’hiver dernier. » Et Pierre de Bousquet de Florian de prévenir : « Que les choses soient claires. Il ne s’agit pas d’embaucher un maître-chien pour surveiller le BCMO. Mais on peut envisager que soient recrutés des accompagnants. » L’État répond ainsi à une doléance maintes fois itérée par la Belle Étoile. « Les bénévoles des associations n’ont pas à se substituer aux pouvoirs publics pour assurer la mise à l’abri des migrants », argue ainsi Monique Delannoy (NL du 20/11/10) qui ajoute : « Cette somme permettra d’acheter environ trois cents duvets, une centaine de lits et de recruter du personnel. C’est tout de même une avancée. »

« On ne peut pas tout acheter »

Paradoxalement, Salam, se dit déçue par la rencontre en sous-préfecture. L’association refuse régulièrement de participer à ces rencontres. « Honnêtement, aujourd’hui, je regrette d’y être allé, lance Jean-Claude Lenoir, vice-président de Salam. De l’argent a été mis sur la table et c’est une bonne chose. Mais on ne peut pas tout acheter. L’argent ne fait pas tout. » Alors que la réunion d’hier était consacrée au débloquage de cette somme, plusieurs bénévoles ont voulu aborder d’autres thèmes. « Nous avons évoqué un seul cas, un cas personnel, et il y a été apporté une fin de non-recevoir, rapporte Jean-Claude Lenoir. Il s’agit d’une jeune femme érythréenne qui vient d’accoucher. La seule solution qu’on lui propose est de demander l’asile. Même dans un cas extrême comme celui-là il n’est pas question d’accorder une autorisation provisoire de séjour. » Depuis son accouchement, la maman et son bébé sont hébergés par des bénévoles.

La Belle Étoile a quant à elle évoqué son combat du moment : la prise en charge des mineurs. « Nous avons bien avancé et je veux continuer à rencontrer le préfet pour mener à bien des problématiques qui, pour le moment, n’ont pas encore de solution », gage Monique Delannoy.

Président de l’Auberge des migrants, Christian Salomé regrette en outre que « la prise en charge des sans-abri sans-papiers se fasse dans de moins bonnes conditions que la prise en charge des sans-abri français » tout en se félicitant de la signature de la convention entre l’État et la mairie.

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L’État participe financièrement à l’accueil des migrants au BCMO

3 décembre 2010 - La Voix du Nord - Ariane Delepierre

Hier matin, le préfet du Pas-de-Calais Pierre Bousquet a annoncé que l’État, ...

sur les fonds de la direction départementale pour la cohésion sociale, versera d’ici le 10 décembre la somme de 100 000 E à la Ville de Calais. Cette somme non négligeable servira à l’achat de matériel de couchage (matelas, duvets), au nettoyage du site, à l’installation et l’entretien de sanitaires qui font tant défaut au Bureau central de la main d’oeuvre (BCMO), place de Norvège.

Première

Dans le cadre du plan grand froid, le local ouvre ses portes aux migrants de 19 h à 10 h depuis la fin de la semaine dernière. « L’objectif n’est pas de concentrer les migrants à Calais, d’autant que la pression migratoire, depuis la fermeture de la jungle, a été divisée par quatre , a fait remarquer le préfet du Département. Mais nous avons le souci de traiter avec humanité ces populations qui souffrent du froid. » Cette subvention de l’État est une première.

Actuellement, deux cents migrants errent dans le Calaisis, selon les services de la préfecture. Pour Jean-Claude Lenoir de Salam, association en charge de l’accueil de nuit au BCMO, cette enveloppe budgétaire « montre que notre action est nécessaire et que l’État prend enfin en compte les migrants ». Le bénévole milite pour « des mini-antennes d’hébergement dans toute la France, où les gens pourraient réfléchir à un projet de vie. » La somme est accueillie comme un soulagement par la mairie « qui depuis trois hivers successifs prend sur son propre budget, l’accueil des réfugiés au BCMO », a confié Natacha Bouchart, qui a rappelé que le local était aussi accessible aux sans-abri.

Cent nuits d’ouverture

Par le biais de cette convention signée entre la ville de Calais et l’État, un dispositif d’accompagnement des bénévoles pour la surveillance du site pourrait être mis en place pendant la nuit afin de les soulager, comme cela avait été demandé l’hiver dernier. « Il ne s’agit pas de mettre des agents de sécurité et des chiens à l’entrée du site mais du personnel en plus pour aider les associations », a rassuré le préfet.

La somme allouée permettra au BCMO d’ouvrir pendant cent nuits. L’an dernier, le local, qui avait ouvert ses portes plus tardivement, avait accueilli des migrants soixante-deux nuits durant.

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Grand froid : les migrants peuvent trouver refuge à Steenvoorde et Bailleul

2 décembre 2010 - La Voix du Nord - R. R.

Les tentes ont été installées en toute discrétion, début novembre, derrière les jardins ouvriers

qui jouxtent l’église à Steenvoorde. En toute discrétion car Terre d’errance, l’association qui gère le projet, et la mairie refusent cette année de communiquer et confirment seulement que le dispositif est le même que les deux années précédentes : une vingtaine de migrants, en continu, peuvent donc être accueillis ici. Terre d’errance a été créé en novembre 2008 par « des habitants de Steenvoorde émus du sort de ces naufragés de l’histoire ». Pour protéger les migrants du froid, la structure est rodée : il existe six « services » : laverie, vestiaire, douche, etc. et on se souvient que l’année dernière, en cas de grand froid, les migrants étaient logés dans la salle paroissiale.
La réouverture du camp n’a pas, en tout cas, été évoquée en conseil municipal à Steenvoorde (les deux autres années, il n’y avait pas eu de délibération mais un petit débat).

À Bailleul, mêmes craintes par rapport à la communication, craintes sans doute liées au fait que la mise en place du camp avait provoqué des remous l’année dernière : Marine Le Pen, du Front National, avait fait un déplacement fracassant. Dans la cité de Mélusine, le camp n’a pas encore officiellement rouvert. Mais une tente a déjà été installée. Un accord pour « une quinzaine de personnes » a été passé avec la mairie. Pour l’heure, des bénévoles affluent pour apporter matelas et matériel en tout genre. « Tout va dépendre des conditions météo », explique Claire Cleenewerck, présidente de Flandre Terre Solidaire.
Du côté du commissariat de Bailleul, on explique : « On est bien sûr attentifs à ce qu’il se passe dans la vie de la cité. Mais c’est un camp très limité. Quand les gens sont accueillis dans le camp, il y a un protocole bien établi. Nous n’avons pas d’interventions spécifiques à faire. C’est de l’humanitaire. Notre rôle est plus dans l’assistance à la population, si besoin, qu’en termes de surveillance. »
Le camp de Bailleul avait été mis en place pour la première fois l’année dernière, jusqu’en mai 2010.

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Froid et neige : l’Etat débloque 100.000 euros pour les migrants de Calais

2 décembre 2010 - AFP

CALAIS (Pas-de-Calais) — L’Etat a décidé d’accorder une aide de 100.000 euros à la ville de Calais afin d’améliorer l’hébergement des migrants pendant la nuit en période de grand froid, a-t-on appris jeudi auprès des associations et de la préfecture du Pas-de-Calais.

Cette enveloppe débloquée à titre "exceptionnel" doit servir à l’entretien et à l’équipement d’un gymnase qui accueille une partie de l’hiver, la nuit, les migrants séjournant dans la région de Calais dans l’espoir de passer en Angleterre, a précisé le préfet lors d’un point de presse.

Elle permettra l’achat de matelas ou de lits de camp ainsi que de couvertures, et couvrira les frais de nettoyage et de gardiennage de ce local. Celui-ci devrait pouvoir ouvrir pendant trois mois au lieu de deux habituellement.

"C’est une grande victoire pour les associations, qui demandaient depuis plusieurs années des conditions décentes, même si ça ne règle pas tout", a déclaré à l’AFP l’abbé Jean-Pierre Boutoille, du collectif C’Sur.

Le gymnase a ouvert ses portes samedi en accueillant quelque 70 migrants. Mais ils étaient près de 140 dans la nuit de mercredi à jeudi, poussés par le froid et la neige. Les migrants y dorment sur des cartons, ne sont pas autorisés à utiliser les douches et disposent d’un seul WC.

Par ailleurs, des mineurs et des demandeurs d’asile y trouvent refuge - contrairement aux conventions internationales qui leur assurent en principe un hébergement spécifique - par manque de foyers adaptés dans la région, soulignent les associations.

Quant aux migrants dispersés dans des campements de fortune sur le littoral, ils restent exposés au froid, comme à Teteghem (Nord), près de Dunkerque, où ils sont quelques dizaines à vivre dans des cahutes de planches et de bâches édifiées sur un terrain vague.

En août 2009, environ 1.500 clandestins - afghans, irakiens ou africains - étaient recensés dans le Nord-Pas-de-Calais, dont plus de la moitié autour de Calais. La plupart de leurs campements ont été détruits depuis et ils ne seraient plus aujourd’hui que le tiers, très majoritairement originaires d’Afrique noire.

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Calais, la nuit tombe, le hangar des migrants s’ouvre

1er décembre 2010 - Libélille - Haydée Saberan

SOCIETE - « Tu partages une pomme avec moi ? » Ils ne sont pas nombreux dedans, pourtant il fait glacial dehors. Une cinquantaine de migrants Erythréens, Kurdes, Iraniens, s’allongent dans la grande salle à peine chauffée, ouverte pour les grands froids, près du port. Un sac de couchage, une couverture, un carton pour tenter d’isoler le sol. Sur les murs, des chauffages à infrarouge. On s’emmitoufle, on s’endort. Ou on prolonge la soirée, on bavarde et on blague.

Parkings. En tailleur sur quelques couvertures, un petit groupe, Iraniens d’ethnies différentes, turcs, kurdes, perses, partagent une pomme et une banane, proposent de bavarder, s’excusent de ne pas avoir de thé à offrir. Babak, 25 ans : « Ils ont ouvert parce qu’on est en dessous de zéro, mais dès qu’on repassera au dessus, ils nous mettront dehors ! Et demain matin, à huit heures, dehors ! Comment c’est possible ? » On lui répond qu’il y a sept ans, un local existait, tenu par la Croix-Rouge à Sangatte. Le ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, l’a fait fermer.
C’était la nuit dernière à Calais, et ça recommence ce soir, et toute la semaine, le plan grand froid est prolongé. Dans la salle, les assos, Salam, la Marmite aux idées, veillent, discutent avec ceux qui ne dorment pas. Sur les quelque 200 migrants dans la ville, il y a ceux qui dorment dans les squats, d’autres dans les forêts alentour, ceux qui se sont engouffrés ici pour dormir au chaud. Et aussi ceux qui continuent de tenter leur chance sur les parkings, pour passer de l’autre côté de la Manche.

Bougies. Dans la grande salle, Kamran, 40 ans, bonnet sur la tête, un peu pâle, le plus âgé des cinq Iraniens, ne veut pas qu’on écrive son vrai prénom. « Tu n’as qu’à m’appeler le type malheureux ». Il explose : « On n’a rien. Pas de douches, pas de toilettes, nulle part où dormir vraiment ». Il assure être réfugié en Grande-Bretagne mais avoir perdu ses papiers en visite en France, dit que le Secours Catholique essaie de démêler tout ça. En attendant, il vit comme les autres. « Dans le squat où je dors, on gèle. C’est si humide que les couvertures ne sèchent pas. Pas de lumière, j’ai deux bougies, et pas d’argent pour en acheter d’autres. Même trouver de l’eau à boire, c’est difficile ».
« T’as qu’à boire la neige », se marre Aïdin, 27 ans, aux yeux rieurs. Il soulève le bonnet de Kamran et laisse entrevoir son crâne : « Il râle parce que ça le vexe d’être chauve ». Kamran : « arrête, on parle sérieusement, il faut expliquer ce qu’on vit. Quelqu’un peut mourir de froid dans la neige, sans que son père et sa mère n’en sachent rien. Est-ce que c’est normal ? ».

Check-in. Aïdin remet ça : « Moi, mon problème, c’est que je chausse du 43, et mes chaussures ne dépassent pas le 40 ». Babak en rajoute : « Dans ton journal, tu peux écrire qu’ils devraient annulent les check-in ? ». Les check-in, les multiples contrôles que traversent les camions, au port et au tunnel sous la Manche. Les migrants, eux, se cachent dans les chargements. Babak : « Dis-leur aussi d’annuler les frontières ! ». Aïdin sort son pied nu, montre sa chaussure trop petite, part dans un fou rire. « Et n’oublie pas mon 43... » Kamran : « Certains sont là depuis huit mois, vous vous rendez compte ? ». Huit mois, c’est rare. Eux sont là depuis huit, dix, quinze jours.

Tarzan. Babak croit savoir que certains ont réussi à passer de l’autre côté à la nage. Kamran hausse les épaules : « ben oui, mais pour entrer dans le Guiness, pas pour passer en Angleterre ». Aïdin, mort de rire : « ça se loue, ici, des bateaux à moteur ? ». On lui répond que la Manche est la mer la plus fréquentée du monde, et que surtout, les côtes sont archi-surveillées. L’homme au bonnet continue : « On est pire que des chiens. Un renard sait se fabriquer un terrier, trouver un trou, pas nous. On est devenus des Tarzans. Bientôt on se transformera en poissons, et on boira l’eau de mer, on nagera jusque l’Angleterre ».

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