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Archives du mois de 05 2011

Une manifestation pour dire "Non" à la politique d’immigration du gouvernement

28 mai 2011 - Nord Littoral

Contre le racisme et la politique d’immigration du gouvernement, plusieurs associations calaisiennes et du département ont décidé de se rallier ce samedi à un mouvement de protestation nationale.

L’objectif principal de ce mouvement est de défendre la situation des sans-papiers. A Calais, le cortège partira dès 14h30 cet après-midi de Calais nord, et plus précisemment de l’angle des rues de Moscou et Lamy. Des représentants d’associations de soutien au migrants comme La Belle étoile, Terre d’errance, Salam ou encore La marmite aux idées ont décidé de se joindre au mouvement. « Nous avons décidé d’organiser cet événement au mois de mai, soit à la date anniversaire de la création du ministère de l’immigration qui perdure aujourd’hui sous une autre forme, explique les organisateurs. Nous réclamons sa suppression, l’arrêt immédiat de la politique du gouvernement et la régularisation des des sans-papiers ».

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Un migrant iranien tué après avoir chuté d’un camion

18 mai 2011 - Le Phare Dunkerquois - D. E.

Un dramatique accident s’est produit tôt dans la matinée du 10 mai sur l’A16, au niveau de l’aire abritant la station-service BP.

Un migrant d’origine iranienne a été mortellement blessé à la tête alors qu’il tentait d’embarquer à bord d’un camion.
Informés, les CRS autoroutiers sont intervenus sur les lieux de l’accident et ont reçu pour les besoins de l’enquête le renfort des services de la police de l’air et des frontières.
Il s’agissait en effet de déterminer les circonstances du drame avant que les témoins ne s’évanouissent définitivement dans la nature.
Selon les éléments recueillis, il semble que la victime était redescendue du poids lourd, en compagnie d’un deuxième compagnon d’infortune qui n’a pas été blessé, pour refermer une porte mal verrouillée de la remorque alors que le camion était en phase d’accélération sur la bretelle d’accès à l’autoroute.
Au cours de la manoeuvre, la lourde porte aurait heurté la tête du migrant, le blessant mortellement. Les sapeurs-pompiers ont pris le blessé en charge pour le transporter vers le centre hospitalier de Dunkerque, où il devait plus tard décéder.
Dans la foulée, les services de police ont profité d’une opération de routine menée au Bas-Roch afin de recueillir les témoignages des migrants restés sur place. Témoignages qui ont confirmé la piste accidentelle et écarté l’intervention d’un tiers.
Il s’agit du troisième migrant à trouver la mort de cette manière depuis mai 2009.
Le 19 mai 2009, une jeune femme d’origine vietnamienne décédait après avoir tenté de monter à bord d’un camion sur l’aire de Téteghem en direction de Dunkerque.
Dans la nuit du 10 au 11 avril 2010, un adolescent afghan de 16 ans était retrouvé mort sur le site du terminal ferry de Loon-Plage après, selon toute vraisemblance, une chute de l’essieu de camion sur lequel il était perché.

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Trente-huit migrants accueillis cet hiver à Bailleul : « On est un point sur leur route »

16 mai 2011 - La Voix du Nord - Raphaëlle Remande

Le terrain derrière la piscine de Bailleul, à l’abri de grands arbres, est désormais vide. Les deux tentes militaires ont été démontées, et la caravane du camp médical d’accueil des migrants a été retirée. Ce camp humanitaire a dû être mis en place pour la seconde année. Il est géré par l’association Flandre Terre solidaire, dont Claire Cleenewerck est la présidente.

Combien de personnes ont été accueillies cet hiver au camp ?

« En tout, trente-huit personnes sont passées, parfois deux jours, parfois plus... Nous avons accueilli des Afghans, des Pakistanais, des Soudanais, des Érythréens, des Vietnamiens, des Palestiniens. À Bailleul, tout le monde vit ensemble. C’est la spécificité du camp. Dans les autres comme à Calais, les migrants se regroupent souvent par origine ethnique. Ici, c’est un petit miracle. Un Afghan nous a dit qu’il était hyper raciste avant d’arriver. Au camp, son meilleur copain était un Soudanais. Cette ambiance, c’est grâce au travail des bénévoles. »

Combien y a-t-il de bénévoles justement ?

« C’est difficile à dire... Il y a plusieurs équipes : repas, douche, ménage, médical, matériel. Des bénévoles sont là presque 24h/24, même la nuit. Sept médecins entièrement bénévoles ont donné de leur temps avec une grande générosité. »

D’où viennent les migrants que vous accueillez ?

« Notre objectif, c’est d’être un camp médical. On n’accepte pas les gens qui se présentent spontanément. Ils doivent passer par une association, ça peut être le Haut Commissariat aux réfugiés (HCR), l’association Salam, le 115... Après, moi je ne fais pas d’enquête sur leur vie. Je ne sais pas par où ils sont passés, ce n’est pas notre but. »

De quels maux souffrent-ils ?

« C’est très divers, ça peut être des blessures. Le camp s’est prolongé après le 30 mars cette année, car nous attendions deux opérations chirurgicales lourdes pour deux personnes. Nous avons aussi eu une famille avec un bébé de huit jours. Un bébé de huit jours, on a considéré que c’était médical. »

Par rapport à l’année dernière, la population des migrants a-t-elle changé ?

« Nous avons eu une population un peu plus difficile. Il y a plus de pressions dans les camps, à Calais. avec les passeurs. Les migrants arrivent plus stressés. Il ne faut pas se faire d’illusion, il y avait de la tension aussi dans la Jungle, ce n’était pas l’idéal mais il y a encore plus aujourd’hui. »

Y a-t-il eu des changements par rapport à l’année dernière ?

« Au niveau de l’organisation, nous avons installé une caravane en plus des deux tentes. Ça permettait d’avoir des entretiens plus discrets et surtout aux infirmières et médecins de faire des consultations. On a aussi pu stocker des médicaments. »

Quel bilan tirez-vous, personnellement ?

« La satisfaction du devoir accompli. Le sentiment d’avoir fait ce pour quoi on était fait. Le but, ici, c’est que les migrants vraiment malades puissent récupérer. Nous ne sommes pas un camp d’accueil. Il faut qu’on respecte ce pour quoi on a eu une autorisation de la mairie, c’est essentiel. »

Quelle est la réaction des Bailleulois à l’égard du camp ?

« Nous n’avons pas eu de réactions. Souvent, les gens ne savent même pas. Le camp ne fait pas de bruit et il ne faut surtout pas que ça gêne. »

Le camp fermé, savez-vous ce que deviennent les migrants ?

« Ceux qui sont demandeurs d’asile ont normalement le droit à un hébergement. Quand ils sont malades, on insiste d’autant plus. Les autres retournent à la rue. Quand ils sont guéris, nous n’avons pas de solutions pour eux. On ne peut pas aller au-delà de ce qui est de notre ressort. »

Beaucoup retournent sur la côte, non...

« Je n’en sais rien. Moi, par principe, je me dis qu’on est un point sur leur route. Je ne veux pas être un fil à leur patte, notre association n’est pas là pour créer un port d’attache. Ils ont fait six à sept mille kilomètres sans nous. Après, leur chemin continue... »

Et l’année prochaine, vous repartez ?

« Si c’est nécessaire. On ne fait pas un camp pour faire un camp, pour se faire plaisir. C’est seulement en cas de besoin. »

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« Pourquoi ne pas déplacer les douches ? »

11 mai 2011 - Nord Littoral - A. TH.

Une nouvelle fois, les douches destinées aux migrants ont été vandalisées. C’est pourquoi les bénévoles du Secours catholique demandent à Natacha Bouchart de changer de site.

Quatrième fois. Depuis leur ouverture en janvier 2010, les douches destinées aux migrants ont été vandalisées de façon importante à quatre reprises. Les dernières exactions en date ont été commises dans la nuit de vendredi à samedi, rendant encore une fois les douches inutilisables (NL du 08/05/11). C’est pourquoi, les bénévoles du Secours catholique, qui gèrent l’installation, demandent à Natacha Bouchart de déplacer ces douches mobiles pour les installer sur un autre site, sécurisé. « Les derniers actes de vandalisme, commis ce week-end, nous interrogent une nouvelle fois sur la pérennité des installations sur ces lieux », peste Véronique Devise, responsable diocésaine du Secours catholique.

Samedi après-midi, c’est un riverain qui avait signalé à la police que les portes des bungalows abritant les douches étaient ouvertes. Sur place, les forces de l’ordre découvraient l’étendue des dégâts. Deux ballons d’eau chaude de deux cents litres chacun ont disparu. Même chose pour la tuyauterie en cuivre.

L’installation n’aura fonctionné que cinq jours. Après qu’elles avaient été dévastées par un incendie volontaire et divers actes de vandalisme le 28 mars 2011, les sept douches avaient été remises en service lundi.

« Pourquoi s’obstiner ? »

Natacha Bouchart refuse pourtant de déplacer la structure. « Je le répète, les douches ne bougeront pas d’endroit », affirmait le maire samedi après-midi. Les déplacer serait-il donner raison aux vandales ? « Peut-être. Mais à quoi sert-il de s’obstiner », demande l’abbé Michel Delannoy, aumônier du Secours catholique.

D’autant que cela à un coût, même si la mairie fait des demandes d’indemnisation à l’État. « Grosso modo cela fait trois fois 20 000 euros de frais. En tant que contribuable, je préférerais que mon argent aille ailleurs », regrette Vincent de Coninck, directeur départemental du Secours catholique.

Natacha Bouchart entend malgré tout remettre les douches en état. « On va sécuriser le site et on réinstallera tous les équipements », gageait-elle samedi.

Un mur de béton

Pour éviter que pareilles dégradations ne se reproduisent, Philippe Mignonet, adjoint en charge de l’environnement, envisageait de remplacer l’enceinte grillagée par un mur de béton qui présentera beaucoup moins d’intérêt pour les voleurs (NL du 09/05/11). Une hypothèse qui révolte les membres du Secours catholique. « Nous ne nous voyons pas exercer notre bénévolat dans une prison, s’agace Véronique Devise. Les migrants ne sont pas des délinquants. » Hier, l’association a profité d’une réunion de formation organisée le matin pour 150 de ses bénévoles pour manifester devant l’hôtel de ville. Une rencontre a été organisée avec Claude Demassieux, le directeur de cabinet du maire. L’occasion de lui remettre une lettre signée par quatre-vingt-dix personnes.

Pendant que la délégation était reçue, les bénévoles du Secours catholique se sont réunis sur le perron de l’hôtel de ville avant d’entamer un cercle de silence.

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Natacha Bouchart, maire de Calais, n’a pas répondu à nos sollicitations.

Immigration : plus dure sera la loi

11 mai 2011 - liberation.fr

Voici les principales mesures du projet de loi sur l’immigration, qui doit être définitivement adopté mercredi soir par le Parlement.

  • Création de zones d’attente spéciales
    Des zones d’attente spéciales, à l’instar de celles existant dans les aéroports, sont créées pour une durée maximale de 26 jours afin de faire face à l’arrivée « d’un groupe d’au moins dix étrangers en dehors d’un point de passage frontalier en un même lieu ou sur un ensemble de lieux distants d’au plus dix kilomètres »
  • Encadrement de la carte de séjour « étranger malade »
    Le titre de séjour « étrangers malades » ne pourra être attribué qu’en cas d’« absence » du traitement approprié dans le pays d’origine. L’autorité administrative pourra cependant prendre en compte des « circonstances humanitaires exceptionnelles », après avis du directeur général de l’agence régionale de santé.

— > Lire : « les étrangers malades, premières victimes de Guéant »

— > Tribune d’un collectif de médecins : « la loi qui condamnerait les malades étrangers »

  • Pénalisation de mariages gris
    Les « mariages gris », fondés sur une tromperie volontaire, seront pénalisés de cinq ans de prison et 15.000 euros d’amende

— > Enquête (datant de 2009) : « les mariages gris, made in Besson »

  • Augmentation de la durée maximale de rétention
    Afin de permettre l’obtention de laissez-passer consulaires, la durée de la rétention administrative passe de 32 à 45 jours maximum. Dans les pays de l’UE, une directive communautaire a fixé la durée maximale de la rétention à six mois.
  • Réforme du contentieux de l’éloignement des sans-papiers
    En cas de recours contre une OQTF (obligation de quitter le territoire français), le juge administratif se prononcera avant le juge des libertés et de la détention (JLD). La saisine de ce dernier est portée à cinq jours, au lieu de deux actuellement.

— > A lire : « Les sans-papiers comme monnaie d’échange »

  • Abus du court séjour
    Un ressortissant européen pourra faire l’objet d’une mesure d’éloignement en cas d’« abus d’un court séjour » (moins de trois mois) lorsqu’il multiplie des allers-retours « dans le but de se maintenir sur le territoire » ou s’il constitue « une charge déraisonnable pour le système d’assistance sociale »
  • Expulsion en cas de vols répétés ou de mendicité agressive
    Un étranger, européen ou non, présent depuis plus de trois mois mais moins de trois ans, pourra être reconduit à la frontière en cas de « menaces à l’ordre public » notamment pour des infractions de vols, de mendicité agressive ou encore dans le cas d’occupation illégale d’un terrain public ou privé
  • Création d’une interdiction de retour
    Obligation, sauf raison humanitaire, de notifier une interdiction de retour sur le territoire français à un étranger qui s’y est maintenu au-delà du délai de départ volontaire, d’une durée comprise entre deux et cinq ans
  • Carte bleue européenne
    Un permis de séjour temporaire européen peut être accordé aux travailleurs « hautement qualifiés », bac+3 ou cinq ans d’expérience professionnelle, qui justifient d’un contrat ou d’une promesse d’embauche pour au moins un an
  • Signature d’une charte des citoyens lors de l’accès à la nationalité
    L’accès à la nationalité est conditionnée à la signature d’« une charte des droits et devoirs et du citoyen ». Les candidats à la naturalisation devront suivre un cours d’intégration, sanctionné par un examen, dont les modalités seront fixées par décret
  • Emploi d’étrangers sans papiers
    Les employeurs « de bonne foi » d’étrangers sans papiers seront exonérés des sanctions frappant l’emploi de ce type d’étrangers.

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Les douches des migrants vandalisées, les gens du voyage soupçonnés

8 mai 2011 - Nord Littoral - T.S-M.

En colère. Natacha Bouchart ne cachait pas son mécontentement hier après-midi. Vers 15h30, elle a appris que les douches installées sur la zone Marcel-Doret pour les migrants venaient à nouveau être vandalisées, moins d’une semaine seulement après leur mise en service, suite à de précédentes dégradations.

C’est un riverain qui a signalé à la police que les portes des bungalows abritant les douches étaient ouvertes. Sur place, les forces de l’ordre découvrent l’étendue des dégâts. Deux ballons d’eau chaude de 200 litres chacun ont disparu. Même chose pour la tuyauterie en cuivre. Le 28 mars déjà, le site avait été la cible des voleurs. Pire, l’un des préfabriqués avait été incendié. Il abritait le local technique du Secours Catholique, permettant à ses bénévoles d’accueillir les migrants dans des conditions décentes.

Si le bâtiment est toujours inutilisable, un nouveau préfabriqué a été commandé il y a une dizaine de jours et devrait être livré d’ici un mois. L’ensemble des douches, elles, présentes dans les deux autres bungalows, avaient été remises en service ce lundi matin au prix d’un gros efforts financiers de la part de la municipalité : 25 000 euros. « Parallèlement à la réouverture des douches, j’avais demandé au commissaire d’être plus vigilant et d’intensifier les patrouilles afin d’éviter toutes nouvelles dégradations. Mon message n’a visiblement pas abouti », déplore Natacha Bouchart, amère.

Relevé d’empreintes

Hélas, il n’aura fallu que cinq jours pour que les efforts de la municipalité soient réduits à néant. Les voleurs ne se sont pas contentés de piller l’un des bungalows, ils ont également mis la main sur une trentaine de mètres de clôtures rigides, « un vrai travail de professionnels », confie Philippe Mignonnet, adjoint à l’environnement. Ce découpage en bonne et due forme a sans doute nécessité plusieurs heures de travail, ce qui a le don d’irriter Natacha Bouchart : « Je ne suis pas du genre à critiquer le travail de la police mais je ne peux m’empêcher de penser que si des patrouilles avaient circulé cette nuit dans le secteur, ce nouveau vol n’aurait pas eu lieu ou les auteurs auraient pu être arrêtés. » Faute de temps ou de place pour emporter tout le matériel dérobé, les voleurs ne se sont pas attaqués au second bungalow équipé de douches. Afin d’éviter une nouvelle razzia dans les prochains jours, les services municipaux se sont attelés à tout démonter hier après-midi et à stocker les équipements en lieu sûr. « Apparemment, certaines personnes - je pense qu’il s’agit toujours de la même équipe - n’acceptent toujours pas la présence de ces douches. Je savais qu’en installant ce dispositif, on s’exposait à ce genre de soucis. Mais je le répète : les douches ne bougeront pas d’endroit. On va sécuriser le site et dans un mois, on réinstallera tout les équipements. » D’autant qu’Alain Gérard, sous-préfet de Calais, présent lui aussi sur place hier après-midi, s’est engagé à monter un dossier de subventions afin que la Ville soit rapidement indemnisée des dépenses engagées pour toutes ces réparations.

Placé devant le fait accompli, le commissaire divisionnaire Jean-Philippe Madec a décidé d’agir rapidement. Avec le renfort de la Police aux frontières, ses hommes sont allés visiter en début de soirée l’aire d’accueil des gens du voyage toute proche à la recherche d’éventuels indices. Car l’enquête ne fait que débuter : « On a relevé une empreinte palmaire sur l’une des portes », assure le commissaire. Des bombes de mousse à raser, utilisées par les voleurs pour souiller les lieux, ont également été saisies. Quant à la visite, prémices à une éventuelle perquisition si d’aventure du matériel volé avait été retrouvé, elle n’a rien donné. « Tout juste a-t-on retrouvé des morceaux de cuivre mais rien ne permet d’affirmer qu’ils proviennent des douches », constate Philippe Mignonnet.

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