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Archives du mois de 06 2011

Dominique Baudis lance une enquête sur des violences policières envers les migrants

29 juin 2011 - Nord Littoral - A. TH.

Tout juste nommé médiateur du droit, Dominique Baudis a été saisi par plusieurs associations dénonçant des violences policières commises à l’encontre des migrants à Calais.

Une enquête va être menée sur les faits dénoncés.

Avec pour collaborateur un ancien responsable de la commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS), il ne pouvait en être autrement.

Dominique Baudis affirme qu’il mènera une enquête visant à établir la vérité sur les violences policières commises à l’encontre des migrants telles qu’elles sont dénoncées par plusieurs associations. Le jour de sa nomination, le défenseur des droits était saisi par un collectif de dix-huit organisations sur des « violences policières récurrentes à Calais à l’encontre des migrants et de leurs soutiens ».

Une interpellation qui a immédiatement reçu un accueil favorable de Dominique Baudis puisque le médiateur des droits avait, le jour même, proposé qu’une rencontre ait lieu lundi. Le collectif No Border lui avait ainsi transmis « un rapport d’observation » recensant des faits qui auraient été commis depuis 2009 : « Procédures non respectées, comportements agressifs ou menaçants, lacération des biens des migrants, couvertures et tentes gazées, etc. » Le lendemain, une organisation de soignants, Médecins du Monde effectuait une saisine identique. (NL du 23/06/11 et NL du 25/06/11).

Enquête et visites de terrain

Autant d’événements qui ont semble-t-il attiré l’attention de Dominique Baudis. « Nous avons perçu une très bonne écoute du médiateur des droits », rapporte Philippe Wannesson, président de la Marmite aux idées qui a participé à la rencontre et qui assure : « Dominique Baudis et les trois collaborateurs qui nous ont reçus avaient lu le rapport. Ils nous ont posé des questions dessus et l’entrevue a duré plus d’une heure et demie. » Dominique Baudis était injoignable hier. Ses services font néanmoins savoir qu’une enquête sera ouverte, que policiers, associatifs et migrants seront auditionnés. Une ou plusieurs visites de terrain à Calais ne sont pas non plus exclues. L’une des récriminations des associations est que les faits constatés sont si « systématiques » et s’étalent tellement dans la durée qu’ils ne peuvent être le seul fait de fonctionnaires indélicats. « Le défenseur des droits doit déterminer le niveau où ces comportements sont initiés », lance Benoist Hurel, secrétaire national du syndicat de la magistrature. Les services de Dominique Baudis affirment que le défenseur des droits se penchera dessus.

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De l’Africa House à la rue

29 juin 2011 - Mediapart - Marion Osmont

Lundi matin à 7 heures, la police a procédé à l’expulsion des occupants du squat africain de Calais. Occupée depuis septembre 2010, l’ancienne friche industrielle du 32 rue Descartes abritait selon les périodes entre 100 et 200 Soudanais, Erythréens et Ethiopiens. Contrairement à ce qu’annonce lundi matin le site de Libération, reproduisant mot pour mot une dépêche AFP, ce ne sont pas une trentaine de personnes qui ont été ainsi délogées, mais 150 hommes, femmes et enfants. Alertés par des militants de l’expulsion annoncée la semaine dernière par la maire de Calais (UMP), Natacha Bouchart, les occupants du squat ont quitté les lieux ce week-end, avant l’intervention de la police. Seuls 30 demandeurs d’asile sont restés sur les lieux : en situation légale sur le territoire, ils ne craignaient pas une arrestation. Les hébergements qui leur ont été proposés, dont fait état la dépêche, ne sont pas adaptés à des demandeurs d’asile. « C’est un effet d’annonce ! Il s’agit de foyers d’urgence : un lit, un duvet une douche, pour une nuit, sans certitude d’obtenir une place la nuit suivante ! » s’indigne Amandine, bénévole à Calais.

Parmi les personnes qui logeaient au 32 rue Descartes, certains vivent à Calais depuis des mois, voire des années –notamment les demandeurs d’asile, qui attendent pendant des mois une convocation à l’Ofpra ou à la CNDA– et étaient installés au squat depuis septembre dernier. « La pression policière contraint les demandeurs d’asile à l’errance, de "jungles" en "jungles" : il est difficile de savoir précisément combien de demandeurs d’asile vivaient à l’Africa. Mais sur les 117 demandeurs d’asile dont nous traitons le dossier, la majorité y vivaient, de façon intermittente ou permanente. Deux réfugiés statutaires y logeaient également, explique Mathilde Tiberghien, du HCR. Cette nuit, des demandeurs d’asile et des réfugiés ont dormi dans la rue ! Nous demandons à ce que des propositions d’hébergements adaptées leur soient faites dans les délais les plus brefs. »

Ceux-là, les « anciens », sont habitués, d’expulsions en destructions –l’été dernier, après l’évacuation du précédent squat, ils avaient passé trois mois à la rue : « Ils ont détruit l’ancienne Africa House, aujourd’hui ils détruisent celle-là, on trouvera un autre endroit où vivre. Peut-être pas demain, pas cette semaine, mais on trouvera ! »

Les autres, une quarantaine d’Erythréens et d’Ethiopiens, dont une dizaine de femmes et deux enfants, âgés de 9 et 10 ans, sont arrivés fin avril, et sont rejoints de semaine en semaine par des groupes de trois ou quatre personnes. Ils avaient quitté la Libye deux semaines plus tôt, traversé ensemble la Méditerranée en boat people, et étaient arrivés à Lampedusa, puis de Lampedusa à Rome, de Rome à Paris, de Paris à Calais. D’autres partis avec eux ne sont pas arrivés –d’après leurs récits, 2000 sont partis de Libye en ce mois d’avril 2011, 600 ont péri en mer : deux naufrages, et un bateau égaré pendant 15 jours, ses occupants morts de faim, de soif. Eux sont arrivés.

Enfants des rues d’Addis-Abeba, paysans éthiopiens, adolescents érythréens fuyant la conscription militaire illimitée, ils n’avaient pas les moyens de payer leurs geôliers pour sortir des camps de rétention libyens. S’ils ont pu quitter la Libye, c’est parce que Mouammar Kadhafi l’a décidé ainsi : des migrants sur nos côtes en représailles aux raids aériens de l’Otan. « J’étais en prison depuis deux ans, je n’avais personne pour m’aider, ni ami ni famille en Europe pour payer les 1000 dollars pour sortir de prison. Et puis, ils ont ouvert les portes des prisons, ils nous ont dit : "les bateaux pour l’Europe c’est gratuit !", ils ont même affrété des bus pour aller chercher d’autres personnes qui s’étaient réfugiées en Tunisie », raconte Tesfay.

Et s’ils sont arrivés là, à Calais, quelques jours seulement après avoir traversé la Méditerranée, c’est parce que l’Italie les a poussés dehors. Les autorités italiennes –fait exceptionnel– n’ont pas enregistré leurs empreintes digitales (le règlement Dublin II impose aux demandeurs d’asile de déposer leur demande dans le premier pays européen traversé, celui dans lequel les empreintes ont été relevées).

Eux c’est Isaac, 40 ans, Erythréen, souffrant d’une crise d’asthme, qui s’étouffe en silence pendant trois jours, avant qu’on ne l’emmène aux urgences au milieu de la nuit. Cortisone et ventoline, il est renvoyé « à domicile » dès le lendemain matin. Allongé sur un matelas au milieu de l’immense hangar, ouvert sur le ciel, portes défoncées, il demande qu’on lui trouve un endroit où vivre, le temps de l’enregistrement de sa demande d’asile : « Je n’avais pas eu de crise depuis 10 ans, je n’ai pas besoin de médecin, mais je ne peux pas rester dans le froid, le vent et la poussière. »

C’est aussi Habté, Ethiopien, 9 ans, tombé du toit du train Eurostar qui devait l’emmener en Angleterre, immobilisé par une jambe cassée, et qui ne peut plus monter à l’échelle improvisée en bois de palette pour rejoindre sa « chambre », et qui ne peut plus jouer au foot.

C’est encore Yonas, qui préfère rester à l’écart. Sur un toit plat, il a posé deux planches de bois, qui sont un abri contre la pluie. De père éthiopien et de mère somalienne, Yonas a 24 ans. Il a été séparé de sa mère à l’âge de 9 ans lors de mouvements de population dans la Somalie en guerre. « A Addis-Abeba, je vivais dans la rue, je travaillais comme vendeur de chewing-gums, cireur de chaussures, marchand de contrebande. » Il y huit ans, une demi-sœur retrouvée dans un camp de réfugiés kenyan lui apprend que leur mère est réfugiée en Grande-Bretagne. S’accrochant à ce fol espoir, il décide de rejoindre la Grande-Bretagne pour y retrouver sa mère. « En Libye, j’ai été emprisonné quatre ans dans une prison pour migrants : je n’avais personne à qui emprunter l’argent nécessaire pour sortir. Ils m’ont torturé sans cesse, ils m’ont cassé les deux jambes, ils m’ont fracturé le pied », dit-il en montrant les cicatrices des sévices subis, « ils m’ont forcé à violer une femme ».

Yonas a besoin de parler. Il raconte son départ de Libye, les naufrages et les morts. Il évoque un bateau perdu en mer, avec à son bord quatre-vingt personnes, mortes de faim et de soif, à l’exception de neuf d’entre elles. « L’un des survivants était un ami, ils ont dérivé pendant deux semaines, sans nourriture, sans eau, il m’a raconté ça à son retour en Libye, juste avant que je ne prenne la mer. Je suis parti. Je ne sais pas où il est aujourd’hui, je ne sais pas s’il est vivant ou mort. »

Le 8 mai, le quotidien britannique The Guardian révèle qu’un bateau de l’Otan aurait ignoré les appels de détresse adressés par des boat people à la dérive. Les informations du Guardian sont relayées par l’Express. Yonas n’avait pas parlé d’un bateau de l’Otan. Mais les dates et le nombre des occupants du bateau –vivants et morts– correspondent. A mes questions, il apporte ces précisions : « Je ne peux pas certifier que c’était un bateau de l’Otan, mais ils ont croisé un bateau militaire. Et quand ils ont croisé ce bateau, ils ont jeté à la mer GPS et téléphones satellitaires : tu comprends, ceux qui en possèdent sont considérés comme passeurs, à l’arrivée en Italie, ils sont emprisonnés. Ils ont tout jeté à la mer : ils étaient certains d’être secourus ! Mais ils ne l’ont pas été. Et, là, ils n’avaient plus aucun outil pour se repérer ou donner l’alerte. Et ils ont dérivé, dérivé... »

Isaac, Habté, Yonas et les autres ont passé la nuit dehors. Ce soir, ils seront toujours à la rue.

Et si, toutes les nuits, ils tentent, cachés sous des camions, hissés sur le toit des trains, de passer en Angleterre –où ils n’ont pour la plupart d’entre eux ni amis, ni famille– c’est parce que de la France, ils n’ont vu que l’Africa House, et la rue. « En Angleterre, il y a des écoles et du travail ! » disent-ils à l’unisson, comme pour ne pas perdre espoir.

Auteur : Marion Osmont est photographe, engagée depuis deux dans le soutien aux exilés de Calais, en lien avec les militants sur place. Elle témoigne pour Mediapart de l’arrivée, du quotidien puis de l’expulsion, lundi 27 juin, des occupants du squat africain de la ville, l’Africa House.

Elle réalise un livre pour documenter le parcours et le quotidien à l’Africa House de deux demandeurs d’asile (la parution est prévue cet hiver aux Editions Limitrophe).

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Le squat Thélu démantelé dans le calme

28 juin 2011 - Nord Littoral - T.S-M. et L.H.

Natacha Bouchart l’avait annoncé mardi dernier à l’issue du conseil des migrants : dans quelques jours, il ne restera rien de l’ancienne usine Thélu, transformée depuis de nombreux mois en squat par les migrants d’origine africaine.

Hier matin, peu après 6 heures, une trentaine de fonctionnaires de la Police aux frontières ont débarqué à l’entrée de l’African House, rue Descartes.

Impossible toutefois pour eux de pénétrer dans l’enceinte de l’usine désaffectée. Informés de l’imminence de cette opération, associatifs et migrants avaient érigé il y a quelques jours une barricade à l’entrée du site.

Pas d’interpellation

La semaine dernière, quelque deux cents personnes survivaient encore dans cette friche industrielle - soit la presque totalité des migrants actuellement visibles à Calais, dont une dizaine de femmes et six enfants. Bon nombre de ces migrants auraient demandé l’asile. Le HCR (Haut commissariat des Nations Unies aux réfugiés) et France Terre d’Asile affirment qu’ils sont 90 à 120 personnes dans ce cas.

Hier matin, sans doute prévenus de l’opération, seule une trentaine de migrants étaient sur place. Ils ont été délogés dans le calme par la police qui a procédé à des vérifications d’identité mais à aucune interpellation. Rassemblés sur un terrain vague de l’autre côté de la rue, les migrants ont pu, un par un et accompagnés d’un policier, aller récupérer leurs effets personnels à l’intérieur des différents abris de fortune.

Sur les 32 migrants qui se trouvaient sur place, 23 demandeurs d’asile en règle, essentiellement des Soudanais et des Erythréens, ont accepté d’être accueillis dans différents centres d’hébergement d’urgence du département : sept à Arras, cinq à Béthune, cinq à Boulogne, cinq à Lens et un à Saint-Omer. Ils y ont été amenés en milieu de matinée à bord de quatre taxis réquisitionnés pour l’occasion, sous l’égide de la direction départementale de la cohésion sociale.

Sitôt le site vidé de ses occupants, un convoi exceptionnel des établissements Singer, une société de travaux publics basée à Outreau, a fait son apparition avec à son bord plus de 150 mètres de barrières grillagées, du matériel destiné à sécuriser le chantier à venir.

Trois mois de travaux

Dans l’après-midi, une pelleteuse de la ville est venue nettoyer le site, où plusieurs tonnes d’immondices jonchaient les sols. Elle passera le relais dès aujourd’hui aux engins de démolition. Après désamiantage des bâtiments, la friche industrielle sera complètement rasée. Un seul bâtiment à la toiture en voûtes sera conservé, en guise de symbole. « Le processus de démolition s’échelonnera jusqu’à mi-septembre », avait précisé la maire de Calais la semaine dernière. Sur ce site de trois hectares, 350 maisons, appartements et lofts devraient remplacer la quinzaine de bâtiments en ruine, un éco-quartier à deux pas du centre-ville.


L’évacuation s’est déroulée dans le calme. Pour preuve, cette scène surprenante où un migrant a enfilé une paire de gants pour simuler un combat avec les forces de l’ordre avant d’éclater de rire.

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Calais : démantèlement du plus grand squat en centre-ville ce matin

27 juin 2011 - La Voix du Nord

Les forces de police ont évacué ce matin, à 6h, les migrants du squat Thelu et proposé diverses possibilités de logements à ceux qui le désiraient.

Le site, implanté en centre-ville de Calais, devrait être rasé cette semaine. Les travaux de désamiantage vont débuter cet après-midi.

Dans quelques jours, il ne restera rien, ou presque, de l’ancienne usine Thélu, ouvert à tous vents et devenu, surtout, un lieu de refuge pour bon nombre de migrants. « Le processus de démolition s’échelonnera jusqu’à mi-septembre » a précisé la maire de Calais. « Les maisons seront détruites à partir de la rue Descartes jusqu’aux anciens bâtiments de Thélu » . Un seul de ces anciens modules atypiques sera conservé dans le cadre du projet d’éco-quartier dont ce site fait entièrement partie. « Ce sera juste pour le symbole, pour garder une trace de ces bâtiments en voûte. »

Rappelons que sur cet ancien site industriel, la Ville a misé gros : trois cent cinquante maisons, appartements, lofts devraient composer un tout nouveau quartier répondant à plusieurs critères écologiques. En faisant procéder à la démolition des bâtiments, tous vétustes, la mairie avance à grands pas dans son projet et met fin à une situation dangereuse sur le plan de la sécurité. Pour autant, elle ne résout pas la situation des migrants qui avaient trouvé là-bas un endroit où manger et dormir, fut-ce dans des conditions insalubres.

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Calais : une trentaine de migrants délogés d’une friche par la police

27 juin 2011 - AFP

Une trentaine de migrants ont été délogés par la police, sans incident lundi matin, d’une friche industrielle de Calais (Pas-de-Calais) qui doit être réaménagée en "éco-quartier", a-t-on appris auprès de la préfecture.

Sur les 32 migrants qui se trouvaient sur place, 23 demandeurs d’asile en règle ont accepté d’être accueillis dans des centres d’hébergement dans le département, selon la même source. Les neuf autres ont refusé.

La police a procédé à des vérifications d’identité, mais à aucune interpellation, selon la préfecture.

L’ancienne friche industrielle Thélu, dont le démantèlement avait été annoncé la semaine dernière par la maire de Calais Natacha Bouchart (UMP), s’étend en plein centre-ville sur 3 ha et compte une quinzaine de bâtiments en ruine, selon la préfecture. Jusqu’à une centaine de migrants, essentiellement des Erythréens et des Soudanais, ont occupé cette friche, selon la même source.

L’entreprise chargée des travaux a commencé à prendre possession des lieux lundi vers 08H00. Les travaux de déconstruction doivent durer deux à trois mois, selon la préfecture.

"On ne peut pas s’habituer à ça", bien que l’opération se soit déroulée sans heurts, a déclaré à l’AFP Rodolphe Nettier, président de l’association SOS soutien ô sans-papiers, qui était présent sur place lundi matin.

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Le squat Thélu va être démantelé dans les prochains jours

22 juin 2011 - La Voix du Nord - Patricia Noël

Squat Thélu : on démolit !

Dans quelques jours, il ne restera rien, ou presque, de l’ancienne usine Thélu, ouvert à tous vents et devenu, surtout, un lieu de refuge pour bon nombre de migrants. « Le processus de démolition va démarrer dans les jours qui viennent et s’échelonnera jusqu’à mi-septembre » a précisé la maire de Calais. « Les maisons seront détruites à partir de la rue Descartes jusqu’aux anciens bâtiments de Thélu » . Un seul de ces anciens modules atypiques sera conservé dans le cadre du projet d’éco-quartier dont ce site fait entièrement partie. « Ce sera juste pour le symbole, pour garder une trace de ces bâtiments en voûte. » Rappelons que sur cet ancien site industriel, la Ville a misé gros : trois cent cinquante maisons, appartements, lofts devraient composer un tout nouveau quartier répondant à plusieurs critères écologiques. En faisant procéder à la démolition des bâtiments, tous vétustes, la mairie avance à grands pas dans son projet et met fin à une situation dangereuse sur le plan de la sécurité. Pour autant, elle ne résout pas la situation des migrants qui avaient trouvé là-bas un endroit où manger et dormir, fut-ce dans des conditions insalubres. Natacha Bouchart a cependant proposé un rapprochement entre le Secours catholique, le Haut commissariat aux réfugiés et la Préfecture pour étudier le cas des demandeurs d’asile présents au squat Thélu. « Il y aurait, selon les associations, entre 80 et 120 demandeurs d’asile parmi les 250 réfugiés présents en ce moment à Calais. On doit normalement leur proposer une place en foyer, pas forcément dans la région mais sur l’ensemble du territoire français ». La maire de Calais pense par ailleurs que, comme ce fut le cas lors du démantèlement de la jungle, les services de l’État pourraient faire des propositions notamment pour les personnes les plus fragiles. « Il y aurait une vingtaine de mamans ainsi que six enfants actuellement dans le squat ».

Douches : renforcement des clôtures

Natacha Bouchart a l’intention de demander à l’État une subvention pour l’installation de clôtures plus robustes pour les douches des migrants. Cette aide financière permettrait aussi à la Ville d’installer une vidéo-surveillance plus performante que le matériel existant. Ce qui ne sera pas très difficile puisque le système actuel ne permet pas un balayage à 360° et, surtout, n’est relié ni au commissariat ni à la société de gardiennage. « Le coût, pour les seules clôtures, s’élèverait à 120 000 E ».

Natacha Bouchart n’a pas souhaité préciser la date du démantèlement du squat.

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L’accueil des demandeurs d’asile en question

22 juin 2011 - Nord Littoral - A. TH.

Le conseil des migrants d’avant l’été s’est tenu hier. Natacha Bouchart a annoncé que le squat Thélu serait démantelé dans les jours qui viennent.

« Ce fut cordial. Sans doute l’un des conseils des migrants les plus sereins auxquels j’ai assisté », se félicite Christian Salomé. Le président de l’Auberge des Migrants pense que ce climat est dû au fait que « les gens se connaissent de mieux en mieux et ont la volonté commune de faire progresser la ville et de venir en aide aux gens qui séjournent à Calais ». Natacha Bouchart est d’ailleurs du même avis : « Nous travaillons de mieux en mieux lors de ces conseils des migrants. Tout simplement parce que chacun a appris ce qu’il pouvait attendre de l’autre. » Le conseil des migrants a donc désormais pour vocation la gestion des affaires courantes. « Il s’agit de réunions qui ont désormais un aspect purement technique », assure Jean-Claude Lenoir, vice-président de Salam.

Un dispositif Thélu comme il y a eu pour la "jungle"

Pourtant, plusieurs sujets portant à polémique ont été abordés. « Le squat Thélu sera prochainement démantelé et les bâtiments détruits, annonce le maire de Calais. Le plan de destruction sera mis en oeuvre dans les jours qui viennent pour une fin de destruction programmée mi-septembre. » Natacha Bouchart assure que ce démantèlement ne vise pas les migrants mais « s’intègre dans le projet d’éco-quartier Descartes ». Reste qu’environ deux cents personnes survivent dans cette friche - soit la presque totalité des migrants actuellement visibles, dont une bonne dizaine de femmes et six enfants. Bon nombre de ces migrants originaires de la Corne de l’Afrique, des camps libyens et d’Afghanistan, auraient demandé l’asile. Le HCR (haut commissariat des Nations Unies aux réfugiés) et France Terre d’Asile affirment qu’ils sont 90 à 120 personnes dans ce cas. « Nous ne sommes plus en présence de personnes qui veulent à tout prix aller en Grande-Bretagne, commente Christian Salomé, mais de personnes qui souhaitent s’établir en France. » La législation européenne impose néanmoins à l’État français de proposer un hébergement à ces demandeurs d’asile. Ce qu’il ne fait pas. Il a d’ailleurs été plusieurs fois réprimandé et condamné pour cette défaillance. « Le squat Thélu va être démantelé sans qu’aucune solution ne soit proposé aux migrants en particulier aux demandeurs d’asile », regrette Mathieu Quinette, coordonnateur de la mission "migrants Calais" de Médecins du monde.

Une solution pourrait être trouvée. « Le chiffre de 90 à 120 demandeurs d’asile me parait important, reconnaît Natacha Bouchart.

Je vais demander à ce que les associations croisent leurs données avec celles de la sous-préfecture pour savoir ce qu’il en est exactement.

Philippe Mignonet, qui est l’adjoint référent sur le sujet, assistera à cette réunion. Il aura un regard neutre. Ensuite, si effectivement il n’y a pas assez de places pour accueillir tous les demandeurs d’asile, y compris dans d’autres départements, j’interpellerais les services de l’État pour qu’ils fassent le nécessaire. »

Pas de professionnel au BCMO

Dans le cadre du démantèlement du squat Thélu, l’édile entend également faire le nécessaire afin que les services de l’État « proposent des dispositifs équivalents à ceux qu’ils avaient proposé aux migrants lors du démantèlement de la jungle ».

L’autre point d’accrochage fut le plan grand froid, même si le sujet sera plutôt abordé en septembre. Mathieu Quinette n’a pas caché son désir de voir confié la gestion des nuitées à des professionnels. Ce que refuse Natacha Bouchart : « Si nous devions obtenir des subventions comme ce fut le cas cet hiver, je ne vois pas pourquoi elles iraient alimenter des associations qu’on n’a jamais vues à Calais. » En clair, la salle du BCMO sera ouverte et la gestion confiée à Salam qui pourra, si elle le souhaite, indemniser les personnes qui assureront les nuits, comme l’an passé.

Enfin, Natacha Bouchart se félicite du fonctionnement de l’aire de distribution de nourritures, ainsi que de l’accueil de jour des personnes les plus démunies (femmes, jeunes, convalescents). Le maire assure de plus que le plan canicule sera reconduit. Une bouteille d’eau sera ainsi distribuée à chaque migrant en plus du sachet repas délivré chaque jour.

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Violences policières : le rapport coup de poing des "No Border"

22 juin 2011 - Le Nouvel Observateur - Anne Collin

Le collectif vient de saisir le nouveau Défenseur des droits pour qu’il dirige une enquête sur les violences contre les migrants à Calais.

A peine officialisé dans ses fonctions, le tout fraîchement et premier Défenseur des droits, Dominique Baudis va devoir s’atteler rapidement à la tâche. En effet, le réseau d’aide aux migrants "No Border" de Calais Migrant Solidarity (CMS) vient de publier, mercredi 22 juin, un rapport sur les violences policières subies par les migrants à Calais.

"Des armes délibérées"

Dans ce document, les militants, très présents sur le terrain, ont listé et documenté pendant deux ans les nombreux exemples de la répression policière dont ils ont été témoins, parfois victimes, bien souvent caméra à la main. Selon ce texte, celles-ci prennent des formes multiples, parfois insidieuses : physiques avec des migrants passés à tabacs, psychologiques avec la mise en place d’un "système de harcèlement", indirectes avec les nombreuses blessures (parfois mortelles) que s’infligent les migrants en tentant de fuir la police. "La brutalité et le harcèlement à Calais sont des armes délibérées utilisées au service des politiques française, britannique et européenne d’immigration", affirme le rapport.

"La police travaille dans des conditions difficiles"

Interrogé par le Nouvel Observateur sur ces accusations, le ministère de l’Intérieur reste prudent. "Officiellement, nous n’avons pas été destinataires de ce rapport. Nous répondrons au défenseur des droits s’il nous saisit. A Calais, ce que l’on peut juste dire pour le moment, c’est que la police aux frontières travaille dans des conditions difficiles et fait face à des situations humaines souvent désespérées", dit-on simplement au ministère.

Vers une enquête ?

Soutenu par une vingtaine d’associations et d’organisations telles que le Groupe d’information et de soutien des immigrés (Gisti), la Ligue des droits de l’homme, Emmaüs International, le syndicat de la magistrature ou encore le syndicat des avocats de France (SM), "No Border" a d’ores et déjà envoyé une lettre de saisine au Défenseur des droits s’appuyant sur ce dossier. Les associations demandent ainsi à Dominique Baudis de "mettre en oeuvre les moyens d’investigation propres à vérifier et corroborer l’existence des violences constatées" par elles-mêmes.

Une délégation devrait être reçue par l’ancien maire de Toulouse dès lundi ont annoncé les rédacteurs du document. Rappelons que le Défenseur des droits remplace désormais le Médiateur de la République, le Défenseur des enfants, la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde) et la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS). A ce titre, son action devrait être particulièrement observée.

"Une politique globale"

Pourquoi cette saisine ? "La teneur de ce rapport laisse penser qu’il ne s’agit manifestement pas de comportements individuels mais d’une politique globale et systématique décidée à un niveau bien supérieur que celui du policier de terrain", explique Benoist Hurel du bureau du SM. Une échelle de responsabilité qui n’aurait pas pu être démontrée par une multiplication de plaintes de migrants ou de militants victimes selon lui. Les recours judiciaires étant limités, le rapport devrait être tout de même remis à Thomas Hammarberg, commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe. Ce dernier avait d’ailleurs signifié au ministre de l’Immigration de l’époque ses griefs après sa visite à Calais. "J’invite les autorités françaises à garantir le respect de la dignité des migrants et à mettre un terme à cette pression policière", écrivait-il le 3 août 2010 à Eric Besson.

"Une violence constitutionnelle"

Mais pour Jean-Pierre Alaux, membre du Gisti, cette politique est ancienne. "On est depuis quinze ans dans un processus d’augmentation de la violence institutionnelle", annonce-t-il. Selon lui, cette violence a été développée par tous les gouvernements français pour tenter de dissuader les migrants de venir en Europe. Lutter contre le fameux "appel d’air". Et à l’heure actuelle, non seulement Nicolas Sarkozy est à son tour confronté à "un échec", estime-t-il, mais il s’agit désormais "d’une prise d’otage étatique".

"La politique d’immigration a créé une zone de non droit dans un lieu précis du territoire national", s’est également indigné Dominique Guibert de la Ligue des droits de l’Homme. Pour Catherine Teule, Vice-Presidente de l’association européenne des Droits de l’Homme, la nécessité d’une enquête est donc d’autant plus grande qu’à "la violence politique se rajoute à la violence judiciaire".

Ce rapport intitulé "Calais : cette frontière tue" pourrait bien être suivi par d’autres émanant également d’associations d’aide aux migrants et menées à de nouvelles saisines.

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Défenseur des droits : Une première saisine sur les migrants de Calais

20 juin 2011 - 20 Minutes

JUSTICE - Le Syndicat de la magistrature l’a annoncé ce lundi...

Une vingtaine d’organisations de défense des droits des étrangers a décidé de saisir le Défenseur des droits au sujet de la situation des migrants de Calais, annonce ce lundi le Syndicat de la magistrature (SM).

Il s’agit de la première saisine de cette autorité constitutionnelle indépendante nouvellement créée pour « veiller au respect des droits et libertés pour toute personne, publique ou privée ».

« Stratégie de harcèlement »

Les organisations intervenant dans la région de Calais estiment que « l’action des différents services de police (...) révèle une stratégie de harcèlement qui allie d’innombrables manquements déontologiques et la commission permanente d’infractions », précise le Syndicat de la magistrature dans un communiqué.

« Cette première saisine sera pour la nouvelle institution l’occasion de montrer son indépendance dans un domaine hautement sensible pour les pouvoirs publics », ajoute le SM, classé à gauche.

Dominique Baudis

Le Défenseur des droits a succédé au Médiateur de la République, au Défenseur des enfants, à la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde) et à la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS).

Nicolas Sarkozy a choisi le député européen Dominique Baudis pour occuper cette fonction.

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Claude Guéant reste ferme sur l’immigration

6 juin 2011 - La Voix du Nord - Interview par Hervé Favre

Journée spéciale Pas-de-Calais pour le ministre de l’Intérieur Claude Guéant, attendu ce lundi à Calais, Laventie puis Arras, avec entre autres sujets au menu, la lutte contre l’immigration clandestine.

Avec votre collègue britannique Theresa May, vous venez déjà préparer les JO de 2012 !

Sur les 8 millions de spectateurs attendus à Londres pour ces JO, il y aura 800 000 Européens dont un tiers passera sur ou sous le Channel ! Nous devons donc mettre en place côté français les mesures de sécurité et de fluidité du trafic. Par ailleurs le Pas de Calais a proposé d’être une base arrière pour l’hébergement ou l’entraînement d’équipes olympiques. Cela demande aussi des préparatifs en termes de sécurité.

La menace terroriste est-elle toujours aussi présente malgré la mort d e Ben Laden ?

Elle était déjà très présente avant sa mort et elle reste à un niveau élevé. Sa mort a entraîné de la part d’Al Qaïda un désir de vengeance ciblant d’abord les Etats-Unis, mais la France et la Grande Bretagne sont également très menacées. Nous devons en tenir compte dans nos préparatifs pour les JO 2012.

A Calais, le démantélement de la "jungle" a-t-il fait vraiment baisser l’afflux de migrants ?

Quand Nicolas Sarkozy, ministre de l’Intérieur, s’était saisi de la question, la situation était insoutenable pour les habitants du Calaisis. Il y avait en permanence 3 000 migrants tentant de passer au Royaume Uni. Aujourd’hui, grâce à son action, la situation n’a plus rien de comparable. Aux distributions de repas assurées par les associations, on compte entre 70 et 90 personnes. Cela étant, une certaine pression demeure. Depuis le début de l’année, un peu plus de 2 000 personnes ont été interpellées dans des camions, et il y a eu le mois dernier 80 tentatives de pénétration sur le site du Transmanche.

La crise ouverte entre la France et l’Italie par l’afflux de réfugiés tunisiens est-elle derrière nous ?

L’Italie a complètement admis notre lecture des accords de Schengen et de la convention bilatérale entre nos deux pays. C’est vrai que l’autorisation de séjour accordée par l’Italie à un certain nombre de Tunisiens permet la libre circulation mais nous pouvons nous opposer à l’entrée en France si la personne ne dispose pas des moyens de financer son séjour et n’a pas de billet de retour, ce qui est constaté dans la plupart des cas. Lorsque ces ressortissants sont interpellés, soit ils acceptent un retour volontaire avec une aide de 300 euros - une soixantaine l’ont fait cette semaine - soit ils sont reconduits en Tunisie ou en Italie. Depuis fin février, plus de 3 200 reconduites ont eu lieu, soit en Tunisie, soit en Italie.

Le Premier ministre tunisien disait à Deauville que ces 25 000 arrivants ne vont pas créer un déséquilibre démographique en Europe !

C’est son opinion. Nous, nous considérons que l’immigration irrégulière doit être combattue, qu’elle vienne de Tunisie ou d’ailleurs. On nous objecte la situation politique tunisienne. Précisément, aujourd’hui que le pays s’ouvre à une ère nouvelle de liberté et de démocratie, il n’y a plus aucune raison de fuir la Tunisie !

Diminuer de moitié l’immigration pour le travail, n’est-ce pas contradictoire avec l’« l’immigration choisie » ?

Au contraire. La France choisit le nombre de ceux qu’elle souhaite accueillir. Nous n’avons pas besoin de 25 000 migrants de travail, le nombre atteint l’année dernière. Nous savons par exemple qu’il y a dix réponses pour chaque offre d’embauche de maçon. La fédération du bâtiment m’a d’ailleurs donné raison en disant qu’on trouve en France tous les ouvriers ou employés dont le secteur a besoin. Nous n’avons pas vocation à faire venir en France des étrangers pour qu’ils se retrouvent au chômage comme le sont déjà 24% des étrangers non communautaires. Il y a certes des métiers moins prisés que d’autres, mais la solution ne me semble pas devoir passer d’abord par le recours à une main d’œuvre étrangère. Des reconversions et des formations sont aussi possibles.

Ce n’est pas ce que disent les restaurateurs et les hôteliers

La baisse de la TVA dans le secteur a été accompagnée d’une révision de la convention collective et d’une revalorisation salariale. Quelqu’un qui est demandeur d’emploi doit aller vers les offres proposées. Et au bout d’un certain nombre de refus d’offres convenables il doit y avoir radiation. On ne refuse pas un emploi décent et correctement payé.

Vos propos sur la forte proportion d’enfants d’immigrés en échec scolaire ont choqué...

Je me suis appuyé sur des données tirées de rapports publics. Ils nous démontrent que l’intégration ne marche pas si bien qu’on le dit et qu’il faut l’améliorer. Je ne dis pas cela pour stigmatiser ces élèves ou leurs enseignants mais parce que cela pose un problème à la société et qu’il faut le traiter. On me fait dire le contraire et c’est grave ! Si je plaide avec autant de force et si j’agis pour lutter contre l’immigration clandestine et limiter l’immigration légale, c’est précisément pour que l’intégration se fasse mieux.

La question de l’intégration pose aussi celle de la laïcité. Après le vote de la résolution parlementaire, quelle suite concrète allez vous donner, s’agissant notamment des prières dans les rues ?

Beaucoup de nos concitoyens s’émeuvent de trouver sur l’espace public des pratiques religieuses ou des affirmations identitaires qui apparaissent comme des entorses au principe de laïcité. Les prières dans la rue, ne vont pas dans le sens du respect de la règle commune. On pourrait régler les choses de manière autoritaire. Je préfère la voie de la concertation et de la recherche consensuelle de solution. Les prières dans la rue ont déjà disparu à Nice. A Paris, là où le phénomène est le plus voyant, nous cherchons des solutions et je suis sûr que nous aurons réglé la question dans peu de semaines. C’est indispensable.

Sur l’immigration, Jean-Louis Borloo vous reproche « des phrases difficiles à entendre »...

Je connais bien Jean-Louis Borloo et ses ambitions pour la société française. Très franchement, je ne vois pas en quoi l’amélioration de la sécurité pour les Français est en contradiction avec sa propre vision. Sur l’immigration, je l’invite à lire complètement mes déclarations, il y trouvera beaucoup de générosité et de volonté d’avoir une société plus harmonieuse.

Sa candidature ferait-elle prendre un risque à la majorité ?

Le travail qu’il fait pour fédérer les centristes et consolider leur corps de doctrine est un bon travail. Mais il a appartenu à ce gouvernement quatre ans et avant cela à d’autres gouvernements de droite. C’est sa famille et je ne peux pas imaginer qu’il entreprenne quoi que ce soit de nature à affaiblir cette famille ou à lui faire courir le risque de perdre.

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À Calais, moins de migrants, même détresse

6 juin 2011 - La Voix du Nord - Laurent Decotte

« Votre ministre de l’Immigration vient à Calais lundi, c’est pour nous aider ? », nous interpelle samedi Abou, jeune Érythréen. Président de l’association l’Auberge des migrants, Christian Salomé se tourne vers nous : « Vous voyez, c’est beau, certains ont encore des illusions. » Il faut dire qu’Abou, comme une quarantaine d’autres, à Calais, espère légitimement que l’État lui propose un hébergement. ...

Il n’est pas en situation illégale ni ne veut aller en Angleterre. Il a fait une demande d’asile qui lui donne droit à un logement en centre d’accueil de demandeurs d’asile (CADA). « Mais on m’a dit qu’il n’y avait plus de place. » Alors en attendant une réponse - et il risque d’attendre longtemps, M. Salomé racontant l’histoire d’un Afghan qui vient d’obtenir le statut de réfugié alors qu’il a fait sa demande en septembre 2009, lors de l’évacuation de la « jungle » -, il vivote dans un squat. « L’African House », comme ils l’appellent. Une ancienne usine où désormais la plupart des 200 à 250 migrants à Calais (chiffre des associations) survivent. Il n’y a pas d’eau, pas de toilettes. Abou nous montre ce qui lui sert de lit : une paillasse récupérée, sale, à même le béton. Il tend un carnet dans lequel il a noté des traductions pour apprendre le français. « Vous direz à votre ministre que je veux m’intégrer. » Étant donné la situation en Libye, les migrants seraient plus nombreux depuis quelques semaines. Pas tant des Libyens. Mais plutôt des Éthiopiens ou des Soudanais qui ont été libérés des prisons de Khadafi où ils avaient été enfermés parce qu’ils tentaient de traverser le pays direction l’Europe. Ou, comme Oman, un Darfouri, parce qu’ils y travaillaient depuis quelques années et fuient désormais la guerre.

Franchir le tunnel

En revanche, comparé à l’époque de la « jungle », il n’y a à Calais quasiment plus d’Irakiens, « mais davantage d’Iraniens », selon M. Salomé. Et beaucoup moins d’Afghans, eux qui étaient la majorité des migrants. Mohammad Ziy, l’un d’eux, explique : « Moi je vais tenter d’aller en Angleterre, mais les autres Afghans préfèrent rester en Allemagne, aller en Belgique, en Suède ou en Norvège. Car c’est trop dur de passer le tunnel. » Le 18 mai, à Grande-Synthe, un Iranien a trouvé la mort en tentant d’embarquer dans un camion. M. Salomé : « Je l’avais croisé peu avant, il avait deux enfants... Tant que dans des pays, la vie sera insoutenable, il y aura des migrants. Alors certes, ils sont moins à Calais, mais par exemple plus à Paris... » Mais c’est du bilan calaisien que Claude Guéant se félicitera.

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Migrants à Calais : Guéant satisfait

5 juin 2011 - Le Figaro - AFP

Les forces de l’ordre ont procédé depuis début 2011 à plus de 2.000 arrestations de migrants dans des camions qui tentaient de passer en Angleterre, indique le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, dans une interview à paraître demain dans La Voix du Nord.

"Depuis le début de l’année, un peu plus de 2000 personnes ont été interpellées dans des camions, et il y a eu le mois dernier 80 tentatives de pénétration sur le site du Transmanche", a indiqué Claude Guéant à la veille de sa visite dans la région.

Le ministre de l’Intérieur, qui a salué l’action de Nicolas Sarkozy lorsqu’il était place Beauvau, estime ainsi que "la situation de l’immigration à Calais n’a plus rien de comparable" à ce qu’elle était avant, même si "une certaine pression demeure".

Interrogé sur la crise entre Rome et Paris, à propos de l’afflux de clandestins tunisiens, Claude Guéant a rappelé que "plus de 3200 reconduites ont eu lieu". Il estime qu’"aujourd’hui que le pays s’ouvre à une ère nouvelle de liberté et de démocratie, il n’y a plus aucune raison de fuir la Tunisie".

Enfin, sur les prières dans la rue, le ministre de l’Intérieur a rappelé son souhait de privilégier "la voie de la concertation et de la recherche consensuelle de solution". Il affirme que ces prières "ont déjà disparu à Nice" et se dit "sûr" qu’à Paris, "nous aurons réglé la question dans peu de semaines".

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