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Archives du mois de 07 2011

Entrée en vigueur des modifications du CESEDA.Nouvelle loi sur

27 juillet 2011 - CP de la Cimade

Depuis
l’entrée en vigueur de la nouvelle loi sur l’immigration, le 18 juillet
dernier, les équipes de La Cimade présentes dans les centres de rétention
ont assisté à une série de décisions d’expulsion sans délai de départ
volontaire, assorties presque systématiquement d’interdiction de retour
sur le territoire français et ce quelle que soit la situation de la
personne.
L’administration n’a pas hésité à priver de liberté de nombreux étrangers
pour essayer de les expulser sans leur laisser de délai de départ. Cette
pratique est clairement contraire au droit européen.
Le préfet du Val de Marne a ainsi tenté d’expulser un homme gravement
malade, vivant depuis 10 ans en France aux côtés de son épouse et de leurs
trois enfants, sans même lui laisser le temps d’organiser son départ. De
plus, des préfets ont décidé d’interdire de retour sur le territoire
français des parents d’enfants français ou un homme malade venu demander
un titre de séjour pour pouvoir rester se faire soigner. Ils ont toute
leur vie en France et l’administration voulait les empêcher de revenir
avant trois ans !
D’ailleurs, le 25 juillet, le tribunal administratif de Toulouse a annulé
une mesure d’éloignement, sans délai, accompagnée d’une interdiction de
retour de trois ans visant le père d’une petite fille française de 6 ans.
Comment en effet, peut on interdire à un père de revenir en France pendant
trois ans alors que son enfant et sa femme y vivent ?
La Cimade constate, comme elle le craignait, que sur la base de la
nouvelle loi sur l’immigration, les préfets décident d’enfermer,
d’expulser et de bannir des étrangers sans discernement, de façon
quasi-systématique. Il est d’ailleurs frappant de constater à quel point
des décisions aussi graves sont totalement stéréotypées. On retrouve les
mêmes motivations lapidaires pour des personnes dans des situations
totalement différentes. Plusieurs magistrats judiciaires et administratifs
ont déjà annulé des décisions d’éloignement ou refusé de prolonger
l’enfermement des étrangers visés, estimant notamment que l’application de
la nouvelle loi est contraire au droit européen.
Cependant, la nouvelle loi a également permis à l’administration
d’expulser des étrangers sans qu’aucun juge ne vérifie la légalité de ses
décisions. Parmi eux, une jeune femme de 19 ans a été expulsée sans
pouvoir voir un juge, alors même qu’elle laisse en France son bébé âgé de
neuf mois ! La Cimade restera vigilante et mobilisée dans les centres de
rétention et dans ses permanences juridiques pour dénoncer les dangereuses
dérives de cette nouvelle loi et défendre les droits des étrangers.
Contact presse :
Agathe Marin : 01 44 18 72 62 / 06 42 15 77 14 / agathe.marin@lacimade.org
mercredi 27 juillet 2011.

L’univers de Fanny Bouyagui

21 juillet 2011 - Le journal de Saône et Loire - M.S.

Plasticienne et vidéaste, ou plutôt VJ, Fanny a créé, voici 20 ans, Art point M, qui parcourt l’Europe pour animer des festivals. Rencontre.

L’univers de Fanny Bouyagui est tout entier tourné vers l’image et la musique électronique. Elle peut, une nuit durant, animer une soirée dans un club underground berlinois. Accompagner de ses images un défilé de l’école de stylisme Esmod ou, au contraire. Ou décider de s’embarquer pour Agadès, ville frontière pour tous les migrants africains en route pour l’Europe… un Eden qu’ils n’atteindront jamais.

Elle s’est plu à immortaliser sur la pellicule les visages de migrants de Calais et ceux de ses amis DJ, dont l’activité leur permet de parcourir le monde pour mixer dans les lieux les plus prestigieux. Elle a passé son avant-bras tatoué du mot « Peace » autour du cou de ces hommes et de ces femmes aux destins bien différents « tout simplement parce qu’ils n’ont pas le bon passeport ». Dans un autre festival, elle a enfermé dans des boîtes de très jolies filles. Les projets se multiplient pour cette touche à tout qui avoue être « bookée ». Pourtant, elle s’est laissée happer par cette aventure, cette performance qu’elle a baptisée Soyez les bienvenus.

« Mon père est Sénégalais, il était bienvenu dans la France des années 50, il a eu un passeport, un emploi d’ouvrier. Je suis partie à Agadès avec le questionnement suivant : pourquoi les gamins d’aujourd’hui, veulent-ils encore venir en France ? J’ai rencontré beaucoup de migrants que j’ai photographiés, ensuite je voulais aller sur l’île de Lampedusa, mais une copine journaliste m’a conseillé plutôt une petite ville d’Italie, Castel Volturno, 23 000 habitants, dont 18 000 migrants qui attendent chaque jour dans les rues qu’on vienne les chercher pour un emploi... Ils squattent là-bas, ils louent des maisons à la Mafia, ils vivent un cercle vicieux, ils gagnent 25 € par jour et en envoient une centaine chez eux pour faire vivre la famille qui croit en retour qu’ils sont riches », explique F. Bouyagui, qui livre une installation en deux parties, Soyez les bienvenus opus 1 et 2, faite d’images, de vidéos sur le vif, de témoignages et d’une installation plastique.

Soucr

Un squat de migrants évacué quai de la Moselle

6 juillet 2011 - Nord Littoral - François Devin

Un squat de migrants a été évacué hier vers 15h30 par les forces de police, quai de la Moselle. Il s’agit de la deuxième opération de ce genre en deux jours.

Lundi soir déjà, les policiers avaient confisqué des effets aux migrants à Calais-Nord, après la distribution des repas.

C’est devant une dizaine de militants No-borders et autant de migrants d’origine africaine qu’une vingtaine de policiers de la PAF et de CRS ont procédé au démantèlement d’un squat, hier en milieu d’après-midi quai de la Moselle. Une opération qui s’est effectuée dans un calme relatif, même si les forces de l’ordre ont eu à éloigner une militante à coups de bombe lacrymogène. Lors de l’opération, des tentes ainsi que des couvertures ont été enlevées par les services de la ville de Calais. « Elles sont déposées dans nos locaux rue de Toul, a affirmé l’adjoint au maire Philippe Mignonet, présent sur les lieux. Leurs propriétaires ont une semaine pour les récupérer. » Cette procédure ne plait pas aux militants No-Borders, qui prennent ces opérations ponctuelles - celle d’hier a duré une petite heure - comme de la provocation. « Même si aucune interpellation n’a lieu, explique un jeune militant, les destructions de squats sont loin d’améliorer le climat de tension qui règne à Calais, entre les migrants et la police. » « Lundi soir, peu après 21 heures, une opération identique avait eu lieu aux abords de la rue de Moscou, après la distribution des repas, alors que des exilés s’abritaient pour la nuit », regrette Philippe Wannesson, président de l’association La Marmite aux Idées.

Ces deux évacuations se sont déroulées sans aucune interpellation.

Source



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