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Archives du mois de 08 2011

Un migrant ivoirien bloqué à Tripoli : "Je suis pris au piège de ma couleur de peau"

30 août 2011 - France 24

L’entrée des opposants au régime à Tripoli, le 22 août, a fait des victimes collatérales. Un immigré originaire d’Afrique sub-saharienne, travailleur clandestin en Libye, nous raconte que les insurgés s’en prennent aux personnes de couleur noire parce qu’ils les assimilent à des mercenaires à la solde de Kadhafi. Il nous explique donc qu’il vit terré chez lui depuis une semaine.

Au début de la guerre en Libye il y a six mois, des mercenaires africains ont été recrutés par Mouammar Kadhafi pour mater la rébellion. Débarqués du Nigeria, du Tchad ou de Mauritanie, ces soldats de fortune, que l’ONG Human Rights Solidarity estimait au mois de février à 30 000, étaient payés pour faire le sale boulot. Tout au long du conflit, les témoignages d’Africains subsahariens en Libye se disant victimes de menaces et de violences de la part des anciens rebelles se sont multipliés.

Depuis que les insurgés sont à Tripoli, la situation des immigrés africains de la capitale est critique. Le 26 août, le HCR (Haut commissariat aux réfugiés) a d’ailleurs exprimé son inquiétude concernant les menaces et les mauvais traitements subis par les migrants restés en Libye. Avec une opposition qui traque sans relâche les derniers résistants kadhafistes, les Africains noirs sont devenus une cible encore plus vulnérable.

Il est très difficile pour ces Africains de quitter le pays. Dans les deux bateaux qui ont été récemment affrétés par l’OIM (Organisation internationale pour les migrations) afin d’évacuer les migrants de Tripoli, très peu d’Africains subsahariens étaient présents. Pourtant, comme l’explique Jean-Philippe Chauzy, porte-parole de l’OIM joint par FRANCE 24, ils représentent la majorité des travailleurs migrants vivant en Libye : "Ils sont entrés clandestinement en Libye et ne sont pas répertoriés en tant que ressortissants par leur ambassade. Or, c’est avec les ambassades que nous travaillons sur le terrain pour évacuer le plus grand nombre d’étrangers".

"Quand ils voient un noir, ils le frappent devant les femmes et les enfants qui applaudissent"

Sakia (pseudonyme) est Ivoirien et vit à Tripoli depuis trois ans. Il est entré clandestinement pour trouver un travail et envoyer de l’argent à sa famille, restée en Côte d’Ivoire. Il travaillait dans une entreprise de fabrication de sodas.

"Depuis que les opposants sont entrés à Tripoli, je vis barricadé chez moi avec deux amis. L’un est Togolais, l’autre est Ghanéen. Dans le quartier, nous connaissons des Guinéens, des Maliens, des Libériens et des Nigérians qui sont terrés chez eux. Comme nos ambassades ne nous répondent plus, nous ne savons pas quoi faire, ni qui contacter.

Cela fait quatre jours que nous sortons de l’appartement uniquement pour chercher à manger. Dans mon quartier, il y a des barrages routiers partout. Des jeunes y sont postés jour et nuit, armés jusqu’aux dents. À certaines heures de la journée, quand on sent que c’est calme dehors, on sort acheter quelques provisions et on rentre chez nous en courant. C’est très dangereux pour nous, les Africains subsahariens, de rester dehors, à cause de notre couleur de peau. Quand ils voient un Noir, les jeunes l’insultent et l’agressent devant les femmes et les enfants, qui applaudissent. Le frère d’un ami s’est fait embarquer dans un pick-up il y a peu et on ne l’a plus jamais revu. Ils nous prennent pour des mercenaires de Kadhafi.

"Ils entrent chez nous pour tout saccager et nous frapper"

Je ne suis pas sorti depuis trois jours et il ne nous reste que cinq biscuits à partager. Il n’y a plus d’eau au robinet. Heureusement, nos voisins ont accepté de nous rapporter l’eau du puits du quartier. Ils sont Libyens mais ce sont des personnes âgées. Je sais qu’ils ne nous dénonceront pas, ils nous ont même conseillé de rester enfermés et de ne pas répondre si quelqu’un frappe à la porte. Des amis sénégalais m’ont raconté que des inconnus sont venus chez eux en prétextant vérifier si ils avaient des armes. Ils les ont finalement frappés et dépouillés. Nous ne savons vraiment pas si ce sont des rebelles ou des voyous. Ils portent tous une arme et des habits aux trois couleurs [le drapeau tricolore de l’opposition, ndrl]

"Quand le ‘monsieur’ sera parti, tu verras, on vous tuera tous"

Depuis que la répression a commencé en Libye, nous, les Africains de l’ouest, sommes victimes d’exactions et de menaces de mort. Je me suis fait agresser physiquement quatre fois par des Libyens qui me prenaient pour un gars de Kadhafi. Quand je travaillais encore à l’usine, certains des collègues me disaient ‘quand le monsieur va partir, tu verras, on vous tuera tous’. Alors plus les rebelles se rapprochaient de Tripoli, plus nous étions terrifiés. On a déchiré nos cartes de séjours et nos photos de famille pour ne garder aucune trace matérielle de notre pays d’origine. Avant l’arrivée des rebelles, des diplomates africains nous avaient assurés être en train de négocier avec des hommes du régime pour nous évacuer. Mais les discussions ont coupé court après la chute de Tripoli.

J’ai entendu qu’un bateau de l’OIM avait accosté à Tripoli pour secourir des étrangers. Mais traverser Tripoli pour aller jusqu’au port est inimaginable. Nous n’y arriverions jamais vivants. Il faudrait que les ONG parcourent la ville en bus avec des mégaphones pour nous avertir de leur passage."

Ce billet a été rédigé avec la collaboration de Peggy Bruguière, journaliste à FRANCE 24.

Les mineurs étrangers isolés en France

30 août 2011 - La Croix

Des estimations difficiles

En l’absence de recensement fiable, il n’existe que des estimations sur la présence en France de mineurs étrangers isolés : de 4 000 à 6 000 fin 2009 selon l’ancien ministère de l’immigration, 8 000 selon l’estimation haute des associations. 4 000 bénéficient d’une prise en charge par les services de l’Aide sociale à l’enfance, selon l’Assemblée des départements de France (ADF).

Une présence accrue depuis une dizaine d’années

La présence des mineurs isolés étrangers en France est repérée au début des années 1980 avec l’arrivée de jeunes Yougoslaves (Tsiganes et Roms le plus souvent originaires de Bosnie et de Serbie). L’arrivée de ces enfants s’amplifie à partir de 1999 dans différents points du territoire : Paris, la Seine-Saint-Denis, le Nord et le Pas-de-Calais, les Bouches-du-Rhône et Lyon. Outre les jeunes d’Europe de l’Est (Roumanie, ex-Yougoslavie, Albanie), les mineurs isolés étrangers arrivent du Maghreb, du Moyen-Orient, d’Afrique subsaharienne et de Chine.

Une prise en charge confiée aux départements

Dès 2003, les professionnels chargés de la mise en œuvre des dispositifs de la protection de l’enfance et les conseils généraux d’Île-de-France tirent le signal d’alarme et dénoncent une « saturation » de leurs services. L’État et les départements mobilisent d’importants moyens pour développer des structures d’accueil. La loi de 2007 donne aux départements la mission de prendre en charge les mineurs isolés, qu’ils soient français ou étrangers.

Paris et la Seine-Saint-Denis en première ligne

En 2009, Paris et la Seine-Saint-Denis accueilleraient près des deux tiers des mineurs à leur arrivée en France. Le département du Pas-de-Calais est, quant à lui, un territoire de transit : 2 250 mineurs ont traversé ce département en 2009, pour 20 placés au long cours dans des dispositifs de protection de l’enfance. Les mineurs étrangers isolés sont une préoccupation importante à Mayotte. De nombreux mineurs comoriens, notamment, arrivent au péril de leur vie en kwassa-kwassas, bateaux de fortune en résine. 3 246 mineurs étaient interceptés en 2009 dans ces embarcations.

Source : rapport parlementaire de la sénatrice Isabelle Debré, en mission auprès du ministère de la justice, mai 2010.

Des centaines de migrants évacués par mer à Tripoli

25 août 2011 - Secours Catholique - François Tcherkessoff

En pleine bataille de Tripoli, en Libye, des centaines de travailleurs migrants ont commencé d’être évacués par la mer.

Un premier bateau affrété par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a quitté Tripoli jeudi soir 25 août avec 263 étrangers à son bord. L’embarquement s’est terminé dans la soirée alors que les tirs s’intensifiaient autour du port. Le navire a finalement pris la mer en direction de Benghazi, « capitale » provisoire des insurgés, à l’Est de la Libye.

Anarchie et danger

L’OIM rapporte que l’acheminement des étrangers par la route, depuis le secteur de leurs ambassades, a été ralenti et rendu dangereux par la présence de « snipers » (tireurs embusqués) et de barrages tenus par de nombreux groupes aux exigences désordonnées. Les travailleurs philippins avaient 15 km à parcourir dans ces conditions. Par ailleurs, le carburant manque toujours en ville.

Dans ces conditions, l’acheminement jusqu’au port des migrants dispersés dans et autour de Tripoli est la principale difficulté de l’opération de rapatriement, note l’OIM. Les Africains sub-sahariens qui se trouvent aux alentours de Tripoli sont pour le moment dans l’impossibilité de se rapprocher du port. Au total, 5 000 personnes environ seraient en demande d’évacuation.

Des travailleurs étrangers restent toutefois sur place, dans l’espoir d’une reprise de l’activité. Certains sont aidés par la Caritas libyenne mais pour l’heure les contacts sont suspendus en raison de l’insécurité.

Seconde rotation de l’OIM

Un second navire de l’OIM est en route pour Tripoli ce vendredi 26 août et devrait arriver samedi vers midi. Il est prévu qu’il reparte dimanche avec à son bord un nouveau contingent de travailleurs migrants composé de Bangladais, Chinois, Philippins, Indiens et Egyptiens.

Le bateau aura auparavant débarqué une cinquantaine de travailleurs humanitaires de différentes organisations ainsi que du matériel humanitaire et médical.

Caritas soutient les jeunes du camp de Choucha

Une partie des migrants ayant fui la Libye ces derniers mois est restée dans la région, faute de moyens de rapatriement. C’est le cas des 3 000 Africains du camp de Choucha, en Tunisie. La Caritas tunisienne y a dépêché un prêtre et une religieuse pour assurer une présence quotidienne auprès des jeunes. Les deux religieux les soutiennent psychologiquement et les aident dans leurs difficultés quotidiennes (maladies, communications…).

Les jeunes ont demandé à bénéficier de cours d’Anglais dispensés par des bénévoles de différentes nationalités. Ce projet jugé utile pour de futures opportunités d’emploi et pour combattre l’inactivité, a reçu l’accord de l’archevêque de Tunis. Reste à trouver quelques fonds pour le mettre en œuvre. La Caritas italienne, chef de file des Caritas européennes pour la Libye, s’est attelée à la tâche.

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Immigration : Guéant souhaite un niveau de français de fin de collège

23 août 2011 - Le Point - AFP

Le ministre de l’Intérieur Claude Guéant souhaite que les étrangers voulant s’installer en France aient une "maîtrise de la langue française" comparable à celle "d’un élève en fin de scolarité obligatoire", a-t-il dit dans un entretien à l’Express à paraître mercredi.

Le ministre de l’Intérieur Claude Guéant souhaite que les étrangers voulant s’installer en France aient une "maîtrise de la langue française" comparable à celle "d’un élève en fin de scolarité obligatoire", a-t-il dit dans un entretien à l’Express à paraître mercredi.

"Je veux que les connaissances exigées se situent au niveau de celles d’un élève en fin de scolarité obligatoire", soit un niveau de fin de collège, affirme-t-il dans l’hebdomadaire.

La scolarité en France est obligatoire jusqu’à l’âge de 16 ans.

Concernant les naturalisations, "je viens de signer une circulaire destinée aux préfets pour les guider dans l’instruction des demandes", annonce-t-il, en soulignant que "les conditions de l’assimilation — c’est le mot utilisé par le Code Civil - doivent être étroitement vérifiées".

"Un étranger qui souhaite s’installer durablement en France doit épouser notre communauté de destin et donc en accepter les principes les plus élémentaires, comme l’égalité hommes-femmes et la laïcité", poursuit-il.

Evoquant le taux d’élucidation des affaires, le ministre admet que le pourcentage a reculé depuis l’entrée en vigueur le 1er juin de la loi renforçant la présence de l’avocat en garde à vue.

"Depuis deux mois nous constatons en effet une baisse limitée mais bien réelle du taux d’élucidation. Une évaluation est en cours", dit-il. "Tous les officiers de police judiciaire se plaignent du surcroît de formalisme", ajoute M Guéant.

"Avec le garde des Sceaux, nous ferons des propositions pour améliorer un certain nombre de disposition législatives, clarifiant notamment le rôle de l’avocat", dit-il encore.

La garde à vue nouvelle formule permet à l’avocat, en plus de l’entretien d’une demi-heure, d’assister à tous les interrogatoires (auditions et confrontations) menés par les enquêteurs, les déclarations hors de cette présence ne pouvant être utilisées en justice. Une réforme critiquée par les syndicats de police.

[http://www.lepoint.fr/societe/immigration-gueant-souhaite-un-niveau-de-francais-de-fin-de-college-23-08-2011-1365624_23.php]

Suicide au CRA : la Cimade dénonce

16 août 2011 - Le Figaro - AFP

La Cimade a dénoncé "la violence de l’enfermement des étrangers" après le suicide samedi d’un Roumain de 45 ans détenu depuis fin juillet au centre de rétention administrative (CRA) de Nîmes, dans un communiqué publié mardi.

Le parquet de Nîmes a ouvert une enquête pour recherche des causes de la mort après que ce ressortissant roumain, d’origine Rom selon la Cimade, a été retrouvé pendu dans sa chambre. Ce drame est "la conséquence directe de la violence que constituent les politiques françaises de l’enfermement des étrangers" et "d’un système qui ne considère plus les hommes en humains", estime la Cimade.

Selon la Cimade, la victime, "Marius B. était marié, père de deux enfants et avait vendu tous ses biens pour venir travailler en France sur des chantiers". "Il disait ne pas comprendre pourquoi il était ainsi retenu alors que citoyen européen il était seulement venu en France pour travailler", ajoute l’association. Selon le parquet, c’est la première fois qu’un tel drame se produit à Nîmes.

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Maroc : Interception de 44 clandestins subsahariens

14 août 2011 - Afriquejet.com - Pana

Rabat, Maroc - Quelque 44 candidats à l’immigration clandestine, tous originaires de l’Afrique subsaharienne, ont été interceptés dimanche par la Marine marocaine à bord d’un zodiac au large d’Al Hoceima (nord-est), a indiqué la police locale.

Les clandestins subsahariens, âgés de 20 à 40 ans, et dont les nationalités n’ont pas été révélées, étaient partis de Nador (près d’Al Hoceima) et prévoyaient de joindre illégalement le sud de l’Espagne, selon la même source.

Après le renforcement des mesures de contrôle par les autorités marocaines et espagnoles au niveau de Ceuta et Melilla, au nord du Maroc, les migrants clandestins tentent désormais de prendre leur départ à partir des sites littoraux d’Al Hoceima et de Nador à destination de l’Espagne.

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Près de 1 600 migrants sont arrivés à Lampedusa en 24 heures

14 août 2011 - Le Monde - AFP

Près de 1600 migrants ont débarqué entre samedi 13 et dimanche 14 août au matin sur la petite île italienne de Lampedusa, située à mi-chemin entre les côtes africaines et la Sicile, selon le décompte de l’agence italienne ANSA.

Parmi ces migrants arrivés à bord d’une dizaine d’embarcations figurent notamment une centaine de femmes et une quarantaine d’enfants dont trois nouveau-nés. Deux nouvelles embarcations transportant plusieurs centaines de personnes ont été repérées par les garde-côtes italiens et devraient arriver sur l’île prochainement.

1 500 MORTS EN MÉDITERRANÉE DEPUIS MARS

Des milliers de personnes fuyant la Libye, pour la plupart des travailleurs immigrés venant d’Afrique ou des réfugiés des conflits de la région, sont arrivés au cours des derniers mois à Lampedusa. Plusieurs centaines d’entre eux ne sont jamais parvenus sur les côtes européennes et sont morts noyés.

En avril, 250 personnes avaient trouvé la mort lors d’un naufrage au large de l’île. Le 1er août, 25 migrants apparemment morts par asphyxie avaient été retrouvés dans la salle des machines d’un bateau lui aussi en provenance de Libye.

Selon le Haut commisariat aux réfugiés (HCR), au moins 1 500 migrants partis de Libye sur des embarcations de fortune ont disparu pendant la traversée de la Méditerranée depuis le début des combats en Libye à la mi-mars.

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Italie : des centaines de migrants débarquent sur l’île de Lampedusa

13 août 2011 - Le Point - AFP

L’origine des 320 personnes n’est pas encore précisée.

Une embarcation transportant 320 migrants, dont 35 femmes et 11 mineurs, est arrivée samedi sur l’île de Lampedusa, a indiqué l’agence italienne Ansa. Les migrants, dont l’origine n’a pas été précisée, ont été pris en charge par les agents des douanes.

Des milliers de personnes fuyant la Libye, pour la plupart des travailleurs immigrés venant d’Afrique ou des réfugiés des conflits de la région, sont arrivées au cours des derniers mois à Lampedusa, une petite île à mi-chemin entre les côtes africaines et la Sicile. Des centaines d’entre elles sont mortes noyées : en avril, 250 migrants avaient trouvé la mort lors d’un naufrage au large de l’île. Lundi, 25 migrants apparemment morts par asphyxie ont été retrouvés dans la salle des machines d’un bateau lui aussi en provenance de Libye.

Au moins 1 500 migrants partis de Libye sur des embarcations de fortune ont disparu pendant la traversée de la Méditerranée, depuis le début des combats en Libye à la mi-mars, a estimé début août la porte-parole du HCR en Italie, Laura Boldrini.

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De Tripoli à Calais : des Libyens racontent leur exil en France

13 août 2011 - cyberpresse.ca - AFP, Nicolas Gubert

« Je souhaite vivre en France en paix », explique Hassan : le jeune Libyen de 25 ans a fui son pays en guerre et trouvé refuge à Calais, sur les bords de la Manche, comme plusieurs de ses compatriotes, dans l’espoir de se reconstruire.

Après avoir pensé rallier la toute proche Angleterre, il s’est ravisé sur les conseils de l’antenne locale du HCR (agence des Nations unies pour les réfugiés) et a entamé des démarches pour demander l’asile en France.

Ce jeune homme chétif à la peau d’ébène raconte calmement avoir fui la Libye après avoir été enrôlé de force dans l’armée du colonel Kadhafi, aux prises avec une insurrection depuis six mois et attaquée depuis mars par les avions de l’OTAN. « Je suis contre la guerre, contre tuer des innocents », explique-t-il.

Lorsque la compagnie pétrolière britannique qui l’employait comme ingénieur a été attaquée par « des jeunes ou des rebelles libyens », il a dû ramener un des véhicules de l’entreprise à Tripoli. Il a alors été contrôlé par l’armée, « présente partout », puis enrôlé contre son gré.

Quelques semaines plus tard, il a profité d’une permission pour déserter et embarquer clandestinement pour les côtes italiennes, d’où il a rejoint Rome, puis Marseille, Lyon et enfin Lille, en train.

« Si j’avais refusé de rejoindre l’armée, je serais sous terre. On ne peut pas dire : "non, je n’irai pas dans l’armée de Kadhafi, c’est impossible" », dit-il. « Je n’aurais jamais imaginé quitter mon pays un jour. Je déteste Kadhafi, mais comme tout le monde, je m’étais un peu habitué à la situation ».

Hébergé depuis quelques semaines dans un foyer à Lens, il regarde, dubitatif, une pelleteuse éventrer les vestiges de l’usine désaffectée qui a été son premier refuge à Calais. Ce squat baptisé « African house » par les dizaines de migrants de passage sera bientôt un quartier d’habitations.

Pression policière

En raison du manque de places en hébergement d’urgence, de nombreux migrants sont sans domicile fixe, contrairement à Hassan, et subissent « une pression policière importante avec des contrôles répétés de leur identité », rappelle Mathilde Tiberghien, du HCR.

« J’ai vécu toute ma vie illégalement, la police me suit partout, j’espère trouver une solution », confie d’ailleurs Idriss, 30 ans. Il a également fui la Libye, mais avant la guerre, en raison de son opposition au régime. Comme Hassan, il a déposé une demande d’asile.

Il se souvient d’une manifestation à Londres où il vivait encore il y a quelques mois. « Nous avons essayé d’écraser l’ambassade libyenne, mais nous avons été repoussés par les policiers britanniques. Au vu de la répression, on ne pouvait pas agir dans la demi-mesure », s’excuse-t-il presque.

Il est alors contrôlé, et, sans papiers, renvoyé vers la France. Il dit qu’il souhaitait retourner chez lui, ne serait-ce que pour avoir des nouvelles de sa famille, dont il ne savait même pas si elle avait survécu, mais les autorités britanniques ont refusé de le renvoyer en Libye : « Trop dangereux ».

Pour lui, « la guerre de l’OTAN est insuffisante : tant qu’il n’y aura pas d’opération à terre, ça ne pourra pas marcher ».

En attendant que la situation se stabilise, il a décidé de se reconstruire en France, où il se verrait bien reprendre ses études de journalisme.

Hassan, lui, espère apprendre le français et obtenir le statut de réfugié, pour amener sa femme, restée au pays.

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Droit dans ses bottes

13 août 2011 - Sud Ouest - Yann Saint Sernin

Avec l’affaire des ressortissants soudanais, le préfet Patrick Stefanini déclenche à nouveau la colère des magistrats.

Le bras de fer. Quelques jours après le « dysfonctionnement » qui avait amené la préfecture à ignorer une décision de justice en maintenant un Indien en rétention contre l’ordonnance d’un juge des libertés et de la détention (JLD), le nouveau préfet de Gironde Patrick Stefanini continue à susciter l’ire d’une partie du monde judiciaire.

L’affaire a débuté le 9 août. Deux ressortissants soudanais sont interpellés à Bordeaux par les services de la Paf (Police de l’air et des frontières) en situation irrégulière puis placés en garde à vue. Quelques heures plus tard, les deux Soudanais se voient signifier un placement en centre de rétention. Leur avocate Me Anne Couplant saisi alors un JLD afin qu’il se prononce sur la légalité de la garde à vue, et par suite sur celui du placement en rétention.

Reconduits à la frontière

L’audience est fixée au 11 août à 14 heures. Mais au petit matin sans attendre la décision du juge, les deux Soudanais sont reconduits à la frontière italienne. « Personne n’a été averti, c’est incroyable », tempête l’avocate. Au cœur du débat, la régularité des placements en garde à vue des sans-papiers. « Rien n’interdit à la préfecture de procéder à l’éloignement avant la présentation à un juge, mais ce qui est scandaleux c’est que le juge s’était saisi pour mettre fin à une illégalité : celle du placement en garde à vue pour simple séjour irrégulier », indique-t-on du côté du syndicat de la magistrature.

Car pour les syndicats de magistrats (SM et USM), une récente décision de la Cour européenne de justice confirmée par deux arrêts de la cour d’appel de Bordeaux rend illégale le placement en garde à vue pour seul défaut de papier. Une analyse jusqu’à présent partagée par des JLD bordelais qui ont remis plusieurs sans-papiers retenus en CRA après une garde à vue. Ce qui ne fait pas les affaires du préfet qui préférerait s’appuyer sur les dispositions de la loi sur l’immigration qui stipule qu’en matière de rétention administrative, le JLD ne peut se prononcer qu’à partir de cinq jours. « Si le juge est saisi d’une telle requête avant ce délai, il doit la déclarer irrecevable », tranche le préfet. Et de conseiller « à l’étranger en situation irrégulière » de plutôt « saisir le juge administratif ». Mais pour les syndicats de magistrats « en aucun cas le juge administratif n’est compétent pour juger une garde à vue qui relève du pouvoir judiciaire ». Pour l’avocate : « On crée donc simplement une période de non-droit pendant laquelle l’administration fait ce qu’elle veut. »

Faire appel

Le préfet, qui tenait hier une conférence de presse, promet désormais de faire appel de toute décision de JLD qui s’estimerait compétent pour trancher un tel litige et ajoute : « Je demanderai au parquet de faire appel également. Enfin… Il est souverain, il décidera… »

Si pour le haut fonctionnaire, la garde à vue des sans-papiers « est pratiquée par le parquet de Bordeaux », il sort néanmoins de sa manche une jurisprudence de la cour d’appel de Pau qui elle valide ce type de rétention. « Il y a des jurisprudences contradictoires, c’est un fait. Mais cette affaire relève aussi d’une peur des juges que l’on veut simplement éloigner des citoyens auxquels ils sont censés répondre », analyse un conseiller de la cour d’appel de Pau.

Particulièrement concerné par la question, Patrick Stefanini a longtemps officié au ministère de l’immigration dont il passe pour avoir été l’un des ordonnateurs. Arrivé à Bordeaux depuis quelques mois, il semble bien décidé à ne rien céder à une justice de plus en plus échaudée.

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En France, deux fois moins de métiers autorisés aux étrangers non-Européens

12 août 2011 - RFI - Claire Arsenault

A partir de ce vendredi 12 août 2011, le nombre de métiers que pourront exercer en France les étrangers non issus de la communauté européenne en France, est divisé par deux. Le gouvernement a choisi le plein cœur de l’été pour publier l’arrêté fixant la nouvelle liste des métiers ouverts aux non-Européens. Dorénavant, les immigrés concernés n’auront plus accès qu’à quatorze familles d’emploi au lieu de trente jusqu’à présent.

Vous êtes informaticien, maçon, serveur, passez votre chemin, la France n’a plus besoin de vous. C’est même le ministre de l’Intérieur et de l’Immigration, Claude Guéant, qui l’a fait savoir haut et fort en mai dernier ajoutant ainsi un chapitre à ce qui est censé conquérir un électorat hostile à l’immigration. Le texte publié ce 12 août, et signé des ministères du Travail et de l’Intérieur, limite donc dorénavant à quatorze le nombre de groupe de métiers, au lieu de trente, auxquels pourront prétendre les travailleurs venant de pays situés hors de la communauté européenne.

Mesure ou mesurette

Parmi les emplois qui sont désormais pratiquement fermés aux travailleurs migrants figurent les métiers de l’informatique et ceux du BTP (bâtiment travaux publics). Nouvel élément de langage, le gouvernement introduit la notion de « tension » pour désigner les métiers qui restent accessibles à tous. Autrement dit, il s’agit des emplois qui s’avèrent difficiles à pourvoir sur le marché classique du travail.

Ainsi les non-Européens pourront toujours prétendre à des postes dans la fabrication de l’ameublement en bois et la transformation du verre, la conception de produits mécaniques, électriques ou électroniques, le téléconseil et la télévente, ainsi que dans la production chimique, pharmaceutique et mécanique.

Les mesures qui entrent en vigueur aujourd’hui ne concernent pas les travailleurs étrangers séjournant déjà régulièrement en France, pas plus que les ressortissants des pays qui ont signé des accords de gestion des flux migratoires comme par exemple la Tunisie ou le Sénégal. Chaque année, la France délivre quelque 20 000 visas de travail ce qui fait dire à ceux qui s’opposent à la nouvelle mesure qu’il s’agit plutôt d’une « mesurette ».

Quelques milliers d’emplois concernés

C’est ce que dit le secrétaire national du Parti socialiste chargé de l’emploi, Alain Vidalies pour qui c’est une « opération politicienne » menée « en catimini en plein coeur de l’été qui cible la goutte d’eau de l’immigration légale pour faire oublier l’océan du chômage de masse. Faut-il rappeler, ajoute-t-il, que l’immigration légale ne représente aujourd’hui que 20 000 personnes par an alors que la France compte 4 millions de personnes inscrites à Pôle Emploi » !

Du côté des syndicats la méfiance est aussi au rendez-vous et François Chérèque, n’y voit qu’« une façon déguisée de faire du discours contre l’immigration ». Même la patronne du Medef, Laurence Parisot, a tenu a exprimé ses réserves en déclarant : « Je ne crois pas que ce soit le coeur du sujet ». Tant pis, pourrait-on ajouter, pour ceux qui le croiraient.

Selon de calculs effectués par des spécialistes, cette réduction de l’immigration professionnelle ne libérerait que 10 ou 12 000 emplois en France. Autant dire que son impact n’est pas de nature à bouleverser le paysage social. Le gouvernement s’est par ailleurs engagé à réviser la liste qui vient d’être publiée, au plus tard, le 1er août 2013.

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Une Somalienne placée en centre de rétention avec son bébé de six mois

12 août 2011 - Le Monde - AFP

Une Somalienne a été internée jeudi soir avec son bébé de six mois au centre de rétention de Rennes après avoir été interpellée dans l’après-midi, à son domicile, à Angers, a-t-on appris vendredi 12 août auprès de RESF (Réseau éducation sans frontières) et du MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples).

Ce placement en rétention fait suite à un arrêté préfectoral de reconduite à la frontière en date du 3 août, consécutif à un rejet, en mai dernier, de sa demande d’asile politique, ont indiqué les deux associations dans un communiqué. Le juge des libertés et de la détention (JLD) a été saisi en urgence et l’audience se tiendra samedi matin à la cité judiciaire de Rennes.

Un texte récent prévoit un délai de cinq jours entre un placement en rétention et la présentation devant le JLD. Mais ce délai n’est pas suspensif et l’expulsion peut être effectuée avant la présentation devant le JLD.

OBJECTIF : TRENTE MILLE RECONDUITES

"Alors que les appels aux dons se multiplient pour tenter de faire face à la crise alimentaire en Somalie, le gouvernement français n’hésite pas à enfermer une mère et son bébé pour les renvoyer dans un pays ravagé par la guerre civile, où règne la famine, alors que sa demande d’asile n’a pas fini d’être examinée", déplorent les deux associations.

Arrivée en France fin 2010, la ressortissante somalienne a fait appel du refus du droit d’asile qui lui a été signifié en mai dernier. Mais cette procédure n’est pas suspensive à la mesure d’éloignement dans le cas d’une "procédure prioritaire", sous lequel cette demandeuse d’asile avait été placée pendant l’examen de sa demande.

Le ministre de l’intérieur, Claude Guéant, a jugé, en début de semaine, atteignable l’objectif "historique" de trente mille reconduites aux frontières en 2011, contre le précédent objectif de vingt-huit mille.

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Polonais, Afghans ou Erythréens, SDF échoués sous le métro aérien de Paris

12 août 2011 - AFP - Boniface Murutampunzi

PARIS — Ils rêvaient d’un eldorado en France et ont échoué sous le métro aérien : des Polonais, Afghans ou Erythréens sont de plus en plus nombreux à camper sur les boulevards du nord-est de Paris, en pleine crise du secteur de l’hébergement d’urgence.

"On vit ici dans des conditions épouvantables, c’est dingue ! C’est la France, un grand pays de liberté et de fraternité, mais j’ai l’impression d’être abandonné sur une île", s’insurge Sharifi Mohammed Samir en montrant la vingtaine de tentes dressées sur un terrain de basket-ball sous la ligne 2 du métro aérien, boulevard de la Villette (XIXe arrondissement).

Quelque 60 migrants afghans survivent dans ce mini-campement de fortune : ils s’entassent à "deux par tente" ou dorment sur des matelas jetés sur le trottoir, raconte cet ancien interprète pour l’armée américaine à Kandahar. Dans cette région méridionale de l’Afghanistan, Sharifi Mohammed Samir se rappelle qu’il gagnait très bien sa vie, mais dit qu’il n’en "pouvai(t) plus de la guerre et des talibans".

Afghan lui aussi, Habibullah Haji se lamente de "ne pas pouvoir dormir avec le bruit" du métro et de la circulation. "Même les prisonniers de Guantanamo sont mieux traités", pense cet ex-soldat de l’armée afghane. Plein d’illusions, en quête d’un eldorado, sa famille avait rassemblé des fonds pour son long voyage vers la France.

Les révolutions dans le monde arabe, les conflits en Libye, en Afghanistan ou dans des pays d’Afrique poussent depuis des mois des civils à fuir parfois jusqu’en Europe.

Yella Makhlouf est une Egyptienne d’une "famille aisée", débarquée en France en 1992 pour, croyait-elle, "faire une grande carrière dans la mode". Mais au début des années 2000, naturalisée Française, elle fait de "mauvaises rencontres" qui la précipitent dans la rue où elle survit depuis dix ans. Elle a aujourd’hui monté sa tente au milieu de migrants érythréens échoués, eux aussi, sur un pont surplombant les voies ferrées entre Stalingrad et Barbès.

Des Polonais, citoyens de l’Union européenne, semblent mieux supporter leur grande précarité. Ils ont élu "domicile" sous la station Jaurès. La rue est leur territoire, leur espace de liberté. Jaroslaw Burgepski, 34 ans, est arrivé de Pologne en 2001 avec l’idée de "travailler dans le bâtiment". Mais dès sa formation terminée, il a décliné les offres d’emploi pour "prendre le large", raconte-t-il.

Tous ces migrants SDF vivent grâce aux maraudes des associations, mais leur présence pose "un problème de voirie et d’occupation de l’espace public", admet Olga Trostiansky, adjointe PS au maire de Paris chargée de la lutte contre l’exclusion. "Nous essayons de mettre à leur disposition des gymnases, mais certains préfèrent retourner dans (la rue) au lieu de rester dans les structures d’accueil", regrette-t-elle.

Le secteur de l’hébergement d’urgence (Samu social, numéro 115...) dénonce depuis des semaines des coupes budgétaires du gouvernement, lequel mise sur une nouvelle politique dite de "Logement d’abord" donnant la priorité à l’accès au logement des SDF.

L’association Emmaüs Solidarité et son patron Bruno Morel plaident pour "le maintien des budgets" car "l’Etat doit être le garant de l’accueil inconditionnel" de ces étrangers sans domicile. "Rien ne peut justifier qu’une personne dorme dans la rue", dénonce-t-il.

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"Ces gens-là"

10 août 2011 - Le Monde - AFP

La ville de Marseille prend un arrêté pour expulser des Roms

Un arrêté pris par la ville de Marseille autorisant l’évacuation de plusieurs dizaines de Roms installés dans le quartier de la porte d’Aix a été validé par le tribunal administratif, mardi 9 août. "Considérant que cette occupation est de nature à générer un trouble grave à l’ordre public qui s’accentue chaque jour", la ville ordonne "l’évacuation sans délai des espaces verts et autres espaces publics situés à la porte d’Aix", peut-on lire sur l’arrêté.

Une trentaine de Roms avaient été convoqués au tribunal administratif mardi. La mairie avait déposé une demande de référé afin d’accélérer la procédure, a précisé une porte-parole de la mairie.

"CES GENS-LÀ, IL Y EN A TROP DANS CETTE VILLE"

Plus de 90 personnes, dont une trentaine d’enfants, qui avaient été délogées de squats, occupent depuis un mois les pelouses de ce quartier à l’entrée de la ville. Le maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin, explique cette décision par les "conditions d’indignité, d’une extrême précarité, d’insécurité et d’insalubrité, sans eau ni sanitaires" dans lesquelles vivent les personnes évacuées.

Le même Jean-Claude Gaudin avait déclaré, vendredi, que "ces gens-là, il y en a trop dans cette ville, nous souhaitons qu’ils aillent ailleurs".

"C’est désespérant, l’expulsion est la seule réponse politique apportée par la ville, c’est une fuite en avant, a réagi l’AFP Bernard Eynaud, responsable de la Ligue des droits de l’Homme (LDH) dans les Bouches-du-Rhône. En gros ils ont 24 heures pour déguerpir une fois que la décision leur sera notifié". Un groupe d’élus du Front de Gauche a dénoncé "le caractère scandaleux, insupportable, de cette convocation". L’ONG Médecins du Monde avait déjà dénoncé fin juillet "le harcèlement policier" dont sont victimes les Roms à Marseille, appelant à un "moratoire des expulsions" et à l’arrêt de ce harcèlement.

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Expulsions : Guéant pulvérise le record de la honte

9 août 2011 - Le Nouvel Obs - Patrick Lozès

Dans un entretien à l’AFP, le ministre de l’Intérieur Claude Guéant a annoncé que si son objectif de 30 000 reconduites d’étrangers en situation irrégulière était atteint en 2011, il s’agirait du "meilleur résultat historiquement enregistré" par la France.

Claude Guéant fait dans la provocation, pour attiser les réactions indignées de la gauche et de certaines associations, et attirer vers l’UMP les électeurs indécis qui seraient tentés par le FN.

Il est temps que les partis politiques cessent d’utiliser les immigrants à des fins politiciennes dans la campagne de 2012. Cette surenchère d’extrême-droite est le signe d’une démocratie malade, qui a oublié les valeurs de générosité et d’accueil de la France.

Il est temps que la droite et la gauche se montrent responsables sur la question de l’immigration, en disant clairement aux Français que 30 000 expulsions supplémentaires ne sont pas de nature à résoudre les grands défis auxquels notre pays est confronté : le chômage, la crise économique, la dette, la sécurité, les inégalités.

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Claude Guéant veut aussi son triple A

9 août 2011 - Le Nouvel Obs

EXPULSION. +4% par rapport à l’année dernière. Non, il ne s’agit pas d’une hausse miraculeuse des marchés boursiers, mais de l’augmentation des reconduites à la frontière sur les sept premiers mois de l’année 2011 par rapport à 2010. Un AAA pour cette politique d’objectifs chiffrés d’expulsions ?

On ne le dit jamais assez à cause de notre nature profonde de citoyens insatisfaits et râleurs : nous avons la chance d’avoir une équipe gouvernementale formidable.

À l’instar de ses collègues, vieux loups en économie et experts affranchis en matière de finance mondiale que sont Valérie Pécresse et François Baroin, Claude Guéant trouve également matière à s’enorgueillir des résultats de son ministère.

Il a lancé ses communicants aux trousses des agences de presse pour claironner l’avènement de chiffres "historiques" pour le nombre d’expulsions d’étrangers en situation irrégulière pour l’année 2011. En effet, le nombre d’expulsions de territoire (et non pas de reconduites à la frontière comme l’expriment si joliment les moderneux de droite) devra atteindre le chiffre jouissif de trente mille.

Les records sont explosés ! Les objectifs sont surpassés ! Champagne ! On est ... on est ... on est les champions ! Triple A ... Que dis-je ? Quadruple A !

En voulant ainsi redonner une figure présentable à son ministère, qui a récemment subi les foudres de la Cour des comptes sur les chiffres de la délinquance, Guéant s’est précipité à faire une annonce qui n’intéresse plus personne étant donné le timing médiatique imprimé par la crise internationale.

Même la Droite populaire ne surenchérit plus sur le sujet, préférant le fichier des allocataires (qui existe déjà, il suffit de la demander à la CAF). Bref, son annonce fait un gros plouf, et même le président ne peut le féliciter vu que le prochain Conseil des ministres ne se tiendra pas avant deux semaines.

Ce rapport d’étape permet néanmoins au ministre de mettre la pression sur les préfets pour qu’ils arrachent à tout prix les objectifs qui leurs sont alloués en matière d’expulsions. Cela conduira automatiquement à mettre encore davantage sous tension les forces de police, et les obliger à des contrôles au faciès et à des interpellations de parents et d’enfants que nombre d’entre eux dénoncent. Nul doute que cet état de fébrilité favorisera les prises de risques ainsi que les bavures.

Ils auraient, tout comme nous tous, souhaité qu’on mette les moyens de l’État pour obtenir des chiffres non-moins "historiques" en matière de prévention et de baisse de la délinquance.

Alors, aucune agence de notation pour délivrer un triple A pour les exploits de Claude Guéant ?

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La saison des rapports

6 août 2011 -

A lire, un rapport assez édifiant quant à la situation en Grèce pour les migrants, similaire à notre littoral, ainsi que celui d’Amnesty International sur la police en France.
Vous pouvez les télécharger ci-dessous :

PDF - 81.2 ko
Grèce année 0 : survivre face à la crise
par Pierre Salignon, directeur général de Médecins du Monde - 81.1 ko
PDF - 1 Mo
Des policiers au dessus des lois
par Amnesty International - 1 Mo

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L’Italie réclame une enquête de l’OTAN sur la non-assistance à une embarcation de réfugiés

5 août 2011 - Radio-Canada.ca - AFP et Reuters

L’Italie appelle l’OTAN à lancer une enquête sur sa responsabilité dans l’échec du sauvetage d’un navire de migrants libyens qui a fait des dizaines de morts, a annoncé vendredi le ministère italien des Affaires étrangères.

Les garde-côtes italiens ont porté secours jeudi à un bateau de 20 mètres de long transportant plus de 350 migrants, en majorité d’Afrique subsaharienne, qui dérivait depuis plusieurs heures au large de la petite île méditerranéenne de Lampedusa, située entre Malte et les côtes tunisiennes et libyennes.

Se basant sur des témoignages de survivants, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) redoute que des dizaines de migrants aient été victimes du manque d’eau et de nourriture et que leurs corps aient été jetés par-dessus bord.

Une femme marocaine qui était à bord de l’embarcation a parlé d’une centaine de victimes.

Selon un médecin italien qui a traité des réfugiés le soir après leur arrivée à Lampedusa, les survivants sont restés six jours et six nuits sans eau ni nourriture et ont vu des dizaines de passagers mourir autour d’eux.

Selon des médias italiens, des unités aériennes et navales de l’OTAN, dont un bâtiment situé à environ 50 km de l’embarcation, ont été informées jeudi de la situation de l’embarcation libyenne, mais ne lui sont pas venues en aide.

L’OTAN a déclaré que le commandement maritime de l’Alliance avait reçu l’assurance des autorités italiennes qu’elles prenaient en main les opérations de secours.

Selon Carmen Romero, porte-parole de l’organisation, l’OTAN a été « informée d’un appel de détresse » et « par la suite, les autorités italiennes nous ont indiqué qu’elles avaient répondu à l’incident en envoyant trois navires et un hélicoptère ».

Elle a ajouté qu’elle travaillait en étroite coopération avec l’Italie pour clarifier les faits.

Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés a indiqué depuis Genève qu’il soutiendrait toute enquête complète sur des cas où l’assistance n’aurait pas été fournie par des unités navales capables de secourir des bateaux de migrants.

Lundi, des agents de la garde côtière italienne ont découvert les corps sans vie de 25 personnes dans un autre bateau de migrants en provenance de Libye qui venait d’atteindre l’île italienne de Lampedusa. 296 personnes s’entassaient sur le bateau depuis plusieurs jours.

La guerre civile en Libye entre les rebelles et les forces fidèles au dictateur Mouammar Khadafi a engendré un afflux important de réfugiés et de migrants qui tentent de fuir le pays par milliers en s’embarquant sur des bateaux parfois en très mauvais état pour franchir la Méditerranée et rejoindre les côtes européennes.

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Parcours croisés de deux migrants partis l’un de Libye, l’autre d’Érythrée, compagnons d’infortune au centre Schaffner

5 août 2011 - La Voix du Nord - Marie Lagedamon

Omar (1) est Érythréen, Hussein est Libyen. Délogés fin juin de la friche industrielle de Thélu ...

à Calais, avec une trentaine d’autres migrants, ces deux demandeurs d’asile ont échoué il y a quelques semaines au centre d’hébergement et de réinsertion sociale Schaffner de Lens, une structure gérée par l’Association pour la solidarité active (APSA).
Pour obtenir le statut de réfugié, ils ont dû faire parvenir aux autorités françaises un « récit de vie » expliquant les raisons de leur périple, dont l’authenticité a été ou sera vérifiée par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA).
Originaire d’Asmara, la capitale de l’Érythrée, indépendante depuis vingt ans, Omar est un ancien soldat. Le pays sous régime autoritaire est toujours en conflit avec l’Éthiopie voisine. Considéré comme « déserteur » au retour d’une permission dans sa famille, le jeune homme explique avoir été emprisonné durant plus d’un an. À sa sortie, il rejoint l’Éthiopie puis le Soudan avant de traverser le désert pour gagner la Libye. « Nous étions vingt-sept à commencer ce voyage dans deux Land Rover. Il faisait tellement chaud qu’à l’arrivée, nous n’étions plus que vingt. C’était très dur », confie-t-il. Le jeune migrant poursuit l’expédition en direction de l’Europe et s’embarque alors dans un bateau pour l’Italie, rêve de Londres où l’attend une amie. Réussissant à atteindre son but, il ne restera que quelques mois avant de retourner en France, menacé d’expulsion par les autorités anglaises. Errant ensuite de Paris à Calais, puis à Béthune avant de découvrir Lens. Désormais doté du statut de réfugié politique, il apprend encore le français et espère obtenir une place dans un foyer à Paris pour commencer une nouvelle vie, dans la restauration ou le bâtiment.

Menacé de morten Libye

Autre histoire, autres espoirs pour Hussein, 25 ans, victime comme Omar de la dictature dans son propre pays. Arrivé le 16 juin au centre, le jeune homme ignore toujours à quoi ressemblera son lendemain. Faute d’avoir pu être identifiées, ses empreintes digitales n’ont pu être transmises à Eurodac, le fichier recueillant les données biométriques de tout migrant sur le sol européen. « Indic » pour le gouvernement de Kadhafi dans une compagnie pétrolière d’État, il rejoint l’armée au début des contestations. Se refusant à pratiquer la torture sur des rebelles, il en aurait vraisemblablement été victime lui-même avant de parvenir à s’échapper et de fuir en bateau le 14 février. Considéré officiellement comme « mort » en Libye, il aimerait faire venir sa femme dont il est sans nouvelles aujourd’hui et s’installer en France pour se reconstruire.

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En France, la criminalisation des migrants franchit une nouvelle étape

1er août 2011 - eitb.com

Dans la discrétion de l’été, la France vient d’ouvrir son plus grand centre de rétention administrative, avec une capacité de 240 places et une architecture carcérale.

Avec l’ouverture du plus grand centre de rétention administrative (CRA), "la politique d’industrialisation de la rétention et la criminalisation des migrants franchit une nouvelle étape", a dénoncé lundi la Cimade.

Situé à proximité de l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle sur la commune du Mesnil-Amelot, le nouveau CRA a une capacité de 240 places, alors que sa structure répond aux critères de l’architecture carcérale classique.

La Cimade et ses partenaires associatifs ont dénoncé à plusieurs reprises l’illégalité et la déshumanisation de ce camp en alertant l’opinion publique et en saisissant le Conseil d’État qui, à ce jour, ne s’est toujours pas prononcé.

On pourra y enfermer 240 étrangers, dont des enfants, "en contournant la limitation légale de la capacité des CRA fixée à 140 places", indique la Cimade dans un communiqué.

Face à un système froid et déshumanisé, "il est à craindre que la seule réaction possible pour les personnes retenues soit de retourner la violence contre elles-mêmes et que les automutilations, grèves de la faim, tentatives de suicide n’en soient le quotidien", dénonce la Cimade.

L’entrée en fonction du nouveau CRA se produit quelques jours après que le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, a annoncé que le rythme des reconduites à la frontière s’est sensiblement accru depuis mai, lui laissant espérer atteindre 30 000 expulsions d’ici à la fin de l’année.

Pour atteindre cet objectif, le gouvernement français compte sur les nouvelles possibilités de la loi Besson, dont tous les décrets d’application sont publiés depuis juillet. La rétention administrative, notamment, est passée de 32 à 45 jours, et l’intervention du juge des libertés et de la détention a été retardée.

Faisant le point sur les premiers jours d’application du texte, la Cimade déplore une "administration (qui) n’a pas hésité à priver de liberté de nombreux étrangers pour les expulser sans leur laisser de délai de départ", contrairement à ce que prévoit le droit européen.

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Lampedusa : 25 morts retrouvés à bord d’un bateau de migrants

1er août 2011 - Le Monde - AFP

Les gardes-côtes italiens ont découvert lundi 25 cadavres à bord d’un bateau de migrants lors de son arrivée dans l’île italienne de Lampedusa, ont annoncé les autorités du port. Les corps ont été trouvés au moment où les passagers étaient transférés à bord d’un navire des gardes-côtes.

Le bateau comprenait aussi 271 personnes vivantes qui étaient entassées à bord, dont 36 femmes et 21 enfants. Selon les passagers, les hommes adultes étaient entassés dans la cale et les victimes ont été tuées par les gaz d’échappement du moteur, rapporte l’agence italienne ANSA. Les autorités portuaires ont toutefois précisé que la cause du décès des passagers, tous de jeunes hommes, n’était pas encore établie et que des examens médicaux étaient en cours.

Le bateau, qui transportait en majorité des migrants d’Afrique subsaharienne, avait quitté la Libye il y a trois jours, ont ajouté les autorités portuaires italiennes. Des milliers de personnes fuyant la Libye, la plupart des travailleurs immigrés venant d’Afrique, sont arrivés à Lampedusa au cours de ces dernières semaines. Des centaines d’entre eux se sont noyés alors que les bateaux utilisés par les migrants sont souvent en très mauvais état et les conditions météo peu favorables. Il faut environ deux jours pour le voyage en mer d’Afrique du Nord à Lampedusa.

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