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Archives du mois de 12 2011

France : La taxe sur la carte de séjour des étudiants étrangers augmentée de plus de 600%

30 décembre 2011 - Yabiladi - Oumar Baldé

Le gouvernement français a décidé de rehausser de plus de 600% la taxe sur le renouvellement du titre de séjour pour les étudiants étrangers. Une énième manœuvre du gouvernement Sarkozy dans sa lutte contre l’immigration que certains qualifie de « névrose obsessionnelle ».

« Gratuit jusqu’en décembre 2008, le renouvellement d’un titre de séjour étudiant est actuellement soumis à une taxe comprise entre 55 et 70 euros. A partir du 1er janvier [2012, ndlr], la taxe variera entre 200 et 385 euros. A cela s’ajoute une nouvelle contribution de 110 euros, payable dès le dépôt de la demande, et non remboursable même en cas de refus. » Autrement dit, le gouvernement français augmente de plus de 600% la taxe sur le renouvellement de la carte de séjour pour les étudiants étrangers. La mesure a été promulguée ce 28 décembre, dans la loi de finances 2012.

Un « troisième coup de massue de Guéant » aux étudiants étrangers, qui fait sortir de ses gongs Vincent Chauvet, président du MoDem Sciences-Po, et l’oblige à parler de « névrose obsessionnelle ». En effet, l’équipe de Sarkozy multiplie les manœuvres pour barricader davantage les portes de l’Hexagone et pousser, le maximum possible d’étrangers, vers la sortie. C’est la fameuse politique du chiffre en matière d’immigration.

Baguette magique

Le 6 septembre dernier, un nouveau décret portait à 615 euros minimum, les ressources exigées pour l’obtention d’un titre de séjour étudiant. Soit une augmentation de 30% par rapport au montant précédemment exigé. Une entrave venue s’ajouter à la « circulaire Guéant » du 31 mai, visant à interdire de nombreux étrangers à travailler en France après leurs études. Elle prévoyait de faire verser aux employeurs d’étrangers une taxe de 50% de la rémunération mensuelle du nouveau salarié, dans la limite de 2,5 fois le SMIC la première année et de 160 euros les années suivantes.

La polémique suscitée par « sa » circulaire a obligé le ministre de l’Intérieur à lâcher du lest en promettant de la réviser. Mais le gouvernement de l’UMP ne manquant pas d’inspiration dans sa lutte contre l’immigration n’a pas tardé à trouver une autre baguette magique : la nouvelle taxe sur le renouvellement de la carte de séjour qui va certainement rapporter gros aux caisses d’un Etat qui compte pas moins de 278 000 étudiants étrangers.

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’’ On se croirait revenu à l’époque de la guerre ’’

30 décembre 2011 - La Nouvelle République - Caroline Devos

C’est un policier qui s’exprime. Un flic comme les autres, au commissariat de Tours. Dans un couloir, il confie à demi-mots son écoeurement. En cette fin d’année 2011, sur ordre de la préfecture, les effectifs de police sont mobilisés sur la chasse aux sans-papiers. Plusieurs policiers en témoignent : ils reçoivent des listes de gens à interpeller avec les adresses devant lesquelles il faut planquer pour les trouver. Parfois, la consigne porte sur un groupe de Roumains qu’il faut contrôler sans raison apparente. Plus tard, c’est devant un foyer Adoma qu’il faut guetter l’arrivée d’un père de famille arménien signalé en situation irrégulière. « On se croirait revenu à l’époque de la Seconde Guerre mondiale, ça me révulse, ajoute le policier. Les quotas, c’est une réalité. On nous demande de faire tant d’arrestations d’ici la fin de l’année. » La chasse aux sans-papiers est loin d’être terminée.

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Amnistie pour les immigrants clandestins

29 décembre 2011 - Canoe.ca - Reuters

VARSOVIE - Plusieurs milliers d’immigrants clandestins en Pologne bénéficieront d’une amnistie et pourront demander un titre de séjour à compter du 1er janvier afin de régulariser leur situation, a annoncé jeudi le gouvernement.

Traditionnellement un pays d’émigration, la Pologne affiche un fort taux de croissance et attire de plus en plus de migrants, en particulier des ressortissants d’anciennes républiques soviétiques comme l’Ukraine ou la Biélorussie.

En vertu de l’amnistie décidée par les autorités, les migrants économiques arrivés avant le 20 décembre 2007 et les demandeurs d’asile déboutés avant le 1er janvier 2010 pourront obtenir un titre de séjour valable sur une période de deux ans qui leur permettra de travailler légalement dans le pays.

« L’idée est d’atteindre le plus grand nombre d’étrangers afin de régulariser leur situation le plus largement possible », a expliqué Rafal Rogala, des services de l’immigration, soulignant que leur intégration profitera aussi aux finances du pays, en les transformant en contribuables.

Quelque 7 000 clandestins habitant la région de Mazowsze, autour de Varsovie, devraient répondre aux critères fixés par le gouvernement, a estimé le gouverneur de Mazowsze, Jacek Kozlowski.

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Trompeuse trêve de Noël pour les expulsions d’étrangers

27 décembre 2011 - Libélyon - Catherine Coroller

IMMMIGRATION - Claude Guéant avait promis 30000 expulsions pour 2011. Cet objectif sera-t-il atteint ? Eléments de réponse à quelques jours de la fin de l’année.

Au centre de rétention administrative (CRA) de Lyon-Saint-Exupéry où sont enfermés les étrangers menacés d’expulsion, "l’ambiance est plutôt calme", note Jean-François Ploquin, Directeur général de l’association Forum réfugiés (1). En fin de semaine dernière, 45 personnes y étaient retenues, pour un total de 120 places.

Le CRA de Nice aussi est à "moitié plein". "Il y a pas mal de gens en attente de réadmission vers l’Italie, explique la permanente de Forum Réfugiés. C’est toujours les mêmes Tunisiens de Lampedusa (île italienne par laquelle ces réfugiés arrivent en Europe, ndlr). Ils sont interpellés, renvoyés en Italie et reviennent en France le lendemain".

Cette situation signifie-t-elle que le chiffre des expulsions pour 2011 est déjà réalisé, et que la police et l’administration ont levé le pied sur les interpellations et les placements en rétention d’étrangers en situation irrégulière ?

"La pression se fait plutôt en novembre et début décembre, après il y a les congés", analyse la permanente de Forum réfugiés au centre de rétention de Marseille.

"La police n’a pas eu besoin de faire du zèle la dernière semaine", confirme sa collègue du CRA de Nice. Pour elle, par ailleurs, "les objectifs sont largement atteints à Nice".

En 2011, quelque 1200 personnes ont été enfermées dans ce centre, "là on va arriver à 1800 avant la fin de l’année".

Pour atteindre des scores d’expulsion chaque année plus élevés, le ministère de l’Intérieur se livre à une véritable chasse aux étrangers, multipliant les interpellations, et les placements en garde à vue et en rétention.

En 2010, plus de 60 000 personnes sont passées par un centre de rétention en métropole ou en Outre-mer, dans un contexte de surenchère répressive, dénoncent les cinq associations présentes dans les CRA, dans leur rapport annuel 2011.

Entre 2005 et 2011, le nombre de places dans ces centres a augmenté de plus de 80%.

Autre constat : le nombre des familles et des enfants placées en rétention est en constante augmentation : en 2010, 178 familles ont été enfermées avec 356 enfants, dont 57 nourrissons, contre 318 en 2009.

Les associations présentes dans les CRA dénoncent également "des conditions de rétention qui s’apparentent à celles de la détention et la difficulté à faire valoir en toutes circonstances les droits fondamentaux des personnes engendrent tensions constantes et violences".

A l’arrivée, 45,5% des étrangers placés en CRA sont effectivement expulsés. Sur les 55,5 % libérés, 29 % le sont parce que les juridictions administratives ou judiciaires estiment que les décisions de l’administration ou le travail de la police sont contraires au droit. 24% essentiellement parce qu’elles n’ont pas été identifiées et reconnues par leur consulat.

Fin octobre, Claude Guéant avait annoncé que le chiffre de 30 000 expulsions pour 2011 serait dépassé. Ajoutant : "Si nous l’atteignons, ce sera le meilleur résultat que nous aurons historiquement enregistré".

Hier, la préfecture du Rhône indiquait ne pas disposer encore de bilan pour ce département. Le ministre communiquera lui-même sur cette question, lors d’une conférence de presse sur la sécurité, courant janvier.

(1) L’association Forum réfugiés est présente dans les centres de rétention de Lyon, Marseille et Nice

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Etudiants étrangers : Guéant va revoir la circulaire en 2012

22 décembre 2011 - Le Monde avec AFP

Après avoir été reçu à l’Elysée, vendredi 23 décembre, le ministre de l’intérieur, Claude Guéant a confirmé qu’il allait revoir la circulaire controversée qui restreint le recrutement des étudiants étrangers en France. Un nouveau texte devrait être prêt début 2012 à la suite d’une concertation avec les acteurs concernés, a-t-il promis. Il n’a pas strictement vocation à remplacer la circulaire du 31 mai sur l’immigration professionnelle mais à "la compléter" en "levant les malentendus", a ajouté le ministère.

Le collectif d’étudiants étrangers dit du 31 mai veut participer à la concertation qui doit aboutir à une nouvelle circulaire et attend "un changement sur le terrain", a-t-il indiqué. "La démarche se veut plus constructive que celle qui avait donné naissance à la circulaire du 31 mai, passée de manière expéditive, en toute fin de l’année universitaire et sans que soient consultés (...) les principaux intéressés, les étudiants étrangers sur le point d’être diplômés", écrit le collectif dans un communiqué.

"Pour que cette concertation puisse apporter des solutions concrètes et pratiques à la situation des diplômés hors Union européenne", le collectif entend être reçu début janvier 2012 par M. Guéant pour "lui présenter la réalité des situations auxquelles les diplômés sont confrontés".

6 500 AUTORISATIONS SELON L’ÉTAT

Jeudi, M. Guéant avait affirmé sur Europe 1 qu’il comptait clarifier l’application de cette circulaire datant de mai, se disant "résolu" à "faire une circulaire spécifique sur le travail des étudiants étrangers". A la suite de cette circulaire, de nombreux diplômés étrangers, dont certains très qualifiés, qui avaient été recrutés dans des entreprises françaises, n’ont pas pu obtenir un changement de statut (d’étudiant à salarié).

Selon lui, le gouvernement a accordé 6 500 autorisations de séjour pour des étudiants étrangers devenus salariés en 2011. Pour Hajer Gorgi, porte-parole du Collectif du 31 mai, qui a organisé une manifestation à Paris samedi, seuls 250 cas ont été réglés sur 900 recensés depuis l’entrée en vigueur de cette circulaire.

La circulaire contestée demandait aux préfets d’instruire "avec rigueur" les demandes d’autorisation de travail des étudiants, et d’exercer un "contrôle approfondi" des demandes de changement de statut des étudiants étrangers. Elle s’inscrivait dans la volonté des autorités de réduire l’immigration légale, thème sur lequel le camp du président Nicolas Sarkozy a fait campagne.

UNE PÉTITION REÇOIT PLUS DE 19 000 SIGNATURES

Une centaine de personnalités, dont le philosophe Edgar Morin et le Prix Nobel de physique Albert Fert, avaient lancé une pétition demandant "le retrait" de la circulaire du 31 mai. Elle recueillait vendredi plus de 19 000 signatures.

Elle a aussi reçu le soutien du Parti socialiste : "M. Sarkozy et le gouvernement ne peuvent plus continuer à faire l’autruche et à évoquer un règlement ’au cas par cas’ des difficultés massives auxquelles sont confrontés les diplômés étrangers, estiment Sandrine Mazetier et Bertrand Monthubert, secrétaires nationaux du PS à l’immigration et à l’enseignement supérieur. Il est urgent de mettre fin à ce mauvais scénario qui empoisonne la vie de centaines de diplômés, pourtant prêts à exercer leurs talents et leurs compétences dans notre pays, et qui dégrade l’image de la France dans le monde".

Plusieurs membres du gouvernement, dont le ministre de la culture Frédéric Mitterrand et celui de l’enseignement supérieur, Laurent Wauquiez, ont également critiqué cette circulaire.

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Asile : la Cour de justice européenne dynamite le règlement « Dublin II »

21 décembre 2011 - Les Coulisses de Bruxelles (Blog Libération)

La Grèce, c’est un secret de polichinelle, est la porte d’entrée dans l’Union européenne de 90 % des immigrants illégaux qui, soit cherchent de meilleures conditions de vie, soit veulent obtenir l’asile parce qu’ils sont persécutés dans leur pays d’origine. Mais voilà, Athènes n’a ni les moyens, ni les infrastructures pour traiter seule cet afflux et l’immigration est encore moins une priorité depuis que la crise de la dette souveraine ravage le pays. Résultat : les étrangers subissent souvent des « traitements inhumains et dégradants » et les demandes d’asile se voient opposées la plupart du temps un refus pur et simple.

Les étrangers savent parfaitement ce qui les attend : aussi, une fois entrés dans l’Union par la porte grecque, ils se dépêchent de se rendre dans un autre pays, généralement avec lequel ils ont des liens culturels ou familiaux, pour y déposer leur dossier de demande d’asile. Mais voilà : le règlement de Dublin II du 18 février 2003, qui transcrit dans le droit communautaire la convention de Dublin de 1990, prévoit que le pays responsable du traitement de la demande d’asile est le pays de premier accueil : l’idée est à la fois d’éviter le « forum shopping », le réfugié choisissant le pays le plus généreux en la matière, et que chaque pays se renvoie indéfiniment la responsabilité du traitement de la demande.

Le problème est qu’à l’époque personne n’avait imaginé que grande majorité d’étrangers sans papier passerait par la Grèce… Ce qui ne pose guère de problèmes moraux aux partenaires d’Athènes qui appliquent Dublin II à la lettre en renvoyant à tour de bras vers ce malheureux pays tous ceux qui ont eu l’idée saugrenue de passer par là. Seule la Suède refuse de se livrer à ce petit jeu, bien consciente qu’un renvoie en Grèce signifie détention dans des conditions désastreuses, rejet quasi certain de la demande d’asile, reconduite à la frontière turque où la charmante police locale s’empresse de faire subir une série de mauvais traitements destinés à faire passer l’envie à quiconque de retenter la traversée par la Sublime Porte…

La Commission européenne a bien proposé, en décembre 2008, d’amender Dublin II afin de le rendre plus humain. L’idée, comme me l’expliquait alors Jacques Barrot, commissaire chargé de la justice et de l’immigration, était que « la demande puisse être examinée dans le pays dans lequel le demandeur se trouve à condition qu’il puisse faire état de liens familiaux, de connaissances ou d’une forte présence de sa communauté. Nous allons aussi instaurer un mécanisme de suspension de Dublin décidée à la majorité qualifiée des États sur proposition de la Commission qui sera déclenché si un pays connaît un fort afflux de demandes. Ainsi, on ne pourra plus lui renvoyer les demandeurs qui sont entrés dans l’Union par son territoire, à condition qu’il s’engage à examiner tout le stock des demandes ». Ce projet est depuis enterré, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni formant une solide minorité de blocage. Pour eux, c’est à la Grèce de régler seule ce petit problème et de surveiller efficacement ses milliers d’îles… Une solidarité communautaire qui fait chaud au cœur.

Heureusement, la Cour de justice européenne, qui s’érige de plus en plus en protectrice des droits fondamentaux comme en témoigne une série d’arrêts récents (dernièrement en matière de détention des sans-papiers), a décidé, ce matin, de mettre le holà à ce qui apparaît comme une mauvaise application du règlement de Dublin II. Si elle estime fondé le système imposant le traitement des demandes d’asile par le pays de premier accueil, elle rappelle qu’il a été élaboré dans « un contexte permettant de supposer que l’ensemble des États y participant respecte les droits fondamentaux et que les États membres peuvent s’accorder une confiance mutuelle à cet égard ». Mais il ne s’agit pas d’une « présomption irréfragable » (qui n’admet pas de preuve contraire). Autrement dit, « il incombe aux États membres, juridictions nationales comprises, de ne pas transférer un demandeur d’asile vers l’État membre désigné comme responsable lorsqu’ils ne peuvent ignorer que les défaillances systémiques de la procédure d’asile et des conditions d’accueil des demandeurs d’asile constituent des motifs sérieux et avérés de croire que le demandeur courra un risque réel d’être soumis à des traitements inhumains et dégradants au sens de l’article 4 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne ».

Ce que les États ont refusé, la Cour de Justice leur impose donc sans ménagement au nom du respect de la Charte de l’UE qui s’impose à la législation européenne depuis l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne.

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Refoulées vers les sables

20 décembre 2011 - Courrier International - El Pais - Ignacio Sembrero

Des migrants subsahariens, et notamment de jeunes mères arrivées clandestinement en Algérie, sont expulsés sans recours et rejetés vers le désert. Une affaire particulièrement douloureuse rapportée par El País.

“On nous transporte comme du bétail, à cinquante entassés dans un camion pendant des heures !” Laure Kottin Mbibo, une Camerounaise de 27 ans, commence à hausser le ton, mais sa voix se brise quand elle repense à Brunette, sa fille de cinq mois. Elle a dû la laisser le 24 novembre dernier à Oran [nord-ouest de l’Algérie], peut-être pour toujours. “J’ai dû l’abandonner pour la sauver.”

Laure a pu parler au téléphone à la presse depuis le centre de détention pour immigrés clandestins de Tamanrasset, au cœur du Sahara algérien, à quelque 1 600 kilomètres au sud d’Oran. “Dans quelques jours, ils vont nous jeter de l’autre côté de la frontière, dans le désert”, prédit-elle. Le sable du désert plutôt que les plages d’Espagne, qui étaient pourtant à sa portée, à 200 kilomètres de l’endroit où elle se trouvait quelques jours auparavant.

Laure et trois autres Camerounaises ont été obligées d’abandonner leurs cinq enfants à Oran. Leur parcours a été reconstitué dans un rapport rédigé par Fouad Hassam et Mechri Salim, deux membres du Syndicat national autonome des personnels de l’administration publique (Snapap), toléré par les autorités algériennes. Les faits dénoncés par le Snapap et la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme n’ont pas été démentis par le ministère algérien de l’Intérieur.

Le 12 novembre, la police a débarqué à la maternité de l’hôpital d’Oran pour arrêter Michelle Gono qui, la veille, avait donné naissance à une petite fille, Jouana. Elles ont passé cinq jours au cachot avant de comparaître devant le juge, qui l’a condamnée à six mois de prison avec reconduite à la frontière parce qu’elle n’avait pas de papiers. Peu après, ce juge a appliqué la même sanction à Aminattou Diolo, une autre Camerounaise qui s’était rendue au même hôpital avec son bébé de cinq mois parce qu’il présentait des difficultés respiratoires. Avant de réussir à voir un médecin, elle a été arrêtée et a fini avec son fils au sous-sol du commissariat central d’Oran.

Le lendemain, trois autres Camerounaises, dont Laure, ont été dénoncées par un voisin alors qu’elles s’étaient rendues avec leurs bébés chez une amie dans le centre-ville d’Oran. “Les policiers ont perquisitionné l’appartement sans aucun mandat”, s’insurge Fouad Hassam. Après deux jours en cellule, ces femmes et leurs enfants ont été emmenés en prison, avant de comparaître devant le juge. “Il les a jugées en 45 secondes chacune”, affirme le syndicaliste. Pendant le procès, on leur avait attribué un interprète arabe-français, mais pas d’avocat. Après un verdict identique pour chacune d’elles, elles ont été emmenées au poste de police, où les détenus ne sont pas nourris. “Nos enfants avaient besoin de lait, et nous avons dû supplier les fonctionnaires et leur donner de l’argent pour qu’ils en achètent”, témoigne Laure. Le 24 novembre, un agent a annoncé aux Camerounaises que leur expulsion allait commencer. Mostaganem, à 80 kilomètres d’Oran, était la première étape de leur long périple jusqu’à la frontière du Mali.

Les mères se sont rebellées. Elles ont crié aux policiers qu’elles préféraient se suicider plutôt que de monter dans le fourgon. “Partir avec nos enfants revenait à les sacrifier”, assure Laure. “Il n’est pas rare que de jeunes enfants meurent de faim, de froid, de soif, ou faute d’avoir eu accès aux médicaments nécessaires”, confirme Fouad Hassam. La détermination de ces femmes a troublé les policiers. Le commissaire lui-même s’est déplacé : “Il nous a proposé un marché : nous allions être expulsées, mais les enfants pouvaient rester”, poursuit Laure. A contrecœur, elles ont fini par accepter. Les policiers ont fait venir Roger, l’un des pères supposés, qui apportait de la nourriture aux femmes pendant leur détention. Lui et deux de ses amis ont emmené les quatre enfants, et les Camerounaises ont pris la route de Mostaganem.

Les enfants ont été accueillis par des proches camerounais, dont certains sont aussi clandestins et risquent l’expulsion. Une cinquième enfant, Nawal, âgée de 18 mois, que Michelle Gono avait laissée chez des amis quand elle est partie accoucher, a été recueillie par une famille nigérienne.

Malgré son calvaire, Laure ne regrette pas d’avoir laissé Brunette à Oran. Quelques jours plus tard, les femmes sont arrivées au Mali, selon la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme. En chemin, à Ghardaïa, une ville-oasis au sud de l’Algérie, Laure est tombée malade. “On m’a prescrit des médicaments que je dois payer, se lamente-t-elle. Mais je m’en suis sortie.” Laure espérait seulement arriver vivante à Douala, sa ville natale au Cameroun.

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En partance pour l’Australie, 200 Afghans et Iraniens probablement morts noyés

18 décembre 2011 - Libération - AFP

JAKARTA (AFP) - Un vieux chalutier transportant quelque 250 Afghans et Iraniens a sombré au large de l’île indonésienne de Java, causant certainement la mort de la plupart de ces immigrants qui rêvaient d’atteindre l’Australie.

Cette nouvelle tragédie —un an après le chavirage d’un autre bateau d’immigrants en partance pour l’Australie— a suscité une vague d’indignation chez les associations australiennes d’aide aux réfugiés, qui contestent la politique d’immigration de leur pays.

Dimanche, au lendemain du naufrage, les secours avaient récupéré 33 passagers —30 hommes, une femme et deux enfants— malgré de forts courants et des vagues hautes de cinq mètres, a indiqué à l’AFP Kelik Purwanto, un membre des opérations de sauvetage du district de Trenggalek.

Quant aux autres, "il est très probable qu’ils soient tous noyés", a déclaré le porte-parole de l’Agence nationale des secours, Gagah Prakoso. "Nous avons envoyé quatre bateaux et deux hélicoptères, mais nous n’avons aperçu personne".

"Il est impossible, même pour un bon nageur équipé d’un gilet de sauvetage, de rejoindre le rivage dans de telles conditions météo. Lorsque les bateaux font naufrage, les corps refont surface vers le troisième jour", a-t-il ajouté.

Le bateau, d’une capacité de 100 passagers mais qui en transportait 250 selon les récits des survivants, a fait naufrage à 40 milles nautiques du rivage.

Armaghan Haidar, un étudiant afghan de 17 ans qui a survécu, a raconté qu’il dormait lorsqu’il a senti le bateau bouger violemment à cause d’une tempête.

"J’ai senti de l’eau sur mes pieds et ça m’a réveillé. Le bateau coulait, les gens paniquaient, hurlaient, essayaient de sortir", a-t-il raconté à l’AFP, dans un centre d’accueil de Prigi Beach, une station balnéaire de la côte sud, située à 640 kilomètres au sud-est de Jakarta.

"J’ai réussi à sortir de l’embarcation et à m’accrocher à son bord avec une centaine d’autres. Une autre centaine der personnes étaient piégées à l’intérieur", a-t-il poursuivi.

Les survivants ont raconté qu’ils venaient, comme les disparus, d’Iran et d’Afghanistan. Ils avaient versé à des passeurs entre 2.500 et 5.000 dollars US (1.900 et 3.800 euros) pour leur voyage vers l’Australie.

"Ils ont dit avoir pris l’avion de Dubai à Jakarta, puis un bus vers un endroit non spécifié à Java, d’où ils ont embarqué. Ils disent qu’ils allaient vers l’île Christmas", a déclaré Kelik Purwanto.

"Nous voulons avoir une vie meilleure en Australie", a expliqué le jeune étudiant. "Il n’y a rien en Afghanistan. Beaucoup de terrorisme. Mais on ne peut pas étudier, trouver un emploi. Nous n’avons pas d’avenir là-bas".

Christmas est un petit territoire australien situé dans l’océan Indien à 2.600 km des côtes nord-ouest de l’Australie et 300 km des côtes indonésiennes.

En Australie, le ministre des Affaires intérieures Jason Clare a évoqué "une terrible tragédie". "Les autorités australiennes travaillent avec les indonésiennes" sur cet accident, a-t-il ajouté. "Chaque fois que des gens entreprennent un voyage dangereux et risquent leur vie, je suis très inquiet".

Mais les associations d’aide aux réfugiés ont qualifié ces paroles d’"hypocrites".

"Si le gouvernement et l’opposition étaient vraiment inquiets du sort des demandeurs d’asile, ils instaureraient enfin la politique d’accueil humaine dont l’Australie a besoin depuis longtemps", a déclaré Ian Rintoul, coordinateur de la Coalition d’action pour les réfugiés.

En décembre 2010, une cinquantaine d’immigrants irakiens et iraniens avaient péri dans le naufrage de leur embarcation, partie des côtes indonésiennes pour l’île Christmas.

Ce petit territoire abrite le principal centre de rétention d’Australie, où sont placés les demandeurs d’asile arrivant par bateau, pendant l’examen de leur dossier.

Malgré leur faible nombre (6.800 en 2010, bien moins en 2011), les immigrés arrivant en bateau sont devenus un sujet épineux, sucitant des débats houleux au sein de la population et de la classe politique australiennes.

Les arrivants sont en grande majorité des Afghans, Iraniens, Irakiens ou Kurdes.

En août dernier, la plus haute instance juridique du pays avait retoqué un projet du gouvernement, qui voulait transférer vers la Malaisie 800 demandeurs d’asile pendant l’examen de leur dossier, en échange de l’accueil, sur quatre ans, de 4.000 réfugiés en Malaisie, des Birmans pour la plupart.

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Nehmat Alizada, adolescent afghan, sans parents, élève exemplaire

18 décembre 2011 - La Voix du Nord - T. F.

Nehmat est Afghan, il a un peu plus de 17 ans. Dans la profondeur de son regard, il y a un enfer à enfouir et un avenir à construire, en France.

Il raconte sobrement son parcours d’adolescent que la vie n’a pas gâté. Avec son père Issa, sa mère Akhinée et son petit frère Hamad, il a fui son village. « Avec mes parents, on a quitté l’Afghanistan parce que là où je vivais, c’est un petit village dans la montagne : Shekiban, près d’Hérat. Il y avait deux familles et on n’avait pas le même nom. Mon nom de famille, c’est Alizada et c’était toujours la guerre entre les deux familles à cause de la terre. » En Afghanistan, le droit de propriété n’est pas le même qu’ici : la terre appartient à celui qui la revendique le plus fort. Un jour, les Américains ont bombardé le village de Nehmat. Son oncle, l’homme fort du clan, est mort. Commence alors l’exode pour le petit berger et sa famille. À pied et en camion, le voyage est une véritable épreuve. « On est partis à pied, puis on est montés dans un camion. Des fois, on était 120 ou 150 dans le camion. On était l’un sur l’autre. L’un s’assoit sur ta tête et un autre sur tes jambes, comme ça pendant cinq à six heures sur des routes défoncées... » Nehmat a compté qu’ils étaient 195 à franchir la frontière entre l’Afghanistan et l’Iran, mais il est arrivé seul en France. « J’ai perdu mes parents en Turquie. Je n’ai plus de nouvelles d’eux. C’était la nuit, près de la mer. On était nombreux, on devait arriver en Grèce. Le passeur a dit : "Je compte 1,2,3 et tout le monde court vers les bateaux !". J’ai couru et je suis arrivé dans un bateau, mais mon père, ma mère et mon petit frère sont partis dans un autre bateau. J’ai crié pour dire que mes parents n’étaient pas là, le passeur m’a dit de ne pas crier parce qu’il y a la police et si elle vient, tout le monde sera pris... » Le bateau est parti, la nuit cachant les larmes du petit berger afghan. Arrivé en Grèce, Nehmat attend ses parents qui ne viennent pas. Il apprend que des bateaux ont coulé et que la police turque a attrapé des migrants. « En Grèce, je suis resté trois mois dans la rue. Je mangeais n’importe quoi, les gens me jetaient des choses, parfois, c’était pourri. » Pour passer en Italie, il embarque dans le réservoir vide d’un camion. Il y restera 35 heures recroquevillé, sans voir le jour, dans le froid, la faim et la peur au ventre. « Quand je suis arrivé en Italie, le policier m’a trouvé, je ne pouvais pas descendre, j’avais tellement froid que je ne pouvais plus bouger. » Après six mois d’un voyage éprouvant, Nehmat arrive tout seul en France, en février 2009, il n’a pas encore 15 ans. « Quand je suis arrivé à Paris, je ne savais pas du tout où j’étais. Je ne savais pas ce que je pouvais faire. Des Afghans m’ont recueilli et m’ont expliqué ce qui allait se passer pour moi. Ils m’ont dit que comme j’étais mineur, que je n’avais nulle part où aller, j’irais dans un foyer jusqu’à ma majorité.

 » Nehmat est dans un foyer à Gravelines, il est scolarisé au lycée professionnel Guynemer à Saint-Pol-sur-Mer, Il y prépare un CAP de céramiste mosaïste. Il a appris le français et en deux ans, il le parle très bien. Il est même le premier de sa classe, depuis le début de sa scolarité, avec 15,5 de moyenne générale à chaque trimestre. Il fait la fierté de ses professeurs et de son proviseur qui apprend à le connaître et à l’apprécier depuis la rentrée de septembre.

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Pour mettre fin au déni du droit d’asile par l’Ofpra, la Cfda saisit le juge des référés du Conseil d’État

17 décembre 2011 - Gisti

La coordination française pour le droit d’asile (CFDA) a saisi le juge des référés du Conseil d’État pour obtenir la suspension d’une note interne du 3 novembre 2011 du directeur général de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra). Sous tutelle du ministère de l’Intérieur, il enjoint ses services de « statuer sans tarder par la prise d’une décision de rejet », sans examiner au fond des demandes d’asile déposées par des étrangers dont les empreintes digitales sont considérées comme altérées.

Saisi par des demandeurs d’asile avec l’appui d’associations, le tribunal administratif de Melun a déjà considéré que l’Ofpra porte ainsi une atteinte « manifestement illégale et grave au droit d’asile ».

Des centaines de rejets de ce type par l’Ofpra ont été constatés partout en France, notamment à Calais, à Nantes, à Dijon, à Montpellier ou à Paris. Ils concernent surtout des personnes originaires de la Corne d’Afrique (Erythrée, Somalie, Soudan) qui jusqu’à présent avaient de fortes chances d’obtenir une protection.

En imposant à ses services de ne pas examiner ces demandes d’asile, le directeur de l’Ofpra expose ces étrangers à leur renvoi dans leur pays d’origine où ils s’estiment exposés à des risques de persécutions.

Cette instruction est particulièrement préoccupante :

  • elle part du principe que tous ces demandeurs sont des fraudeurs ; « ils ont pris le parti d’altérer délibérément », « une telle attitude vise à faire échec », « absence manifeste de coopération » ;

-* elle vise précisément les demandes d’asile exa minées dans le cadre de la procédure prioritaire) qui est enclenchée par les services préfectoraux lorsqu’ils estiment que des personnes ont volontairement altéré leurs empreintes digitales, nécessaires pour déterminer leur parcours au sein de l’Union européenne ;

  • en outre, le directeur de l’Ofpra reproche à ces demandeurs, et les pénalise ainsi doublement, d’être dans cette procédure qui « limite les délais impartis pour l’instruction ».

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Parivz et Niloufar SALEHFAR et leur fils Pooria, ayant fui l’IRAN doivent pouvoir vivre en FRANCE

14 décembre 2011 - Communiqué / Pétition RESF

SIGNEZ LA PETITION

Monsieur le Préfet de la Somme et de la Picardie,

Je, soussigné(e), sollicite de votre bienveillance pour que ne soit pas organisée la « chasse » de Parivz et Niloufar SALEHFAR et de leur fils Pooria dans le Centre d’Accueil des Demandeurs d’Asile d’Amiens, comme cela s’est produit, samedi 19 novembre 2011, en vue d’une expulsion en IRAN…

Pour mémoire, la famille SALEHFAR Parivz et Niloufar (et leur fils Pooria), a fui leur domicile de Téhéran en IRAN pour rejoindre la France, le 18 février 2009. Elle a voulu échapper aux persécutions et aux menaces de mort du fait de leurs opinions politiques critiques à l’égard du régime iranien : elle est accusée de haute trahison par le tribunal de la révolution islamique…

Je suis stupéfait(e) et choqué(e) de voir s’interrompre les différents recours pour les parents SALEHFAR et la demande d’asile à l’Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides pour Pooria SALEHFAR, qui vient d’avoir ses 18 ans. Je suis surpris(e) et indigné(e) de voir briser la scolarité de Pooria SALEHFAR actuellement en Terminale S au Lycée de la Hotoie d’Amiens, pour une politique du chiffre d’expulsion voulue par ce gouvernement…

C’est pourquoi, je serais reconnaissant(e) de bien vouloir tout mettre en œuvre pour ne pas expulser la famille SALEHFAR et de faire preuve d’humanité en permettant à cette famille de rester en Centre d’Accueil des Demandeurs d’Asile à Amiens et en laissant à Pooria SALEHFAR de poursuivre sa scolarité au Lycée de la Hotoie…

Dans l’espoir d’une issue positive, je vous prie d’agréer, Monsieur le Préfet de la Somme et de la Picardie, l’expression de mon attachement au respect des Droits de l’Homme et l’expression respectueuse de mes salutations républicaines.

Petition-SALEHFAR_nov-2011

SIGNEZ LA PETITION

Journée des droits de l’homme :des citoyens rassemblés autour des sans-papiers

11 décembre 2011 - La Voix du Nord - B. DU.

« Je suis victime de la circulaire Guéant du 31 mai », qui restreint l’obtention d’un statut ...

salarié pour les diplômés étrangers.

Karim, Algérien de 28 ans, est en France depuis cinq ans pour des études de finances et coopération à Lille I. Une fois son master en poche cette année, il dégote un CDI comme « directeur commercial d’une grande entreprise logistique ». Tout va bien... jusqu’en octobre : « J’avais un titre de séjour étudiant renouvelé chaque année. Mais une fois le travail trouvé, mon changement de statut a été refusé et j’ai reçu une obligation de quitter le territoire. C’était violent, je ne m’y attendais pas. » Voilà Karim en situation irrégulière, à la merci du moindre contrôle : « On court un risque quotidien en sortant de chez soi, mais ce n’est pas une raison pour rester cloîtré. » Le jeune homme bosse au noir pour payer son loyer sur une terre où il veut s’installer : « Ça fait cinq ans que je construis une vie, avec un réseau social et des perspectives de carrière. » Hier, Karim était parmi la centaine de sans-papiers venus salle Courmont, à Moulins.

Un rendez-vous organisé par le CSP 59 pour la Journée internationale des droits de l’homme. « C’est un moment de solidarité avec des élus, syndicats, associations ou citoyens en préparation de parrainages républicains pour les personnes présentes qui auront lieu en janvier-février », souligne Armand, du comité des sans-papiers.

Quelques élus sont là en soutien. Au premier rang, les communistes Hugo Vandamme et Michelle Demessine. Sur l’estrade, Dalila Dendouga, l’adjointe au maire déléguée aux droits de l’homme, et la vice-présidente à la citoyenneté du conseil régional, Majdouline Sbaï (Verts), s’expriment, suivies de représentantes du MRAP, de la LDH, et de Roland Diagne, du CSP. « On veut être reconnus par les élus et la population qu’ils représentent », note Karim. Une quête de visibilité, y compris sur scène, avec le Théâtre de l’opprimé où des sans-papiers jouent leur vie quotidienne.

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Afghanistan : le courage de Fatima

10 décembre 2011 - LaPresse.ca - Michèle Ouimet

(Kaboul, Afghanistan) Fatima avait 13 ans lorsque son père l’a vendue. Elle était menue. Il l’a mariée de force à un homme de 50 ans, un colosse, qui lui a promis de l’argent s’il acceptait de lui donner sa fille en mariage. Son père était pauvre.

Lorsque Fatima a vu son futur époux pour la première fois le jour de ses fiançailles, elle a paniqué. Elle le trouvait vieux et monstrueusement gros et grand.

« J’ai eu un choc, je n’oublierai jamais ce moment, se rappelle Fatima. C’était un géant. Il n’avait jamais été marié, aucune femme n’en voulait. Il n’était pas normal. »

Le mariage a été célébré 15 jours plus tard. La nuit de noces a été terrible. Son mari a traîné Fatima dans une chambre, il a fermé la porte, tourné la clé dans la serrure, puis il s’est tourné vers elle. Elle s’est évanouie, elle ne se souvient plus de rien. Il l’a enfermée à 16h, elle s’est réveillée au milieu de la nuit, seule et nue, sur le carrelage froid.

« Il voulait toujours du sexe, raconte Fatima. Je me cachais dans la maison. Il était brutal, il me frappait et me tirait par les cheveux. Ce n’était pas de l’amour. »

Fatima a couru chez son père, elle l’a supplié de la reprendre. Il a refusé.

« Mon père m’a répondu : « Tu ne peux pas revenir vivre avec nous, ça ne se fait pas. Ce n’est pas dans notre culture, c’est une question d’honneur. « »

Pourtant, ses parents voyaient les marques des coups sur son visage. Elle était prisonnière de son mari et personne ne venait à son secours.

La vie a continué : les coups, les pleurs, la panique, le sexe, toujours et encore. Elle a eu trois enfants. Aujourd’hui, ils ont 9, 10 et 11 ans.

« Ma vie était un cancer et il n’existait aucun remède pour me rendre heureuse », dit-elle.

Mari emprisonné pour vol

Son mari a été plusieurs fois en prison, condamné pour vol. Quand il était libéré, il revenait auprès de Fatima, mais elle le repoussait. Il était brutal et il avait une mauvaise influence sur les enfants.

« Je lui ai dit : « Si tu reviens, je m’immole par le feu. « » Les parents de son mari sont venus à sa rescousse. Son mari est parti en jurant de revenir. Aujourd’hui, il est encore en prison.

Un jour, Fatima a décidé qu’elle en avait assez. Elle a appelé l’émission Niqab. Ses parents étaient horrifiés. Ils lui ont dit qu’elle n’aurait jamais la force de se présenter sur le plateau.

Mais Fatima était prête. Elle n’avait qu’une envie : hurler à la face du monde sa rage et son désespoir, elle qui n’avait jamais osé parler en 15 ans.

Elle est passée à l’émission en février 2011. Je l’ai rencontrée à la fin du mois de novembre, neuf mois plus tard. Elle est arrivée sans faire de bruit. Elle ne portait pas de burqa, seul un voile couvrait ses cheveux. Elle a remis le masque créé par Sami Mahdi sur son visage délicat, elle a ajusté son foulard sur sa tête, puis, d’une voix calme, elle a de nouveau raconté son histoire : le jour de ses noces, sa peur, son mari insatiable qui courait après elle dans la maison et la violait avec brutalité, le rejet de ses parents, son isolement, ses enfants, son désespoir. Son « cancer ».

En passant à l’émission Niqab, Fatima a retrouvé sa fierté, même si ses parents, ses frères et ses soeurs l’ont reniée. Peu importe, elle ne regrette rien.

Lorsque l’émission a été diffusée, elle était chez elle. Elle a demandé à ses enfants de s’asseoir auprès d’elle devant la télévision. Elle leur a dit : « Ce soir, vous allez entendre ma vie. »

Fatima ne leur avait jamais parlé de son mariage forcé et de la brutalité de leur père. C’était le règne du silence et du non-dit, comme l’exige la tradition, car on ne parle pas de ces choses-là en Afghanistan.

« Avant, mes enfants ignoraient tout. Aujourd’hui, ils savent, explique Fatima. Ils croyaient que je ne me souciais pas de leur père. Je leur ai expliqué que c’était un homme mauvais. Depuis qu’ils ont vu l’émission, ils ne m’ont plus jamais demandé où était leur père. »

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Mort d’un Iranien dans un accident de circulation

9 décembre 2011 - La Voix du Nord

QUAËDYPRE

• Un bus scolaire fauche deux migrants : un mort et un blessé grave

Hier à 6 h 15, un conducteur de car de ramassage scolaire, vide de passagers, a fauché deux migrants iraniens qui marchaient le long de la D 916, entre Wormhout et Socx, sur la commune de Quaëdypre, près de Dunkerque.

En raison de l’obscurité, le chauffeur n’aurait pas vu les deux hommes qui longeaient la route. L’un des migrants, âgé de 21 ans, a été tué sur le coup, l’autre transporté à l’hôpital dans un état jugé préoccupant. Le conducteur, très choqué, a lui aussi été pris en charge par les secours. Lorsque son état psychologique le permettra, il sera entendu par les gendarmes.

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Nombre record de journalistes emprisonnés dans le monde depuis 15 ans

8 décembre 2011 - Libération - AFP

NEW YORK (AFP) - Le nombre de journalistes emprisonnés dans le monde s’est établi à 179 en 2011, niveau le plus élevé depuis 15 ans, selon le dernier rapport du Comité pour la protection des journalistes (CPJ) publié jeudi, qui ajoute qu’ils sont principalement détenus en Iran, en Erythrée et en Chine.

L’association non gouvernementale dont le siège est à New York précise qu’il s’agit de rédacteurs, rédacteurs en chef et photographes, dont la moitié du secteur internet et 45% d’indépendants, soit 34 de plus qu’en 2010 à la date du 1er décembre.

L’Iran est pour la deuxième année consécutive au sommet de la liste avec 42 journalistes emprisonnés, suivie par l’Erythrée qui en compte 28, la Chine 27, la Birmanie 12 et le Vietnam 9.

Le CPJ mentionne que l’Iran "fait alterner autorisations de sortie et nouvelles arrestations, assujettit les prisonniers à des traitements inhumains et vise leurs avocats", ajoutant que 65 journalistes avaient fui le pays depuis 2009.

"Les journalistes indépendants, qui souvent ne bénéficient pas du soutien institutionnel nécessaire pour résister à la pression de l’Etat ou pour pouvoir se défendre devant la justice, subissent le poids le plus lourd dans cette hausse sans précédent des incarcérations", déclare dans ce rapport le directeur général du CPJ Joel Simon.

Le comité indique que la plupart des journalistes emprisonnés dans le monde le sont pour avoir critiqué l’Etat ou pour violation de la censure. La grande majorité sont des journalistes locaux détenus par leur propre gouvernement.

Le dernier décompte ne comprend pas les journalistes disparus ou enlevés par des gangs criminels ou des groupes militants.

© 2011 AFP

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Moins de migrants à Dunkerque : les associations réagissent

7 décembre 2011 - La Voix du Nord

« Les personnes migrantes de passage sur notre littoral n’ont pas vraiment disparu »

, ont souhaité corriger les associations (1) qui leur viennent en aide dans le Dunkerquois. Elles réagissent ainsi à l’entretien du directeur zonal de la Police aux frontières paru dans nos colonnes samedi.

« Leur nombre est certes moins important que dans les mois qui ont précédé mais d’expérience (...), ce nombre est constamment fluctuant et il ne faut jamais se fier à des statistiques faites à un moment donné (...). Les raisons qui amènent ces hommes et ces femmes sur les routes n’ont pas disparu d’un coup de baguette magique ni d’une intensification de la présence policière.

Les interventions quasi quotidiennes, sur les camps, des forces de police amènent les migrants à devenir de plus en plus invisibles, par crainte. La nouvelle organisation de la police fait que les personnes arrêtées sont emmenées non plus à Saint-Pol-sur-Mer, comme il y a encore peu, mais vers Calais, où beaucoup d’entre eux sont relâchés dans la soirée sur place. L’effet dissuasif est sans doute assuré, mais ne fait que reporter sur d’autres territoires le problème (...). Les associations craignent que cette méthode ne vienne amplifier la situation humainement compliquée des personnes migrantes de passage.

Dormir dans des fossés sans pouvoir bénéficier d’un minimum d’abris, ne pas pouvoir bénéficier des distributions de nourriture et de soins, tout cela provoque une aggravation de leur situation et leur mise en danger.

(...) Les associations qui oeuvrent auprès de ces personnes ne peuvent accepter que les autorités publiques jouent avec leurs vies et demandent à continuer de pouvoir exercer leur action humanitaire en toute indépendance. » •

(1) Le collectif migrants réunit Salam, Terre d’errance Flandre littorale, la LDH, Emmaüs, le MRAP, ACC minorités visibles, Médecins du monde, AMiS Téteghem et le Secours catholique.

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La justice européenne s’oppose à l’emprisonnement des immigrés clandestins

6 décembre 2011 - Le Monde avec AFP

Un étranger en situation irrégulière ne peut être emprisonné au seul motif qu’il est sans papiers, a affirmé, mardi 6 décembre, la Cour européenne de justice. L’institution a toutefois reconnu qu’un Etat peut placer un clandestin dans un centre de rétention en attendant son expulsion.

Le droit européen "s’oppose à une législation nationale qui impose une peine d’emprisonnement à un ressortissant d’un pays tiers en séjour irrégulier au cours de la procédure de retour", a indiqué la Cour de Luxembourg dans son arrêt. Cette dernière était appelée à se prononcer dans un différend opposant le gouvernement français à un citoyen arménien, Alexandre Achughbabian, entré clandestinement en France en 2008. Refusant de se soumettre à un ordre d’expulsion, il avait été placé en garde à vue puis en rétention pour séjour irrégulier sur le territoire français.

La législation française punit d’une peine d’emprisonnement d’un an et d’une amende de 3 750 euros, le ressortissant d’un pays tiers qui séjourne irrégulièrement en France, au-delà de trois mois, non muni des documents et visas exigés, notamment de la carte de séjour.

DIRECTIVE RETOUR

Nuance : le droit européen "ne s’oppose pas à une réglementation nationale qui qualifie le séjour irrégulier d’un ressortissant d’un pays tiers de délit et prévoit des sanctions pénales, y compris une peine d’emprisonnement", a précisé la Cour. Elle ne s’oppose pas non plus à un placement en détention en vue de déterminer le caractère régulier ou non du séjour d’un migrant.

Mais, a souligné la Cour, les autorités nationales sont tenues d’agir "avec diligence et de prendre position dans les plus brefs délais". Une fois l’irrégularité du séjour constatée, ces autorités doivent, en principe, adopter une "décision de retour". Cette ultime procédure ouvre une période de retour volontaire, suivie, si nécessaire de mesures d’éloignement forcé. Or, a contesté la Cour, la législation française est susceptible de conduire à un emprisonnement pendant la procédure de retour, ce qui va à l’encontre du droit européen.

La législation européenne sur les conditions d’éloignement des étrangers, dite "directive retour" entrée en vigueur en janvier 2009, prévoit que lorsqu’il est décidé de renvoyer un sans-papiers, ce dernier a entre 7 à 30 jours pour partir de lui-même. S’il ne s’y conforme pas, les gouvernements peuvent utiliser "en dernier ressort" des mesures coercitives "proportionnées", c’est à dire un placement en rétention, "aussi bref que possible", dit la loi européenne. Ce n’est qu’en cas de refus d’embarquer qu’il est possible d’envisager des mesures pénales.

A Paris, dans un communiqué commun, Claude Guéant, ministre de l’intérieur et Michel Mercier, garde des sceaux, ont "pris connaissance avec satisfaction de l’arrêt" car il "ne fait nullement obstacle à ce que les étrangers en situation irrégulière puissent être placés en garde à vue le temps nécessaire pour procéder aux vérifications propres à établir si l’intéressé doit faire l’objet d’une procédure d’éloignement du territoire ou de procédures judiciaires".

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Club solidaire, supporters solidaires

6 décembre 2011 - BCM

Samedi, le BCM Gravelines Dunkerque a organisé une collecte de vêtements en collaboration avec l’association SALAM. Les deux associations de supporters se sont jointes à cette opération.

Les valeurs solidaires sont communes à tout le BCM Gravelines Dunkerque, jusqu’aux associations de supporters. En effet, à l’occasion de la rencontre BCM / Le Mans, une collecte de vêtements a été réalisée, avec l’association SALAM, en faveur des migrants.

Les Irréductibles et le 6e Homme ont répondu présents en diffusant l’information auprès de leurs membres et en collectant de nombreux vêtements et couvertures.

Les spectateurs ont également répondu à l’appel. En effet, de nombreuses personnes ont apporté des vêtements et ont fait preuve de générosité. Pour les remercier de leur geste, le BCM Gravelines Dunkerque leurs a offert une invitation pour la rencontre du 13 décembre.

Retrouvez les photos de cette action sur notre page Facebook

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Nouvelles sanctions du Conseil de sécurité de l’ONU contre l’Erythrée

5 décembre 2011 - Google - AFP

NEW YORK (Nations unies) — Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté lundi une résolution renforçant les sanctions déjà prises contre l’Erythrée, accusée par ses voisins de soutenir des activités terroristes dans la Corne de l’Afrique.

La résolution permet au Conseil d’augmenter le nombre d’individus et d’entités pouvant être concernés par une interdiction de voyager dans le monde et soumis à un gel des avoirs.

L’Erythrée a été accusée d’être mêlée à un projet d’attentat à la bombe contre une réunion de l’Union africaine cette année.

Le texte, adopté par treize des quinze pays membres du Conseil de sécurité (deux abstentions) "exige de l’Erythrée qu’elle cesse de chercher, directement ou indirectement, à déstabiliser des Etats, notamment en fournissant à des groupes armés un soutien financier, militaire ou en matière de renseignement, ou une assistance autre que militaire".

La résolution "condamne" un complot présumé ourdi par l’Erythrée en vue de commettre, en vain, un attentat à la bombe lors du sommet de l’Union africaine à Addis Abeba en janvier dernier.

Cependant, des demandes du Gabon et du Nigeria, auteurs de la résolution, visant à inclure une interdiction des investissements dans les industries minières de l’Erythrée et des taxes gouvernementales sur les virements effectués par les travailleurs érythréens à l’étranger ont été abandonnées.

Plus tôt dans la journée, l’Ethiopie, la Somalie, le Kenya et Djibouti avaient accusé l’Erythrée voisine de soutenir des activités terroristes dans la région et appelé le Conseil de sécurité à adopter la résolution.

Le président somalien Sharif Sheikh Ahmed a expliqué devant le Conseil, par vidéo-conférence depuis Addis Abeba, que l’Eythrée apportait un soutien actif aux insurgés islamistes shebab. "Les shebab et le réseau Al-Qaïda reçoivent un soutien logistique et financier de l’Erythrée, ce soutien leur vient par la mer, la terre et l’air", a-t-il indiqué.

Meles Zenawi, Premier ministre d’Ethiopie, a estimé que l’Erythrée "est la source première de l’instabilité dans la région". "Nous demandons au Conseil de sécurité de nous aider à mettre fin à cette situation de non-droit. La Corne de l’Afrique est une région très fragile", a-t-il ajouté.

Le ministre des Affaires étrangères du Kenya, Moses Wetangula, a quant à lui accusé le pays "de livrer des armes et des munitions de même qu’un soutien logistique aux shebab".

Ismael Omar Guelleh, président de Djibouti a abondé dans le même sens.

L’Erythrée s’est séparée de l’Ethiopie en 1993 et lui a livré une guerre entre 1998 et 2000. Outre l’Ethiopie, l’Erythrée entretient des différends territoriaux avec le Yémen et Djibouti.

L’Erythrée a vivement nié tout implication dans le complot visant le sommet de l’Union africaine et dénoncé le projet de résolution. Aucun responsable érythréen n’a parlé lundi devant les 15 pays membres du Conseil.

Le président érythréen Issaias Afeworki, qui avait fait part de son souhait de se rendre à la réunion du Conseil lundi, n’a pas reçu un visa américain à temps pour pouvoir s’y rendre, a dit vendredi l’ambassadeur érythréen à l’ONU.

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Kaboul, ville de réfugiés de la guerre afghane

4 décembre 2011 - La Croix - Olivier Tallès
  • Lors de la conférence internationale de Bonn qui s’ouvre lundi 5 décembre, la communauté internationale doit renouveler son engagement auprès du pays à l’issue de son retrait militaire, fin 2014.
  • Loin des combats qui durent depuis dix ans, la capitale de l’Afghanistan doit faire face à une croissance très rapide.
  • Les deux tiers de la population sont installés sur des terrains informels, sans eau ni assainissement.

Ici, une poule picore, perchée sur un tas d’ordure. Là, un troupeau de moutons défile le long des abris du camp. À l’ombre d’un mur en terre, des hommes à la barbe sombre combattent l’ennui autour d’un thé. Ce sont des Pachtouns, l’ethnie majoritaire en Afghanistan. Tous arrivent des régions d’Helmand et de Kandahar, tombées en partie aux mains des insurgés talibans. La plupart étaient des fermiers. Ils se sont réfugiés à Kaboul, il y a un an et demi. Dans leur campement, ils manquent d’eau et de bois de chauffage. Les nuits d’hiver sont glacées à 1 800 mètres d’altitude.

Deux cent cinquante familles se pressent ainsi sur ce terrain vague ouvert aux quatre vents. La guerre les a chassées de leurs villages. Mohammed Ibrahim montre des photos à un employé de l’ ONG Solidarités qui recense les besoins de la communauté. Sur les images, on devine le corps d’une petite fille, blessée par une explosion. « La vie devenait impossible dans notre village, raconte le père. Un jour, les forces gouvernementales nous bombardaient, un autre les talibans nous accusaient de collaboration. À Kaboul, nous avons au moins la sécurité. »

Chaque jour, des familles entières abandonnent ainsi les villages et gagnent le chef-lieu de la province ou la capitale. La guerre, l’insécurité et la misère qui sévissent dans les campagnes ont accéléré l’exode rural en Afghanistan. À l’intérieur des villes, ces populations se sont mélangées aux centaines de milliers de réfugiés rentrés de Pakistan et d’Iran après la chute des talibans en 2001. Au point que Kaboul a connu une croissance record : en dix ans, sa population a été multipliée par quatre, passant d’un million et demi à six millions d’habitants.

La plupart se réfugient chez un parent. Les autres s’entassent sur des terrains vagues, sans eau ni électricité, à la merci d’une expulsion. D’après l’ONG Solidarités, qui prépare des distributions alimentaires pour passer l’hiver, ils seraient 18 000, dispersés dans 41 camps. Dans la famille Abdelaziz, un fils manutentionnaire doit faire vivre dix personnes avec un salaire de 13 € par semaine. « Pas de quoi envoyer les enfants à l’école », confie sa sœur. La mairie fait mine d’ignorer ces populations qui envahissent des espaces publics.

Habitation insalubre

Occuper des terrains municipaux, c’est pourtant devenu une pratique courante à Kaboul après la chute des talibans. Les maisons poussent hors de toutes règles, rognant ici les étendues vierges, mordant là sur les collines. « Les deux tiers des habitants de la commune habitent des lotissements construits en toute illégalité, reconnaît l’ingénieur Mohammed Yasin, conseiller à la politique de la ville. Ils ne font pas partie du plan d’urbanisme. » Sur le papier, la majorité de la population n’existe donc pas. Elle n’a pas droit à l’eau, l’électricité publique ou le ramassage des déchets.

Shah Agha habite un de ces quartiers informels accrochés à la falaise. Cet ancien moudjahid a construit de ses mains sa maison couleur terre. C’était il y a sept ans. Sa famille fuyait l’insécurité grandissante en province. Quand il est arrivé, il n’y avait rien. Aujourd’hui, des habitations au milieu desquelles coulent les eaux usées ont dévoré tous les espaces libres. Aucun des propriétaires ne possède de titres de propriété. « Si on veut l’électricité, il faut se tourner vers le privé ou payer le raccordement à la ville plus l’abonnement, précise-t-il. C’est trop cher. »

Près des quartiers insalubres, les palaces s’alignent comme à la parade. Ces villas sont occupées par les nouveaux riches : dignitaires du régime du président Hamid Karzaï, anciens commandants moudjahidins, barons de la drogue. Il y a aussi des chefs d’entreprise qui ont fait fortune dans les télécommunications, la sécurité, les médias ou la construction. Dopée par les milliards de l’aide internationale, Kaboul a retrouvé le goût des affaires. On a construit des ponts, des parcs, des routes, des immeubles pour les salariés de la classe moyenne embauchés par les organisations internationales.

10% de la population de Kaboul a accès à l’eau

Mais derrière les façades clinquantes de la reconstruction, les ouvrages se lézardent. Les nouvelles routes bâties avec l’argent de la communauté internationale résistent à un hiver, voire deux, puis s’affaissent, se fendillent, se couvrent de trous. Il faut refaire l’asphalte tous les deux ans. « Les bailleurs de fonds ont misé sur la quantité, pas la qualité, résume l’architecte Mossadeq Khalili. Dans le secteur du bâtiment, on n’a utilisé ni les bons architectes, ni les bons ingénieurs, ni les bons matériaux. Les normes sismiques ne sont pas respectées, alors que le risque de tremblement de terre est élevé. »

Certains édifices tombent déjà en ruine, à l’image de l’hôpital de Jambhuriat. Financés par l’aide étrangère, les sept étages du centre de soins se sont écroulés deux semaines à peine après la fin du chantier. C’était en 2005. L’entreprise qui avait obtenu le permis de construire l’avait revendu à une autre société, laquelle l’avait ensuite cédé à un troisième sous-traitant, chaque contractant prélevant au passage sa commission sur le budget initial. De nombreuses sociétés américaines ont procédé de la sorte après 2001. « Au final, personne ne contrôle la sécurité des édifices » , déplore Mossadeq Khalili.

Sous la pression des migrants, la ville a grandi trop vite, oubliant au passage de bâtir son réseau d’eau et d’assainissement. « Environ 10 % de la population a accès à l’eau courante » , selon l’ Agence française de développement. Pire, il n’y a pas de tout-à-l’égout. Quand il existe des canaux de drainage des eaux usées, ils aboutissent à l’extérieur de la ville ou dans la rivière encombrée de sacs en plastique. « Malgré les milliards déversés, la communauté internationale n’a pas été capable de construire une station d’épuration » , s’étonne un diplomate. Point positif, le ramassage des ordures s’améliore depuis la création d’une équipe municipale.

Ville bunker

Il n’empêche : l’air reste saturé par les gaz de pots d’échappement. Matin et soir, les avenues sans feux rouges sont obstruées par des centaines de milliers de véhicules au milieu desquels tentent de se faufiler des brouettes. Pour désengorger le centre, le gouvernement rêve de créer un nouveau Kaboul à 24 kilomètres de là, où seraient concentrés les bureaux des administrations. « Le projet piétine depuis 2003, note un député de la capitale, Ramazan Bachardost. Il existe de vagues plans. Aucune date n’a été fixée. »

Les problèmes de sécurité entravent aussi la circulation. Les véhicules zigzaguent entre les blocs de béton posés devant les bureaux des ambassades, des organisations des Nations unies, des ministères, des commissariats. Kaboul n’est pas une ville en guerre mais une ville bunker avec ses check-points, ses hommes en armes, ses barbelés. La capitale a beau multiplier les murs de protection, la peur de l’attentat n’a pas disparu. « Quand je quitte l’université, je ne me sens pas en sécurité » , témoigne Masturia Azuri, professeur de français à la faculté.

Le campus reste cependant un havre de paix au cœur de la capitale. Privés de cours au temps des talibans, de jeunes femmes maquillées en chaussures à talon y côtoient des hommes en jeans et veste de cuir. L’étudiante Hassai Wafa a choisi le département de langue française, dont les locaux tout neufs ont été financés par la France. « On n’est pas à l’abri d’un retour en arrière, surtout si la communauté internationale quitte le pays, prévient-elle. Mais je reste optimiste. Kaboul a retrouvé le goût des études et les mentalités changent. »

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Le crachat et le rêve français…

3 décembre 2011 - Libération - Amine EL KHATMI 23 ans, étudiant en droit (master 2), Français

Lettre à monsieur le ministre de l’Intérieur, de l’Outre-Mer, des Collectivités territoriales et de l’Immigration

Monsieur le ministre,

La sous-direction de l’accès à la nationalité française du ministère que vous dirigez vient de signifier à madame S. Boujrada, ma mère, le classement de son dossier et un refus d’attribution de nationalité. « Vous ne répondez pas aux critères », est-il écrit dans un courrier sans âme que l’on croirait tout droit sorti de l’étude d’un huissier ou d’un notaire.

Ma mère est arrivée en France en 1984. Il y a donc vingt-huit ans, monsieur le ministre, vingt-huit ans ! Arrivée de Casablanca, elle maîtrisait parfaitement le français depuis son plus jeune âge, son père ayant fait le choix de scolariser ses enfants dans des établissements français de la capitale économique marocaine.

Elle connaissait la France et son histoire, avait lu Sartre et Molière, fredonnait Piaf et Jacques Brel, situait Verdun, Valmy et les plages de Normandie, et faisait, elle, la différence entre Zadig et Voltaire ! Son attachement à notre pays n’a cessé de croître. Elle criait aux buts de Zidane le 12 juillet 1998, pleurait la mort de l’abbé Pierre.

Tout en elle vibrait la France. Tout en elle sentait la France, sans que jamais la flamme de son pays d’origine ne s’éteigne vraiment. Vous ne trouverez trace d’elle dans aucun commissariat, pas plus que dans un tribunal. La seule administration qui pourra vous parler d’elle est le Trésor public qui vous confirmera qu’elle s’acquitte de ses impôts chaque année. Je sais, nous savons, qu’il n’en est pas de même pour les nombreux fraudeurs et autres exilés fiscaux qui, effrayés à l’idée de participer à la solidarité nationale, ont contribué à installer en 2007 le pouvoir que vous incarnez.

La France de ma mère est une France tolérante, quand la vôtre se construit jour après jour sur le rejet de l’autre. Sa France à elle est celle de ces banlieues, dont je suis issu et que votre héros sans allure ni carrure, promettait de passer au Kärcher, puis de redresser grâce à un plan Marshall qui n’aura vu le jour que dans vos intentions. Sa France à elle est celle de l’article 4 de la Constitution du 24 juin 1793 qui précise que « tout homme - j’y ajoute toute femme - né(e) et domicilié(e) en France, âgé(e) de 21 ans accomplis,tout(e) étranger(e) âgé(e) de 21 ans accomplis, qui, domicilié(e) en France depuis une année, y vit de son travail, ou acquiert une propriété, ou épouse un(e) Français(e), ou adopte un enfant, ou nourrit un vieillard, tout(e) étranger(e) enfin, qui sera jugé(e) par le corps législatif avoir bien mérité de l’humanité, est admis(e) à l’exercice des droits de citoyen français ». La vôtre est celle de ces étudiants étrangers et de ces femmes et hommes que l’on balance dans des avions à destination de pays parfois en guerre.

Vous comprendrez, monsieur le ministre, que nous ayons du mal à accepter cette décision. Sa brutalité est insupportable. Sa légitimité évidemment contestable. Son fondement, de fait, introuvable. Elle n’est pas seulement un crachat envoyé à la figure de ma mère. Elle est une insulte pour des millions d’individus qui, guidés par un sentiment que vous ne pouvez comprendre, ont traversé mers et océans, parfois au péril de leur vie, pour rejoindre notre pays. Ce sentiment se nomme le rêve français. Vous l’avez transformé en cauchemar.

Malgré tout, monsieur le ministre, nous ne formulerons aucun recours contre la décision de votre administration. Nous vous laissons la responsabilité de l’assumer. Nous vous laissons à vos critères, à votre haine et au déshonneur dans lequel vous plongez toute une nation depuis cinq ans. Nous vous laissons face à votre conscience.

Quand le souffle de la gifle électorale qui se prépare aura balayé vos certitudes, votre arrogance et le système que vous dirigez, ma mère déposera un nouveau dossier.

Je ne vous salue pas, monsieur le ministre.

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Selon la police aux frontières, les migrants auraient presque disparu du Dunkerquois

3 décembre 2011 - La Voix du Nord - Estelle Jolivet

Il y a un an, le maire de Téteghem, Franck Dhersin, tirait la sonnette d’alarme en constatant la présencede plus de cent migrants dans la « jungle » du lac. Aujourd’hui, le directeur zonal de la police aux frontières, Éric Bosquillon, constate que les clandestins désertent le Dunkerquois.

1 Le constat « D’une manière générale, la pression migratoire sur le littoral a profondément évolué. En 2008- 2009, on a recensé jusqu’à 800 personnes dans la jungle de Calais, et plus d’un millier de migrants sur tout le littoral. Dans le Dunkerquois, on avait quatre implantations majeures : près du terminal-ferry de Loon-Plage, au Basroch à Grande-Synthe, près du lac de Téteghem et sur l’aire d’autoroute de Ghyvelde, où l’on avait surtout affaire à des réseaux vietnamiens. Ajoutez à cela le camp de Steenvoorde, où l’on rencontrait essentiellement une population originaire d’Érythrée.

Aujourd’hui ne subsiste de manière significative que l’implantation de Steenvoorde, où la municipalité a mis deux tentes à disposition des migrants pour l’hiver. À Loon-Plage, il n’y a plus de migrants depuis plus d’un an à Ghyvelde, les coups portés à la filière vietnamienne ontporté leurs fruits à Grande-Synthe et Téteghem, nos opérations régulières, hebdomadaires, ont fait reculer le nombre de migrants à une dizaine dans chaque endroit. Le constat est d’ailleurs partagé par les associations. Au total, sur les arrondissements de Calais et Dunkerque, on peut chiffrer la population de migrants "visibles" actuellement à 300, 400 personnes. Il est difficile de donner un compte plus précis. Je peux aussi dire que le nombre d’interpellation a beaucoup diminué, passant de 35 000 en 2008 à 10 000 en 2011 (sachant qu’un même individu peut être interpellé plusieurs fois). Pour nous, cette situation est satisfaisante et nous espérons qu’elle durera, mais il s’agit évidemment d’une vision policière des faits. »

2 Les filières « Ce résultat s’explique en partie par le travail réalisé sur les filières d’immigration irrégulière. Une vingtaine d’entre elles ont été démantelées cette année. 900 interpellations de trafiquants présumés ont été effectuées dans notre zone (1) en 2011, dont 750 sur le littoral. Le profil des mis en cause va de celui qui aide un migrant à monter dans un camion à l’organisateur de réseau. Les passeurs kurdes tiennent toujours la dragée haute sur le territoire. Ils n’ont pas été délogés et n’hésitent d’ailleurs pas à utiliser des armes à feu pour imposer leur autorité. Les Vietnamiens sont présents, mais seulement sur des "niches", comme à Angres (62) et Ghyvelde. »

3 Pas d’effet « printemps arabe » « On n’a pas vu de Libyens ou de Tunisiens sur le littoral. Par contre, les Érythréens sont devenus la première nationalité représentée au niveau des interpellations, devant les Afghans et les Irakiens. L’immigration tunisienne a plus vocation à s’intégrer sur le territoire français qu’à transiter vers le Royaume-Uni. »

4 Charters ? « Certaines populations ont fait l’objet de mesures d’éloignement, mais seule la préfecture est habilitée à divulguer les chiffres. Je peux seulement dire que c’est assez rare. Les gens qu’on interpelle n’ont presque jamais de passeport, ce qui pose problème lorsqu’il faut prouver que tel est Afghan ou Irakien. Il faut également que l’autorité consulaire du pays concerné délivre un laisser-passer. Et c’est compliqué. Le plus souvent, nous appliquons des mesures de réadmission vers un autre pays d’Europe dans lequel le migrant est passé. Mais depuis quelque temps, nous ne les renvoyons plus en Grèce, jugé comme pas suffisamment sûre. »

5 Et ailleurs... « Les clandestins que nous avions par le passé se sont réfugiés ailleurs, vers des sites plus hospitaliers ou en Belgique. Sur les sites d’embarquement, on découvre encore des centaines de clandestins tous les mois. C’est bien qu’ils sont montés quelque part. Je pense cependant que le passage est devenu plus difficile et que d’autres modes opératoires ont émergé. L’attractivité du Royaume-Uni a aussi peut-être, de ce fait, diminué, au profit des pays scandinaves. » •

(1) La direction zonale de la Police aux frontières de Lille gère un territoire correspondant aux régions Nord - Pas-de-Calais et Picardie.

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Demandeurs d’asile. Rennes ne suffit pas

2 décembre 2011 - Le Telegramme - Alain Le Bloas

Sur le papier, la Bretagne paraît disposer d’un nombre suffisant de places d’hébergement pour faire face à l’afflux de demandeurs d’asile. Mais Rennes, où se concentrent les arrivées, ne pourra pas faire face cet hiver. 1.232 demandeurs d’asile sont
aujourd’hui domiciliés en Bretagne, en attendant de connaître la réponse de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), chargé de statuer sur leur demande. Pour les héberger, 1.220 places (un chiffre conforme à la moyenne nationale) sont prévues par le dispositif spécifique Cada (centres d’accueil des demandeurs d’asile) mis en place par les préfectures. Le problème, c’est que 991 demandeurs sont arrivés en Ille-et-Vilaine, alors que ce département ne compte que 531 places. Rennes-Métropole a proposé d’assurer 95 places supplémentaires sur l’agglomération, mais le compte n’y est pas. Quant aux hébergements d’urgence « de droit commun », ils sont déjà totalement saturés. Pour affronter l’hiver, le réseau hôtelier rennais devra être mis à contribution par le 115, chargé de gérer les demandes. Mais on sait que les années passées, des familles ont passé l’hiver dans des squats, et il est arrivé que certaines dorment dans la rue.

Répartition sur quatre départements

Le préfet de région Michel Cadot espère que l’hiver qui approche ne sera pas trop rude. Pour les mois qui viennent, il compte sur un meilleur équilibre des arrivants sur le territoire breton. « Il a été décidé, cet été, d’opérer une répartition entre les quatre départements », explique-t-il. « En moyenne, 130 demandeurs d’asile arrivent chaque mois. 65 restent en Ille-et-Vilaine, quinze sont orientés vers les Côtes-d’Armor et vingt vers le Finistère et le Morbihan ». La mise en application récente de ce dispositif commence à produire ses effets mais il faudra attendre encore quelques mois avant que le nombre des arrivants à Rennes diminue suffisamment pour correspondre à la capacité d’hébergement.

En quête de communauté

« Cette orientation ne satisfait pas vraiment les arrivants », remarque Michel Cadot. « Une grande majorité préférerait être domiciliée à Rennes, où il existe des réseaux communautaires d’entraide. D’ailleurs, faute de pouvoir s’y installer, certains préfèrent aller à Paris plutôt que de rester en Bretagne ». L’hébergement est la question qui pose problème, les autres obligations fixées à l’État par l’Europe étant par ailleurs respectées : l’allocation journalière de subsistance (10,67 € par jour et par personne), l’accès aux soins et la couverture maladie universelle, dus pendant la durée d’instruction du dossier d’asile (de l’ordre de 18 mois en moyenne).

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L’UE durcit ses sanctions contre l’Iran et menace son secteur pétrolier

1er décembre 2011 - Nord Eclair - AFP

L’Europe a durci jeudi ses sanctions contre l’Iran du fait de son programme nucléaire controversé, deux jours après le saccage de l’ambassade de Grande-Bretagne à Téhéran, et menace de s’attaquer d’ici à fin janvier au secteur stratégique du pétrole dans le pays.

Les ministres européens des Affaires étrangères réunis à Bruxelles ont gelé les avoirs de 143 nouvelles sociétés ou organisations iraniennes et de 37 personnes supplémentaires, également interdites de visa.

Cela s’ajoute à déjà plusieurs trains de mesures en ce sens. L’UE avait déjà auparavant gelé les biens de 290 entreprises et organismes iraniens et privé de visa 76 personnes liées au programme nucléaire et au régime.

La décision fait suite au rapport de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) qui vient d’étayer les soupçons des Occidentaux selon lesquels Téhéran, malgré ses démentis, a travaillé à la fabrication d’une arme atomique.

La Maison Blanche a salué ce nouveau train de mesures, ainsi que de nouvelles sanctions européennes contre la Syrie annoncées le même jour. Elles reflètent "la détermination de l’UE à exercer une pression sur ces régimes afin de mettre un terme à leurs actes inacceptables", a déclaré dans un communiqué Jay Carney, le porte-parole du président Barack Obama.

Et l’UE prépare déjà la prochaine étape : le pétrole. Elle a "décidé de travailler sur des sanctions plus dures et sans précédent sur les secteurs financier et pétrolier", a indiqué à Bruxelles le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé.

Une déclaration de l’UE précise qu’elles viseront "le système financier iranien, le secteur des transports, de l’énergie" ainsi que la Garde révolutionnaire iranienne, d’ici à la prochaine réunion des ministres de l’UE, le 30 janvier 2012.

Paris, Berlin et Londres notamment soutiennent un embargo pétrolier, mais le projet se heurte aux réticences de certains Etats dépendant du pétrole iranien.

"La Grèce a émis un certain nombre de réserves", a reconnu M. Juppé. Mais l’interruption des livraisons de l’Iran pourrait "être compensée par l’augmentation de la production dans d’autres pays", a-t-il fait valoir.

L’UE a importé 5,8% de son pétrole brut d’Iran, soit 30,3 millions de tonnes en 2010, selon la Commission européenne. L’essentiel -un bon tiers- va à l’Italie, suivie de l’Espagne, la Belgique et la Grèce.

Le brut iranien représente 14,6% des importations de pétrole en Espagne, 14% en Grèce, 13,1% en Italie.

Tout en s’y disant favorable, le Suédois Carl Bildt s’est interrogé sur "l’impact" réel d’un embargo qui ne concernerait pas la Chine, principal client de l’Iran.

Selon l’agence de notation Fitch, il n’affecterait que peu les compagnies pétrolières BP, Shell, Total ou Eni, qui profiteront au final d’une probable hausse des cours.

L’UE a aussi dans sa ligne de mire la banque centrale iranienne, ainsi que la banque Tejarat, et ses filiales au Royaume-Uni, en France, et en Allemagne, selon un diplomate.

De hauts responsables du gouvernement américain ont assuré pouvoir soutenir "en temps utile" des sanctions contre la banque centrale iranienne.

L’offre de négociation du groupe des 5+1 (Chine, Russie, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne + Allemagne) reste sur la table, a rappelé le chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton.

Israël a pour sa part exclu "à l’heure actuelle" une attaque des installations nucléaires iraniennes en guise de rétorsion.

Le saccage mardi de la chancellerie britannique dans la capitale iranienne a jeté de l’huile sur le feu.

Les ministres ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme une action "contre l’ensemble de l’UE", menaçant Téhéran de "mesures appropriées". Après que Londres a fermé son ambassade, "nous avons décidé de coordonner nos décisions de rappel de nos ambassadeurs", a expliqué Alain Juppé.

De son côté la Norvège a rouvert dans la soirée son ambassade à Téhéran, fermée pour des raisons de sécurité après l’attaque de la mission diplomatique britannique, et convoqué l’ambassadeur d’Iran à Oslo pour condamner cette attaque, a annoncé le gouvernement norvégien.

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Une jeune afghane et sa famille agressées à l’acide

1er décembre 2011 - Le Progrès

Une adolescente, gravement brûlée à l’acide dans le nord de l’Afghanistan, et sa famille également agressée, accusent un potentat local auquel avait été refusée la main de la jeune fille.

Mumtaz, âgée de 17 ans, a été grièvement blessée par plusieurs hommes masqués qui se sont introduits dans la nuit de dimanche à lundi au domicile familial à Kunduz, la capitale de la province du même nom.

« Il était minuit (...) ils ont forcé l’entrée et ont commencé par me frapper avant de m’enfermer dans un grand sac », a raconté son père Sultan Mohammad, sur son lit d’hôpital.

« Ils ont battu ma femme et mes filles et avant de partir ils ont aspergé le visage de ma fille d’acide », a-t-il ajouté. La mère et les quatre sœurs ont également été légèrement brûlées au cours de l’agression par des projections de l’acide jeté sur Mumtaz.

Les agresseurs ont pu s’enfuir avant l’arrivée de la police, mais le père de la jeune fille a accusé un ex-chef d’une milice locale d’être derrière l’agression. L’homme avait demandé la main de sa fille mais avait essuyé un refus de la famille parce que la jeune fille était déjà fiancée.

Mumtaz est elle aussi hospitalisée et peut difficilement s’exprimer : « Ils m’ont battue, ont battu ma mère et mes sœurs, et m’ont ensuite jeté de l’acide au visage », a-t-elle raconté.

Le ministre afghan de l’Intérieur, Bismullah Khan Mohammadi, a « personnellement ordonné » à la police d’enquêter et de « traduire en justice les responsables ».

Dix ans après la chute du régime des talibans, la condition des femmes afghanes a certes évolué, surtout dans les villes, mais la société afghane reste très traditionnaliste et patriarcale. Des pratiques telles que les mariages forcés ou les « crimes d’honneur » restent monnaie courante.

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Le Programme aide retour Calaisis pour les migrants lancé aujourd’hui

1er décembre 2011 - La Voix du Nord - A. Del.

À partir d’aujourd’hui, l’office français de l’immigration et de l’intégration (OFII)

lance son dispositif de retour volontaire au pays, le Programme aide retour Calaisis (PARC), à destination des migrants. Hier, les bénévoles des associations humanitaires ont rencontré le préfet du Pas-de-Calais, Pierre de Bousquet, le sous-préfet de Calais, Alain Gérard, et Arnaud Klarsfeld, directeur de l’OFII, pour mettre en place le plan.

Assuré jusqu’alors par le bureau calaisien de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), notamment en terme de communication, mais qui a fermé ses portes hier faute de financements, le dispositif est aujourd’hui repris par l’OFII. Quatre personnes de l’OFII iront à la rencontre des migrants, notamment lors de la distribution des repas, afin de présenter les aides au retour volontaire et à la réinsertion dans leur pays d’origine. Ils s’appuieront sur des exemples concrets.

Depuis le lancement du dispositif, 1 383 projets ont abouti dans toute la France. Dans le Nord-Pas-de-Calais, 600 personnes en ont bénéficié. Des financements sont assurés. En moyenne, le coût du projet de retour au pays se chiffre à 3 500 E pour un couple et à 1 000 E pour un enfant. « La préfecture et la police aux frontières font un travail indispensable et les associations humanitaires un travail remarquable, a précisé Arnaud Klarsfeld. Il faut que les migrants comprennent que la vie en Angleterre, avec ce contexte de crise, n’est pas heureuse ». Pour mener à bien cette mission, les agents de l’OFII travailleront avec les services municipaux de Calais, comme la permanence d’accès aux soins de santé (PASS) de l’hôpital de Calais, la direction départementale de cohésion sociale (DDCS), les centres d’accueil de demandeurs d’asile (CADA), les centres d’hébergement d’urgence et la police municipale. Des réunions d’information collective seront également proposées aux migrants. Actuellement, ils sont environ 150 à errer dans Calais et le Calaisis.

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