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Archives du mois de 01 2012

Triste record pour les traversées de la Méditerranée par les migrants et les réfugiés en 2011

31 janvier 2012 - UNHCR

Points de presse, 31 janvier 2012

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Sybella Wilkes – à qui toute citation peut être attribuée – lors de la conférence de presse du 31 janvier 2012 au Palais des Nations à Genève.

Selon les estimations du HCR, plus de 1500 personnes se sont noyées ou sont portées disparues depuis leur tentative de traversée de la Méditerranée vers l’Europe en 2011. L’année 2011 est donc la plus meurtrière dans cette région depuis que le HCR a commencé à enregistrer les statistiques en 2006. Le précédent chiffre le plus élevé avait été observé en 2007, lorsque 630 personnes avaient trouvé la mort par noyade ou étaient portées disparues.

En 2011, on a également observé un nombre record pour les arrivées en Europe après la traversée de la Méditerranée, avec plus de 58 000 personnes arrivées. Le nombre le plus élevé avait été enregistré en 2008 avec 54 000 personnes ayant rejoint la Grèce, l’Italie et Malte. En 2009 et 2010, les mesures de contrôle aux frontières ont réduit de façon spectaculaire les arrivées en Europe. La fréquence des arrivées par bateaux s’est accrue début 2011 lors de la chute des régimes en Libye et en Tunisie.

Nos équipes en Grèce, en Italie, en Libye et à Malte ont prévenu que le nombre de décès survenus en mer observé actuellement pourrait même encore s’accroître. Nos estimations sont fondées sur des entretiens effectués avec les personnes qui sont arrivées en Europe par bateau, sur des appels téléphoniques et des e-mails de proches ainsi que sur des informations provenant de Libye et de Tunisie de la part de survivants dont le bateau avait chaviré ou avait été secouru au tout début de la traversée.

Les survivants ont fait part au personnel du HCR de témoignages déchirants selon lesquels ils ont été forcés d’embarquer par des gardes armés, particulièrement en avril et en mai en Libye. Le voyage s’effectuait à bord de bateaux impropres à la navigation avec des passagers migrants ou réfugiés souvent forcés de barrer et de faire naviguer eux-mêmes le bateau. De plus, certains survivants ont indiqué au HCR que d’autres passagers du même bateau les ont battus et torturés. Des enquêtes judiciaires sont menées actuellement en Italie à la suite de ces informations.

La majorité des personnes sont arrivées l’année dernière par la mer en Italie (56 000, dont 28 000 étaient des Tunisiens) alors que Malte et la Grèce ont respectivement reçu 1574 et 1030 personnes. La vaste majorité des personnes sont arrivées durant le premier semestre de l’année. La plupart étaient des migrants, et non des demandeurs d’asile. Seulement trois bateaux sont arrivés depuis la mi-août jusqu’à la fin de l’année. De plus, selon les chiffres annoncés par le Gouvernement grec, quelque 55 000 migrants clandestins ont traversé la frontière terrestre entre la Turquie et la Grèce à Evros.

Nous sommes préoccupés car, depuis le début de l’année 2012, malgré les mauvaises conditions de navigation en mer, trois bateaux ont tenté la traversée périlleuse depuis la Libye, et l’un d’entre eux est porté disparu. Ce bateau, qui transportait au moins 55 personnes, a émis un signal de détresse le 14 janvier, pour un problème de panne du moteur. Les gardes-côtes libyens ont informé le HCR que 15 corps sans vie, tous identifiés comme étant ceux de ressortissants somaliens, ont été rejetés par la mer sur différentes plages la semaine dernière, y compris 12 femmes, deux hommes et un bébé. Dimanche, trois autres corps sans vie ont été retrouvés. Il a été confirmé plus tard que toutes les personnes qui avaient péri étaient des Somaliens provenant de l’installation de fortune située à Tripoli et connue sous le nom de Railway Project.

Les deux autres bateaux qui ont réussi à rejoindre Malte et l’Italie en janvier ont nécessité une opération de sauvetage en mer. La première opération de secours a été menée par les gardes-côtes italiens le 13 janvier et a concerné 72 ressortissants somaliens. Parmi les personnes secourues, se trouvaient notamment une femme enceinte et 29 enfants. Le second bateau a été secouru par les forces armées maltaises le 15 janvier dernier, avec l’appui de la marine américaine et d’un bâtiment de la marine marchande. En tout, 68 personnes ont été secourues à partir d’un radeau de sauvetage à la dérive localisé à 56 miles nautiques de Malte. Une petite fille est née à bord de l’un des bâtiments ayant participé à l’opération de sauvetage en mer. Une autre femme aurait fait une fausse couche durant le voyage.

Le HCR se félicite des efforts menés par les autorités italiennes, maltaises et libyennes pour porter secours aux bateaux en détresse dans la mer Méditerranée. Nous renouvelons notre appel à tous les capitaines de navires naviguant en Méditerranée, l’une des voies maritimes les plus fréquentées au monde, de rester vigilants et de continuer à porter assistance aux bateaux en détresse en mer.

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Le BCMO accueille les migrants

31 janvier 2012 - La Voix du Nord - M. C.-G.

Ils étaient 18 dans la nuit de dimanche à lundi à dormir à l’abri du froid au BCMO. ...

Le Plan grand froid avait été activé à partir de 19 h, permettant l’ouverture de la salle où 80 matelas et sacs de couchage attendaient les sans-papiers.

Malgré les températures négatives, la salle n’a pas fait le plein. « C’est la première nuit d’ouverture, relativise Gérard Fontaine du CHR Charles-Gide. Il faut laisser le temps que le message passe. Nombreux sont ceux qui préfèrent rester dans les squats. » Pour la première fois, la surveillance de la nuit a été confiée à une société de sécurité privée.

La salle difficilement chauffée, quelques vitres cassées et l’absence de toilettes offrent un accueil sommaire.

Le BCMO sera ouvert jusqu’à la fin du Plan grand froid. Il ouvrira ses portes à partir de 18 h 30, à la fin de la distribution alimentaire. Ils sont accueillis jusqu’à 22 h 30.

Les personnes hébergées devront quitter la salle chaque matin à 8 h. •

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Dijon : des demandeurs d’asile occupent l’ex-internat de l’Ecole des greffes

31 janvier 2012 - Vous Nous Ils - AFP

Une soixan­taine de deman­deurs d’asile, prin­ci­pa­le­ment ori­gi­naires de la Corne de l’Afrique, occupent depuis plu­sieurs jours l’ancien inter­nat de l’Ecole natio­nale des greffes et se trouvent sous le coup d’une pro­cé­dure d’expulsion.

Soutenus par une ving­taine d’associations, dont RESF, le Mrap, la Licra ou la Ligue des droits de l’Homme (LDH), 65 deman­deurs d’asile ori­gi­naires de Somalie, du Soudan, d’Erythrée ou du Congo, sont ins­tal­lés dans un bâti­ment, actuel­le­ment inoc­cupé, atte­nant à l’Ecole natio­nale des greffes, qui appar­tient à l’Etat et où sont for­més les gref­fiers des tri­bu­naux français.

"Avec cette action, on montre à l’Etat qu’il a les moyens d’héberger les deman­deurs d’asile", a déclaré sur place Bruno Lombard, pré­sident de la Ligue de l’enseignement de Côte-d’Or.

"Ces exi­lés mena­cés de mort (...) n’ont donc pas le sta­tut d’émigrants ou de sans papiers mais bien celui de réfu­giés poli­tiques et de deman­deurs d’asile, ce en toute léga­lité", a-t-il sou­li­gné dans un communiqué.

Huit per­sonnes, pré­sentes dans le squat lors du pas­sage d’un huis­sier, ont été assi­gnées en référé "d’heure à heure" devant le tri­bu­nal par la pré­fec­ture de Côte-d’Or en vue d’une expul­sion en invo­quant des "pro­blèmes de sécu­rité" dans le bâtiment.

L’audience a eu lieu mardi matin et la déci­sion sera ren­due jeudi à Dijon.

Contactée par l’AFP, la pré­fec­ture n’a pas sou­haité s’exprimer sur ce dossier.

"Le seul souci de la pré­fec­ture c’est la pré­ser­va­tion des per­sonnes et le res­pect du droit. Il y a des gros pro­blèmes de sécu­rité dans le bâti­ment, il y a des armoires élec­triques haute ten­sion qui ont été ouvertes", a déclaré à l’issue de l’audience Me Stéphane Maussion, avo­cat de la préfecture.

"La pré­fec­ture ne nous dit pas com­ment elle va loger ces per­sonnes lorsqu’elles seront délo­gées par la police", s’est aussi inter­ro­gée Me Dominique Clemang, avo­cate de la défense, disant craindre une "expul­sion" alors que "les tem­pé­ra­tures sont rigoureuses".

Des tem­pé­ra­tures néga­tives, pou­vant dépas­ser les –10 degrés, ont conduit le pré­fet de la Côte-d’Or à acti­ver mardi le niveau 2 "grand froid" du plan dépar­te­men­tal d’urgence hivernale.

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1.500 migrants africains morts en 2011

31 janvier 2012 - Europe 1 - Reuters

Plus de 1.500 migrants africains, un record, sont morts en 2011 en tentant de gagner l’Europe par la mer, a annoncé mardi le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

Plus de 58.000 personnes, là aussi un record, sont parvenues à franchir la Méditerranée pour venir en Europe en 2011, souvent à bord d’embarcations de fortune, a ajouté le HCR, selon lequel cet afflux a été favorisé par les révolutions du "printemps arabe", notamment en Tunisie et en Libye.

"Selon les estimations du HCR, plus de 1.500 personnes se sont noyées ou sont portées disparues depuis leur tentative de traversée de la Méditerranée vers l’Europe en 2011", a déclaré Sybella Wilkes, porte-parole de l’agence, à Genève. "L’année 2011 est donc la plus meurtrière dans cette région depuis que le HCR a commencé à enregistrer les statistiques en 2006", a-t-elle ajouté.

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Bienvenue au bal des hypocrites, réactions à la destruction du campement de Norrent Fontes

31 janvier 2012 -

Communiqué de Marc Boulnois, Maire de Norrent Fontes

Le 29 janvier 2012, les services de l’Etat, ont procédé à la destruction du campement des migrants de Norrent-Fontes. Ce campement, actuellement vide se situe sur un terrain communal. Les migrants (principalement des Erythréens) sont hébergés depuis mi-décembre dans une salle de la commune.
L’an dernier à la même époque, le Maire de la commune avait été mis en demeure par le Préfet de procéder à la destruction du campement (troubles à l’ordre public, insalubrité). Le 29 janvier 2011, une forte mobilisation d’élus, d’associations et de simples citoyens avait stoppé les ardeurs du Préfet.
Un an jour pour jour après cette mobilisation, le Préfet décide de mettre en œuvre sa seconde mise en demeure basée sur la question de l’insalubrité du camp.
A quelques jours de son départ, le Préfet du Pas de Calais réitère ce que ses prédécesseurs avaient tenté pour résoudre la question de la présence des migrants sur notre commune : les destructions de campement et la proposition de les aider financièrement à retourner dans leur pays en guerre…
Se réfugier derrière la question de l’insalubrité, laisser les communes de notre région proposer des solutions de solidarité, mettre en demeure les élus locaux hospitaliers… voilà la politique de l’Etat, voila l’hypocrisie.
En cette période de grand froid, la proposition de l’Etat aux communes qui hébergent des migrants est de les remettre à la rue. Ici, à Norrent-Fontes comme à Angres, Grande Synthe, Steenvoorde et d’autres communes de France, nous refusons que des personnes, quelques soient leur nationalité, soient rejetées à la rue.
Dès la semaine prochaine une réunion des élus hospitaliers est organisée à l’initiative du conseil régional du Nord-Pas de Calais. C’est donc aux collectivités locales de prendre en main la solidarité face à un Etat hypocrite et démissionnaire.

Marc Boulnois
Maire de Norrent-Fontes

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Norrent-Fontes : le camp de migrants démonté par les forces de l’ordre

30 janvier 2012 - La Voix du Nord

Le démantèlement du camp de migrants de Norrent-Fontes vient de se terminer à 10 h 15 ce matin. L’opération avait commencé à 8 h 30, en présence du sous-préfet et de nombreux gendarmes. Deux semi-remorques et deux grues avaient été appelés en renfort.

Tout le temps de l’opération, les accès au camp ont été bloqués. A noter que les migrants eux, n’étaient pas présents sur le camp à l’arrivée des forces de l’ordre. Ils n’étaient pas non plus dans la salle polyvalente du centre-ville de Norrent-Fontes où ils trouvent habituellement refuge pendant les périodes de grand froid.

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Grèce : cinq migrants morts, une centaine arraisonnés en route vers l’Italie

28 janvier 2012 - Romandie news - AFP

ATHENES - Les autorités ont annoncé la mort samedi dans l’ouest de la Grèce de cinq migrants dans l’accident de la camionnette qui les conduisait vers un embarquement pour l’Italie, et l’arraisonnement d’un canot avec une centaine d’autres à bord naviguant vers les côtes italiennes.

Les cinq victimes sont décédées quand la camionnette volée dans laquelle ils s’entassaient avec 40 compagnons, en majorité des Afghans, a quitté la chaussée et s’est renversée, a précisé l’agence de presse grecque Ana (semi-officielle).

Dix autres migrants ont été blessés, dont l’un grièvement, et transférés dans des hôpitaux proches, tandis que le chauffeur du véhicule était toujours recherché.

Volé près d’Athènes et portant de fausses plaques d’immatriculation bulgares, le véhicule convoyait les migrants, dont les nationalités n’ont pas été précisées, en vue d’un embarquement d’une côte de la mer Ionienne vers l’Italie, selon l’Ana.

Une centaine d’autres sans-papiers ayant probablement suivi un itinéraire similaire ont commencé à débarquer samedi dans le port de Katakolo, dans le sud-ouest du Péloponnèse, après l’arraisonnement dans la nuit de leur embarcation, à quelque 30 milles nautiques des côtes occidentales du Péloponnèse.

Le capitaine de l’embarcation, longue de 12 mètres, avait refusé de suivre trois patrouilleurs dépêchés dans la zone vendredi, après un appel téléphonique d’un des passagers avertissant d’un risque de naufrage, a précisé la police portuaire.

Les autorités ont entamé le décompte et l’identification des migrants et de l’équipage.

Selon les premiers éléments de l’enquête, le bateau était parti vers l’Italie des côtes du Péloponnèse, et devait embarquer un autre groupe de migrants convoyés depuis Athènes par un réseau de passeurs mais finalement restés à terre faute de place.

La police fonde cette estimation sur l’arrestion vendredi de 58 autres migrants irréguliers près de Gytheion, dans le sud du Péloponnèse.

Un militaire grec servant à la frontière terrestre gréco-turque d’Evros a par ailleurs été arrêté au port d’Igoumenitsa, où il s’apprêtait à embarquer à bord d’un ferry pour l’Italie avec 70 migrants, dont deux enfants et une femme, cachés dans un camion-frigorifique.

Son voisinage avec la Turquie, fait de la Grèce l’un des principaux pays de transit pour les migrants venant d’Asie et d’Afrique à destination de l’Europe occidentale, et les réseaux de passeurs ne cessent d’ouvrir de nouvelles routes pour contourner le verrouillage croissant des frontières intra-européennes aux flux de sans papiers.

Ces derniers mois, la police grecque a ainsi arrêté des Afghans qui tentaient de rejoindre l’Italie par avions privés venus les prendre en charge dans le nord-ouest de la Grèce.

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Déclenchement du plan grand froid : le local du BCMO ouvrira dimanche

28 janvier 2012 - La Voix du Nord

Les prévisions météorologiques transmises par Météo France annoncent des températures ressenties

(qui tiennent compte du vent) négatives à partir de dimanche et pour les jours suivants.

En conséquence, le préfet du Pas-de-Calais a décidé le déclenchement du niveau « grand froid » du plan grand froid à partir du dimanche soir. Ce niveau est activé lorsque les températures sont comprises entre -5° et - 10 ° la nuit et qu’elles restent négatives en journée.

Le déclenchement de ce niveau permet l’ouverture de 143 places d’hébergement supplémentaires, qui s’ajoutent aux 1 002 places disponibles toute l’année dans les différents centres d’accueil du département afin d’accueillir les personnes ne disposant pas d’un hébergement. Le département compte sept équipes de rue réparties sur les arrondissements d’Arras, Béthune, Boulogne, Calais, Lens et Saint-Omer. À Calais, en plus des structures habituelles, la municipalité ouvrira dès dimanche soir, 19 h et jusqu’à 8 h le lendemain, le local du BCMO. Les migrants (ils sont actuellement entre 150 et 200) pourront passer la nuit au chaud sur des matelas gonflables. L’accueil et la surveillance du lieu seront assurés cette année par les salariés de Solidaires, association d’hébergement d’urgence. En cas de découverte de personnes en situation fragile sur la voie publique, composez le numéro 115 afin que ces personnes soient prises en charge et hébergées. •

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Des nouvelles de Léonard Vincent

28 janvier 2012 -

Léonard Vincent, qui avait eu la gentillesse de nous rédiger un bel article pour Quai SALAM au sujet de l’Erythrée vient de publier son ouvrage, Les Erythréens, aux éditions Rivages.

Voici quelques articles où vous pourrez en apprendre plus au sujet de ce livre :

Une journée banale sous le ministère de Claude Guéant

27 janvier 2012 - Basta - Sophie Chapelle

Paris, aéroport Charles-de-Gaulle. Une « reconduite aux frontières » comme beaucoup d’autres. À l’arrière de l’avion, un homme menotté crie et se débat. Au silence et à la honte des passagers succède leur révolte. Résistance interdite, répliquent les CRS, qui traquent dans l’avion ceux qui ont osé se lever et prendre la parole. Derrière les chiffres proclamés par le ministère de l’Intérieur, la réalité.

Ce 20 janvier, le décollage est prévu à 10 h 30 depuis l’aéroport Charles-de-Gaulle. À l’embarquement, le personnel de bord est fort prévenant et ne signale aucune particularité sur le vol. À l’arrière de l’avion, pourtant, un homme hurle. « Laisse-moi, je veux descendre ! J’ai pas volé, j’ai pas tué, moi je suis pas esclave. » Il est entouré par quatre hommes et une femme, dont les brassards indiquent « police aux frontières ». « Je veux partir pour moi-même, je veux emmener le mot liberté avec moi. » En réponse à ses cris, il y a d’abord le silence des passagers. Et un terrible sentiment d’impuissance et de honte.

« Je n’aime pas non plus assister à ça, dit un steward. Mais on n’a pas le droit de s’en mêler. Mieux vaut peut-être pour lui qu’il soit là que dans un charter. Ici, au moins, on est là, on voit leurs pratiques, et on est avec lui. » Prière donc aux passagers de se montrer sourds, muets et consentants. Mais l’avion a du retard, et l’homme, malgré le tranquillisant injecté dans son bras, se débat toujours autant. Dans sa bouche, les mêmes mots reviennent en boucle. « Ne vous inquiétez pas, ça va finir par se calmer », assure le steward. En fond sonore, la voix du personnel : « Nous sommes heureux de vous accueillir sur ce vol Air France à destination de Conakry. »

L’heure tourne, les visages se crispent, l’indignation marque les regards. Soudain, un homme se lève : « Je n’ai aucune envie de voyager dans ces conditions-là. » Malgré l’appel au calme immédiat lancé par le personnel de bord, d’autres passagers se lèvent à leur tour. « C’est vrai, on ne peut pas accepter ça, c’est pas normal. » La peur recule à mesure que de plus en plus de passagers se lèvent et appellent à rester debout. « Si cet avion partait pour les États-Unis, vous imposeriez ça aux passagers ?, s’insurge un autre homme. C’est parce que l’on part en Afrique ? » « Pourquoi l’attacher comme un chien ? Qu’est-ce qu’il a fait ? »

« Entrave à la circulation d’un aéronef et rébellion »

L’homme menotté, voyant les gens se lever, se met à taper encore plus fort avec ses pieds. La panique gagne à bord. L’avion, lui, commence à partir. « Arrêtez l’avion », hurlent les gens. Les enfants pleurent, des passagers cognent contre les coffres à bagages. « Je vous garantis qu’il va se calmer », répond l’agent de la PAF. En fond sonore, la voix du commandant de bord : « C’est la dernière chance que je vous donne pour que l’avion puisse partir, restez tranquilles à vos sièges. » Agents de police et passagers filment tour à tour la scène. Des passagers exigent de parler au commandant de bord, la sécurité à bord n’étant pas respectée. La sanction tombe finalement à 12 h 30, deux heures après l’embarquement : « À cause du comportement de la majorité des personnes qui sont à bord, le vol est annulé. »

« Ça veut dire qu’il n’y a personne qui va partir, vous êtes contents ? », lâche le gars de la PAF. « Et vous, là, vous allez descendre avec nous », en pointant ceux qui ont désapprouvé haut et fort la scène dont ils étaient témoins. L’appareil est renvoyé au parking. En bas de l’avion, une fourgonnette arrive dont descendent une quinzaine de CRS. Une fois l’expulsé débarqué, la stratégie d’intimidation se met en place. Un homme de la PAF passe dans les rangées, pointe par les numéros de siège les personnes qui ont exprimé verbalement leur indignation. « Nous avons le n° 38. Madame, prenez vos affaires et descendez s’il vous plaît. » Les gens cachent leur visage par peur d’être reconnus, certains revêtent leurs lunettes de soleil. « On vous cherchait monsieur, vous vous cachiez ou quoi ? » Et l’inspection se poursuit.

Avec ceux qui refusent de descendre, la seule méthode employée est celle de la violence. Dans les travées de l’avion surgissent des CRS casqués, matraque et bouclier à la main, défilant en file indienne. Ils viennent chercher un passager de force, accroché à son siège. Au total, huit passagers sont débarqués, poursuivis pour entrave à la circulation d’un aéronef et rébellion. Le personnel est sollicité par la police pour connaître les noms de ceux qui ont été débarqués. Ils seront finalement relâchés trois heures plus tard, sans avoir écopé d’amende. En attendant les bus ramenant les passagers au terminal, un homme témoigne : « Ces expulsions sont monnaie courante sur les vols en direction de l’Afrique. Ce qui a fait réagir les gens, c’est lorsque l’homme a parlé d’esclavage. Voir quatre type blancs menotter un gars dans l’avion et l’expulser, ça évoque tout de suite la traite négrière. On n’a pas oublié le discours de Dakar de monsieur Sarkozy. »

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L’ONU débloque 104 millions de dollars pour faire face des crises humanitaires

26 janvier 2012 - CRI

La secrétaire générale adjointe des Nations Unies aux affaires humanitaires, Valerie Amos, a annoncé mercredi l’octroi de 104 millions de dollars à 13 situations d’urgences négligées à travers le monde.
  Les fonds qui ont été mis à disposition par le Fonds central des Nations Unies pour les interventions d’urgence (CERF), seront alloués à des programmes ayant pour objectif de sauver des vies et identifiés par les Coordonnateurs humanitaires dans les pays concernés.

  Ces pays ont été sélectionnés sur la base des besoins humanitaires et d’une analyse des niveaux de financement.

  Le Soudan du Sud sera le plus grand bénéficiaire, avec une allocation de 20 millions de dollars pour soutenir les efforts pour offrir des services aux anciens réfugiés rapatriés du Soudan voisin. Dans la Corne de l’Afrique, où des millions de personnes ont été affectées par la sécheresse, Djibouti et l’Erythrée bénéficieront chacun de quatre millions de dollars.

  Au Pakistan, 15 millions de dollars iront aider les personnes dans les régions affectées par le conflit. En Haïti, huit millions de dollars ont été alloués pour aider les milliers de personnes qui vivent toujours dans les camps deux ans après le séisme dévastateur.

  Parmi les autres pays bénéficiaires se trouvent la République Centrafricaine, le Tchad, la Côte d’Ivoire, la République populaire démocratique de Corée (RPDC), le Népal, la République du Congo et la Syrie.

  Selon une information du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), une second série d’allocations aura lieu au mois de juillet.

  L’année dernière, 20 situations d’urgence ont reçu plus de 143 millions de dollars.

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Communiqué RESF relatif au risque de l’expulsion de la famille Mahmuti vers la Hongrie puis le Kosovo

24 janvier 2012 - Communiqué RESF

URGENCE ! La famille Mahmuti, en rétention pour la seconde fois depuis le 23/01, risque l’expulsion d’abord vers la Hongrie d’un moment à l’autre puis le Kosovo

M. et Mme Mahmuti, des Kosovars demandeurs d’asile passés par la Hongrie avant d’arriver en France, et leurs quatre enfants ont été cueillis, le 23 janvier à 8 heures dans l’appartement qu’ils occupent à Hauteville (Ain). Usant de violences, et malgré la mobilisation d’une vingtaine de personnes qui cherchait à bloquer les voitures de police, la famille a été emmenée au centre de rétention de Lyon Saint Exupéry.
Cette fois, Philippe Galli, le préfet de l’Ain, n’a pas raté son coup, contrairement à juin dernier, où les policiers avaient fait irruption dans le foyer qui hébergeait les Mahmuti. Il avait dû se « contenter » d’enfermer pendant 10 jours les parents et trois enfants, dont un bébé de 9 mois et un adolescent handicapé, mais Selina, 9 ans, s’était cachée. L’indignation soulevée et la mobilisation avaient alors permis leur libération.
Le 23 janvier à 8 heures, quand Selina pousse la porte pour aller à l’école, elle est immobilisée par un homme, et d’autres apparaissent aux alentours.
Le président de la communauté de communes prévient les citoyens du collectif « Plateau Solidaire ». Quelques minutes plus tard, plusieurs voitures sont garées sur l’unique chemin qui mène à la maison.
Les gens assistent à l’arrestation. Les policiers de la PAF emmènent le fils menotté parce qu’il se débat. Selina est au sol, immobilisée parce qu’elle fait une crise de nerfs. Tous les membres de la famille sont placés dans des voitures, sans bagages. Mais les citoyens refusent de déplacer leurs véhicules. Un garagiste a été appelé pour enlever les voitures, mais il refuse.
Selina explique à un journaliste comment les demandeurs d’asile sont traités en Hongrie, parfois sans nourriture. Elle ne veut pas y retourner. Des élus, le maire de la ville obtiennent l’assurance qu’on va les emmener au CRA et non directement dans un avion. L’avocate est prévenue.
Selina n’a pas connu le CRA l’été dernier, mais elle en a entendu parler. Elle répète qu’elle préfère mourir. Elle dit aux policiers : « tuez-moi, mais je n’irai pas. » Certains policiers sont mal à l’aise, d’autres disent que la Hongrie est un pays respectueux des droits de l’homme ! Selina menace de mettre fin à ses jours au CRA.
Les amis de la famille aident les parents à calmer leur fille, préviennent la préfecture et le CRA pour que Selina soit suivie. La police fait comprendre aux citoyens mal garés qu’ils seront poursuivis. Un autre garagiste est arrivé et va enlever les véhicules. Finalement, la mort dans le cœur, on laisse faire, impuissants, dégoûtés, incrédules ...
La famille Mahmuti fait partie de la vie de cette petite ville. Ils sont acceptés par les habitants, soutenus par la commune, participent aux jardins collectifs. Et si c’était précisément cette solidarité toute simple que le Préfet de l’Ain voulait punir ?
A 14 h 30, les voitures partent. Tout le monde est atterré. A 16 h 30, le CRA appelle et nous les passe : ils sont arrivés : Séléna, Erdogan, handicapé… quant au bébé, et bien le bébé, en rétention comme les autres !
Philippe Galli, le préfet de l’Ain, pour complaire à Guéant et satisfaire aux quotas qui lui ont été fixés, a décidé de s’asseoir sur la toute récente condamnation de la France par la CEDH pour l’enfermement d’enfants. Il préfère s’arc-bouter sur le règlement Dublin II et renvoyer toute la famille en Hongrie, alors qu’il a le pouvoir de la régulariser.
Ne laissons pas faire ! Refusons de voir partir cette famille, refusons l’innommable !
Merci d’envoyer mails et fax en nombre au préfet de l’Ain, au ministère de la Rafle et du drapeau et à l’Elysée pour leur rappeler que la vie d’une famille est plus importante que des quotas d’expulsion.

Modèle de courrier ci-dessous

E-mail : philippe.galli@ain.gouv.fr et prefecture@ain.gouv.fr
Fax : 04 74 23 26 56

Monsieur Galli, préfet de l’Ain,
En juillet dernier, l’expulsion vers la Hongrie de la famille Mahmuti n’a pas pu être excécutée, vous avez refusé d’enregistrer leur demande d’asile en France, étant des " Dublin2".
Vous avez refusé au nom de la loi, que la famille Mahmuti dépose sa demande d’asile étant des "Dublin 2" "Vous avez décidé de mettre en oeuvre ce matin 23 janvier, l’expulsion de la famille Mahmuti vers la Hongrie.
Je m’associe à tous les habitants d’Hauteville qui ce matin ont manifesté leur désaccord, leur honte de voir bafouer la devise républicaine : Liberté, Egalité, Fraternité, en retardant l’excécution de cette basse besogne.
Les citoyens ont pu mesurer une nouvelle fois que les mesures prises "au nom de la loi" pour expulser sont sans limites.....
Je vous demande de revenir à des décisions humainement plus juste, de renoncer à nouveau à l’expulsion de la famille Mahmuti vers la Hongrie.

et...

Nicolas Sarkozy et ses conseillers

Elysée fax : 01 47 42 24 65
Conseiller spécial Henri Guaino henri.guaino@elysee.fr
Secrétaire général xavier.musca@elysee.fr
guillaume.larrive@elysee.fr

Ministère de l’Intérieur

claude.gueant@interieur.gouv.fr
Directeur de cabinet : stephane.bouillon@interieur.gouv.fr
Directeur de cabinet-adjoint : georges-francois.leclerc@interieur.gouv.fr
Les membres du cabinet chargés de l’immigration :
pierre.regnault-de-la-mothe@interieur.gouv.fr
henri.zeller@interieur.gouv.fr
christophe.reynaud@interieur.gouv.fr

Secrétariat général à l’Immigration :

Fax : 01 77 72 61 30 et 01 77 72 62 00
Secrétariat général secretariat-general@immigration-integration.gouv.fr
Secrétaire général : stephane.fratacci@immigration-integration.gouv.fr
Directeur de cabinet : gautier.beranger@immigration-integration.gouv.fr
Chef de cabinet : charlotte.orgebin@immigration-integration.gouv.fr

L’Europe impose un embargo pétrolier sans précédent à l’Iran

23 janvier 2012 - Libération - AFP

La Banque centrale iranienne sera également sanctionnée. L’Union européenne veut mettre la pression sur Téhéran pour qu’il revienne sur son programme nucléaire controversé.

Les pays de l’Union européenne se sont mis d’accord lundi matin pour imposer un embargo pétrolier graduel sans précédent contre l’Iran ainsi que pour sanctionner sa banque centrale afin d’assécher le financement de son programme nucléaire.

« Un accord de principe pour un embargo pétrolier contre l’Iran a été trouvé » lors d’une réunion des ambassadeurs des pays de l’UE à Bruxelles. Il doit être formellement entériné dans la journée à l’occasion d’une réunion des ministres européens des Affaires étrangères.

Le compromis trouvé prévoit une interdiction immédiate de tout nouveau contrat dans le secteur pétrolier avec l’Iran pour les pays européens. Une phase de transition est prévue pour l’annulation des contrats existants qui n’interviendra que le 1er juillet.

Monde Hier à 10h38 (Mis à jour à 14:30)
L’Europe impose un embargo pétrolier sans précédent à l’Iran
La Banque centrale iranienne sera également sanctionnée. L’Union européenne veut mettre la pression sur Téhéran pour qu’il revienne sur son programme nucléaire controversé.
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Les pays de l’Union européenne se sont mis d’accord lundi matin pour imposer un embargo pétrolier graduel sans précédent contre l’Iran ainsi que pour sanctionner sa banque centrale afin d’assécher le financement de son programme nucléaire.

« Un accord de principe pour un embargo pétrolier contre l’Iran a été trouvé » lors d’une réunion des ambassadeurs des pays de l’UE à Bruxelles. Il doit être formellement entériné dans la journée à l’occasion d’une réunion des ministres européens des Affaires étrangères.

Le compromis trouvé prévoit une interdiction immédiate de tout nouveau contrat dans le secteur pétrolier avec l’Iran pour les pays européens. Une phase de transition est prévue pour l’annulation des contrats existants qui n’interviendra que le 1er juillet.

Les réticences grecques

Des discussions intenses se sont déroulées entre Européens sur ce point jusqu’au dernier moment, en raison des réticences de la Grèce, très dépendante des approvisionnements iraniens. Athènes militait à l’origine pour obtenir un délai d’un an avant de couper les ponts.

Il est prévu que d’autres pays producteurs, dans le Golfe notamment, prennent le relais de l’Iran pour maintenir l’approvisionnement des pays européens dépendants. Afin de rassurer la Grèce, l’UE se penchera à nouveau sur cette question au printemps.

Les ministres des Affaires étrangères s’engagent « à revenir sur la question des Etats membres qui importent de larges quantités » de pétrole iranien, au plus tard en avril, indique leur projet de déclaration.

L’Iran vend environ 20% de son pétrole aux pays de l’Union européenne, notamment à la Grèce, l’Italie et l’Espagne. L’essentiel de ses ventes est toutefois réalisé toutefois. C’est la raison pour laquelle l’UE et les Etats-Unis s’efforcent en parallèle de convaincre les pays asiatiques, comme l’Inde, de réduire leurs importations d’hydrocarbures iraniens.
Programme nucléaire controversé

L’objectif poursuivi par l’UE est d’intensifier la pression sur l’Iran afin qu’il accepte de revoir son programme nucléaire controversé visant, de l’avis des Occidentaux, à doter le pays de la bombe atomique alors que Téhéran assure n’avoir que des visées civiles. Les sanctions concernant la banque centrale portent sur un gel de ses avoirs en Europe et une interdiction partielle de transactions avec l’institut monétaire.

« L’option d’un Iran doté de l’arme nucléaire ne peut être acceptée » car cela représenterait « un danger non seulement pour la région mais pour le monde entier », a estimé le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle.

« C’est la raison pour laquelle il est important que l’Union européenne prenne des décisions qui assèchent les sources de financement du programme nucléaire iranien », a-t-il ajouté.

« L’Iran continue à défier les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU », a indiqué de son côté son homologue britannique, William Hague, en qualifiant de « pas plausibles » les explications purement civiles données par Téhéran pour ses programmes d’enrichissement d’uranium.

Israël s’est félicité des sanctions de l’Union européenne. « Le durcissement de ces sanctions et le ton adopté par les Européens sont importants, car cela fait comprendre aux Iraniens qu’il n’est pas acceptable qu’ils poursuivent leur programme nucléaire », a affirmé à la radio militaire le ministre chargé des services de renseignements, Dan Meridor.

L’UE a déjà dans le passé décidé notamment le gel d’avoirs contre 433 sociétés iraniennes et 113 personnes, des restrictions d’exportation de nombreux produits sensibles ou encore l’interdiction des investissements dans le secteur des hydrocarbures.

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Damas rejette le plan de la Ligue arabe

23 janvier 2012 - Libération - AFP

La plan prévoit un transfert du pouvoir de Bachar al-Assad à son adjoint.

Damas a catégoriquement rejeté lundi un nouveau plan arabe pour un règlement de la crise en Syrie prévoyant un transfert de pouvoirs du président Bachar al-Assad à son adjoint et un gouvernement d’union nationale.

Les Comités locaux de coordination (LCC), qui organisent la mobilisation sur le terrain, ont eux aussi dénoncé l’initiative de la Ligue arabe, qui donne selon eux « un nouveau délai au régime pour poursuivre la répression » en Syrie, secouée depuis 10 mois par un mouvement de contestation sans précédent.

Le plan appelle Al-Assad à déléguer « des prérogatives au vice-président pour traiter avec un gouvernement d’union nationale » appelé à être « formé dans les deux mois », selon un communiqué final lu par le ministre des Affaires étrangères du Qatar, cheikh Hamad ben Jassem ben Jabr al-Thani, après une réunion ministérielle au Caire de près de cinq heures, .

Ce cabinet devra être « présidé par une personnalité de consensus. Sa mission sera d’appliquer le plan arabe et de préparer des élections législatives et présidentielle pluralistes et libres sous supervision arabe et internationale », ajoute le plan.

La Ligue demande au « gouvernement et à tous les courants de l’opposition d’engager un dialogue sérieux sous l’égide de la Ligue arabe dans un délai ne dépassant pas les deux semaines » pour pouvoir former ce gouvernement.

« Ingérence dans les affaires intérieures »

Cheikh Hamad a estimé que l’initiative « visait à un départ du régime syrien de manière pacifique ». « Si cette initiative n’est pas mise en oeuvre, nous irons au Conseil de sécurité », a-t-il averti, en appelant de nouveau à « l’arrêt de toutes les formes de violences », à la libération des détenus et à éliminer toute « présence armée dans la rue ». La mention du « départ du régime » ne figure néanmoins pas dans le texte final arabe.

Tôt lundi, le régime syrien a catégoriquement rejeté ce nouveau plan, le qualifiant d’« ingérence flagrante dans ses affaires intérieures », selon un responsable cité par la télévision officielle syrienne. « La Syrie rejette les décisions prises à son encontre en dehors du plan du travail arabe et considère que celles-ci portent atteinte à sa souveraineté nationale », selon ce responsable, qui a précisé que le plan était une « violation flagrante » de la charte de la Ligue arabe.

Cheikh Hamad a précisé que la Ligue allait « informer l’ONU de l’ensemble des résolutions (...) en vue de leur approbation ». Le secrétaire général de la Ligue, Nabil el-Arabi expliqué que la demande d’appui de l’ONU visait à « donner plus de poids » à l’initiative.

Parallèlement, les ministres de la Ligue ont décidé de prolonger sa mission d’observation dans le pays, malgré les critiques, notamment de l’opposition syrienne, contre son incapacité à faire cesser l’effusion de sang.

Selon l’ONU, plus de 5 400 personnes ont perdu la vie en dix mois de révolte et de répression en Syrie dont plusieurs centaines depuis le début de la mission arabe. La Ligue a décidé d’augmenter le nombre d’observateurs, tout en demandant au régime de « faciliter leur travail ».

« Changement radical du régime »

Les observateurs ont été déployés le 26 décembre après l’accord donné par le pouvoir à Damas à un protocole régissant leur mission, qui prévoit un arrêt des violences, le retrait des chars des villes et le déplacement libre des médias étrangers. Mais aucune des clauses n’a été respectée. Des divergences sont d’ailleurs apparues durant la réunion arabe dimanche, l’Arabie saoudite ayant décidé de retirer ses observateurs, en arguant du non-respect par le régime des clauses du précédent plan arabe.

L’appel arabe à un soutien de l’ONU a été favorablement accueilli par le chef du Conseil national syrien (CNS), le plus important groupe de l’opposition, Burhan Ghalioun, qui a cependant affirmé que « toute transition en Syrie devra être précédée d’une annonce de départ de M. Assad ».

Le CNS réclame le transfert du dossier à l’ONU et veut désormais une saisine de la Cour pénale internationale (CPI). Il demande aussi l’imposition d’un « embargo aérien » à la Syrie et la création de « zones sûres en vue de l’acheminement de l’aide humanitaire »

Pour leur part, les LCC, qui représentent les militants sur le terrain, ont estimé que la Ligue arabe avait « échoué encore une fois à adopter une solution qui répond aux attentes des Syriens ».

« Sa nouvelle initiative donne au régime un nouveau délai pour poursuivre la répression et une couverture pour mater la révolte », ont-ils affirmé. « Les Syriens n’accepteront pas une solution qui ne comporte pas un changement radical du régime répressif et corrompu », ont martelé les LCC, en appelant la Ligue arabe à « reconnaître son échec ».

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L’Erythrée, "dictature la plus sanglante d’Afrique"

20 janvier 2012 - Le Nouvel Observateur

Dans un livre choc, le chercheur Léonard Vincent (*) donne la parole à un peuple pris en otage par l’un des pires dictateurs du monde. Interview.

Pourquoi peut-on parler d’une "dictature inconnue" ?

- Un homme, à la tête de son clan, a réduit sa population en esclavage. Ce pays de 5 millions d’habitants est devenu un immense camp de travail forcé. Un bagne. Le quotidien de l’Erythrée est fait de rafles, de torture, d’effroi, de milliers de situations terrorisantes : si un Erythréen est confronté à un chef de service, s’il n’a pas tous ses papiers en règle, si un membre de sa famille a pensé à fuir ou si un cousin a été vu aux Etats-Unis dans une manifestation... le système répressif et oppressif, très élaboré, lui rend la vie infernale. Dictature "inconnue" ? Oui, parce qu’il n’y a pas d’enjeux autour de ce pays, pas de pétrole, pas de têtes nucléaires.

A sa tête, un homme, Issayas Afeworki.

- Une personnalité très particulière. Son régime n’a pas l’extravagance de celui du Coréen Kim Jong-un, ni la corruption légendaire de celui d’Amin Dada en Ouganda, c’est un gangster contrôlant un système mafieux. Il assume ouvertement sa brutalité face aux instances internationales, se pose comme invincible, obsédé par la survie, considère que l’Erythrée est sa propriété, sa vie, sa chose. Sa guérilla contre l’Ethiopie a duré trente ans, de 1961 à 1991. Imaginez un parti qui prendrait le pouvoir après trente ans de Vercors sous occupation allemande.
Il a organisé un pays parallèle, créant des poches de résistance, des écoles, des hôpitaux, des exploitations agricoles et une économie fermée. Il a résisté et vaincu l’Ethiopie de Hailé Sélassié, appuyée par les Etats-Unis, et celle de Mengistu, soutenue et armée par les Soviétiques et les Cubains. Issayas Afeworki est un leader des hauts plateaux, issu d’une classe populaire, qui a conçu et réalisé un projet national qualifié d’impossible. Formé en Chine où il a tout appris pendant la Révolution culturelle, c’est un combattant en sandales, un héros mythique venu tout droit des années 1960-70, un leader, un chef militaire, un survivant en guerre.

En un demi-siècle, rien n’a changé ?

- Non. Il est resté fidèle à trois dogmes :

1. Pour lui, rien n’est impossible ;

2. Son projet passe avant toute chose ;

3. Il peut tenir tête au monde entier !

Quand le chef de la guérilla s’est-il transformé en dictateur sanglant ?

- Très vite. Dès la chute de Mengistu et l’accession à l’indépendance. En 1993, quand ses soldats manifestent pour leurs droits, la répression est impitoyable. En 1998, la "guerre des frontières" éclate avec l’Ethiopie. C’est une épouvantable boucherie. Pour rien : entre 70.000 et 90.000 morts des deux côtés, et une défaite militaire et politique pour l’Erythrée. Les anciens frères d’armes du président Afeworki renâclent, veulent réformer le système de l’intérieur, créent un groupe de quinze opposants historiques, le G15... Il les casse.
Commencent alors les arrestations, les disparitions forcées, les assassinats d’opposants à l’étranger. Le 18 septembre 2001, profitant de la formidable diversion de l’attentat contre le World Trade Center, Afeworki lance une immense rafle : membres du G15, opposants, journalistes, artistes, intellectuels, tous sont jetés en prison.

Aujourd’hui ?

- Le service militaire est obligatoire pour tous les jeunes, garçons et filles : enrôlés à l’âge de 17 ans jusqu’à... la quarantaine ! D’abord, dix-huit mois de camp disciplinaire, avec viols des jeunes femmes, brutalités des supérieurs, cachot et torture comme sanctions. Ensuite, on est affecté à un grand chantier du président, à une ferme, à une fabrique. Un contact avec "l’étranger", avec un passeur, un mot malheureux dans un café et c’est la prison.

Il existe 314 camps de détention dans le pays. Des centres de tri à la sortie des villes, des containers métalliques de cargos en plein désert, des camps de haute sécurité pour les politiques, comme celui d’Eiraeiro, à 50 kilomètres d’Asmara. Cellules, isolement, pas de visites, interrogatoires et torture à mort. On pratique la technique de l’hélicoptère : le prisonnier, suspendu pieds et mains au plafond, tourne, les autres frappent : "Avoue !"

D’où la fuite effrénée vers l’étranger...

- Sur 5 millions d’Erythréens, 1 million se sont évadés depuis 2004. L’ONU a recensé 3.000 passages par mois vers le Soudan et l’Ethiopie... pour ceux qui réussissent à déjouer les patrouilles.

Les autres ?

- Jetés en prison. Ou condamnés à vivre dans un pays sans système judiciaire, dans une capitale en panne d’électricité, avec le peu d’argent envoyé par les Erythréens de la diaspora, eux-mêmes frappés d’une taxe "révolutionnaire" qui ponctionne d’office 2% de leurs revenus à l’étranger.

Et le silence international...

- Il permet à Afeworki de fournir armes et entraînement aux shebabs islamistes de Somalie et de déstabiliser la Corne de l’Afrique. La Chine est très présente en Erythrée, le Qatar fournit de l’argent frais, la Mafia italienne exploite des hôtels sur la mer Rouge et l’Union européenne... a fourni en 2007 une enveloppe de 122 millions d’euros pour cinq ans. Issayas est devenu alcoolique, diabétique mais il fait toujours peur. Sa dictature est la plus sanglante du continent africain, un foyer de déstabilisation potentiel et un camp de concentration que les jeunes fuient en allant mourir dans des barques de clandestins aux portes de l’Europe.

* Chercheur, journaliste, écrivain, Léonard Vincent vient de publier "Les Erythréens" aux Editions Rivage.

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Montée en flèche des demandes d’asile : 22’551 requêtes en 2011

19 janvier 2012 - Romandie - ats

Le nombre de demandes d’asile a bondi de 45% l’an dernier en Suisse par rapport à 2010, à 22’551 requêtes. Il s’agit du chiffre le plus élevé depuis 2002, a annoncé jeudi l’Office fédéral des migrations (ODM).

L’Erythrée est le principal pays de provenance des requérants, avec 3356 demandes. Elle est suivie de la Tunisie, avec 2574 demandes, et du Nigeria, avec 1895 demandes. Ce fort afflux s’explique principalement par la crise qui sévit en Afrique du Nord et par la route migratoire vers l’Europe empruntée depuis mars.

Les requérants d’asile tunisiens ont peu de chances de pouvoir rester en Suisse, a précisé l’ODM. L’an dernier, 324 sont rentrés volontairement. Alors que les rapatriements sous contrainte avaient été suspendus en raison des bouleversements survenus en Afrique du Nord, un vol spécial à destination de la Tunisie a à nouveau été organisé en décembre.
21% de demandes acceptées

En 2011, 19’467 demandes d’asile ont été réglées en première instance, soit 1223 de moins qu’en 2010 (-5,9%). 3711 personnes ont obtenu l’asile, contre 3449 l’année précédente (+7,6%). Ainsi, l’octroi d’asile a avoisiné les 21%, en hausse de 17,7% par rapport à 2010.

L’an dernier, 3621 requérants d’asile ont été transférés dans un autre Etat Dublin pour des raisons de compétence, contre 2722 en 2010. Inversement, 482 personnes ont été remises à la Suisse en 2011.
Pic en 1999

Dans les années 1950 et 1960, quelques centaines de personnes déposaient une demande d’asile en Suisse par an. Une décennie plus tard, on en enregistrait 1000 à 3000. Pour la plupart, les demandeurs provenaient de pays communistes.

A partir de 1980, la migration Sud-Nord a pris une ampleur dramatique. Les demandes en Suisse ont passé de 3000 à 36’000. Un pic a été atteint en 1999 avec 47’500 requêtes. Depuis 2003, le chiffre annuel oscille entre 11’000 et 21’000. Entre 2008 et 2010, il se situait à environ 16’000.

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Afghanistan : près de 1,3 million de personnes menacées par les mines

19 janvier 2012 - AFP

KABOUL — Près de 1,3 million de personnes sont encore menacées par quelque 600 kilomètres carrés de champs de mines en Afghanistan, un pays que la communauté internationale et le gouvernement afghan nettoient depuis vingt ans, ont annoncé jeudi les Nations unies.

Au cours des deux dernières décennies, "plus de 500.000 mines anti-personnelles, plus de 22.000 mines anti-tank et plus de 15 millions de munitions non explosées" ont été nettoyées, a indiqué à l’AFP Alan MacDonald, le directeur du Centre de coordination et d’action de l’ONU contre les mines en Afghanistan (CCCMA), en qualifiant cette campagne de "succès majeur".

Quelque 375 personnes ont été blessées ou tuées en 2011 par des mines - qu’elles soient anti-personnelles ou anti-tank - ou des munitions non explosées, contre 2.027 en 2001, année record en la matière, selon le CCCMA.

Mais il reste de nombreux champs à nettoyer, a souligné M. McDonald. "Nous savons exactement où ils se trouvent. Il y en a partout dans le pays. A la fin de l’année 2011, il restait 6.048 zones dangereuses, touchant 588 kilomètres carrés et 1.930 communautés", soit précisément "1.277.857 personnes à risque".

"Nous connaissons les caractéristiques des champs de mines et celles des communautés qui vivent autour. Et nous privilégions (le déminage des sites les plus dangereux), ce qui permet de réduite le nombre d’accidents", selon lui.

Quelque 90 millions de dollars sont dépensés chaque année par la communauté internationale pour parvenir à ce résultat dans l’un des pays les plus minés au monde. Environ 15.000 personnes travaillaient au nettoyage des mines en 2011.

Ces explosifs ont dans leur très grande majorité été enterrés au cours de trois conflits récents : l’invasion soviétique (1979-1989), la guerre civile entre chef de guerre afghans (1992-1996) et la guerre entre les talibans et l’Alliance du Nord du commandant Ahmad Shah Massoud (1996-2001).

S’y ajoute le conflit en cours entre le gouvernement de Kaboul, soutenu par l’Otan, et les talibans. Depuis quelques années, les rebelles ont en effet fait des mines artisanales placées le long des routes et déclenchées à distance l’une de leurs armes favorites et les plus mortifères.

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Rigoberte M’Bah, la footballeuse d’Hénin, à nouveau déboutée de sa demande de régularisation

19 janvier 2012 - La Voix du Nord - H. N.

Nouveau déboire administratif pour la footballeuse d’origine camerounaise du Football club féminin d’Hénin-Beaumont. La préfecture du Pas-de-Calais a, une fois encore, refusé de lui accorder un titre de séjour. « Là, on atteint les sommets de l’acharnement, tonne Armand Nwatsock, porte-parole du collectif de soutien à la joueuse sans papiers. ...

Pourquoi cela ? Rigoberte est-elle une criminelle ? Depuis vingt ans que je m’occupe des sans-papiers, je ne me serais jamais imaginé une telle décision qui repose en plus sur un fondement sexiste. Je ne connais pas un joueur sans papiers évoluant en Ligue 1. » Il est vrai que, a priori, les espoirs semblaient permis. En disgrâce avec les anciens dirigeants du club de foot, Rigoberte M’Bah avait, contre toute attente, rempilé pour une saison supplémentaire, à l’automne. Et signé un contrat fédéral en bonne et due forme qui démarrait le 1e r janvier. Avant Noël, la préfecture du Pas-de-Calais avait même décidé de prolonger son récépissé d’un mois et l’autorisait à travailler. Or, pour la préfecture, la situation de la joueuse « n’a pas changé sur le fond ». Autrement dit : elle ne rentrerait pas dans les critères d’une régularisation à titre exceptionnel comme elle le sollicite. Argument pourtant balayé par le tribunal administratif en octobre... À présent, d’après cette nouvelle décision préfectorale, la joueuse a un mois pour quitter le territoire français « selon ses propres moyens ». Cependant des recours existent encore. Me Lequien, l’avocate de la footballeuse, a fait savoir qu’elle saisirait le tribunal administratif dans les plus brefs délais, et juge que « le refus a été motivé de façon aberrante. Il est temps que la préfecture du Pas-de-Calais soit dessaisie car ils ont les yeux braqués sur ce premier revers ».

« Coup pour coup »

Cette fois, le ton risque de monter d’un cran. « Jusqu’ici on a été plutôt cool, confie Armand Nwatsock.

Maintenant, on ne prendra plus de gants. Ce sera coup pour coup. » Interrogé hier, Jacques Samé, porte-parole du comité de soutien à Rigoberte M’Bah, déplore la décision préfectorale mais ne se montre pas plus surpris que cela. « J’ai toujours eu le sentiment que si le dossier était examiné avant l’élection présidentielle, alors Rigoberte n’obtiendrait pas son titre de séjour. Il n’y a qu’à voir comme Claude Guéant, le ministre de l’Intérieur, marche sur les plates-bandes du Front national pour s’en convaincre. »

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Tunisie : 33 enfants réfugiés non accompagnés réinstallés en Norvège

18 janvier 2012 - Espace Manager.com

Le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a annoncé mardi la réinstallation en Norvège de 33 enfants réfugiés non accompagnés après avoir passé plusieurs mois dans un camp en Tunisie pour les personnes ayant fui les hostilités en Libye.

Les enfants faisaient partie d’un groupe de 90 enfants qui étaient arrivés seuls au camp de Choucha en Tunisie en 2011. Certains étaient déjà orphelins avant de quitter la Libye, d’autres ont perdu leurs parents par la suite. La majorité des enfants sont originaires de la Somalie, du Soudan, de l’Ethiopie ou de l’Erythrée. A ce jour, 39 des 90 enfants réfugiés non accompagnés ont été réinstallés, la plupart en Norvège, en Suède ou au Danemark.

« Etant donné qu’ils ont forgé des liens forts entre eux, le départ a été difficile pour beaucoup d’entre eux, et particulièrement ceux qui attendent toujours la réinstallation. La vie dans le camp de Choucha est difficile, avec beaucoup de vent et un froid glacial. Le HCR et ses partenaires espèrent qu’une solution puisse être trouvée rapidement pour les enfants qui y sont encore- et pour les autres réfugiés qui attendent une solution durable », a déclaré le porte-parole du HCR Adrian Edwards.

Le HCR qui fournit une assistance dans le camp de Choucha travaille avec les enfants et leurs communautés pour déterminer le meilleur intérêt de chaque enfant. Le HCR considère que la réinstallation est la seule option adéquate pour la majorité des réfugiés qui ont fui la Libye pour aller en Tunisie ou en Egypte l’année dernière. Les deux pays ont accepté la présence temporaire de centaines de milliers de réfugiés sur leurs territoires en attendant qu’ils puissent être rapatriés.

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L’homme qui pansait les tortures

17 janvier 2012 - Slate Afrique - Stéphanie Trouillard

Survivant des prisons éthiopiennes, Mulugeta Abai a mis près de 20 ans avant de raconter son histoire. Aujourd’hui directeur du Centre canadien pour les victimes de torture, il aide à son tour ceux qui souffrent de séquelles physiques et psychologiques.

Dans son petit bureau du centre-ville de Toronto, Mulugeta Abai croule sous les dossiers. Dans ses étagères, près de son ordinateur ou même épinglées aux murs, des liasses de feuilles. Des papiers noircis comme autant d’histoires. Celles des personnes qui ont osé un jour appuyer sur la sonnette du Centre canadien pour les victimes de torture (CCVT). Depuis sa création en 1977, l’organisme a reçu plus de 18.000 hommes et femmes de 123 pays différents.

Des réfugiés pour la plupart, venus d’Ethiopie, d’Erythrée, de Somalie, mais aussi des Afghans, des Irakiens, des Iraniens ou encore des immigrés d’Amérique du Sud. Des quatre coins du monde, ils ont tous en commun ces douloureux souvenirs qui leur font faire des cauchemars, qui leur coupent l’appétit, qui les empêchent d’établir des relations normales ou qui les font souffrir dans leur chair.

« La plupart du temps ils viennent grâce au bouche à oreille. Ils en ont entendu parler par leurs amis, par le gouvernement, par les services sociaux, par l’école, par des avocats, par des médecins ou encore par l’église », explique le Directeur du Centre.

Libérer la parole

Demander de l’aide, une démarche très difficile lorsqu’on a subi les pires atrocités. Quand il ouvre sa porte à des nouveaux visiteurs, Mulugeta Abai sait que ces victimes ont peur de raconter leur passé :

« L’une des choses que les tortionnaires leur disent, c’est que personne ne va les croire. Durant la répression chilienne, des gens ont utilisé des bergers allemands pour violer des femmes. Certaines histoires paraissent invraisemblables, même si elles ont bien existé. Il y a donc de la honte, mais aussi du déni. Ils font comme si cela n’était pas arrivé ».

Pour libérer leur parole, le Centre peut compter sur 27 employés et plus de 250 volontaires. En groupe ou en rendez-vous individuel, des éducateurs, des avocats, des psychiatres ou encore des médecins tentent de guérir ces problèmes traumatiques. Chaque cas est unique.

« Il y a des personnes qui ne nous ont pas raconté leurs histoires et qui viennent depuis des années. Nous entendons des bribes par les femmes ou par des amis. Et puis il y a des gens qui arrivent le premier jour et qui racontent tout, souligne Mr. Abai, Le plus important au départ, c’est de créer un lien de confiance, de faire en sorte qu’ils soient à l’aise ».

D’un pays et d’une guerre à l’autre, les sévices ne sont pas non plus les mêmes.

« Suivant l’avancée des technologies, ils changent les tortures. C’est de plus en plus psychologique. Regardez ce qui s’est passé à Guantanamo ou en Irak, ce genre de tortures ne laissent pas de marques physiques comme les simulations de noyades, les privations de sommeil avec de puissantes lumières sans arrêt ou des sons très forts ».

Les adultes ne sont pas les seuls à souffrir. Le CCVT accueille aussi les plus jeunes : « Les enfants sont torturés de deux façons. Tout d’abord lorsque leurs parents sont torturés, il y a une perte pour eux, et deuxièmement si les parents se cachent ou s’ils refusent de donner des informations, certains enfants sont agressés ».

Un régime brutal

Malgré ces horreurs quotidiennes, Mulugeta Abai ne quitte pas son sourire. Sur son mur à côté de peintures africaines, sont affichées des dizaines de cartes de remerciements. Le visage de ce petit homme aux cheveux grisonnants s’illumine tout spécialement lorsqu’il se souvient de certaines familles. En vingt-cinq ans de carrière dans le Centre, de simple volontaire à directeur, il est fier de pouvoir raconter de belles réussites. Celle de cette famille d’Afghanistan, en souffrance depuis son arrivée en Canada, mais dont « les enfants ont finalement eu des doctorats et dont l’un des garçons fait partie de l’équipe canadienne de boxe » ou celle de ce docteur d’origine indienne dont toute la famille a été tué en Iran. « Il vivait dans la rue quand il est arrivé ici. Nous l’avons aidé avec un soutien psychologique et à être régularisé. Maintenant il est millionnaire ! ».

Mulugeta Abai est le mieux placé pour écouter ces victimes, car il a lui-même souffert de la torture :

« Si moi je ne peux pas, qui le pourrait ? J’ai traversé des expériences similaires, je comprends leur douleur ».

Né en 1953 dans la province de Tigray, dans le nord de l’Éthiopie, il a vécu une enfance heureuse et relativement aisée. Son père était juge. Après des études, il choisit quant à lui de devenir professeur. Il se marie, devient père de quatre fils et accède au poste de directeur d’école. Mais tout bascule en 1974 lorsque l’Empereur Hailé Sélassié est renversé par la junte militaire, appelé le Derg. Accusé de ne pas soutenir le nouveau gouvernement, le jeune Éthiopien est arrêté : « C’était un régime, brutal, militaire et socialiste. Il ne se souciait pas des gens. Ils ont tué près d’un million de personnes ».

Lorsqu’il se remémore ces vingt-deux mois passés en prison, ses phrases se font plus courtes, son grand sourire disparaît et ses yeux deviennent humides. Des menottes serrées autour de ses poignets, des coups de fouet, de la saleté et des odeurs pestilentielles, des nuits sans sommeil, il ne préfère pas en parler. Sa plus grande douleur, reste la séparation de sa famille :

« Je me souviens d’une visite, il y avait une barrière, mon fils ainé, a réussi à se faufiler jusqu’à moi sans que personne ne le voit. Il se souvient encore que je l’ai pris dans mes bras. J’ai dû le reposer par terre, c’était une grande peine pour moi ».

Il se rappelle aussi en particulier de l’un ses tortionnaires, un de ses anciens élèves : « Il avait le pouvoir, il n’avait pas fini ses études. Ils utilisent des gens comme lui et leur donne du pouvoir. J’ai essayé de lui parler mais il n’écoutait pas ». Dans sa cellule exigüe, où il entend les pas des gardiens venus chercher le prochain condamné à mort, il peut toutefois compter sur une grande entraide :

« Nous vivions jour après jour, heure après heure. Nous étions très proche les uns des autres, nous nous soutenions, nous partagions la nourriture. Tout ce qui arrivait était pour tout le monde ».

Sa propre thérapie

Libéré une troisième fois, le père de famille ne veut plus revivre ce cauchemar. Il laisse les siens pour fuir son pays :

« J’ai marché vers la frontière soudanaise pendant dix-sept jours. J’étais recherché, mon nom était distribué sur une liste dans tout le pays. Je devais me cacher. C’était la seule solution pour protéger ma famille et ma vie ».

Après avoir fait une demande de réfugié, il arrive finalement au Canada au début des années 1980. Mais ce n’est que bien des années plus tard, en 1991, après la chute du régime, qu’il pourra retourner en Éthiopie et enfin revoir sa famille. Pendant tout ce temps, Mulugeta Abai ne parlera à personne de ce passé :

« Je vais bien mais sur onze de mes amis, un seul a survécu. Ils sont morts pour rien. À chaque fois que j’en parle, je m’en souviens. J’étais aussi proche de mon père et quand je suis parti, il est mort. Mon plus jeune frère, je ne sais pas ce qu’il est devenu. Il est parti 6 mois avant mon départ de l’Ethiopie. Nous ne savons pas s’il est mort ou vivant ».

Aujourd’hui, même si ses enfants l’ont rejoint dans son nouveau pays, ses traumatismes sont toujours présents. Pour les combattre, son travail dans le centre est la meilleure des thérapies : « Je n’aide pas seulement les autres, mais moi également. Quand je vois que les gens sont guéris, qu’ils nous supportent, qu’un survivant revient et nous fait une donation, cela me guérit aussi ».

L’ancienne victime n’est pas seulement là pour écouter, il se mobilise aussi pour que soit jugé des criminels de guerre qui résident au Canada. Selon le gouvernement du pays, il serait une trentaine à se cacher. Ces personnes recherchées par les autorités sont africains, asiatiques, originaires d’Amérique du Sud et même d’ex-Yougoslavie :

« Il y a beaucoup de gens qui nous disent qu’ils ont croisé leur tortionnaire dans le métro ou dans la rue ».

Mais pour Mulugeta Abai, il n’est pas question de renvoyer arbitrairement ces hommes :

« Premièrement, on ne peut pas accuser quelqu’un sans prouver sa culpabilité. Deuxièmement, si on les renvoie dans leur pays, ils vont parfois être eux-mêmes torturés, cela n’est pas de la justice. On nourrit les chambres de torture. Ils doivent être jugés, mais ici ».

Il constate aussi que les criminels n’ont pas de frontières : « Les journaux se concentrent sur les pays du Sud où il y bien entendu de la torture, mais il y en a aussi aux États-Unis et personne n’en parle. Il y a deux poids deux mesures ».

Selon lui, l’ancien président américain Georges W. Bush et son second, Dick Cheney, devraient également être traîné devant un tribunal pour leurs agissements en Irak et à Guantanamo :

« Je dois nettoyer devant ma propre porte avant d’aller critiquer les autres ! ». Le directeur et ses employés ne sont en tout cas pas prêts d’être au chômage. « La torture augmente, elle ne décroit pas », souligne Mr. Abai.

À 58 ans, il va encore laisser pendant longtemps sa porte grande ouverte :

« Je vais continuer à aider les gens qui sont dans le besoin. Je voudrais que la torture cesse, mais cela va prendre des années. Je ne pense pas que nous serons encore vivant, lorsque cela arrivera ».

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SANTÉ des migrants : TB, VIH et VHB, des vulnérabilités de Santé publique

17 janvier 2012 - Santélog

Un état de santé qui se dégrade globalement chez les 5,3 millions d’immigrés vivant en France et même tendance dans d’autres grands pays d’immigration. C’est l’une des conclusions de ce bulletin hebdomadaire de l’Institut de veille sanitaire qui s’est attaqué à ce sujet rendu complexe par la diversité des populations et les nombreux biais de déclaration et de recensement, mais primordial étant donné qu’il touche à des populations vulnérables.

La France compte 5,3 millions d’immigrés soit 8,4% de la population (Source Insee 2000). 38% sont originaires d’Europe et 43% d’Afrique.

La revue de la littérature scientifique française montre un état de santé des immigrés plutôt bon dans les années 1980 et 1990 mais moins bon dans les années 2000, comme dans la littérature internationale. L’avantage bonne santé historiquement constaté à l’arrivée dans le pays s’estompe au fur et à mesure que la durée de résidence dans le pays d’accueil s’allonge, explique l’InVS.

Non seulement les migrants adoptent des habitudes de vie moins favorables à la santé, exercent souvent des professions à forte pénibilité, connaissent des situations de grande précarité mais aussi, de nouveaux profils d’immigration vulnérables se développent comme des femmes et enfants isolés.

D’où un mauvais état de santé majoritaire dans ces groupes, et au-delà des facteurs sociaux et psychosociaux ou du pays d’origine. Cependant, les immigrés originaires de Turquie et du Portugal sont ceux qui se déclarent le plus en mauvaise santé. On retrouve également la situation très vulnérable des femmes migrantes, avec les risques périnataux ou encore certains immigrés politiques présentant des psychotraumatismes. Ainsi, entre 2004 et 2010, parmi les 17.836 personnes ayant consulté un dans les centres de santé du Comede, plus de 60% avaient subi des violences dans leur pays d’origine, et près d’un quart la torture.

Les migrants concentrent la moitié des nouveaux cas de VIH et de TB recensés et les trois quarts des prises en charge pour hépatite B chronique. Les taux de découvertes de séropositivité VIH et de déclarations de tuberculose sont ainsi 10 et 8 fois plus élevés chez les migrants que chez les non-migrants. Curieusement, alors que les immigrés déclarent globalement se faire plus fréquemment vacciner que les Français, ils rapportent moins fréquemment un vaccin contre l’hépatite B et un dépistage du VIH dans les douze derniers mois. Le diagnostic précoce devrait permettre d’orienter rapidement vers une prise en charge adéquate…

Les difficultés d’accès aux soins –et à la prévention- sont réelles et confirmées par ce bilan, aggravées par les barrières administratives comme par celles de la langue. Les études s’accordent sur le moindre recours aux soins de la population immigrée, en particulier en médecine de ville. En cause, la situation économique et sociale plus défavorisée des immigrés, un accès marginal aux complémentaires Santé et une moindre intégration sociale donc connaissance des ressources possibles. Ainsi, les barrières culturelles et informationnelles dans le parcours de soins des immigrés, les font rencontrer les professionnels de santé tardivement, plutôt que dans une démarche

Préventive. Enfin, un tiers des bénéficiaires de l’AME déclare avoir été soumis à un refus de soins de la part des professionnels de santé.

Mieux cerner les besoins de santé et les difficultés d’accès de ces populations doit contribuer à la réflexion sur les politiques publiques et les programmes en direction des migrants. Car certaines politiques de sécurité et de lutte contre l’immigration clandestine, par la peur des arrestations qu’elles engendrent, éloignent aujourd’hui les personnes des structures de santé et entravent le travail de prévention, de réduction des risques et d’accès aux soins, précise l’étude publiée dans ce numéro par Médecins du Monde.

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Quand le Royaume-Uni réexpédiait en France des enfants clandestins

17 janvier 2012 - Le Monde

Depuis le 20 avril 1995 et jusqu’en août 2011, un accord à l’amiable entre la France et le Royaume-Uni permettait aux autorités anglaises de renvoyer immédiatement sur le sol français tout enfant non accompagné étant entré clandestinement sur le territoire.

C’est ce que révèle mardi 17 janvier le rapport (PDF) de la commission anglaise des enfants après plusieurs mois d’investigations. Un "gentleman’s agreement" (reproduit dans le rapport entre les pages 58 et 62) signé alors par le directeur des libertés publiques, au sein du ministère de l’intérieur, Jean-Paul Faugère (aujourd’hui chef de cabinet du premier ministre) et son homologue anglais, autorisait le Royaume-Uni à prendre une telle mesure à l’encontre de toute personne entrée clandestinement sur le territoire dans les 24 heures suivant son arrivée. Accord auquel les autorités britanniques ont mis fin il y a quelques mois, quand Maggie Atkinson, directrice de la commission, a soulevé le problème.

Intitulé "Landing in Dover" ("débarquement à Douvres"), le rapport de 70 pages dénonce le cas d’enfants arrivés clandestinement au port anglais de Douvres (Sud-Est de l’Angleterre), arrêtés par les autorités locales avant d’être interrogés puis renvoyés en France sans le moindre contact avec les services sociaux ou médicaux. "Un échec majeur pour la protection de l’enfance", déplore le texte.

"DES ENFANTS PARMI LES PLUS VULNÉRABLES"

Or, comme le souligne le rapport, parmi ces enfants qui arrivent souvent depuis Calais en se cachant dans les camions ou les conteneurs, se trouvent des jeunes victimes de l’exploitation de réseaux mafieux, d’autres fuyant des pays en guerre.

Maggie Atkinson cite le cas de sept enfants vietnamniens envoyés en Angleterre pour travailler comme jardiniers sur des sites de production de cannabis qui ont été renvoyés en France.

Leur faute ? Ne pas avoir demandé le droit d’asile dans les 24 heures ayant suivi leur arrivée sur le territoire britannique. Une demande qui leur aurait permis de ne pas tomber sous le coup du "gentleman’s agreement" et de bénéficier d’une prise en charge plus classique.

Des pratiques contraires aux règles de la convention des Nations unies relatives aux droits de l’enfant, note le rapport, qui rappelle qu’en mars dernier pourtant, le vice-premier ministre britannique, Nick Clegg, déclarait publiquement que les enfants non accompagnés arrivant en Grande-Bretagne devaient être "confiés aux autorités locales afin de s’assurer qu’ils reçoivent le même niveau de soin et de soutien que tout autre enfant dans le besoin".

Interrogée par le Guardian, Maggie Atckinson explique que "les enfants non accompagnés qui arrivent au Royaume-Uni sont parmi les plus vulnérables que [son] bureau rencontre. C’est pourquoi nous avons continué à enquêter sur la façon dont ils sont traités en travaillant de manière constructive avec l’UKBA [UK Border Agency, équivalent de la police aux frontières en France]."

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Itinéraire d’un migrant afghan

16 janvier 2012 - France 3 Basse Normandie - Stéphanie Potay et Sylvain Rouil

Journée mondiale du migrant et du réfugié ce dimanche. Récit de l’itinéraire d’un migrant afghan

Le 3e dimanche de janvier, c’est la journée mondiale du migrant et du réfugié, une journée instituée par l’église catholique. A Cherbourg était célébrée ce dimanche la traditionnelle messe des migrants. Cherbourg est le point de passage de nombreux étrangers fuyant leur pays en guerre.

Comme Djamel Zazaï, arrivé clandestinement, d’Afghanistan, en 2009. Il vient d’obtenir sa carte de réfugié l’autorisant à rester sur le territoire français pendant 10 ans et à y travailler. Un précieux sésame obtenu après deux années particulièrement difficiles : camp de réfugié aux conditions de vie les plus sommaires, arrestation. Un sésame d’autant plus précieux que ¨la vie Djamel Zazaï est menacée dans son pays.

Découvrez ci-dessous le reportage de Stéphanie Potay et Sylvain Rouil


Itinéraire d’un migrant afghan par france3bassenormandie_845

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Les Erythréens, proies des trafiquants dans le désert soudanais

15 janvier 2012 - AFP - Ian Timberlake

CAMP DE RÉFUGIÉS DE CHAGARAB — Les Erythréens, qui ont fui leur pays, se révèlent une proie facile dans le désert soudanais pour les trafiquants qui les enlèvent et parfois les tuent, témoignent des réfugiés et les Nations unies.

Ils "nous attrapent et nous vendent comme des moutons", affirme un demandeur d’asile originaire d’Erythrée, qui préfère rester anonyme pour des raisons de sécurité comme tous les réfugiés interrogés par l’AFP dans le camp de Chagarab, situé dans l’Etat frontalier du Kassala (nord-ouest).

"Les groupes impliqués sont lourdement armés. Nous entendons des échanges de tirs entre les forces gouvernementales et ces groupes", explique à l’AFP Felix Ross, un responsable de la sécurité au Haut commissariat aux réfugiés de l’ONU (HCR) dans l’est du Soudan.

Selon lui, le problème est apparu ces deux ou trois dernières années, le HCR ayant vent désormais d’au moins 20 enlèvements par mois. "Mais nous pensons que le chiffre est en fait beaucoup plus élevé", affirme M. Ross.

Lors d’une visite au camp de Chagarab jeudi, le Haut commissaire aux réfugiés, Antonio Guterres, a affirmé que des "réseaux criminels de trafiquants" tiraient "profit de la situation désespérée" de nombreux Erythréens" ayant dû quitter leur pays.

"Les gens sont kidnappés en vue d’une rançon", qui peut atteindre 10.000 dollars, et certains qui arrivent à rejoindre la péninsule du Sinaï, en Egypte, sont "tués à des fins de trafic d’organes", a-t-il dit à des journalistes.

Ces enlèvements et ce trafic d’êtres humains constituent une priorité pour le HCR, qui espère réunir deux millions de dollars pour aider la police locale à protéger les réfugiés et améliorer la sécurité du camp.

Le camp de Chagarab accueille chaque mois quelque 2.000 demandeurs d’asile, généralement des Erythréens ayant fui le service militaire.

"Les réfugiés, parce que leur liberté de mouvement est limitée au Soudan, ont recours à des passeurs pour les transporter à travers le pays ou pour en sortir", selon le HCR.

"Ici, il n’y a pas de sécurité", affirme un Erythréen ayant passé quatre mois à Chagarab. Un autre de 27 ans confirme, en expliquant que les kidnappings se produisent notamment quand les habitants du camp vont aux toilettes la nuit. D’autres ont été "enlevés par les Rashaida" en venant de la frontière, dit-il dans une pièce en béton qu’il partage avec 25 autres hommes.

"Il leur demandent une rançon. Certains parlent de 50.000 livres soudanaises (12.000 dollars)", explique-t-il. "La plupart du temps, ils ne peuvent pas payer alors ils sont torturés".

La tribu locale Rashaida, qui élève des chameaux, est montrée du doigt par des nombreux réfugiés.

Les trafiquants d’êtres humains "gagnent beaucoup d’argent dans une région, où il est difficile d’en gagner", souligne M. Ross. "Nous savons que dans le camp de réfugiés, des gens travaillent avec ces groupes criminels", déplore-t-il.

L’ONU estime que 80% des nouveaux arrivants quittent le camp dans les deux mois pour Khartoum, l’Egypte et Israël notamment, à la recherche de meilleures opportunités économiques.

La commission des réfugiés du Soudan reconnaît quasiment tous les nouveaux demandeurs d’asile et les réfugiés, mais s’ils restent dans les camps, ils peuvent attendre des années avant d’être réinstallés quelque part.

"Personne ne se soucie de nous", se lamente un Erythréen ayant déjà passé huit mois dans le camp.

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La circulaire Guéant est assouplie, les étudiants en attendent des retombées

13 janvier 2012 - 20 Minutes - AFP

PARIS - Le gouvernement a envoyé jeudi aux préfets le nouveau texte qui assouplit pour les diplômés étrangers voulant travailler en France la très critiquée circulaire Guéant du 31 mai 2011, mais les étudiants n’y voient qu’un "premier pas" et réclament des "retombées pratiques".

Cette circulaire complémentaire, signée jeudi par les ministres Claude Guéant (Immigration), Xavier Bertrand (Emploi) et Laurent Wauquiez (Enseignement supérieur), "invite" les préfets à "faire en sorte que la nécessaire maîtrise de l’immigration professionnelle ne se fasse pas au détriment de l’attractivité du système d’enseignement supérieur, ni des besoins de certaines de nos entreprises en compétences spécifiques de haut niveau", selon un communiqué gouvernemental.

Dans ce nouveau texte, la majorité des modifications demandées par les conférences des présidents d’université (CPU), des grandes écoles (CGE) et des écoles d’ingénieurs (Cdefi) ont été prises en compte.

La CPU s’en est réjouie, formant "le voeu que ce nouveau texte favorise la restauration rapide de l’image et de l’attractivité des établissements français d’enseignement supérieur".

Les modifications concernent notamment la mise en oeuvre d’un dispositif spécifique aux étudiants (article L311-11 du code de séjour des étranger), un rôle accru des présidents d’universités, de grandes écoles et des employeurs, et le renouvellement du titre de séjour pendant toute la durée du premier emploi ou si l’étudiant étranger décroche un emploi ou une promesse d’embauche avant obtention du diplôme.

Tous les dossiers refusés depuis le 1er juin 2011 et "à nouveau présentés" devront être "réexaminés prioritairement" selon ces principes, sans expulsion pendant le réexamen.

Plus de 700 "cas urgents"

Sur ce point, universités et grandes écoles avaient demandé le réexamen "sans dépôt supplémentaire de dossier", car "certains étudiants n’oseront pas se présenter à nouveau en préfecture".

Néanmoins "c’est un premier pas", a réagi Fatma Chouaieb, porte-parole du collectif d’étudiants étrangers du 31 mai, "car le texte prend en compte certaines modifications demandées par la CPU et la CGE".

"On regrette que certaines règles qui protègent les diplômés étrangers, comme par exemple les délais de dépôt ou de traitement des dossiers (...), ne soient pas mentionnées du tout. Or malheureusement ce sont ces petits oublis qui font que les demandeurs se retrouvent parfois sans papiers", a-t-elle ajouté.

"L’accent est trop mis sur l’autorisation provisoire de séjour alors que c’est un dispositif restrictif destiné à ceux qui veulent retourner chez eux. Enfin, on demande de voir les retombées pratiques pour les cas urgents, qui sont plus de 700 aujourd’hui", a conclu Mme Chouaieb.

"La circulaire Guéant du 31 mai est désormais un symbole", a dénoncé le député socialiste Alain Claeys, chargé de l’enseignement supérieur dans l’équipe de campagne de François Hollande, "celui d’une France qui ne souhaite plus (...) transmettre son savoir et ses valeurs" aux étudiants étrangers.

Face à la mobilisation dans le supérieur et aux réserves au sein du gouvernement, le principe d’un nouveau texte avait été décidé avant Noël.

La circulaire du 31 mai 2011 demandait d’instruire "avec rigueur" les demandes d’autorisation de travail des étudiants, et d’exercer un "contrôle approfondi" des demandes de changement de statut pour devenir salarié.

Après sa publication, de nombreux diplômés étrangers déjà recrutés dans des entreprises françaises n’ont pu obtenir leur changement de statut (d’étudiant à salarié) et ont été licenciés.

Des personnalités du monde universitaire et de la recherche ont organisé mardi une cérémonie de parrainage de certains de ces étudiants en difficulté.

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Afghanistan : Les Marines qui ont uriné sur des cadavres ont été identifiés

13 janvier 2012 - 20 Minutes - AFP

ETATS-UNIS - Cette vidéo de militaires américains a provoqué une vague d’indignation, notamment à Washington...

Les Marines que l’on voit, dans une vidéo, uriner sur des cadavres de talibans présumés en Afghanistan ont été identifiés, a déclaré jeudi à l’AFP le porte-parole de ce corps d’élite de l’armée américaine. « Nous pensons avoir identifié l’unité. Nous ne pouvons pas dévoiler son nom pour le moment car l’incident fait toujours l’objet d’une enquête », a déclaré dans un courriel le colonel Joseph Plenzler, porte-parole des Marines.

Un haut responsable militaire a par ailleurs indiqué à l’AFP que le Pentagone pensait avoir identifié les quatre soldats en question. Les talibans n’ont pas manqué de se saisir de l’affaire, dénonçant un « acte barbare » et « sauvage ».

La vidéo a provoqué une vague d’indignation aux Etats-Unis et en Afghanistan et entraîné l’ouverture d’une enquête pour identifier et punir les responsables. Cet incident intervient alors que Washington et les talibans semblent prêts à s’asseoir autour d’une table pour trouver une issue au conflit afghan mais, selon un porte-parole des rebelles, cela ne devrait pas affecter les négociations.

« La punition la plus sévère »

La vidéo d’amateur, vraisemblablement filmée lors d’une opération en Afghanistan, montre quatre jeunes hommes vêtus d’un uniforme américain qui, hilares, se soulagent sur trois corps ensanglantés, conscients qu’une autre personne est en train de les filmer.

Dès leur mise en ligne mercredi sur plusieurs sites, les images ont fait le tour du monde et provoqué l’ire du président afghan Hamid Karzaï, qui s’est dit « profondément perturbé » par cette « profanation des corps de trois Afghans par des soldats américains ».

Dans un communiqué, il a demandé au gouvernement américain « la punition la plus sévère » pour les coupables.

Un acte « lamentable » pour le Pentagone

A Washington, la secrétaire d’Etat Hillary Clinton a fait part de sa « consternation » et estimé que « quiconque a participé ou été au courant devra rendre des comptes ».

Le chef du Pentagone Leon Panetta a lui aussi vivement réagi et jugé cet acte « absolument lamentable ». « Ce comportement est totalement déplacé de la part de membres de l’armée des Etats-Unis », a-t-il fait valoir, tout en précisant avoir demandé une « enquête immédiate et approfondie ». Le secrétaire à la Défense s’est entretenu de l’affaire jeudi par téléphone avec le président Karzaï.

« Je ne sais pas si le président (Barack Obama) a vu ou non la vidéo. Il est au courant (de l’affaire) et partage les sentiments exprimés par le secrétaire à la Défense », a de son côté déclaré Jay Carney, le porte-parole de la Maison Blanche.

La vidéo n’a pas encore été authentifiée, a indiqué le porte-parole du Pentagone John Kirby, mais selon lui « il n’y aucune indication laissant penser qu’elle n’est pas authentique ».

Le précédent d’Abou Ghraïb

Selon un responsable des Marines non identifié cité par la chaîne CNN, il s’agirait de soldats du 3e bataillon du 2e régiment de Marines de la base de Camp Lejeune (Caroline du Nord, est des Etats-Unis). Selon un autre responsable militaire américain, il pourrait s’agir d’une équipe de tireurs d’élite.

Le commandant du corps des Marines, le général John Amos, a annoncé avoir chargé le Service d’enquête criminelle de la Marine (NCIS) d’enquêter sur cette violation du code de justice militaire américain et ordonné une enquête administrative.

En une décennie de guerres en Afghanistan et en Irak, les scandales n’ont pas manqué d’éclabousser l’armée américaine. En 2004, les clichés de prisonniers irakiens humiliés par des militaires américains à la prison d’Abou Ghraïb avaient fait le tour du monde.

Plusieurs affaires similaires de profanations présumées par des soldats (rumeurs de Coran jeté dans les toilettes par exemple) ou la publication par des journaux occidentaux de caricatures de Mahomet ont par ailleurs suscité ces dernières années la colère en Afghanistan, voire des manifestations violentes et parfois meurtrières.

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L’Afghanistan, à l’heure des écolières

13 janvier 2012 - La Croix - Olivier Tallès

Privées d’école sous les talibans, les jeunes filles sont de retour dans le système scolaire afghan. Mais l’insécurité grandissante peut remettre les progrès en question.

Sinjad Dara surgit derrière la colline, au bout d’une piste escarpée. C’est un village accroché à flanc de montagne au milieu d’un paysage lunaire. Une centaine de familles vivent dans ce décor de carte postale, poussant leurs troupeaux de moutons sur les pentes caillouteuses.

Sur le seuil de la nouvelle école maternelle, le paysan Sayed Momin écoute attentivement les enfants réciter l’alphabet en dari, la langue principale en Afghanistan. Sa fille Pawasha, 5 ans, est assise au milieu de la classe. Elle a effectué sa première rentrée scolaire en septembre dernier.

Mutation rapide

Sayed Momin ne sait ni lire ni écrire, mais il n’a rien contre l’école, bien au contraire. « Lorsqu’une ONG a proposé d’ouvrir un établissement pour les filles, on a beaucoup discuté du Coran et de son message autour de l’éducation, témoigne-t-il. Le prophète Mohammed n’a jamais dit que l’enseignement était réservé aux hommes. Il s’agit d’un problème culturel, pas religieux. Je veux que Pawasha obtienne un diplôme. » Au village, seule une famille refuse toujours d’envoyer son enfant à la maternelle.

Des écoles comme celle de Sinjad Dara, il s’en est construit des milliers en Afghanistan. Depuis la chute des talibans en 2001, les filles ont repris le chemin des classes après en avoir été chassées entre 1996 et 2001. En dix ans, leurs effectifs ont explosé, passant de 5 000 à 2,4 millions. Autre indice d’un profond changement, 36 % des 158 000 enseignants sont des femmes.

Mais lorsque les enfants franchissent la porte de l’école, la réalité assombrit quelque peu les chiffres. La moitié des élèves sont encore abrités sous des tentes. Il peut y avoir un toit, quatre murs, mais pas de tableau. Les livres sont rares. Le personnel peu ou pas préparé à son métier.

« Lors des formations, de futurs enseignants ne savent même pas écrire leur nom, rapporte Mohammad Hassine Mohet, coordinateur pédagogique chez Afrane, une ONG spécialisée dans l’éducation. Beaucoup ont du mal à transmettre leur savoir, faute de méthode d’apprentissage. »

Demande grandissante

Face à l’afflux d’élèves, les établissements sont obligés de jongler avec les emplois du temps. « C’est un casse-tête », soupire Fauzia Hakimi, qui dirige l’école primaire et secondaire de Charikar, une petite ville à une heure de route de Kaboul en direction du nord.

Faute de classe, ses élèves ont trois heures de cours par jour. À l’aube, l’établissement est réservé aux enfants du primaire. C’est vers 10 heures que les adolescentes arrivent, remplacées en milieu de journée par les garçons.

Au fil des ans, la directrice a appris à travailler avec les moyens du bord. L’électricité, par exemple, fonctionne par intermittence. Pour l’eau, il faut attendre que la citerne soit remplie. À défaut d’avoir un ordinateur, l’école compte un laboratoire de biologie bien outillé en éprouvettes et microscopes grâce à l’aide de l’ONG Afrane.

La fourniture des cahiers ? Elle dépend du bon vouloir des donateurs étrangers. « La priorité, c’est de former des enseignants, souligne Fauzia Hakimi. Quand je demande des géographes, le rectorat m’adjuge des biologistes et me dit de faire avec. »

Insécurité

Le collège de Charikar a rouvert ses portes aux filles, il y a seulement quatre ans. « Il y avait la cohue devant l’établissement, se souvient la directrice. Très vite, elles ont rattrapé leur retard sur les garçons, qui doivent souvent travailler dans les champs. Les parents les ont envoyées dès la reprise des cours. Tout le monde à Charikar a compris l’importance de l’éducation féminine. » Non sans inquiétude, la responsable note cependant un recul des effectifs. Sur les 1 285 inscrits à la rentrée, 340 élèves ont abandonné en route.

« Les parents ont peur pour la sécurité de leurs enfants », observe Fauzia Hakimi. La guerre a fait irruption dans la vie scolaire en septembre dernier. Des insurgés talibans ont attaqué les bureaux du gouvernement et de la police secrète dont les bâtiments sont adossés au collège. Tirs de mortiers, de rafales de mitrailleuses, de grenades… Les combats ont duré plusieurs heures. Par chance, aucun jeune n’a été blessé. Mais à chaque visite d’un officiel de haut rang, le périmètre autour de l’école est bouclé.

Pour aller en cours, il faut souvent slalomer au milieu des gardes armés et des voitures de police équipés de mitrailleuses. La guerre dicte ses règles, même dans les villes plutôt épargnées comme celle de Charikar. « Nous organisons des réunions avec les parents d’élèves pour les rassurer, raconte Nafissa Nekzod, jeune professeur de français de 25 ans. Nous passons même dans les maisons, porte après porte, pour les encourager à ne pas céder à la peur. »

Mais quels arguments opposer face à l’insécurité grandissante ? Il y a ces écoles incendiées par des insurgés dans les campagnes. Il y a ces professeurs assassinés pour collaboration avec l’ennemi. Il y a aussi ces élèves agressés.

À Kandahar, en 2008, des adolescentes ont été défigurées à l’acide pour avoir osé se rendre à l’école. « Les talibans prétendent qu’ils ne sont plus opposés à l’éducation des filles, poursuit Fauzia Hakimi. Nos enseignantes n’y croient pas. S’ils reprennent le pouvoir, ils nous tueront. »

Signes du changement

À l’université des sciences et des lettres de Kaboul, on ne croit guère au retour des fidèles du mollah Omar. Ici, la guerre semble loin. Avec ses jardins, ses femmes maquillées au visage dévoilé, ses hommes en jean et blouson de cuir, le campus ressemble à n’importe quelle faculté du monde.

Les traces du passage des talibans qui avaient transformé des locaux en prison ont été gommées. Dans le département de langue française dont la reconstruction a été financée par la France, les étudiants des deux sexes assistent aux mêmes cours.

Masturia Azuri y enseigne la langue de Molière depuis 2002. Elle a vu les mentalités bouger au fil des ans. « Pendant les premiers mois qui ont suivi la chute des talibans, on pouvait remarquer la peur dans le regard des étudiants, se souvient-elle. Peur de parler. Peur du regard des autres. Comme si la main des talibans allait s’abattre sur eux. En classe, les femmes ne s’asseyaient pas à côté des hommes. Aujourd’hui, elles sont plus libres, plus confiantes. S’impliquent beaucoup. Partent à l’étranger en stage. Repoussent la date du mariage. »

Ce n’est pas Hossaï Wafa, 21 ans, qui contredira son professeur. Chaussures à talons aux pieds, discret foulard sur les épaules, cette étudiante débordante d’énergie sensibilise les mères à l’éducation des filles lorsqu’elle ne révise pas son français. Son projet ? Faire un master à Paris.

« Ma mère est contre l’idée de voyager seule, mon père est pour », résume-t-el le. Mais rien ne l’arrête. Son modèle, c’est le général Khaded, première femme à avoir obtenu ce grade. « Si le pays ne s’enfonce pas dans la guerre civile, vous n’allez pas reconnaître l’Afghanistan dans dix ans », promet-elle.

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Deux Soudanais condamnés pour le meurtre d’un migrant érythréen en 2008

12 janvier 2012 - maville.com - AFP

Deux Soudanais ont été condamnés mercredi l’un à dix ans de réclusion, l’autre à quatre ans, pour le meurtre d’un migrant d’origine erythréenne sur une aire d’autoroute du Pas-de-Calais en juillet 2008, a-t-on appris auprès de la cour.

L’un des deux hommes a été condamné par la cour d’assises du Pas-de-Calais, à Saint-Omer, à dix ans de réclusion et dix ans d’interdiction de territoire, reconnu coupable de violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner avec deux circonstances aggravantes, l’arme et la violence en réunion.

L’autre homme a écopé de quatre ans d’emprisonnement. Seul le chef de violence aggravée a été retenu contre lui.

Les deux Soudanais comparaissaient pour le meurtre d’un Erythréen de 23 ans, mort dans la nuit du 22 au 23 juillet sur l’aire de repos voisine de la commune de Norrent-Fontes sur l’autoroute A26, connue à l’époque pour abriter un camp de migrants.

Une bagarre à l’arme blanche avait éclaté entre deux clans pour le contrôle de l’aire de repos.

Le procès a duré trois jours.

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Deux migrants jugés pour une rixe

12 janvier 2012 - 20 Minutes - G. T.

Un réquisitoire exhaustif et précis. Brice Partouche, l’avocat général de la cour d’Assises du Pas-de-Calais, a réclamé hier une peine de treize ans de prison à l’encontre des deux Soudanais jugés pour « coups mortels » après la mort d’un migrant érythréen, sur une aire de l’autoroute A 26, en juillet 2008. « On ne les condamne pas parce qu’ils sont Soudanais, mais parce qu’il y a des preuves », a rappelé l’avocat général, égrénant pendant près d’une heure les différents témoignages concordants ayant permis leur interpellation. Il y a trois ans, le conflit entre les deux ethnies pour le contrôle d’un parking s’était soldé par la mort d’un homme.
L’autopsie permettra d’établir que le coup fatal avait été porté sous l’aisselle, la victime levant les bras pour se protéger d’autres coups. On a retrouvé l’ADN de l’un des deux accusés sur l’arme du crime, mais celui-ci invoque le trou de mémoire. Du coup, avant la clôture des débats, le président Duchemin interroge son comparse. « Je n’ai rien vu, assure-t-il. Mais si Hassan a commis quelque chose, il doit dire la vérité ». Il n’en dira pas plus. Son avocate n’a pas plaidé l’acquittement. Le verdict était attendu dans la soirée.

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Bilan de la politique d’immigration 2011 : « Ces chiffres travestissent la réalité »

10 janvier 2012 - 20 Minutes - Propos recueillis par Nicolas Bégasse

INTERVIEW - Pierre Henry, directeur général de l’association France terre d’asile, parle d’une « course-poursuite » entre Claude Guéant et le Front national...

Contacté par 20 Minutes, le directeur général de France terre d’asile réagit à l’annonce par Claude Guéant mardi matin des chiffres 2011 de l’immigration.

Marine Le Pen avait parlé d’une « explosion » du nombre d’immigrés, Claude Guéant lui répond que les objectifs sont atteints. Qui a raison ?

Le semblant de débat autour du nombre d’immigrés et de réfugiés n’a pas beaucoup de sens, Claude Guéant se fait prendre à son propre piège de la politique du chiffre. C’est une dispute de frères siamois avec la leader de l’extrême droite, un débat perverti qui n’en finira jamais parce que l’extrême droite sort des chiffres pour stigmatiser, pas pour analyser. Il est dans une espèce de course-poursuite avec le FN pour des raisons électorales que tout le monde connaît.

Claude Guéant parle d’une hausse du nombre de demandeurs d’asile mais d’une baisse du nombre de personnes ayant obtenu le droit d’asile. Que signifient ces chiffres ?

Ce sujet fait l’objet d’une espèce de manipulation, car si on regarde les chiffres sur une décennie, on s’aperçoit qu’en 2010, le nombre de réfugiés demandeurs d’asile est inférieur à ce qu’il était en 2003, 2004 ou 2005. Et les taux de reconnaissance du statut de réfugié, c’est-à-dire des personnes ayant obtenu le droit d’asile, sont relativement élevés en 2010 ou en 2011 par rapport au reste de la décennie.

Quel intérêt pour le ministre de souligner la hausse du nombre de demandeurs d’asile par rapport au nombre de ceux qui l’obtiennent ?

Le ministre dit que, s’il y a moins de demandeurs d’asile qui obtiennent le statut de réfugié, c’est parce qu’il y a plus de fraudeurs. Non ! C’est parce qu’il y a moins de personnes qui rentrent dans les centres d’accueil et qui sont accompagnées dans leur demande d’asile. Elles étaient 38% en 2007 à bénéficier de cet accompagnement, et elles ne sont plus que 28% en 2010.

Le ministère sait présenter les chiffres comme ça l’arrange : dans son discours de Montauban du 25 novembre dernier, Claude Guéant parle d’une baisse du taux de reconnaissance du statut de réfugié, qui prouverait une augmentation de la fraude. Mais pour montrer cette baisse, il part de 2008, l’année où ce taux a été le plus fort de toute la décennie. Cela lui permet de justifier des mesures de plus en plus dures par rapport aux demandeurs d’asile. Autre exemple : pour les chiffres de l’immigration professionnelle, Claude Guéant ne prend plus en compte que les nouveaux entrants sur le territoire, alors qu’auparavant le ministère comptabilisait également les personnes qui bénéficiaient d’un changement de statut. Il présente les chiffres d’une manière telle qu’il travestit la réalité.

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Immigration : de plus en plus d’expulsions

10 janvier 2012 - Europe 1 - Rémi Duchemin avec AFP

En présentant son bilan, le ministre Claude Guéant a annoncé vouloir accentuer la tendance.

En matière d’immigration, le programme de Claude Guéant peut se résumer assez simplement : de plus en plus d’expulsions de clandestins, et de moins en moins d’entrées autorisées sur le territoire. Le bilan immigration 2011 qu’a présenté le ministre de l’Intérieur mardi reflète cette tendance. Et l’objectif affiché pour 2012 va dans le même sens.

Objectif 35.000 expulsions en 2012

Les sorties d’abord. Un total de 32.922 étrangers ont été expulsés de France en 2011, a annoncé Claude Guéant. "Ce chiffre est supérieur de 5.000 à celui de 28.000 initialement fixé. C’est le plus élevé jamais atteint", s’est félicité le ministre lors d’un point presse. Cet écart s’explique en grande partie par le "printemps arabe", à cause duquel le nombre des arrivées irrégulières a explosé. C’est surtout vrai pour les Tunisiens, qui ont transité par l’Italie. Selon une étude parue dans le dernier numéro des Cahiers de la sécurité, le nombre des Tunisiens arrêtés à la frontière franco-italienne en 2011 a bondi de… 1.789%

Pour 2012, Claude Guéant vise encore plus haut. L’objectif du gouvernement, a affirmé le ministre de l’Intérieur, sera de 35.000 expulsions.

De 200.000 à 150.000 entrées en 2012

Les entrées maintenant. Toujours selon les chiffres avancés par Claude Guéant, 182.595 premiers titres de séjour ont été délivrés l’an dernier contre 189.455 en 2010, soit une baisse de 3,6%. Dans le détail, l’immigration professionnelle a reculé de 26% sur un an et l’immigration familiale de 14%, selon le ministre de l’Intérieur.

Là encore, la place Bauveau ne compte pas s’arrêter là. Claude Guéant, qui avait déjà annoncé vouloir faire baisser de 200.000 à 180.000 le nombre des étrangers admis chaque année dans le pays, a revu ses ambitions à la hausse. "Je propose de poursuivre la politique de régulation quantitative des flux migratoires", a déclaré le ministre, en plaidant pour un débat annuel au parlement pour fixer des objectifs chiffrés en matière de titres de séjour. "Cette nouvelle méthode doit nous permettre de revenir au niveau des flux migratoires constatés au milieu des années 90, c’est-à-dire 150.000 titres, avant la perte de contrôle de la politique migratoire", a-t-il précisé.

"Ce satisfecit a quelque chose de dérangeant"

Ce nouveau tour de vis n’arrive évidemment pas n’importe quand. Dans trois mois aura lieu l’élection présidentielle, et l’immigration pourrait tenir une bonne place pendant la campagne. D’autant que la pression de Marine Le Pen se fait sentir. La candidate frontiste a accusé Claude Guéant de "mensonges" sur les étrangers accueillis par la France en 2011. Une accusation que le ministre de l’Intérieur a tenté de balayer mardi, chiffres à l’appui.

Le Parti socialiste n’a pas tardé à réagir. "Ce satisfecit a quelque chose de dérangeant, car, au-delà des chiffres, il y a des hommes et des femmes, et des drames humains, et on ne peut s’empêcher de penser que les étrangers sont devenus pour monsieur Guéant un enjeu de surenchère électorale vis-à-vis du Front national", écrit le PS par la plus de François Rerbsamen.

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France : Un marocain risque jusqu’à 10 ans de prison pour « trafic d’êtres humains »

8 janvier 2012 - Yabiladi - Oumar Baldé

Un Marocain résidant en Italie, arrêté jeudi à Thionville (Moselle, nord-est de la France) avec six Afghans à l’arrière de son véhicule, a été écroué hier et sera jugé ce lundi devant un tribunal correctionnel thionvillois. On lui reproche d’avoir aidé au séjour et à la circulation d’étrangers sur le sol français. Autrement dit, de « trafic d’être humains ». Il encourt jusqu’à dix ans de prison.

Un quadragénaire marocain domicilié en Italie comparait demain, lundi 9 janvier, devant le tribunal correctionnel de Thionville. Il est accusé d’avoir facilité le séjour et la circulation d’étrangers sur le sol français, ou tout simplement de « trafic d’êtres humains ». Les faits qui lui sont reprochés ne remontent qu’au Jeudi 5 janvier dernier. Ce jour là, son véhicule (un break) est arrêté à la sortie de l’A31 en direction de Florange, par les agents de la Police aux frontières (Paf). Les limiers découvrent, à leur plus grand étonnement, six Afghans- un couple avec ses deux enfants âgés de deux et trois ans ainsi que deux mineurs isolés nés en 1995 et 1997- entassés à l’arrière de la voiture.

Le conducteur marocain est immédiatement conduit au commissariat. Devant le procureur et le juge des libertés, il déclarera « rendre service à un ami » en allant seulement déposer le véhicule à Bruxelles, sans faire allusion aux passagers. Un argument trop facile pour convaincre les autorités judiciaires qui l’ont placé ce samedi, en garde à vue. Sa clef USB, qui contient des documents aux allures de faux contrats de travail, et d’autres retraçant des itinéraires de voyage, est venue lui compliquer les choses.

Quant aux six Afghans, indique le procureur de la République de Thionville, Jean-François Mailhes, ils « auraient été pris en charge à la gare de Milan où ils ont remis 5 000 euros à une autre personne chargée d’organiser leur déplacement. Les dépositions laissent penser qu’ils ont quitté leur pays il y a deux ou trois mois et qu’ils ont pu, depuis, bénéficier de relais familiaux. Ils étaient en transit en France avant de rejoindre le Danemark ».

Le ressortissant marocain ferait « visiblement » parti d’ « un réseau organisé de passeurs de clandestins » a encore ajouté le procureur. Demain, devant le tribunal correctionnel de Thionville, il risque non seulement une amende de 1 500 euros pour chacun des six Afghans transportés, mais aussi jusqu’à dix ans de prison.

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Ouverture prochaine d’une ambassade d’Afghanistan en Grèce (porte-parole)

8 janvier 2012 - CRI online

L’Afghanistan ouvrira prochainement une ambassade en Grèce pour faciliter le retour dans leur pays de milliers d’immigrés clandestins afghans, a fait savoir dimanche le porte-parole du ministère afghan des Affaires étrangères, Janan Mosazai.

"Actuellement, pour autant que l’on sache, entre 25 000 et 30 000 Afghans vivent dans la clandestinité en Grèce, et pour les aider à retourner en Afghanistan, le ministère des Affaires étrangères a l’intention d’ouvrir une nouvelle ambassade à Athènes cette année, peut-être dès la fin mars", a déclaré M. Mosazai.

Plus de 50 000 Afghans entrent illégalement en Grèce chaque année dans l’espoir d’une vie meilleure dans certains pays européens, et la plupart d’entre eux ont choisi d’entrer par la Grèce, car le pays est limitrophe de la Turquie, a précisé le porte-parole.

M. Mosazai a également fait savoir qu’une délégation afghane qui s’était rendue en Grèce récemment avait fourni quelque 650 passeports à des ressortissants afghans qui désiraient rentrer chez eux.

Plus de 3,7 millions de réfugiés afghans vivent à l’étranger, pour la plupart au Pakistan et en Iran, selon les chiffres publiés par les autorités afghanes et l’ONU.

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Le Conseil d’Etat se moque des mineurs isolés

7 janvier 2012 - Combat pour les droits de l’homme - Jean-Pierre Alaux et Serge Slama

Un Malien mineur (16 ans) arrive en France et est pris en charge par l’Aide Sociale à
l’Enfance (ASE). L’ASE lui fait subir un examen osseux (examen très contestable
scientifiquement) qui détermine qu’il serait majeur. L’ASE le met, littéralement, à la rue.
Il veut exercer un recours en justice contre cette décision qui en fait un SDF.
Le Conseil d’État déclare son recours irrecevable. Devinez pourquoi ? C’est magnifique.
Parce qu’il est mineur, donc il ne peut agir en justice.

Article (assez long) à lire en cliquant ici

Communiqué - Les vieux démons persistent

6 janvier 2012 -

La France restera le dernier pays européen où les distributions des
repas aux plus démunis serviront de lieux d’arrestations !

A Calais, à l’heure d’une distribution avec un exceptionnel temps sec après de nombreux jours de tempêtes et de pluies , les migrants ont été une fois de plus harcelés durant la distribution du petit déjeuner.

Le lieu officiel de distribution s’est refermé tel un piège !

La compagnie de CRS, dont le "R" signifierait "républicaine", a poursuivi les migrants, arrêtant bien évidemment ceux qui étaient en plus mauvaise forme !

Pas de petit déjeuner, pas de soin à l’hôpital... Une marche
forcée Coquelles - Calais en lieu et place !

Calais est-elle condamnée à rester la dernière de sa classe dans le
domaine du Respect des Droits de l’Homme !

L’association SALAM Nord/Pas-de-Calais

Documentaire norvégien sur la situation des migrants en Grèce

3 janvier 2012 -

Une Villeneuvoise met en place un réseau d’hébergement pour accueillir des migrants

3 janvier 2012 - La Voix du Nord - Marie Vandekerkhove

Élisabeth Fichez coordonne un réseau d’associations qui recherchent des logements temporaires pour les demandeurs d’asile. L’idée du RAIL, réseau d’accueil d’immigrés à Lille : trouver des familles qui hébergent ces étrangers en situation régulière, pour un mois maximum, pour les aider à devenir autonomes. Le dispositif est déjà opérationnel, sur le modèle de ce qui se pratique à Paris avec le réseau « Welcome ».

Elle répète « être née du bon côté » et être révoltée qu’on traite les migrants « comme des délinquants ». Alors, ce n’est pas tant en chrétienne qu’en citoyenne qu’Élisabeth Fichez, du Triolo, « entend mettre d’autres actes dans le discours ». Voilà pour le credo. Pour le reste, ses démarches relèvent vraiment de l’empirisme.

Elle est venue aux migrants par l’associatif. Dès 2005, son « Grand mi » (migrant, en verlan) récoltait des vêtements pour aider les associations calaisiennes. Sangatte avait fermé trois ans auparavant mais les migrants étaient toujours là. Élisabeth et son mari ont commencé à les accueillir après la fermeture de la « jungle », en octobre 2009. « Dix Afghans qui repartaient du centre de rétention de Lesquin n’avaient nulle part où aller. Le président de la CIMADE a joint quelques familles qui en ont hébergé certains pendant deux ans », se souvient la Villeneuvoise.

Elle ouvre la porte à Saïd, un Afghan qui venait d’obtenir son statut de réfugié. « On découvrait tout avec lui, les démarches administratives complexes, la difficulté d’obtenir un hébergement et de communiquer : il ne parlait ni anglais ni français... », se souvient l’ex enseignante à l’université âgée de 64 ans. Vient se rajouter un lourd passé : le jeune homme avait cru toute sa famille morte avant d’apprendre, très récemment, que sa femme et ses enfants avaient survécu à un attentat. Saïd est resté un mois chez les Fichez. « Mais pour qu’il trouve un hébergement, il a fallu qu’on le mette dehors, grimace Élisabeth. Quand on veut autonomiser des migrants, on doit en passer par des choses qui nous répugnent.

 » Douloureux mais salvateur : aujourd’hui, Saïd travaille sur les marchés, dispose d’un appartement dans la région.

D’autres Afghans ont suivi, logés, nourris pour quelques semaines dans cette maison devenue vide après le départ des enfants. « Avant, je ne savais pas ce que voulait dire le mot "précaire". Mais quand c’est la vie physique qui est en jeu en permanence, nos valeurs ne sont plus référencées de la même façon », argumente-t-elle.

Aujourd’hui, elle recherche d’autres familles qui souhaiteraient s’ouvrir à l’autre. Dans un cadre strict : « Un mois maximum, pas de transaction financière. Les gens accueillis sont tous en règle et aidés par un jeune tuteur pour les démarches », explique-t-elle, en espérant créer des vocations.

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ZOOM
Le RAIL

Le collectif Réseau d’accueil des immigrés à Lille réunit six organisations qui travaillent à ce projet depuis un an : Amnesty international, la Cimade, le Grand mi, la Pastorale des migrants, le Secours catholique et le Salam de Dunkerque.

Objectif : Il formalise par une charte, signée de la famille et du migrant, un accueil qui existait de fait dans la métropole après la fermeture de la « jungle » sur la Côte.

Coordonnées fichez.elisabeth@wanadoo.fr ou 06 46 48 76 89.

Nationalité française : des conditions durcies

3 janvier 2012 - Europe 1 - F. C avec AFP et Raphaële Schapira

Les étrangers devront passer un test de langue et montrer leurs connaissances de la France.

Depuis le 1er janvier, obtenir la nationalité française est plus difficile. La loi du 16 juin 2011 sur l’immigration et l’intégration, qui vient d’entrer en application, prévoit trois nouvelles conditions pour l’acquisition de la nationalité française. Europe1.fr fait le point.

Un test de langue. Les prétendants à la nationalité française devront justifier d’un niveau de maîtrise du français équivalent à celui d’un élève en classe de 3e. Concrètement, il faut être "apte à écouter, prendre part à une conversation et à s’exprimer oralement en continu", précise le site Service-public.fr. Jusqu’ici, c’est l’officier de la préfecture qui évaluait le niveau de langue lors d’un entretien. Désormais, le test est une épreuve orale de 45 minutes, qui comprend des exercices de compréhension de base. Le candidat doit répondre à 90 questions.

Exemples : A la question, qui est au téléphone ? Que devez-vous répondre ? 1/Jacques 2/ une chaise ou 3/merci beaucoup. En France, il est plus facile de trouver un appartement : 1/au centre de la ville ou 2/au-dessus d’un magasin ou 3/dans un ancien immeuble ou 4/à la périphérie de la ville.

Un test de connaissances. Tout étranger devra également être capable de répondre à des questions sur l’Histoire de la France ou la culture du pays.

Des droits et devoirs. Une fois le niveau de français et de culture contrôlé lors d’un entretien d’assimilation, l’étranger sera appelé à signer une "charte des droits et devoirs du citoyen français". "Vous souhaitez devenir Français. C’est une décision importante et réfléchie. Devenir Français n’est pas une simple démarche administrative. Acquérir la nationalité française est une décision qui vous engage et, au-delà de vous, engage vos descendants", proclame le texte, avec une certaine solennité. Le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant qui plaide pour une "assimilation" par "la langue et par l’adhésion aux valeurs essentielles de notre démocratie" a répété que la signature du document, était "un moment de solennité entre la nation accueillante et la personne accueillie".

Le droit du sol remis en cause ? En cas de victoire à la présidentielle, l’UMP s’est prononcée pour un retour à la loi Pasqua de 1993 sur l’acquisition de la nationalité. Aujourd’hui, en vertu du droit du sol, tout enfant né en France de parents étrangers devient automatiquement français à sa majorité s’il vit en France ou a vécu en France au moins 5 ans depuis ses 11 ans. L’UMP aimerait "inverser cette logique" : à 18 ans, les enfants nés de parents étrangers devraient ainsi "faire une demande écrite" pour obtenir la nationalité française.

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