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Archives du mois de 08 2012

Le Sinaï, tombeau des migrants vers Israël

30 août 2012 - Le Point - Marie de Douhet

Des centaines de personnes tomberaient chaque mois aux mains de trafiquants. Si elles ne payent pas, elles meurent.

Payer ou mourir. Depuis bientôt quatre ans, un lucratif trafic d’êtres humains sévit dans la péninsule du Sinaï. Redoutablement organisé, ce sinistre "commerce" frappe le plus souvent les migrants venus du Soudan, d’Éthiopie ou d’Érythrée, qui tentent de rejoindre Israël par ce petit bout d’Égypte. Kidnappées au cours de leur périple ou vendues par des passeurs véreux, les victimes n’ont pas d’autre choix que de payer si elles veulent s’en sortir. "Reclus dans de véritables camps de torture, les "prisonniers" sont enchaînés les uns aux autres et entassés dans des salles où ils sont parfois soixante-dix", explique Meron Estefanos, cofondatrice du Mouvement érythréen pour la démocratie et les droits de l’homme (EMDHR), basé en Suède.

"Toutes les heures, ils sont torturés, poursuit-elle. Électrocutés, brûlés, violés ou forcés de se violer entre eux sous peine d’exécution immédiate, ils doivent téléphoner à leurs proches entre chaque session afin d’implorer de l’argent." Souvent, les proches des victimes sont contactés pendant les séances par les tortionnaires afin de leur infliger le maximum de pression. "Comme ce sont généralement des gens très pauvres, qui ne peuvent réunir les sommes exorbitantes qui leur sont demandées - jusqu’à 40 000 euros -, beaucoup meurent et leurs organes sont revendus", raconte Meron Estefanos.

Passeurs véreux

Pour cette activiste, qui a interviewé des dizaines de rescapés, la complicité de certaines instances ne fait aucun doute : "Ce trafic est trop bien organisé pour ne pas bénéficier du soutien d’autorités corrompues. Au Soudan par exemple, la plupart des gens que nous avons interviewés ont été kidnappés par des soldats qui étaient censés les conduire dans des camps de réfugiés. Au lieu de cela, ils les ont vendus aux Bédouins !" s’offusque-t-elle.

Des pratiques motivées par l’appât du gain : selon l’EMDHR, les "fournisseurs" toucheraient entre 200 et 2 000 euros par personne... Une source de revenus qui n’est pas près de tarir en raison du flux de migrants fuyant la misère et les conflits dans la Corne de l’Afrique. "Il y a encore une dizaine d’années, explique Meron Estefanos, les migrants venant d’Érythrée, d’Éthiopie ou du Soudan passaient par la Libye pour se rendre en Europe. Mais en 2006, l’Union européenne a durci sa politique migratoire, les contraignant à se tourner vers d’autres terres d’asile, en particulier Israël." Si, à l’époque, Israël était considéré comme une destination sûre et moins onéreuse pour les migrants - environ 400 euros de frais de passeur -, leur afflux dans le Sinaï a rapidement suscité la convoitise des trafiquants. "Lors des premiers enlèvements, les gens devaient payer 2 000 euros s’ils ne voulaient pas être torturés à mort. Aujourd’hui, il faut 40 000 euros pour ne pas mourir !" détaille la fondatrice d’EMDHR.

Impunité

Territoire égyptien, cette zone de 60 000 km2 est dans les faits contrôlée par des tribus bédouines ou des chefs religieux qui y font régner leur loi. Si le dénominateur commun de ces clans est de gagner de l’argent, leurs objectifs ne sont pas homogènes. Pour certains, ces fonds serviront à financer des groupes terroristes et islamistes ou en faveur de l’indépendance du Sinaï. "La péninsule, et en particulier le Nord, est depuis longtemps une plaque tournante pour toutes sortes de trafics", explique le père Mussie Zerai, président d’Habeshia, une organisation humanitaire dont l’objectif est de sensibiliser la communauté internationale sur les atteintes aux droits de l’homme. "Le fait qu’il s’agisse d’une zone difficile à contrôler a permis pendant des années à une quinzaine de clans de se partager la contrebande d’armes ou de drogues", continue-t-il. Lourdement armés et organisés pour survivre en milieu hostile, ces derniers possèdent l’avantage du terrain, ce qui rend toute intervention complexe.

Nouvelle dimension de ce juteux trafic, la traite d’êtres humains dans le Sinaï a longtemps été niée par le président Moubarak. La révolution égyptienne et le vide politique qui s’est ensuivi n’ont pas arrangé les choses : en détournant l’attention de leurs activités, le bouleversement politique a permis aux groupes armés de faire preuve de plus d’audace. "Aujourd’hui, ils attaquent même les camps de réfugiés et les postes de police pour se fournir en prisonniers et en armes !" s’emporte le père Zerai. Par ailleurs, la démilitarisation du territoire, prévue par les accords de Camp David de 1979 entre Israël et l’Égypte, limite les incursions de l’armée et permet aux trafiquants d’agir sans être trop inquiétés. "Le monde entier regarde ce qui se passe sans agir, car chacun se renvoie la balle pour ce problème, soupire Meron Estefanos. Cela laisse peu d’espoir aux personnes qui sont encore détenues à l’instant même où nous nous parlons..."

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Devant l’ancienne mairie de Manuel Valls campent les Roms, expulsés de leur bidonville

28 août 2012 - Le Monde - Angela Bolis

Mardi 28 août, au tribunal d’Evry, les juges devaient déterminer si l’agence foncière et technique de la région parisienne, propriétaire d’un terrain situé à la frontière entre Evry et Courcouronnes, dans l’Essonne, était autorisée à en expulser les familles roms qui l’occupent illégalement depuis quelques mois. Mais l’agence publique a finalement choisi d’abandonner les poursuites, rapporte Serge Guichard, président de l’Association de solidarité de l’Essonne avec les familles roumaines roms (Asefrr), qui a suivi l’audience. "Ce qui signifie qu’il n’y a pas de décision de justice d’expulser", interprète-t-il.

Le jugement, toutefois, n’était pas d’ordre à bousculer le cours des choses. Car les Roms en question – plus de 70 personnes en provenance de Roumanie – avaient déjà été évacués, la veille à l’aube, dudit terrain. Et ce du fait d’un arrêté du socialiste Francis Chouat, successeur de Manuel Valls à la mairie d’Evry – lui qui, devenu ministre de l’intérieur, est monté au créneau pour défendre les démantèlements de camps roms qui se sont multipliés au mois d’août.

Cette décision du maire, prise une poignée de jours avant la procédure de justice, n’a pas manqué d’interloquer les associations de défense des droits des Roms. Les deux démarches sont pourtant indépendantes, assure M. Chouat, qui renvoie à la ligne définie par le premier ministre : les expulsions sont légitimes, a dit M. Ayrault, "dès lors qu’elles interviennent en application d’une décision de justice ou pour mettre fin à une situation de danger ou de risque sanitaire".

Sa décision relève donc du second cas : il évoque "des conditions sanitaires déplorables", "des risques d’incendie", et un terrain "dangereux", car "en surplomb des voies du RER D ". Mais pas seulement : "Je connais les conséquences, quand on laisse se développer ces campements trop longtemps. Ils deviennent de véritables bidonvilles, indignes de la population et des riverains, dans lesquels se développent toutes sortes de trafics, des actes de délinquance, et sans doute de la prostitution. Cela devient inextricable", s’exclame-t-il.

DU BIDONVILLE À LA RUE

A l’ombre d’un bosquet derrière des tours, séparé des voies ferrées par un talus et un grillage, le terrain choisi par les Roms était en tout cas bien caché, au bout d’un sentier qui file entre les broussailles. Pour Serge Guichard, "c’était loin d’être le pire bidonville de la région, il était entretenu. Et si on se soucie tant de la santé de ces familles, pourquoi ne jamais avoir installé de toilettes chimiques ni de point d’eau, ni mené de suivi sanitaire ? C’est nous qui avons fait vacciner les enfants, et on n’a jamais réussi à les rescolariser à Evry", dit le militant.

Quoi qu’il en soit, le bidonville, aujourd’hui, n’est plus. Mircea et Angelo, revenus chercher des scies et autres affaires qui ont échappé à la pelleteuse, regardent bras croisés ce qu’il en reste – un amas de planches, baches en plastique et matelas, d’où émergent ici et là un morceau de dentelle, un nounours. Ou encore, sur la terre poussiéreuse, un reste de feu de camp, quelques oignons, des jouets cassés. "Il y avait deux cabanes par là, montre Angelo, en traçant dans le vide un vague plan du campement. On aimait bien ici, poursuit-il. On ne faisait pas de ferraille, moi je suis musicien, je joue de l’accordéon, dans le métro, et on vend des journaux. Pour 30 à 40 euros par jour."

Depuis le démantèlement du camp, à 6 heures du matin, plusieurs familles demeuraient dans la rue lundi, face à l’imposante mairie de la préfecture de l’Essonne. "On n’a pas eu le temps de ramasser toutes nos affaires, je n’ai pas de couches, ni de thermomètre, ni de lait", se plaint une mère, alors que son enfant, boucles blondes et yeux clairs, se tortille sur ses genoux. Une fillette tente vainement de négocier avec un policier d’aller se rafraîchir dans les fontaines qui arrosent le parvis de la mairie écrasé de soleil, comme les autres enfants. C’est non. "Le parvis des Droits de l’homme est interdit aux Roms ", lance Michel Guimard, président de la fédération départementale de la Ligue des droits de l’homme, qui se souvient avoir inauguré cette place avec François Mitterrand dans les années 1980. "L’esprit socialiste a drôlement changé", dit-il.

LA VALSE DES EXPULSIONS

La quinzaine de familles qui occupaient le terrain d’Evry étaient arrivées au mois de mai dans la ville, y rejoignant quelques compatriotes qui y avaient construit les premiers baraquements. Elles avaient été expulsées d’un squat dans une ancienne gendarmerie à Viry-Châtillon, une ville voisine. C’était au mois de janvier, alors que la vague de froid commençait à transpercer la France et l’Europe. Femmes, hommes et enfants avaient donc été hébergés dans des hôtels sociaux. "Mais les hôtels, ça ne va pas, explique une mère de famille. Il n’y a pas de cuisine, on ne peut pas faire à manger aux enfants."

"Le problème, avec ces hébergements, c’est que les familles sont dispersées. Alors que le camp permet de créer du lien social, de s’entraider, d’être soutenu par les associations, renchérit Serge Guichard. Et ils sont trimballés d’hôtel en hôtel, c’est instable. Or ils doivent connaître la région, pour repérer les points de mendicité, se faire un réseau chez les artisans du coin qui leur donnent du travail dans le bâtiment, l’agriculture, l’entretien..." "Le camp leur permet aussi de rester au même endroit pour scolariser les enfants. Ils allaient à l’école à Viry, note Nicole Brulais, militante dans la même association. Il fallait voir la petite Rebecca, ce matin, partir fièrement, avec son cartable tout neuf."

Relogées en janvier, donc, les familles ont dû retourner à la rue trois mois plus tard, faute de place, avant de trouver ce nouveau terrain. C’est pourquoi ce lundi, lassées par la valse des expulsions et des déplacements, nombre d’entre elles ont refusé la proposition du maire d’Evry, qui assure avoir offert un hébergement pour chacun des Roms expulsés (ce que dément l’Asefrr). Selon M. Chouat, les places étaient dispersées entre plusieurs départements – Essonne, Val-de-Marne, Paris, Seine-Saint-Denis –, et garanties pour huit jours minimum. Après... "On ne sait pas. Même ce soir, on ne sait pas où on dort, dit Virgil, qui porte son garçon de 5 ans, Renaldo, né à Saint-Denis dans le 93. Nous, on demande juste un terrain, avec de l’eau et l’électricité. On peut payer pour ça", dit-il.

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Dijon : les migrants au tribunal le 11 septembre

28 août 2012 - France 3 Bourgogne - B. L.

Le propriétaire d’une maison squattée par des demandeurs d’asile demande leur expulsion.

Il conteste le délai qui leur a été accordé par la justice pour quitter les lieux. L’affaire s’est plaidée mardi 28 août 2012 devant la cour d’appel de Dijon. La décision a été mise en délibéré au mardi 11 septembre.

Des migrants, pour la plupart Africains, occupent depuis le mois de juillet une maison inoccupée située impasse des Petites-Roches.

Le promoteur immobilier Seger, propriétaire des locaux, les avaient assignés devant le tribunal d’instance de Dijon. Finalement, le 27 juillet dernier, le juge a donné aux demandeurs d’asile un délai de 4 mois pour libérer cette propriété privée. Ils doivent s’en aller au mois de décembre.

Mais, la société Seger a fait appel de cette décision de justice, car elle a l’intention de transformer la bâtisse en maison de retraite. Le promoteur déclare vouloir débuter les travaux en septembre prochain.

Des obligations légales de logement

Ces migrants sont en majorité originaires d’Érythrée, du Soudan, de Somalie ou encore d’Éthiopie. Ils ont déjà fait l’objet d’une expulsion de l’ancien internat de l’Ecole des greffes, boulevard de la Marne, le 2 juillet dernier. Trois jours plus tard, ils ont investi cette grande propriété privée vide dans le quartier des facultés, à Dijon.

Ils sont soutenus par un collectif d’associations. Celles-ci estiment qu’elles ne peuvent laisser des personnes qui fuient les persécutions dans leurs pays "seules face aux expulsions et face à une administration qui ne respecte pas ses obligations légales de logement des demandeurs d’asile".

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Raid aérien turc contre les rebelles kurdes dans le nord de l’Irak (PKK)

25 août 2012 - Nouvelles d’Arménie en Ligne - AFP

Souleimaniya (Irak), 25 août 2012 (AFP) - Des avions de l’armée turque ont procédé samedi à des bombardements contre des villages du nord de l’Irak qui abritent des repaires de rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), a indiqué l’un de leurs porte-parole.

“Quatre avions ont bombardé les villages de Silliyeh et Sargal à 01H30 (22H30 GMT vendredi)“, a expliqué Haval Roz à l’AFP, précisant que les bombardements avaient duré 20 minutes.

“Il n’y a eu aucun blessé, mais les bombardements ont endommagé les maisons des habitants et des exploitations agricoles“, a souligné M. Roz, selon lequel du bétail aurait péri.

Les villages visés se trouvent à environ 115 km au nord de Souleimaniya, la deuxième plus grande ville de la région autonome du Kurdistan irakien.

Le PKK, un mouvement armé en conflit avec Ankara, est considéré comme une organisation terroriste par de nombreux pays. En près de 30 ans, le conflit a fait plus de 45.000 morts.

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La citadelle Melilla de nouveau prise d’assaut par les migrants africains

25 août 2012 - Slate Afrique - Maghreb Emergent

Cette année encore, profitant d’un relâchement de la surveillance des frontières la veille de l’aid El Fitr célébrant la fin du ramadan, quelque 300 clandestins africains ont tenté un passage en force contre le mur de protection de la ville de Melilla, enclave espagnole en terre marocaine, rapporte le site Maghreb Emergent

« Une centaine de ces migrants clandestins, des Subsahariens, auraient réussi à franchir ce mur de six mètres, hypersurveillé, déclenchant du coup une alerte maximale sur les enclaves espagnoles, Melilla et Ceuta », rapporte le site maghrébin.

La petite cité représente un verrou pour les migrants africains qui espèrent, via son territoire, accéder à "l’eldorado européen".

Malgré sa réputation de rideau de fer infranchissable, elle est le théâtre permanant de tentatives de passages de clandestins originaires du Maghreb et de l’Afrique subsaharienne.

Le 28 septembre 2005, plus de 800 clandestins ont pris d’assaut la frontière, et une centaine d’entre eux sont parvenus à pénétrer en Espagne.

Une poignée d’entre eux a cependant été abattue par des tirs venant du Maroc suscitant l’émoi de l’opinion publique internationale.

D’abord accusée, la Guardia Civil espagnole a été dédouanée de toute responsabilité sur cet évènement.

Depuis, la frontière a été renforcée par un double système de grillages ponctué de miradors comme le rapportait ce reportage de France 24.

Cette citadelle a été financée par l’Union européenne. Le tout est sévèrement contrôlé par un système électronique de détection.

"Séquelle" de la reconquête des rois catholiques sur les Maures, Melilla et sa jumelle Ceuta sont sous souveraineté espagnole depuis 500 ans. Le statut de ces deux villes devenues autonomes est l’objet d’un désaccord permanent entre Madrid et Rabat.

Le Maroc considère qu’elles font partie de son territoire et sont indûment occupées par les Espagnols, créant régulièrement des tensions entre les deux pays voisins.

« Il y a une unanimité populaire pour dire qu’elles sont marocaines, une unanimité prolongée par le point de vue officiel », a déclaré Abdellah Tourabi, journaliste spécialiste des questions internationales lors d’un débat sur RFI consacré à cette épineuse question, tout en soulignant une certaine ambivalence des autorités, et pour cause, estime pour sa part l’historien du Maghreb Pierre Vermeren, « l’Espagne ayant de sérieuses arguties pour défendre sa souveraineté sur le territoire ».

Cette porte de l’Europe demeure de surcoît une des plus inégalitaires au monde comme l’illustre un reportage d’Arte.

Frappée par la crise en Espagne, elle est utilisée pour introduire sur le continent les produits dérivés du cannabis et depuis une période récente la cocaïne sud américaine transitant par les grands ports marocains.

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La mort de Meles ouvre une période d’incertitude pour la Corne de l’Afrique

22 août 2012 - Le Point - AFP

La mort du Premier ministre éthiopien Meles Zenawi, au pouvoir depuis 21 ans et pivot de la politique est-africaine, crée un vide en Ethiopie et dans la région instable de la Corne de l’Afrique.

M. Meles, dont le décès a été annoncé mardi par Addis Abeba, avait pris les commandes de l’Ethiopie en 1991, à la tête d’une guérilla qui venait de faire tomber le régime du dictateur Mengistu Hailé Mariam.

Devenu au fil des ans un allié-clé des Etats-Unis dans la lutte contre l’extrémisme islamiste dans la région, il personnifiait le pouvoir et les relations personnelles qu’il avait tissées avec ses interlocuteurs internationaux étaient au coeur de la diplomatie éthiopienne.

L’intérim est désormais assuré par le vice-Premier ministre Hailemariam Desalegn, dont la marge de manoeuvre exacte reste inconnue. Le départ de M. Meles pourrait ouvrir une lutte au sein de l’élite dirigeante, dont l’issue, jugent des analystes, sera déterminante pour les relations du pays et ses voisins, ennemi érythréen en tête.

"Les développements des prochaines semaines en Ethiopie pourront affecter le paysage économique, politique et sécuritaire de la Corne de l’Afrique pour des années," estime Jason Mosley, du centre de réflexion Chatham House.

"Ce qui se passera dans la région dépendra de ce qui se passera en Ethiopie," poursuit Joakim Gundel, spécialiste de la Somalie, où Addis Abeba a envoyé deux fois en six ans son armée combattre des mouvements islamistes.

Le pouvoir éthiopien repose sur la coalition du Front populaire démocratique révolutionnaire éthiopien (EPRDF), qui s’articule essentiellement autour du Front populaire de libération du Tigré (TPLF), l’ancienne guérilla de M. Meles.

"L’EPRDF n’est pas une organisation monolithique, pas plus que le TPLF," juge M\. Mosley. "Des hauts cadres de l’EPRDF, en particulier parmi le TPLF, vont chercher à affirmer et protéger leurs intérêts".

"La question est de savoir si la nouvelle élite dirigeante peut trouver un consensus sur un nouveau leader, et si ce leader sera capable de gérer les intérêts de tous, tout en maintenant le cap du pays en matières économique et sécuritaire," souligne l’analyste.

Rôle stratégique

Beaucoup d’incertitudes entourent la succession de M. Meles, mais parmi les scénarios avancés figure celui de voir les groupes rebelles qui menacent à la marge le pouvoir depuis des années profiter de la transition pour monter en puissance.

Parmi eux, le Front national de libération de l’Ogaden (ONLF), qui réclame l’indépendance de la région de l’Ogaden (sud-est), à majorité somali, et le Front de libération Oromo (OLF) - les Oromo sont l’ethnie majoritaire du pays - qui luttait déjà contre le régime Mengistu.

Roland Marchal, du Centre national de la recherche scientifique (CNRS, France), ne voit cependant pas encore se profiler le chaos en Ethiopie. "D’une certaine façon, (les caciques) vont réaliser qu’ils ne peuvent pas casser le jouet que Meles leur a laissé," estime-t-il.

L’annonce du décès de M. Meles, très critiqué sur le volet des droits de l’Homme, a donné lieu à un flot d’hommages de dirigeants étrangers. Ils ont salué son action économique et son rôle "stratégique" pour la paix entre le Soudan et le Soudan du Sud ou dans la lutte contre les islamistes somaliens.

M. Marchal n’attend pas un virage diplomatique, plutôt une "continuité" sur le dossier soudanais et de possibles "nuances" dans les relations avec les voisins ougandais, kényan et somalien.

La plus grande incertitude semble liée à l’Erythrée. L’Ethiopie n’a notamment jamais réglé le différend frontalier à l’origine d’une très meurtrière guerre entre 1998 et 2000 avec son ancienne province, indépendante depuis 1993.

Pour M. Mosley, la transition en Ethiopie offre une opportunité de "réconciliation" entre Addis Abeba et Asmara. Sauf si l’Erythrée ne juge pas dans son intérêt d’"alimenter l’instabilité qui pourrait naître" de cette transition ou qu’Addis ne la devance en "intervenant plus fermement en Erythrée".

Le porte-parole de la diplomatie éthiopienne, Dina Mufti, assure quant à lui que les politiques "intérieure et étrangère" du pays sont "là pour durer".

M. Meles n’avait déjà plus été vu en public depuis juin. Et "il semble que (sa) disparition de la scène, depuis plus de deux mois, n’ait pas suffi à ébranler la confiance" au sein de l’EPRDF, pointe M. Mosley. "Si les choses continuent à avancer en douceur dans les deux ou trois semaines, peut-être pourront-il surmonter tout cela", estine-t-il.

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Des JO à la mort, la tragédie de Saamiya la Somalienne

22 août 2012 - Le Monde - Salvatore Aloïse

Elle s’appelait Saamiya Yusuf Omar et portait le dossard 2895 aux JO de Pékin, en 2008. Elle était l’une des deux seules athlètes à représenter son pays, la Somalie. Elle avait même été désignée comme porte-drapeau lors du défilé de la cérémonie d’ouverture. Les spectateurs l’avaient applaudie, émus, dans sa série du 200 mètres, au cours de laquelle elle était arrivée dernière, loin de toutes les autres, dans un temps anecdotique de 32 secondes et 16 centièmes. Ce qui importait, c’était d’où elle venait. Pour participer aux Jeux olympiques, elle avait dû surmonter une montagne d’obstacles. Le pays était dominé par les fondamentalistes islamiques, qui voyaient d’un mauvais oeil une femme athlète.

Mais Saamiya avait tenu bon. En s’entraînant dur. Elle savait que le sport pouvait l’aider à s’affranchir. Elle venait de Mogadiscio, aînée de six frères et soeurs. Son père avait été tué dans la rue. L’expérience olympique lui avait plu. "Cela a été très beau de défiler avec les meilleurs athlètes du monde", avait-elle répondu aux journalistes qui l’interrogeaient. Cela ressemblait au début d’une histoire de revanche sur la vie. Le sport, quelquefois, le permet.

Mais pas avec elle. "Saamiya a eu droit à une note de Wikipedia qui explique qu’elle est née en 1991, première année de la guerre en Somalie, mais pas qu’elle est morte en Méditerranée", a raconté, dans le blog Pubblicogiornale.it, Igiaba Scego, écrivaine italo-somalienne - depuis, sa page a été remise à jour. La nouvelle de la mort de Saamiya a été révélée par un ancien athlète somalien, Abdi Bile, le seul à avoir remporté une médaille pour son pays, l’or, aux 1 500 mètres des Mondiaux de Rome en 1987. "Savez-vous ce qu’est devenue Saamiya Yusuf Omar ?", s’est-il écrié, la voie rompue par l’émotion, lors d’une rencontre publique avec des membres du comité olympique somalien. Personne n’a su répondre. Abdi a repris : "Elle est morte pour rejoindre l’Occident. Elle était montée à bord d’une "charrette de la mer" qui, de Libye, devait la conduire en Italie. Mais elle n’y est jamais arrivée."

RÊVE INTERROMPU

Igiaba Scego a écrit l’histoire de Saamiya pour rappeler les deux visages de son pays d’origine au moment où il élit son président. D’un côté, Mo Farah, réfugié somalien devenu un héros pour son pays d’accueil, la Grande-Bretagne, après avoir triomphé lors des 5 000 et 10 000 mètres aux récents JO. De l’autre, Saamiya, qui était arrivée jusqu’à Pékin encore adolescente et, à 21 ans, avait peut-être en tête Londres 2012 lorsqu’elle est montée à bord de l’embarcation qui l’a conduite à la mort en avril.

En témoignent les photos parues dans la presse et sur Internet ainsi que les images télévisées où on la voit s’entraîner dans les rues poussiéreuses de Mogadiscio entre un camion de miliciens armés et une horde d’enfants. Peut-être espérait-elle reprendre son rêve interrompu à son retour de Pékin. Comme tant d’autres, elle avait tenté sa chance en quittant son pays. Selon le blog Fortress Europe, près de 18 000 personnes seraient mortes comme elle, en Méditerranée, au cours de ces vingt dernières années.

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Appel Amnesty International

21 août 2012 -

A lire en pièce jointe.

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Calais : ces clandestins qui rendent leurs empreintes digitales invisibles

18 août 2012 - Les Inrocks - Cédric Vallet

À Calais, de nombreux clandestins ont rendu leurs empreintes digitales illisibles. C’est le cas d’Amal, demandeur d’asile érythréen, qui explique les raisons de son geste.

Amal s’est abîmé les doigts. Comme de nombreux autres demandeurs d’asile de la région de Calais, il a rendu ses empreintes digitales illisibles. “Il y a plusieurs possibilités : la colle, des produits chimiques ou se brûler le bout des doigts”, énumère-t-il, l’air faussement détaché. Lui a opté pour une autre méthode : “J’ai mis mes doigts dans une sorte de plastique fondu qui se met dans les empreintes, ça peut rester longtemps.” Il s’agit bien d’une brûlure, qui peut s’avérer grave vu le cocktail chimique qui compose le plastique.

“Je ne veux pas attendre toute ma vie une protection.”

Le fait que des demandeurs d’asile altèrent leurs empreintes digitales n’est pas nouveau. Souvent, ils le font pour échapper au règlement européen Dublin II. Ce règlement répond à une logique simple et implacable : si un demandeur d’asile arrive en France et que l’on retrouve une trace de son passage – en général une empreinte – dans un autre pays d’Europe, il y sera renvoyé de force. Toutes les empreintes digitales étant stockées dans une immense base de données : Eurodac. Dans le Calaisis, le phénomène prend une ampleur considérable. Selon Nathanaël Caillaux, conseiller juridique au bureau local de France terre d’asile, ce sont au moins 80 % des demandeurs d’asile de la région qui rendent leurs empreintes illisibles.

Pourquoi ces mutilations ? “Parmi ceux dont les empreintes ont été rendues volontairement illisibles, certains disent qu’ils veulent échapper au règlement Dublin II, d’autres veulent accéder à la procédure d’asile prioritaire car ils pensent qu’elle est plus rapide”, répond Nathanaël Caillaux.

Une procédure prioritaire réservée pour partie à ceux que l’administration considère d’emblée comme des “fraudeurs”. Avec, à la clef, un examen de leur demande censé aller plus vite (officiellement 15 jours maximum) et ouvrant moins de droits. La loi Besson, en 2011, avait consacré un lien automatique entre l’altération des empreintes et la procédure prioritaire, espérant par la répression juguler le phénomène. Cela n’a pas empêché Amal de s’attaquer à ses empreintes, bien au contraire : “Il y a ce règlement Dublin II, qu’on ne comprend pas très bien, dit-il. On fait toute cette route et on sait qu’on peut nous renvoyer. Mais surtout, ce qu’il faut savoir, c’est que la procédure prioritaire est plus rapide, on préfère ça. Même si on n’a le droit à rien. En procédure normale, il faut attendre deux ans, voire plus, pour espérer obtenir le statut de réfugié. Je préfère vivre sans toit et avoir une réponse. Je ne veux pas attendre toute ma vie une protection.”

Sur la route d’Amal, de nombreux obstacles sont apparus. Car la chasse aux empreintes illisibles est féroce du côté des autorités françaises. Ces aspirants réfugiés n’ont pas droit à un titre de séjour. Ils sont vaguement tolérés le temps d’un examen express de leur demande et sont condamnés à vivre d’expédients. À ces conditions de vie précaires se sont ajoutées d’autres difficultés.

En 2011, l’Office français de protection des réfugiés et apatrides avait fait circuler une note interne intimant aux fonctionnaires de rejeter toutes les demandes d’asile formulées par des personnes aux empreintes illisibles, sans examen des situations individuelles. Amal en fut victime. Il a reçu l’an passé une décision négative sans examen de fond de sa demande. Il a finalement pu réintégrer le circuit d’une demande d’asile prioritaire à la suite de l’annulation, début 2012, par le Conseil d’Etat de cette note interne. Mais le temps se fait long. Il espère que la décision viendra vite.

Les altérations d’empreintes sont majoritairement le fait d’Africains de l’Est. Pour Serge Slama, maître de conférences en droit public à Évry, cela peut s’expliquer par “le parcours spécifique de ces demandeurs d’asile. Ils ont un taux de reconnaissance du statut de réfugié très fort. Ils espèrent obtenir l’asile rapidement. De plus, beaucoup d’entre eux sont passés par Malte ou Chypre où ils ont pu être détenus. Des pays où les demandeurs d’asile sont assez maltraités.” D’où leur envie d’éviter d’y retourner manu militari…

Pour Serge Slama, la cause est entendue : “Le fond du problème, c’est ce règlement Dublin II qu’il faut réformer.”

“Je m’habitue à Calais et Calais s’habitue à moi.”

Cette volonté farouche qu’ont certains demandeurs d’asile de recevoir une décision au plus vite s’explique aussi par la durée de leur errance. Amal se souvient : “En 1985, j’ai quitté l’Erythrée car j’étais menacé du fait de mon appartenance à un mouvement d’opposition. Je me suis installé au Soudan. Mais en 2010, ils ont expulsé des Érythréens et le contexte n’était pas stable. J’ai décidé de partir pour l’Europe.” S’ensuit un long voyage, fait d’étapes périlleuses. D’abord la Turquie qu’il réussit à gagner en avion grâce à un faux passeport. Quelques mois d’attente puis c’est le passage obligé : la Grèce.

Une traversée nocturne, entassé parmi d’autres exilés sur un minuscule rafiot. Là encore, il faut attendre dans des conditions extrêmement difficiles, et faire face au racisme. Il quitte la Grèce en se glissant sous un camion qui embarque sur un navire à destination de l’Italie. De là, il monte vers le nord, en train, avec l’envie de gagner l’Angleterre. C’est en mai 2011 qu’il arrive à Calais, où il abandonne vite ses espoirs de traversée de la Manche. “J’ai vu qu’il y avait des Érythréens en France, je me suis dit que je pouvais y rester”, confie-t-il. La vie d’Amal au quotidien ?

“Je vis dans des squats de Calais. Certains ferment, d’autres ouvrent. Cela change souvent. L’association Salam donne des repas, d’autres associations fournissent des vêtements. Le Secours catholique offre un espace d’accueil. Au bout d’un certain temps on s’habitue au froid, au temps. Je m’habitue à Calais et Calais s’habitue à moi.”

Vu le “succès” de la procédure prioritaire, celle-ci n’est plus si rapide que ça. “C’est quand même très long et pendant ce temps, la France peut me renvoyer. Si la procédure dure plus d’un an et qu’on me renvoie vers un pays en guerre, alors ça ne respecte pas les droits. Peut-être qu’il vaudrait mieux laisser les empreintes propres mais c’est une question de confiance.” Et, pour l’instant, la confiance d’Amal envers les institutions françaises est toute relative. C’est la peur d’être renvoyé en Érythrée, ou dans un autre pays d’Europe, qui prend le dessus.

Il estime que ces nombreux Africains de l’Est qui se mutilent les doigts le font pour des raisons assez similaires aux siennes. “Même si certains ont les empreintes naturellement effacées”, ajoute-t-il. Après un si long périple, Amal croit en son avenir : “J’ai un grand espoir d’avoir le statut de réfugié. Ensuite j’irai peut-être à Lille ou Paris. Calais, pour nous tous, ce n’est qu’un passage.” Si la décision est négative, Amal gagnera la clandestinité avec l’espoir d’être protégé ailleurs. En Scandinavie ou au Royaume-Uni. Quitte à prendre tous les risques pour traverser la Manche. L’absence d’empreintes étant son meilleur passeport pour échapper aux mailles serrées du filet européen.

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Le flux de réfugiés syriens ne cesse d’augmenter rapidement (HCR)

17 août 2012 - Cri.cn

Le flux de réfugiés syriens ne cesse d’augmenter rapidement dans les pays voisins. La Turquie, la Jordanie, le Liban, l’Irak doivent faire face à des centaines de nouveaux arrivants et prendre les mesures adéquates pour faire face à cette situation, a indiqué vendredi le porte-parole du Haut-Commissariat desRéfugiés (HCR) Adrian Edwards.

Selon le porte-parole du HCR, "une augmentation importante du nombre de Syriens fuyant leur pays vers la Turquie a été notée. Entre mardi et mercredi, 3 500 personnes ont traversé la frontière pour se rendre dans les provinces de Kilis et Hatay".

Il a ajouté que "la plupart de ces personnes étaient originaires des environs d’Azaz et d’Alep".

En prenant compte de ces derniers chiffres, 65 000 Syriens sont actuellement répartis dans neuf camps en Turquie dont 40% sont arrivés au mois d’août.

En Jordanie, le nombre de réfugiés est aussi en augmentation, a indiqué le porte-parole du HCR. La nuit dernière plus de 1 800 personnes sont arrivées à Ramtha et Jaber. Le 14 août, 700 personnes ont traversé la frontière et le 15 août, 900 personnes.

"Le Gouvernement jordanien transfère tous les nouveaux arrivants au camp de Za’atri qui reçoit actuellement 7655 personnes. Plus de 60% des nouveaux arrivants de cette semaine étaient des enfants", a précisé Adrian Edwards.

L’UNICEF et le PAM apportent leurs contributions pour faciliter la vie dans le camp. Le Gouvernement jordanien estime qu’environ 150 000 Syriens sont passés en Jordanie depuis mars 2011. Près de 46 898 d’entre eux sont enregistrés auprès du HCR et des milliers d’autres reçoivent l’assistance d’autres organisations.

Adrian Edwards a déclaré que "le HCR et ses partenaires cherchent d’urgence une solution alternative pour loger le nombre grandissant de réfugiés syriens qui se sont installés dans des écoles car la rentrée scolaire au Liban a lieu début septembre" et que "les nombreux bâtiments abandonnés situés dans la vallée de Bekaa pourraient être une solution après leur réhabilitation".

Le HCR souhaite également augmenter le nombre d’enfants syriens scolarisés dans des écoles libanaises. Pour l’instant 37 240 réfugiés syriens sont enregistrés au Liban et plus de 9 432 personnes sont en attente.

Le porte-parole du HCR a dit que son agence "aidera les autorités irakiennes à agrandir le camp situé à Al-Qaem" et discute la possibilité d’installer un nouveau camp dans la région d’Al-Kasak près de Rabi’aa pour recevoir le nombre grandissant de réfugiés syriens. L’Irak compte pour le moment 3 camps de réfugiés (Domize, Al-Qaem et Al-Waleed). Pour l’instant, 15 096 réfugiés syriens se trouvent en Irak et près de 10 000 d’entre eux sont enregistrés au Kurdistan.

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) s’inquiète face à des cas de diarrhée dans la banlieue de Damas et l’Organisation Internationale pour les migrations (OIM) rapatrie les travailleurs étrangers bloqués en Syrie à cause des évènements.

Le Dr Richard Brenman, Directeur du département de la gestion du risque et de la réponse humanitaire de l’OMS, a déclaré que "l’accès aux installations hospitalières syriennes est de plus en plus difficile au vu de l’ augmentation de la violence". Il a ajouté que "selon le Ministère syrien de la santé 38 hôpitaux et 149 installations hospitalières ont été détruites".

Le Dr Brenman a dit que "le 16 août l’existence de 103 cas de diarrhée, dans les environs de Damas, avaient été rapportée par une ONG locale soutenue par l’OMS". Environ 61 personnes touchées sont des enfants âgés de moins de 10 ans.

Le porte-parole de l’OIM Jumbe Omari Jumbe a déclaré que son organisation "avait déjà aidé 806 personnes à quitter la Syrie pour rentrer dans leur pays d’origine. Plus de 608 personnes attendent de partir. L’ OIM a reçu des demandes émanant de plusieurs pays (Indonésie, Soudan, Yémen, Ukraine, Bélarussie, Chili, et Egypte) pour les aider à évacuer leurs ressortissants qui s’élève à 3690 personnes".

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Cent soixante migrants recueillis au large de Malte

16 août 2012 - Le Monde - AFP

Des patrouilleurs de l’armée maltaise ont recueilli 160 migrants somaliens et érythréens en difficulté à bord de deux embarcations entre Malte et la Libye, et quatre d’entre eux ont trouvé la mort, ont annoncé jeudi les forces armées maltaises (AFM). Un porte-parole a précisé qu’un premier groupe, à bord d’un petit canot pneumatique, avait été repéré mercredi par un navire marchand, le Victoria 6, à 70 milles marins au sud-ouest de l’archipel.

Ce navire a alors pris contact avec le centre maltais de coordination des secours en mer, le prévenant que le canot avait 60 passagers à son bord, qu’il prenait l’eau et s’enfonçait rapidement dans les flots. Les passagers se trouvaient dans des conditions précaires et deux cadavres étaient à bord, a-t-il précisé.

Selon le rapport du commandant du Victoria 6 cité par les forces armées maltaises, au cours du transbordement, deux des immigrés sont tombés à l’eau et ont disparu. Leurs corps n’ont pas été retrouvés. Les deux cavadres ont été laissés sur la petite embarcation en train de couler. Une patrouille des AFM a été dépêchée sur place, et les immigrants, dont une vingtaine ont été hospitalisés pour déshydratation et malnutrition, ont été emmenés à la base militaire de Hay Wharf près de La Valette.

Plus tard dans la nuit, un autre bateau avec cent personnes à bord a été intercepté par une patrouille des AFM. Ces immigrants étaient aussi dans une situation de détresse et ont été transférés à Malte jeudi matin. Ces deux nouvelles arrivées d’immigrés par mer portent à plus de 1 700 le nombre de ceux qui sont parvenus de cette façon à Malte depuis le début de l’année.

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Irak : 53 morts dans une vague d’attentats avant la fête de l’Aïd

16 août 2012 - Nouvel Obs

Au moins 53 personnes ont été tuées jeudi dans une quinzaine d’attentats en Irak, a-t-on appris de sources médicales et de sécurité, à quelques jours de la fin de la période de jeûne du ramadan, généralement marquée par une recrudescence des violences.

Des extrémistes estiment que ce mois sacré des musulmans est propice pour mener la "guerre sainte".

Au moins 250 personnes ont également été blessées dans ces attaques perpétrées dans une douzaine de localités à travers l’Irak.

Ces attentats portent à 198 le nombre de personnes tuées par les violences pour le seul mois d’août en Irak, selon un bilan compilé par l’AFP à partir de données de sources médicales et sécuritaires.

Dans le quartier de Husseiniyeh, dans le nord Bagdad, six personnes ont été tuées et 26 blessées dans l’explosion d’une voiture piégée, selon des sources sécuritaire et médicale, tandis que dans le secteur chiite de Sadr City l’explosion d’un autre véhicule piégé a fait onze morts et 41 blessés.

Dans la soirée, des hommes armés munis de silencieux ont attaqué un point de contrôle à Massoud, toujours dans le nord de la capitale, tuant au moins 6 soldats et en blessant sept, ont indiqué les mêmes sources.

Dans la ville de Dakouk, au nord de Bagdad, six policiers ont été tués par un kamikaze qui a actionné sa bombe dans un complexe du département antiterrorisme, selon Sarhad Qader, général de police dans la province de Kirkouk (nord).

Dans la capitale éponyme de cette province, au moins quatre voitures piégées ont explosé en l’espace de 45 minutes, dont deux à proximité des bureaux de la compagnie publique North Oil Company. Les attaques ont notamment touché des quartiers à majorité kurde, au jour anniversaire du plus puissant parti kurde d’Irak, le Parti démocratique du Kurdistan.

Selon le chef des services de Santé de la province, Sadik Omar Rasoul, les attentats à Dakouk et Kirkouk ont fait au total huit morts et 56 blessés.

A Kout, 160 km au sud de Bagdad, une voiture piégée a explosé jeudi soir, tuant 5 personnes, selon des responsables de la police et des services de santé.

A Al-Garma, près de l’ancien bastion insurgé sunnite de Falloujah, quatre policiers ont été tués et trois autres blessés par des tirs à un barrage, selon l’officier de police Anas Mahmoud et le docteur Omar Dalli de l’Hôpital général de Falloujah.

A Dibis, près de Kirkouk, deux bombes placées près du domicile d’un capitaine de police ont tué son frère et blessé quatre autres personnes, dont le capitaine, ont rapporté la police et un médecin.

Des hommes armés ont tué deux personnes qui circulaient en voiture à Al-Baaj, à l’ouest de Mossoul, et dans la même zone, deux enfants ont été blessés par un attentat visant la maison en construction d’un officier de police à Badouch, ont indiqué la police et un médecin.

Trois bombes ont aussi explosé à Touz Khormatou, au nord de Bagdad, près de la maison d’un responsable local qui a été blessé. Son épouse a elle été tuée, selon la police et un médecin.

Des explosions ont également eu lieu à Mossoul, Taji, Khales, et dans la périphérie de Baqouba, faisant 22 blessés, ont indiqué des responsables.

Mercredi, 13 personnes avaient déjà péri dans des attentats en Irak.

Lundi, un cabinet britannique spécialisé dans les questions de sécurité, AKE, avait averti que des "terroristes en Irak pourraient préparer des attentats à l’explosif destinés à faire un maximum de victimes, lors de grands rassemblements de civils à l’occasion de la fin du ramadan", cette semaine .

Si les violences ont considérablement diminué par rapport aux sanglantes années 2006-2007, elles restent encore très fréquentes en Irak.

En juillet, 325 personnes ont été tuées dans le pays, d’après les autorités, soit le mois le plus sanglant depuis août 2010. Le mois dernier, seuls quatre jours s’étaient écoulés sans aucun attentat. Ce mois-ci, l’Irak a connu des explosions ou des tirs chaque jour.

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JO : Des athlètes demandent l’asile

15 août 2012 - RDS.ca - Associated Press

LONDRES - Des milliers d’olympiens sont retournés dans leur pays après la fin des Jeux de Londres, mais une dizaine d’athlètes africains ont choisi de ne pas rentrer. L’un d’entre eux a déjà annoncé son intention de demander l’asile politique au Royaume-Uni.

Avant même la cérémonie de clôture, certains athlètes originaires de pays pauvres ou déchirés par des conflits, notamment du Cameroun, de l’Érythrée, de la Guinée et de la Côte d’Ivoire, ont disparu du village des athlètes, et l’endroit où ils se trouvent reste un mystère.

Ce n’est pas la première fois que des athlètes se volatilisent pendant les Jeux : il existe une histoire bien établie d’athlètes qui tirent profit des compétitions internationales dans des pays étrangers pour tenter de se donner une vie plus prometteuse. Les défections étaient courantes durant la guerre froide.

Les athlètes qui ont participé aux Jeux olympiques de Londres ont le droit de rester au Royaume-Uni jusqu’en novembre en vertu des conditions prévues par leur visa. Mais l’un d’entre eux a déjà annoncé qu’il demanderait l’asile politique.

« J’aime vraiment beaucoup mon pays, mais ce sont les conditions difficiles et le manque de respect des droits de la personne qui me poussent à demander l’asile », a déclaré l’athlète érythréen Weynay Ghebresilasie, âgé de 18 ans, dans une entrevue au quotidien « The Guardian » publiée mercredi.

Le jeune homme, qui a participé au 3000 m steeple, a déclaré au journal qu’il était devenu désillusionné face à la dégradation des conditions politiques dans son pays natal. Il affirme qu’il n’est pas seul : trois de ses collègues de l’équipe érythréenne, sur un total de 12 membres, vont aussi demander l’asile au Royaume-Uni, mais ils ne veulent pas en parler en public de crainte de causer des problèmes à leurs proches restés en Érythrée, a-t-il dit.

L’Érythrée fait partie des dix principaux pays d’origine des demandeurs d’asile au Royaume-Uni l’an dernier, aux côtés du Soudan, de l’Afghanistan et de l’Iran, selon l’organisation londonienne Refugee Council.

Ce n’est pas la première fois que des athlètes érythréens demandent l’asile en marge d’une compétition : en 2009, tous les membres de l’équipe nationale de soccer avaient fait défection lors d’un tournoi au Kenya.

Le chef de la délégation olympique de la Côte d’Ivoire, Salamata Cissé, a confirmé mardi que deux nageurs et un entraîneur de lutte avaient disparu de leur lieu d’hébergement à Londres.

En Guinée, le ministre des Sports, Titi Camara, a aussi confirmé que trois athlètes guinéens n’étaient pas rentrés au pays après les Jeux.

« Ils ont dit à leurs amis qu’ils ne reviendraient pas en Guinée », a déclaré un journaliste sportif guinéen, N’famara Bangoura. « Ici, il n’y a pas d’infrastructures, pas d’équipement, pas d’entraîneurs qualifiés pour les aider à devenir de bons athlètes. »

La semaine dernière, l’équipe olympique du Cameroun avait demandé l’aide des autorités londoniennes pour retrouver sept athlètes disparus après avoir participé à leur compétition. Un responsable de l’équipe, Emmanuel Tataw, a indiqué que des athlètes camerounais avaient déjà fait défection lors des Jeux de Sydney et d’Athènes.

Selon des médias africains, quatre athlètes de la République démocratique du Congo, dont le judoka Cedric Mandembo, ont aussi disparu après les Jeux de Londres.

Les autorités britanniques ont refusé de commenter ces informations, précisant qu’elles ne discutaient pas publiquement des cas individuels.

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Des attaques racistes en Grèce

14 août 2012 - Le Figaro avec Reuters

Les agressions racistes sont en hausse en Grèce où elles ont fait des centaines de victimes et au moins un mort, a déclaré aujourd’hui le responsable d’une organisation représentant les Pakistanais en Grèce, qui appelle les autorités à ne plus ignorer le phénomène.

La Grèce est une porte d’entrée majeure dans l’Union européenne pour les migrants asiatiques et africains. Mais ils y rencontrent une hostilité croissante à l’heure où le pays connaît sa pire récession d’après-guerre et un chômage de masse. "Cela a commencé par des agressions verbales, puis sont arrivées les barres, les poings américains et maintenant, les couteaux", déclare Javied Aslam, responsable de l’Organisation de la communauté pakistanaise et président de l’Association des travailleurs migrants.

Ses propos font suite au meurtre brutal d’un jeune Irakien, poignardé dimanche à Athènes. Si la police soupçonne une attaque raciste, personne n’a été arrêté ou accusé pour l’instant. Un demi-millier d’immigrés au moins ont été agressés au cours des six derniers mois, selon Javied Aslam, qui travaille comme interprète dans des hôpitaux. Plus d’une vingtaine ont été blessés par un motard masqué armé d’une épée.

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Dunkerque : un migrant meurt fauché par un bus sur l’autoroute A 16

13 août 2012 - La Voix du Nord

Cette nuit vers 3 h, un migrant qui marchait sur l’autoroute A 16 a été percuté par un car transportant des Néerlandais, dans le sens Belgique-France, au niveau de Coudekerque-Branche. Le migrant est mort sur le coup.

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Le corps d’une femme retrouvée sur une plage

13 août 2012 - Tribune de Genève

Le corps de la jeune femme a été retrouvé sur une plage du Pas-de-Calais en combinaison de natation, visiblement prête à gagner à la nage les côtes anglaises. Il s’agirait d’une clandestine d’origine asiatique.

Le corps d’une femme d’origine asiatique a été retrouvé dimanche soir au pied d’une falaise, sur une plage près de Boulogne-sur-mer (Pas-de-Calais), probablement une clandestine qui tentait de traverser la Manche à la nage, a-t-on appris lundi auprès du parquet.

Le corps de la jeune femme d’environ 35 ans a été retrouvé sur la plage de la Pointe-aux-Oies, à Wimereux, en combinaison de natation, visiblement prête à gagner à la nage les côtes anglaises, s’étant enduit les aisselles de vaseline comme il est d’usage pour éviter les irritations.

Plusieurs hypothèses

Les causes de la mort n’étaient pas connues, a précisé le procureur de la République de Boulogne-sur-mer, Jean-Philippe Joubert, confirmant une information de RTL. Noyade ou chute de la falaise, plusieurs hypothèses restaient ouvertes. Une autopsie devait avoir lieu mardi ou jeudi, selon le procureur.

La jeune femme avait plié des vêtements secs sous sa combinaison, avait emporté des produits énergisants et portait une boussole autour du cou. La tenue qu’elle avait sur elle provenait apparemment de la région parisienne, a indiqué le parquet.

Aucun papier n’a été retrouvé sur la victime, dont les empreintes ont été relevées. Il n’est pas commun que des migrants tentent de regagner l’Angleterre à la nage, a précisé M. Joubert. La traversée de la Manche est réputée dangereuse, avec de forts courants et un trafic maritime important.

"Une telle tentative semble vouée à l’échec", a estimé Jean-Claude Lenoir, de l’association d’aide aux migrants Salam. "Mais aujourd’hui, il y a un tel état de précarité, il y a un tel harcèlement, tellement peu de solutions en France, que tout est possible", ajoute-t-il.

Point de passage

La région reste un point de passage pour les migrants qui tentent de rejoindre l’Angleterre, même après le démantèlement de l’un des principaux camps de migrants il y a trois ans.

"Les prises de risque se sont accentuées, à l’image du camion frigorifique l’autre jour. Aujourd’hui, on est dans une précarité telle que rien ne nous étonne", a poursuivi M. Lenoir, qui estime que la pression policière sur les migrants s’est notamment accrue pendant la période des jeux Olympiques de Londres.

Début août, six migrants qui s’étaient cachés dans la soute de la remorque d’un camion dans le Pas-de-Calais avaient été sauvés de la suffocation à la suite de l’appel des secours par l’un d’eux.

En août 2009, environ 1500 clandestins afghans ou irakiens étaient recensés dans le Nord-Pas-de-Calais, dont plus de la moitié autour de Calais. Plusieurs centaines vivaient dans la "jungle", principal campement d’étrangers en situation irrégulière en France, détruit par les bulldozers le 22 septembre 2009 sur instruction d’Eric Besson, alors ministre de l’Immigration. Ils n’étaient plus que 500 un an après, selon les associations.

Tentatives passées

Selon le président de la station de sauvetage de Calais, Bernard Barron, les sauveteurs en mer n’ont pas été confrontés à des drames liés à l’immigration depuis une dizaine d’années, les migrants ne tentant pas souvent de traverser la mer par leurs propres moyens.

"Il y a environ quinze ans, on a eu deux Ukrainiens qui avaient tenté de traverser avec un kayak", a-t-il indiqué. L’un d’entre eux a été porté disparu, l’autre avait été récupéré

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Pas-de-Calais : un corps retrouvé sur une plage, sans doute une migrante clandestine

13 août 2012 - Libération

Le corps d’une femme d’origine asiatique en combinaison a été retrouvé dimanche soir au pied d’une falaise sur une plage de Wimereux (Pas-de-Calais) près de Boulogne-sur-Mer, probablement une migrante clandestine, a-t-on appris lundi auprès du parquet de Boulogne-sur-Mer.

Le corps de la jeune femme d’environ 35 ans a été retrouvé sur la plage de la Pointe-aux-Oies, à Wimereux, en combinaison de natation, visiblement prête à gagner à la nage les côtes anglaises, s’étant enduit les aisselles de vaseline comme il est d’usage pour éviter les irritations.

Les causes de la mort n’étaient pas connues, a précisé le procureur Jean-Philippe Joubert, confirmant une information de RTL. Noyade ou chute de la falaise, plusieurs hypothèses restaient ouvertes. Une autopsie devait avoir lieu mardi ou jeudi, selon le procureur.

La jeune femme avait plié des vêtements secs sous sa combinaison, avait emporté des produits énergisants et portait une boussole autour du cou. La tenue qu’elle avait sur elle provenait apparemment de la région parisienne, a indiqué le parquet.

Aucun papier n’a été retrouvé sur la victime, dont les empreintes ont été relevées.

Il n’est pas commun que des migrants tentent de regagner l’Angleterre à la nage, a précisé M. Joubert. La traversée de la Manche est réputée dangereuse, avec de forts courants et un trafic maritime important.

La région reste un point de passage pour les migrants qui tentent de rejoindre l’Angleterre, même après le démantèlement de l’un des principaux camps de migrants il y a trois ans.

Début août, six migrants qui s’étaient cachés dans la soute de la remorque d’un camion dans le Pas-de-Calais avaient été sauvés de la suffocation à la suite de l’appel des secours par l’un d’eux.

En août 2009, environ 1.500 clandestins afghans ou irakiens étaient recensés dans le Nord-Pas-de-Calais, dont plus de la moitié autour de Calais. Plusieurs centaines vivaient dans la "jungle", principal campement d’étrangers en situation irrégulière en France, détruit par les bulldozers le 22 septembre 2009 sur instruction d’Eric Besson, alors ministre de l’Immigration.

Ils n’étaient plus que 500 un an après, selon les associations.

Selon le président de la station de sauvetage de Calais Bernard Barron, les sauveteurs en mer n’ont pas été confrontés à des drames liés à l’immigration depuis une dizaine d’années.

"Il y a environ quinze ans, on a eu deux Russes qui avaient tenté de traverser avec un kayak", a-t-il indiqué. L’un d’entre eux a été porté disparu, l’autre avait été récupéré.

Les migrants ne tentent pas souvent de traverser la mer par leurs propres moyens, selon lui. "Les Kurdes, les Pakistanais, les Irakiens, ce ne sont pas des marins", a-t-il souligné. "En revanche les populations africaines ont plus tendance à prendre des bateaux", a-t-il toutefois précisé. Mais jamais à la nage.

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Le rêve londonien des migrants de Dunkerque

6 août 2012 - Youphil.com

Le nouveau président de Médecins du Monde, Thierry Brigaud, raconte le marathon au quotidien des clandestins de Dunkerque.

Il y a même une plage à Dunkerque. Quelques touristes qui se baignent dans les rouleaux de la mer du Nord.

Il y a des corps trop blancs qui s’exposent au soleil.

Il y des bières "carmélites" qui fatiguent les neurones.

Mais il y a aussi à Téteghem et à Grande Synthe, des hommes, des femmes, des enfants qui attendent.

Ils attendent au milieu de nulle part, au bord des étangs, dans des champs de boue presque secs pendant l’été, dans des sous - bois, au bord de l’autoroute, ils attendent.

Ils attendent un coup de fil hypothétique pour grimper dans un camion.

Parfois on les arrête – la PAF : police des airs et des frontières - alors c’est le retour à la case départ. Après l’arrestation il faut marcher, retrouver un endroit pour se cacher et de nouveau attendre pour essayer de monter dans un autre camion plus ou moins soudoyé par un passeur.

L’Etat français a rendu la vie impossible à ces migrants. Une vie infrahumaine, comme des bêtes pourchassées.

Ces migrants sont de passage. Ces Iraniens, ces Irakiens, ces Afghans, ces Indiens espèrent seulement circuler librement pour pouvoir s’en aller ailleurs.

Une épreuve à gagner : ne pas être arrêté. En "jouant" au chat et à la souris avec les forces de l’ordre, nous, les médecins du monde, les maires hospitaliers et les associations, avons amélioré leur quotidien.

Il y a désormais des abris, un peu comme des cabanes de chantiers, avec une porte pour entrer et une porte pour s’enfuir.

Il y a quelques points d’eau et quelques lieux d’aisance.

Il y a quelques visages qui retrouvent une identité.

Quelques paroles qui se croisent.

Quelques rêves qui se disent : "demain Londres !"

Quelques remerciements entre deux sandwichs et deux soins.
Il y a un peu de dignité qui s’échange.

Alors nous continuerons à soulager et soutenir ces migrants nordistes.

J’espère que demain, nous mettrons en place des lieux d’accueil encore plus dignes et encore plus visibles pour que ces hommes, ces femmes, ces enfants de passage gardent un autre souvenir de nos plages du Nord.

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Pas-de-Calais. Six migrants échappent à l’asphyxie dans une remorque

5 août 2012 - Ouest France


Six migrants qui s’étaient cachés samedi dans la soute de la remorque d’un camion dans le Pas-de-Calais, très vraisemblablement pour passer en Angleterre, ont pu être sauvés à la suite de l’appel des secours par l’un d’eux alors que certains commençaient à suffoquer, selon le préfet du département.

Appel au secours

Le préfet du Pas-de-Calais, Denis Robin, a salué l’« incroyable » travail mené par la police pour les localiser.

L’un des migrants a composé depuis son téléphone portable le 112, numéro d’urgence européen, en expliquant dans un anglais approximatif qu’ils se trouvaient en détresse. Le Samu a immédiatement transféré l’appel à la police. Un fonctionnaire a pu se faire expliquer qu’ils étaient enfermés dans un camion et que deux d’entre eux suffoquaient.

L’interlocuteur a expliqué qu’ils étaient Erythréens et qu’ils étaient montés à bord d’un camion à Lillers (Pas-de-Calais), près de Béthune, puis avaient roulé environ une heure et demie. Ils se trouvaient à l’arrêt, dans une remorque qui avait été détachée de son tracteur.

Localisation

Les fonctionnaires de police ont déduit qu’ils se trouvaient certainement dans l’enceinte d’une entreprise de transports. La police a pu déterminer grâce à la borne de téléphonie mobile qui avait été activée un périmètre de 3,5 kilomètres à proximité de Saint-Martin-Boulogne, près de Boulogne-sur-Mer.

Des patrouilles ont été dépêchées sur place. Il avait été demandé aux migrants de taper contre les parois pour les localiser.

C’est ainsi que quatre hommes et deux femmes, âgés de 18 à 35 ans, ont été retrouvés alignés dans le compartiment servant à ranger les palettes d’une remorque frigorifique à 6 h 45 à Saint-Martin-Boulogne. Deux d’entre eux ont été conduits à l’hôpital, qu’ils ont pu quitter dans la journée.

Une fin qui aurait pu être tragique

Le préfet n’a pas engagé de procédure contre ces étrangers en situation irrégulière, qui ont été remis en liberté, pour « ne pas ajouter un malheur à leur malheur ». Il a souligné que cette affaire aurait pu être « totalement dramatique », qu’ils auraient pu être retrouvés morts lundi matin, relevant les risques « considérables » qu’ils ont pris.

La police a ouvert une enquête afin de déterminer comment ils se sont retrouvés en pareille situation et s’ils ont bénéficié d’une aide. 500 passeurs ont été arrêtés en 2011 et 272 depuis le début de l’année dans le Pas-de-Calais.

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Istanbul et Calais carrefours des migrations

1er août 2012 - Communiqué de presse Médecins du Monde

Première porte de passage vers l’Europe, la Turquie constitue une plateforme migratoire pour les personnes venues d’Asie ou d’Afrique.

Espérant rejoindre l’Europe et notamment la Grèce, les migrants vivent dans des conditions indignes, sans droit, ni accès aux soins.

Depuis 2009, Médecins du Monde intervient auprès des migrants à Istanbul en partenariat avec l’association Turque Tohav.

Voir le reportage de Marc Dana : Etre migrant à Istanbul dans le centre de soins de Médecins du Monde

En amont des JO qui débuteront à Londres demain, Médecins du Monde avait déjà alerté sur la situation des migrants en transit vers l’Angleterre via un web documentaire Jeux Olympiques 2012, le revers de la médaillequi témoigne du quotidien de ces migrants, athlètes malgré eux.

Revoir le web documentaire Jeux Olympiques 2012, le revers de la médaille

Contact Presse : Florence Priolet / Agnès Varraine-Leca / Léa Carniglia
01 44 92 14 31 / 14 32 – 06 09 17 35 59
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