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Archives du mois de 02 2013

A Calais, l’association Belle Etoile arrête de distribuer des repas aux clandestins

28 février 2013 - 20 Minutes - Vincent Vantighem

IMMIGRATION – L’organisme pousse « un coup de gueule » pour faire réagir les pouvoirs publics sur la situation des migrants du Calaisis…

Du riz, des haricots blancs, un peu de saumon fumé et un sac avec du pain et de la Vache qui rit. Voilà le dernier repas que les bénévoles de la Belle Etoile ont distribué, ce jeudi midi, aux migrants en situation illégale qui vivent à Calais (Pas-de-Calais). L’association historique qui vient en aide aux clandestins depuis dix-neuf ans a décidé d’arrêter de distribuer les repas pour faire réagir les pouvoirs publics.
« Notre banque nous a appelés pour dire qu’on était à découvert »

« Nous avons pris cette décision en décembre, confie Monique Delannoy, la présidente de l’association. Et depuis nous n’avons été contactés par personne. Ni la mairie, ni la Préfecture. Ah si. Notre banque nous a appelés ce matin pour dire qu’on était à découvert… » Dix ans après la fermeture du centre de la Croix Rouge de Sangatte, le problème des migrants de Calais n’est toujours pas réglé. « Ils veulent passer en Angleterre. La moitié d’entre eux sont demandeurs d’asiles. Et ils sont abandonnés à leur sort », poursuit la présidente.
« On peut toujours les inviter dans notre jardin »

La Belle Etoile n’en est pas à son premier « coup de gueule ». Il y a deux ans déjà, ils s’étaient mis « en grève ». « A l’époque, nous avions obtenu un local pour distribuer les repas et l’ouverture d’une douche. Mais depuis, plus rien », lâche, amèrement Nadine, l’une des bénévoles. La mairie de Calais tenue par l’UMP Natacha Bouchart connaît bien la situation. Et au fil des ans, sa position n’a pas varié. « On ne demande pas un hôtel quatre étoiles, poursuit Nadine. Mais à chaque fois qu’on demande un terrain où planter des tentes pour les migrants, la mairie nous répond qu’on peut toujours les inviter dans notre jardin… »
Entre 250 et 300 migrants à Calais

Dans son sillage, la Belle Etoile souhaitait attirer les autres associations de soutien aux migrants. Mais autant Salam qui distribue les repas du soir que l’Auberge des migrants qui agit le week-end ont décidé de poursuivre leurs actions. D’après Vincent De Coninck, du Secours Catholique, il y a environ « 250 à 300 migrants aujourd’hui dans les rues de Calais ». Ils seraient environ 600 rien que dans le Nord-Pas de Calais.

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Stéphane Hessel est mort

27 février 2013 - Le Nouvel Observateur

L’ancien diplomate, déporté et résistant, était âgé de 95 ans.

L’ex-diplomate et auteur du best-seller "Indignez-vous" Stéphane Hessel est mort dans la nuit de mardi 26 à mercredi 27 février, annonce son épouse. Ancien déporté et résistant, il était âgé de 95 ans.

Son ouvrage "Indignez-vous !" (Editions Indigène) a été vendu à plus de 4 millions d’exemplaires dans près de 100 pays depuis sa sortie en octobre 2010.

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Seize Afghans et Égyptiens interpellés après des échauffourées, hier

27 février 2013 - La Voix du Nord

Seize migrants, de nationalité afghane et égyptienne, ont été interpellés hier à Calais. Des échauffourées qui auraient fait deux blessés légers sont à l’origine de ces interpellations. Depuis plusieurs semaines, les tensions se sont ravivées entre migrants. La sous-préfecture a d’ailleurs décidé de multiplier les patrouilles de police dans le secteur.

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Des images contre les clichés sur les oubliés de l’Europe forteresse

26 février 2013 - L’Humanité - Marie Barbier

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Thierry Tuot « C’est tellement simple de dire 
qu’il y a trop d’immigrés… »

22 février 2013 - L’Humanité - Marie Barbier

Remis il y a peu au premier ministre Jean-Marc Ayrault, le rapport de ce conseiller d’État pointe les ratés de trente ans de politiques d’intégration et d’immigration. Ancien juge délégué de la reconduite aux frontières, Thierry Tuot appelle à un «  devoir d’intelligence et de vérité  » sur le sujet. Entretien avec un haut fonctionnaire qui n’a pas la langue dans sa poche.

Vous consacrez de nombreuses pages 
de votre rapport à tenter de circonscrire le terme d’« intégration ». Faut-il 
le remplacer ?

Thierry Tuot. Je n’ai rien contre le mot lui-même. Ce qui est important, ce sont les réalités sociales plutôt que la façade. Mais ce terme se prête à des interprétations extrêmement variées. Certains considèrent que ça ne concerne que les primo-arrivants, c’est-à-dire les étrangers qui viennent de passer notre frontière. Je ne suis pas sûr que la politique d’intégration concerne les Américains qui séjournent en France, même durablement. C’est la première difficulté : il n’y a pas de consensus politique sur la signification de ce mot. Deuxième problème : les personnes qui sont l’objet de ces politiques sont majoritairement françaises, parfois depuis deux à trois générations. Leur dire, alors qu’ils ont une carte d’identité française et qu’ils sont eux-mêmes enfants de Français, «  vous n’êtes pas intégrés  », c’est quand même assez dur à entendre. Ce mot pose aussi des problèmes théoriques : intégrer à quoi ? La nation, la France, la République ? Et puis, il place les gens comme objets d’une politique : « Restez passifs, on va vous intégrer. » Mais la question est politique avant d’être lexicale : que veut-on faire de nos compatriotes qu’on répute d’origine étrangère ? Quand on saura cela, on saura le nommer.

Vous proposez le mot «  inclusion  »…

Thierry Tuot. J’essaye d’explorer une alternative, mais je ne prétends pas l’avoir trouvée. Je propose d’aller vers une société inclusive, dans laquelle personne ne serait sur les marges, ni, surtout, de l’autre côté des marges. Le but, c’est que les immigrés n’aient plus le sentiment – ni la perception réelle – qu’ils ont des problèmes de logement, d’emploi, etc., parce qu’ils sont immigrés. La dimension étrangère ne serait pas niée, mais elle ne serait plus la variable explicative majeure des difficultés sociales. Le chemin pour y parvenir pourrait être ce que les Américains appellent l’«  empowerment  », que j’ai traduit par «  mise en capacité  ». Il s’agit de donner des moyens (sociaux, culturels, politiques, etc.) aux gens de participer à la vie sociale. Cela ne veut pas dire qu’ils réussiront mieux que les autres ou auront des droits supplémentaires, mais ils seront à égalité de capacité. La création de réseaux au profit des plus démunis pourrait supprimer le plafond de verre. Ces barrières – qui sont souvent en béton et pas en verre – les empêchent d’être les acteurs de leur propre destin social.

Existe-t-il des exemples de pays ayant réussi 
leur politique inclusive ?

Thierry Tuot. Aucun modèle n’est réplicable. On cite souvent le modèle canadien qui intègre assez bien les flux d’étrangers, mais qui reste très dominé par le modèle anglo-saxon. Je ne crois pas qu’il y ait de modèle étranger applicable en France. À nous de nous débrouiller avec notre modèle républicain et notre roman national.

Vous exhortez les politiques à un «  devoir d’intelligence  » sur ces questions…

Thierry Tuot. Le discours politique ne peut avoir de crédibilité s’il ne repose pas sur une bonne compréhension des faits. J’appelle aussi à un devoir de vérité. Je prends l’exemple des clandestins, parce que c’est l’un des points de mon rapport sur lequel j’ai été le plus mal compris. Les gouvernements – gauche et droite confondues – de ces quinze dernières années ont régularisé le même nombre de clandestins chaque année. Et ce quelles que soient les différences de discours. Pourquoi ? Parce que ces gens se sont maintenus sur le territoire. Ils ont statistiquement été appréhendés deux ou trois fois par la police, mais on n’a jamais réussi à les reconduire à la frontière. Heureusement, car nous sommes dans un État de droit. Ces gens ont des enfants scolarisés en France, ou sont ascendants de Français, ou malades sans pouvoir être soignés à l’étranger, etc. Donc on n’a pas le droit de les expulser. Pourquoi continue-t-on à dire «  nous allons lutter contre les clandestins  » ? En laissant croire qu’on pourrait faire autrement, alors qu’on fait le contraire, on détruit la crédibilité de l’action publique. Commençons par admettre la réalité : nous ne pouvons pas peser sur les flux migratoires. Pour une raison simple : nous avons ratifié la Déclaration des droits de l’homme, puis la Constitution en 1946. Ce droit nous engage collectivement et représente nos valeurs vis-à-vis des étrangers. Donc reconnaissons-le. Et puisque, à la fin, ils sont régularisés, est-ce qu’on ne pourrait pas faire un travail social avant, plutôt que de le faire du bout des lèvres, en créant de l’amertume ?

Ce «  titre de tolérance  » que vous proposez n’est pas une régularisation immédiate de la majorité des sans-papiers, comme certains l’ont dit, mais un projet sur cinq ans…

Thierry Tuot. Sous le gouvernement Sarkozy, il y avait 30 000 régularisations par an. Je ne propose pas d’en régulariser plus, ce n’est pas la question, je dis simplement : plutôt que de laisser les gens entre cinq et dix ans à la dérive, en les pourchassant, en les laissant dans des hôtels pourris avec du saturnisme, à la merci des employeurs clandestins, pourquoi ne pas dire : «  On va vous régulariser dans cinq ans, entrons dans une démarche ensemble.  » Si vous trouver une adresse autre qu’un foyer, on vous donne des allocations logement ; si vous suivez des cours de français, on vous donne le RSA, etc. Cela permettrait que les régularisations ne soient plus un sacrifice, mais la reconnaissance d’un vrai travail d’intégration. Mon modèle est d’un gauchisme échevelé : c’est celui de Mme Merkel. Le gouvernement allemand a mis en place ce titre de tolérance depuis cinq ou six ans.

Ce sont donc des régularisations au mérite ?

Thierry Tuot. Ce sont des régularisations issues d’un travail social et qui ne sortent pas les gens d’un no man’s land juridique.

Le ministre de l’Intérieur vous a déjà répondu qu’il ne mettrait pas cette mesure en place…

Thierry Tuot. Non, Manuel Valls a dit : «  Je ne vais pas régulariser massivement tous les clandestins.  » Je confirme : je ne propose nulle part de régulariser plus de clandestins, je propose que les régularisations auxquelles nous sommes contraints par le droit international soient précédées d’un travail social plutôt que par du harcèlement. Le gouvernement a dit qu’il allait réfléchir à mes propositions.

Mais ces régularisations représentent forcément plus de 30 000 personnes !

Thierry Tuot. Je ne me prononce pas sur les chiffres. Je propose que, dans le cadre de la nouvelle ­circulaire Valls sur les régularisations, ces mesures soient mises en place. Mon propos n’est pas sur le nombre de régularisations, mais sur le chemin pour y aboutir.

Comment expliquez-vous que cette mesure 
de votre rapport fasse déjà polémique ?

Thierry Tuot. Travailler sur l’immigration place tous ceux qui en parlent dans une situation politique extrêmement délicate. Depuis 1945, au lieu de parler d’intégration, nous parlons d’immigration. C’est tellement simple de dire qu’il y a trop d’immigrés. On se cache derrière les flux migratoires pour ne pas traiter les réalités sociales.

Vous proposez aussi un assouplissement 
des règles pour obtenir la nationalité française. Pourquoi lier nationalisation et intégration ?

Thierry Tuot. Si le gouvernement a, comme il l’a annoncé, une grande ambition en matière d’intégration, il part avec un handicap très lourd : la remise en cause très forte de la parole publique. Cela fait des années que nous promettons des choses qui ne fonctionnent pas. La deuxième partie de mon rapport appelle le gouvernement à prendre des mesures symboliques et concrètes pour réhabiliter cette parole publique. Si on dit « valeurs républicaines », « école », je dis : « Chiche ! » Donnons la nationalité aux enfants qui ont suivi une scolarité complète en France, alors même qu’ils étaient en ­situation irrégulière. Cela crédibiliserait le discours sur l’école auquel personne ne croit plus ­aujourd’hui. De même, quand on dit «  il faut s’intégrer à la France, servir la patrie  » avec un discours grandiloquent très 1870, moi je dis qu’une femme qui a des enfants français, qui vit ici depuis vingt-cinq ans, on n’a pas le droit de lui dire qu’elle n’est pas bien intégrée et de lui refuser des papiers parce qu’elle n’a pas passé le test de connaissance sur Louis XIV ! Quand on donne des enfants à la France, on est français. Je ne crois pas que donner une carte d’identité confère une identité reconnue par la collectivité, mais c’est un acte qui crédibilise un discours public.

Vous évoquez longuement, dans votre rapport, la place des vieux immigrés, avec les propositions de rénover les foyers, de faciliter les allers-retours entre la France et les pays d’origine…

Thierry Tuot. Là aussi, c’est une question de ­crédibilité. Si on veut parler aux jeunes, il faut leur retirer tous les arguments qu’ils ont pour être révoltés et tomber dans l’islamisme le plus débile. Si on continue à mépriser leurs pères et leurs grands-pères, non seulement on se prive d’une richesse humaine extraordinaire, mais, en plus, on s’enlève toute crédibilité dans le discours moralisateur. Quand on a visité un foyer de travailleurs migrants, les droits et les devoirs, ça fait doucement rigoler…

C’est la même logique pour le devoir de mémoire ? Vous réclamez des monuments aux morts pour les anciens combattants immigrés…

Thierry Tuot. Oui, je prends les nationalistes au pied de la lettre. Moi aussi, je suis attaché à la nation. Et à tous ceux, noirs, jaunes, basanés, qui sont morts sous le drapeau. Je voudrais qu’on se rappelle que si Jean Moulin portait une écharpe sur toutes les photos, c’était pour cacher les cicatrices de sa tentative de suicide. Cette tentative a eu lieu en juin 1940, parce que les Allemands lui avaient demandé de signer un papier qui leur aurait permis d’exécuter les prisonniers sénégalais. Plutôt que de se prêter à une ignominie, il a préféré essayer de se suicider. Je ne suis pas sûr que les tirailleurs sénégalais avaient demandé à mourir près de la cathédrale de Chartes. On pourrait peut-être avoir un peu de reconnaissance pour eux. Quand on parle de la racaille islamiste des banlieues, qu’on se souvienne de ce que leurs grands-pères ont fait pour la France.

Vous proposez la publication annuelle 
de chiffres sur les flux migratoires. Le FN 
s’est empressé de se réjouir… Ne craignez-vous pas que ces chiffres soient récupérés ?

Thierry Tuot. Pas du tout. Ce que je propose, c’est que l’appareil statistique soit refondé scientifiquement, en mobilisant l’Insee, l’Ined, toute la recherche universitaire, et que tout cela soit expertisé par des scientifiques français et européens, pour qu’il n’y ait pas le moindre doute sur ces chiffres. Je propose ensuite que le Haut Conseil à l’intégration, complètement reformé, soit le garant de ces statistiques. Si on le fait de cette façon-là, je pense que les partis qui se réjouiront ne seront pas les mêmes que ceux qui se réjouissent aujourd’hui. Que va-t-on apprendre ? Que l’immigration est à peu près constante, que les immigrés sont à 80 % européens, que l’immigration est un immense atout qui nous aide à tenir le coup malgré la crise économique, que les immigrés font à peine plus d’enfants que nous. On pourra avoir des débats, non plus sur des fantasmes ou des chiffres bidon, mais sur des réalités. Il y a quinze ans, on se battait sur les chiffres du chômage, maintenant personne ne discute ces chiffres, mais les politiques de l’emploi. Il faut qu’on arrive à cette pacification, pour qu’on puisse parler des vrais problèmes.

Qu’attendez-vous de la «  réflexion interministérielle  » lancée par 
Jean-Marc Ayrault pour une nouvelle 
politique d’immigration et d’intégration ?

Thierry Tuot. Mon travail est fini. Ce que j’espère comme citoyen, et pas comme auteur du rapport, c’est que le débat reprenne avec des ambitions collectives et sur des bases sereines. Je ne veux pas savoir si je vais être suivi sur la mesure B ou 24, je suis le premier à dire que mes suggestions ne sont pas forcément les bonnes. Ce qui me navrerait, c’est que le débat retombe. Le silence est ce qui est le plus grave après la xénophobie dans ce champ des politiques sociales.

Le rapport de Thierry Tuot, «  La grande nation : 
pour une société inclusive  », est téléchargeable dans 
son intégralité sur le site de la Documentation française.

Un rapport qui dérange, du PS à l’UMP Remis à Jean-Marc Ayrault le 11 février, le rapport 
de Thierry Tuot a immédiatement déclenché les foudres de l’opposition et... du ministre de l’Intérieur. Pour 
le député UMP Guillaume Larrivé, ce «  rapport caché  » définit le «  mode d’emploi d’une régularisation générale des clandestins  ». Manuel Valls a assuré qu’«  il n’y 
aura pas de régularisations massives  » avant de réagir 
sur la question du port du voile. Dans son rapport, 
Thierry Tuot regrette que «  la question musulmane, 
pure invention, (...) ne cesse de polluer le débat public  » et s’interroge : «  La France a-t-elle jamais dépendu de 
ce qu’un bout de tissu (boubou, coiffe bretonne, chèche ou béret) soit porté d’une façon ou d’une autre ?  » Manuel Valls lui a sèchement répondu que le voile «  restera pour (lui) et doit rester pour la République 
un combat essentiel  ». Le premier ministre a lancé 
une «  réflexion interministérielle  » à partir des préconisations de ce rapport, pour «  proposer une profonde refondation de notre politique d’intégration ».

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Welcome to Calais-Wood : 2e SOS

21 février 2013 - Radio Panik

Calais, ville frontière. La frontière, un enjeux commercial tout d’abord pour la France et l’Angleterre, un enjeux sécuritaire au fond car Calais, c’est la Limite juridique de l’Espace Shengen, où vient s’exhiber une contradiction qui semble presque monstrueuse. La fluidité de mouvement décuplée pour les uns, et l’interdiction radicale et dure pour les autres. La frontière interroge ce qu’il reste en nous, chez nous de ce fondement social qu’est l’hospitalité, que dire encore quand la frontière devient un cimetière.

Pour écouter le 1er épisode de cette série : "1er SOS" [Ce premier épisode est consacré à notre association]

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Remise en liberté de 18 migrants confirmée par la cour d’appel de Douai

20 février 2013 - France 3 - AFP

La cour d’appel de Douai a confirmé la remise en liberté de 18 migrants ordonnée par un juge lilloise. Ils n’avaient "pas été mis en mesure d’exercer leur droit de contacter différentes organisations et instances susceptibles d’intervenir" au centre de rétention de Lille-Lesquin.

La cour d’appel de Douai (Nord) a confirmé mardi la remise en liberté de 18 migrants ordonnée par un juge lillois, dans une décision dont
l’AFP a obtenu une copie mercredi.

"L’ordonnance mérite dans ces conditions d’être confirmée", a indiqué la cour d’appel de Douai dans cette ordonnance. Les intéressés n’ont "pas été mis en mesure d’exercer leur droit de contacter différentes organisations et instances susceptibles d’intervenir" alors qu’ils se trouvaient au centre de rétention de Lille-Lesquin, a reconnu la cour d’appel, comme l’avait fait un juge lillois dimanche.

Le juge des libertés et de la détention de Lille avait interjeté appel. Selon l’avocat de 17 des 18 migrants concernés, Me Olivier Cardon, la préfecture
du Nord ne notifiait que l’association relevant de L’ordre de Malte, la seule association présente au centre de rétention de Lille-Lesquin. Les migrants, originaires notamment d’Algérie, de Tunisie, du Sénégal et du Pakistan, avaient été remis en liberté dès lundi soir, le caractère suspensif de l’appel du parquet n’ayant pas été retenu par la cour d’appel.

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Le droit d’asile, un devoir oublié

13 février 2013 - La Vie - Juliette Froger-Lefebvre

Vice-présidente de l’association Salam, créée en 2002 suite à la fermeture du centre de la Croix Rouge de Sangatte (Pas-de-Calais) qui accueillait les migrants à l’extrémité du tunnel sous la Manche, Françoise Lavoisier, avec l’aide de bénévoles et en partenariat avec d’autres associations, met un point d’honneur à accueillir, alimenter, soigner et guider administrativement les immigrés.

« Soutenons, aidons, luttons, agissons pour les migrants et les pays en difficulté », telle est la devise de cette association laïque installée dans deux villes stratégiques, pôles majeurs de l’immigration dite illégale : Dunkerque et Calais. Coordinatrice du centre dunkerquois, Françoise Lavoisier organise chaque matin la préparation d’une centaine de repas avec ses équipes de bénévoles et les achemine jusqu’aux principaux camps. L’aide et le soutien ne s’arrêtent pas là : ils passent aussi par l’hygiène et les soins. Ainsi, en binôme avec Médecin du Monde et en mettant en place des sessions de douche gratuites, l’association participe à la survie de ces « personnes inexistantes pour le monde et les aides sociales nationales ». Parallèlement à la prise en charge des besoins de premières nécessités, le suivi par une personne qualifiée leur permet d’entreprendre des démarches administratives, et cela aussi bien dans l’optique d’une régularisation que d’un retour au pays.

N’ayant pas la nationalité française, les immigrés se voient refuser l’accès aux structures caritatives traditionnelles réservés aux nationaux. C’est ce qui indigne les membres de l’association : « Comment l’action caritative peut-elle être discriminatoire ? Ces personnes sont moins bien considérées que des objets, car au moins, les marchandises peuvent circuler librement ». Elles survivent dans des conditions inhumaines et demeurent en marge de l’action des autres associations qui ne prennent en charge que les personnes de nationalité française. Les migrants doivent, en plus, rester discrets pour ne pas attirer la police. Alors, la vice-présidente l’admet, ils sont parfois moins visibles, mais la réalité de leur existence est insoutenable. « Quand on va sur le camp pour la première fois, on ne peut plus dormir », avoue-t-elle. Ces conditions extrêmes et la certitude que personne d’autre ne fera le travail à leur place voilà ce qui justifie l’existence et l’action de l’association : « porter secours à tous ceux qui en ont besoin, quelque soit leur nationalité. »

Plus d’infos sur l’association

Association Salam, Maison pour tous, 81 boulevard Jacquart, 62100 Calais. Tél : 06 45 36 47 49.

Mail : contact@associationsalam.org / Site : http://www.associationsalam.org

Retrouvez Françoise Lavoisier dans l’émission Carnets de campagne de Philippe Bertrand sur France Inter, vendredi 15 février à 12h30.

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Un vaste réseau d’immigration clandestine vers la Grande-Bretagne démantelé

9 février 2013 - France 3 Nord-Pas-de-Calais

Ils facturaient jusqu’à 16.000 euros le ticket vers la Grande-Bretagne : un réseau d’immigration clandestine démantelé cette semaine a pris en charge 3800 candidats en un peu plus d’un an pour un "bénéfice record" estimé par la police française à 63 millions d’euros.

Sous l’égide de l’agence européenne de coopération judiciaire Eurojust et d’Europol, les polices belge, britannique et française ont estimé avoir porté un "rude coup" à l’immigration clandestine en démantelant un vaste réseau de migrants kurdes venant d’Irak pour gagner la Grande-Bretagne.

Les investigations avaient débuté en France il y a plusieurs mois à l’initiative de la Direction centrale de la police aux frontières (PAF) sous la conduite d’un juge de Lille, après des surveillances sur le "classique circuit" par lequel transitent les passeurs.

Cachés dans des camions

Il s’agissait, selon des sources policières françaises, de "faire monter" les migrants dans des poids lourds stationnés sur les autoroutes de Belgique puis de les faire transiter par les ports français de Calais et Dunkerque afin de rallier la Grande-Bretagne.
Le réseau était donc soupçonné de faire passer illégalement au Royaume-Uni des immigrés, venus principalement d’Irak, d’Iran et d’Afghanistan, cachés dans ces camions qui traversaient la Manche.

Les investigations des Français, qui ont saisi Europol et Eurojust en raison notamment de l’ampleur du réseau, ont permis d’établir que celui-ci avait "pris en charge 3800 candidats depuis la fin de l’année 2011", ce qui a "généré un bénéfice estimé à 63 millions d’euros", un des "records" en la matière.

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Soosan Firooz : rapeuse Afghane

7 février 2013 - France Terre d’Asile

Soosan FIROOZ, une jeune afghane de 23 ans, s’est lancée dans le rap pour dénoncer la condition des femmes dans son pays.

Soosan Firooz est une réfugiée afghane au Pakistan. Passionnée de Rap, cette jeune femme utilise son art pour se faire porte parole des femmes afghanes victimes de viols, d’abus sexuel ou de la misère. Elle déboulonne ainsi les codes d’une société conservatrice minée par trois décennies de guerre.

Pour plus d’informations et pour voir la vidéo, cliquez-ici

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Dix interpelations ce mercredi au centre commercial des 4B

7 février 2013 - Nord Littoral

Sangatte, sans bottes et sans manteau

6 février 2013 - Mediapart - Fini de rire

Il faut continuer à parler des migrants qui bivouaquent ou squattent comme ils peuvent aux alentours de Calais. Ils sont toujours là, guettant les départs de camions vers l’Angleterre - malgré tous les contrôles déployés certains arrivent encore à passer. L’aide à la survie - manger, s’abriter, communiquer - que leur apportent volontaires et organisations est toujours aussi difficile.

Les arrivants sont de plus en plus jeunes. Et puis, il y a ceux qui abandonnent l’idée de la traversée et demandent l’asile à la France, auxquels la protection due aux demandeurs d’asile fait défaut. Ils sont originaires de pays en guerre, tels que l’Afghanistan, l’Erythrée, l’Irak, le Soudan et l’Iran.

Les abris se font rares : les locaux un peu spacieux susceptibles d’être squattés sont condamnés les uns après les autres.

Il y a deux distributions de nourriture par jour, un vestiaire une semaine sur deux. Les lieux autorisés pour la distribution de nourriture sont situés de sorte à rendre invisibles ces visiteurs indésirables.

Les bénévoles ne sont plus très jeunes, et il y a peu de relève. Mais les différentes organisation impliquées se réorganisent pour maintenir un accès aux services de base - dont internet, essentiel pour maintenir des liens.

Nous relayons un appel de Calais Migrant Solidarité.

"Nous avons désespérément besoin de vêtements pour hommes (surtout des chaussures et des vestes), couvertures, sacs de couchage, des tentes, et de l’argent pour acheter des matériaux tels que bâches, mais aussi le thé et le sucre, très importants pour se garder au chaud. Dix ans après la fermeture de Sangatte les conditions de vie des migrants à Calais ont dégénéré à des niveaux abyssaux. Dans le même temps le soutien des associations locales est défaillant, la plupart du temps par manque de bénévoles. Trouver des couvertures et des vêtements est devenu très difficile. Les organismes de bienfaisance grands semblent absents. Le BCMO (abri froid extrême) ne s’ouvre que par arrêté du préfet lorsque la température descend à -5°C la nuit ou reste négative dans la journée. En ce moment il fait très froid, avec du vent et de la pluie, mais pas assez froid pour que le préfet ouvre l’abri. Il y a environ 300 migrants à Calais, presque tous des hommes mais aussi des garçons mineurs, qui survivent dans des conditions épouvantables."

Calais Migrant Solidarité - Contact 0033 6454 65986 calais_solidarity@riseup.net

En 2011, le GISTI (groupe d’information et de soutien des immigrés) saisi le tout nouveau Défenseur des Droits sur les violences policières sur ces personnes. Le Défenseur des Droits, dans sa décision du 13 novembre 2012 dénonce clairement l’existence de violences policières dans le Calaisis. Il s’agit de leur première reconnaissance par une institution officielle, ce qui constitue une avancée appréciable.

Pour les franciliens : le GISTI organise une discussion publique samedi 9 février 2013 au Théâtre du Soleil, Route du Champ de Manœuvres 75012 Paris . Au programme :

1) Documents vidéo de 12h30 à 14h30 :

- « Sangatte ville ouverte » de Grégory Laville » (2002 – 53 minutes) sur l’époque du camp de Sangatte

- « 8 284 km à pied... ça use les souliers » (2012 – 46 minutes) du réalisateur afghan Mohamad Reza Sahibdad, réfugié en France

2) La compagnie Jolie Môme : un entracte de chansons politiques (de 14h30 à 15h)

3) Les violences policières dans le Calaisis : exposés et débat (de 15h à 17h)

Martine et Jean-Claude Vernier



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