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Archives du mois de 04 2013

À Calais, trois squats sont actuellement visés par une procédure d’expulsion

30 avril 2013 - La Voix du Nord - Marie Goudeseune

Trois squats font actuellement l’objet d’une procédure d’expulsion à Calais : rue Descartes, rue Caillette et quai de la Loire. Le point avec Alain Gérard, sous-Préfet du Pas-de-Calais.

L’expulsion la plus imminente concerne le squat situé au 74 rue Descartes : une décision de justice est en effet tombée en mars. La cour d’appel de Douai ordonne une évacuation des lieux « mais demande de ne pas intervenir avant deux mois, c’est-à-dire pas avant la mi-mai, en raison de la période d’intempéries » qu’a subie Calais ces dernières semaines, précise le sous-Préfet.

Rue Caillette, une procédure est également en cours. Il y a quelques semaines, un huissier accompagné par la force publique s’est rendu sur place, dans cette habitation appartenant à la Ville, pour constater l’occupation des lieux par une vingtaine de migrants, ainsi que par un ou deux militants No Borders. « Désormais, la procédure est entre les mains des avocats de la Ville », selon Alain Gérard.
Une fois que la justice, saisie, aura délivré une ordonnance l’expulsion, l’Etat pourra intervenir, par le biais d’huissiers, pour procéder à l’évacuation de l’habitation.

Enfin, un troisième squat, situé cette fois Quai de la Loire, est suivi de près par les autorités de l’Etat et de la Ville : « Il s’agit d’un ancien hôtel dont les propriétaires sont Britanniques, indique le sous-Préfet. La Ville tente actuellement d’entrer en contact, via des courriers recommandés, avec ces personnes, pour leur expliquer que ce bâtiment pose problème ». On en est donc, pour ce squat, au tout début de la procédure.

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Squats rue des 4-Coins et rue Caillette à Calais : les réponses de Natacha Bouchart

30 avril 2013 - La Voix du Nord - Marie Goudeseune

Le maire de Calais Natacha Bouchart a accepté de s’exprimer, ce mardi midi, au sujet des pétitions qui circulent rue Caillette et rue des 4-Coins pour demander l’évacuation de squats. Rue Caillette, la procédure est en cours, a répondu le maire : la maison devrait être évacuée « dans deux mois environ ». Rue des 4-Coins, la situation est différente et dépend du chantier de construction prévu sur la friche Darquer : celui-ci devrait commencer en 2014, d’après Natacha Bouchart. Et s’il a pris tant de retard, c’est, selon elle, « à cause de l’Etat ». Interview.

Des riverains de la rue des 4-Coins vous ont envoyé une pétition le 16 avril, au sujet de la friche Darquer squattée par des migrants. A ce jour, ils n’ont reçu aucune réponse…

« La pétition a été réceptionnée le 22 avril. J’en ai pris connaissance ce lundi, après être rentrée de quelques jours de congés. Plusieurs choses se passent sur ce site, et je vais leur faire un courrier rapidement pour leur apporter des réponses très claires ».

Ces riverains parlent de la friche Darquer comme d’une véritable « verrue urbaine ».

Pourquoi est-elle toujours à l’état de friche depuis des années ?

« Le Cottage social des Flandres nous a proposé un programme de 125 logements sur cette friche. Mais dans leur conception, certains escaliers étaient partagés par 14 à 23 logements, ce qui ne me semblait pas très humain. J’ai donc répondu que je n’étais pas favorable à ce projet. A la fin de l’année dernière, le bailleur a donc
formulé une deuxième proposition. Mais l’architecte des Bâtiments de France l’a refusée parce qu’il souhaitait maintenir la façade en l’état et non pas la démolir.
Le Cottage social a donc dû revoir son projet et il a perdu du temps sur cette opération. Il nous a fait une troisième proposition début 2013, qui cette fois est passée ».

Quand débutera donc le chantier sur cette friche ?

« Le dépôt du permis de construire est imminent : le chantier devrait démarrer en 2014. »

En attendant, les bâtiments sont en permanence squattés par des migrants…

« Oui, mais c’est l’Etat qui en est le seul et unique responsable car il a refusé – via l’architecte des bâtiments de France – leur démolition. La Ville a fait ce qu’il fallait : c’est l’Etat qui bloque ce projet de démolition ! S’ils l’avaient accepté, on aurait pu démolir dès aujourd’hui ! Et on n’en serait pas là… »

Un riverain propose d’engazonner le site pour le rendre plus esthétique, en attendant que les travaux commencent. Qu’en pensez-vous ?

« Cela ne pourra pas se faire, parce que le Cottage social doit déjà faire face à
énormément de frais ».

Rue Caillette, une autre pétition circule actuellement parmi les riverains, pour demander l’expulsion du squat au numéro 20…

« Oui, une procédure est en cours d’ailleurs : on attend l’autorisation du procureur pour évacuer cette maison. Mais c’est une procédure administrative très complexe ».

Dans combien de temps pensez-vous avoir l’autorisation d’expulser ?

« Dans deux mois environ ».

Cette maison appartient à la Ville : pourquoi est-elle abandonnée ? Y a-t-il un projet en cours concernant cette habitation ?

« A Calais, la Ville a récupéré beaucoup de patrimoine inutilisable, qui n’était pas entretenu et qui coûte très cher à réhabiliter. »

Depuis l’arrêt du plan grand froid, les migrants ne peuvent plus dormir dans la salle du BCMO. En quoi leur présence dans des squats est-elle gênante ?

« Ces squats sont hyper dangereux. Mon rôle, d’ailleurs, est d’engager des démarches pour les faire évacuer et démolir. J’informe régulièrement le préfet, le sous-préfet et le commissaire de leur dangerosité ainsi que de l’extrême lenteur administrative.
S’il arrive quelque chose, c’est la Ville qui en sera responsable ! Quant aux migrants, s’ils veulent être relogés, ils peuvent l’être dans des centres de demande d’asile, dans des logements mis à disposition dans l’ensemble du Département : mais ce sont eux qui refusent ! A Calais, ils sont aidés par des No Borders : or, nous n’avons aucun pouvoir sur ces gens-là : c’est quand même incroyable, d’ailleurs,
qu’une bande de mecs et de filles soient là, sur notre territoire, marchent sur tout le monde sans qu’on ne puisse rien dire ! Ce sont eux, les No Borders, qui ouvrent les squats aux migrants ! »

Combien sont-ils, ces No Borders, à Calais selon vous ?

« Ils sont une vingtaine, ils viennent d’Angleterre, d’Allemagne, de Belgique. C’est totalement anormal que la loi française ne permette pas d’expulser ces gens-là, qui viennent troubler l’ordre public, de notre territoire ! »

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Rue des 4-Coins et rue Caillette, des riverains s’élèvent contre les squats

30 avril 2013 - La Voix du Nord - Marie Goudeseune

Le 16 avril, des riverains de la rue des 4-Coins ont envoyé au maire une pétition pour demander l’évacuation de la friche Darquer, squattée depuis des mois. Alors qu’ils attendent toujours une réponse, une autre pétition circule, rue Caillette cette fois, pour les mêmes raisons : une maison est squattée par des migrants depuis plusieurs semaines...

Hier, vers 16 h, un riverain inquiet appelle les pompiers : une intense fumée s’échappe d’une habitation, au 20 rue Caillette. Pompiers et police arrivent dans la foulée, sirènes hurlantes. La rue est bloquée. Ils pénètrent dans la maison. Plusieurs riverains sortent de chez eux pour assister à la scène. Une scène qui ne dure, finalement, que quelques minutes : cet incendie, en réalité, ce n’est rien de grave. « Des migrants qui font du feu pour se chauffer », selon un pompier. Tout le monde repart... Sauf quelques riverains, dont Émilie, visiblement très agacée : « J’en peux plus, j’en peux plus », lâche cette jeune femme, qui a lancé la semaine dernière une pétition pour demander l’expulsion, au plus vite, de ce squat (pétition qui a recueilli près de 30 signatures). Émilie évoque des bagarres à répétition, des dégradations de voitures... « Je n’ose plus sortir mon gamin de chez moi : j’ai trop peur ». Quand on frappe à la porte du 20, rue Caillette, des migrants ouvrent, en effet. Ils sont Egyptiens, Camerounais, Nigérians... Parmi eux, Amjad, un Soudanais, explique qu’« il n’y a pas d’électricité. Alors quand on a trop froid, on fait des petits feux pour se réchauffer ». « On n’est pas des criminels, on n’est pas là pour faire du mal aux gens », répète-t-il.

À quelques centaines de mètres de là, rue des 4-Coins, un autre lieu est squatté depuis des années : la friche Darquer. Là aussi, les pompiers interviennent, souvent pour ces mêmes « petits feux ». Là aussi, une pétition circule : signée par 36 riverains et commerçants, elle a été envoyée à Natacha Bouchart le 16 avril. « On attend toujours une réponse », précise l’un des signataires, Jean-Louis Formosa. On rencontre ici les mêmes craintes que dans la rue Caillette : bagarres, dégradations, incendies, agressions. Il y aurait même, selon une voisine, « de la prostitution »... Mais au-delà de la présence des migrants, c’est la friche elle-même qui semble insupporter de plus en plus les riverains : « On dirait Berlin après les bombardements ! », s’agace Jean-Louis Formosa. Pour ce Calaisien, il suffirait de « détruire les trois ou quatre dernières maisons de la friche pour régler le problème ». Avis à madame le maire, qui devrait nous livrer sa réponse aujourd’hui...

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Calais : transport de migrants dans des conditions indignes

29 avril 2013 - La Voix du Nord

Une fois n’est pas coutume, c’est une jeune femme d’origine allemande, âgée de 24 ans, qui est présente devant le tribunal pour répondre de l’infraction d’aide aux étrangers en situation irrégulière. Avec cette circonstance aggravante : le transport de personnes dans des conditions incompatibles avec la dignité humaine.

C’est en effet dans l’espace réduit (1,80 m de large, 1,80 m de haut, 0,50 m de profondeur) d’un fourgon que la police britannique découvre six personnes, dans la nuit du 24 au 25 avril. Les quatre Sri-Lankais et les deux Chinois, candidats au passage vers l’Angleterre, déclarent lors de leurs interpellations, que debout, dans ce coffre uniquement ventilé par quelques trous, ils manquaient d’air et sentaient leurs force diminuer rapidement.

La prévenue, Kristina Preis, jeune fille apparemment habitée par la religion, dira avoir agi par simple geste humanitaire : « Je savais que je transportais des personnes, mais je ne savais pas combien ni dans quelles circonstances. J’ai fait cela dans le seul but de rendre service à des personnes qui voulaient retrouver leurs familles », explique-t-elle à l’audience. Elle reconnaît qu’elle devait toucher la somme de 800 euros pour ce transport, mais certifie qu’elle aurait pu agir de la sorte gratuitement, car son but est de venir en aide à des personnes désespérées.

Pour ce geste, elle est condamnée à dix mois de prison dont huit avec sursis, assortis d’une interdiction de séjour dans les départements 59 et 62 pendant deux ans. Le tribunal délivre à son encontre un mandat de dépôt pour l’exécution des deux mois prononcés sans sursis, et prononce la confiscation du fourgon.

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Immigration : des ONG dénoncent l’Europe forteresse

27 avril 2013 - L’Express

Les ONG se mobilisent pour attirer l’attention des gouvernements sur le sort des candidats à l’immigration dans l’Union européenne. Alors que près de 18 000 personnes auraient péri en 25 ans en cherchant à rallier les côtes européennes, ces organisations réclament un contrôle démocratique des opérations de surveillance réalisées aux frontières.

L’Europe doit protéger les migrants qui se massent à ses frontières au lieu de les traiter comme des criminels, demandent les défenseurs des Droits de l’Homme. Des représentants d’Amnesty international ont rencontré, mercredi 24 avril, le président du Parlement européen, Martin Shultz, et lui ont remis une pétition demandant un contrôle démocratique des opérations de surveillance réalisées aux frontières de l’Union européenne.

"Il se passe à nos frontières trop de choses graves, mettant en jeu la vie des personnes, sans qu’on sache précisément comment se déroulent ces opérations, explique Jean-François Dubost, responsable du Programme Personnes déracinées à Amnesty International France. On veut plus de détail sur ce qu’il advient des personnes concernées par les opérations de Frontex". L’agence européenne Frontex, créée en 2004, a pour but de coordonner les activités des garde-frontières de l’Union.

Le passif de l’Italie avec la Libye

Pour Amnesty, les députés européens doivent garantir que les droits des migrants sont respectés : "Les Etats sont responsables de leur protection, qu’il s’agisse de réfugiés, de demandeurs d’asile, de migrants, en situation régulière ou non", complète Jean-François Dubost.

Les mesures de contrôle des migrations ne sont en effet pas toujours conformes aux obligations des pays en matière de droits humains. "Nous demandons que des formations de sensibilisation à la protection des droits humains soient données aux policiers et garde-frontières qui sont au contact des clandestins. Les Européens ont le droit de définir leur politique migratoire et de passer des accords avec les pays d’origine des migrants, mais pas à n’importe quel prix. La protection de ces personnes, qui sont la plupart du temps très vulnérables, est indispensable, elles doivent être traitées dignement", souligne-t-il.

18 000 personnes ont perdu la vie en mer en 25 ans

Certains pays européens cherchent à externaliser le contrôle des migrations aux pays voisins. "Notre inquiétude est alimentée par l’exemple d’un accord passé entre l’Italie et la Libye" fait valoir Jean-François Dubost. Dans ce cadre, certains réfugiés ont été renvoyés en Libye, où ils ont été par la suite persécutés, torturés pour certains. C’est pourquoi nous souhaitons la mise en place de mécanismes de contrôle. Il faut que les parlements nationaux se saisissent de ces questions."

L’ONG demande aussi que des moyens soient déployés pour sauver des vies. Des centaines d’enfants, de femmes et d’hommes meurent aux portes de l’Europe chaque année. Selon le site Fortress Europe qui comptabilise les victimes de naufrages, plus de 18 000 personnes ont perdu la vie en Méditerranée et dans l’Atlantique, au cours de leur traversée vers l’Europe depuis 1988. L’Europe doit faire plus pour empêcher ces décès, estime Amnesty qui s’insurge contre le peu de cas fait pas les Européens de ces victimes et souligne la part de responsabilité des 27 dans ces drames : le renforcement des mesures de contrôle aux frontières conduisent en effet les migrants "à choisir des itinéraires dangereux pour atteindre l’Europe".

Témoigner des conditions de vie dans les centres de rétention

Parallèlement, une quinzaine de députés européens ont annoncé qu’ils se rendraient dans des centres de rétention de l’Union, afin de témoigner des conditions de vie des clandestins enfermés dans ces lieux. Cette opération se déroulera à partir de la fin avril dans le cadre de la campagne européenne "Open Access Now". Initiée par l’association Alternatives européennes et le réseau Migreurop. Elle concernera notamment la France, l’Allemagne, la Belgique, l’Espagne et l’Italie.

La "directive retour", la législation européenne sur les conditions d’éloignement des étrangers, garantit en théorie aux ONG un droit d’accès aux centres de rétention. Les parlementaires, nationaux et européens, disposent également d’un tel droit. Mais dans les faits, accéder aux centres est souvent tâche difficile, voire impossible. "En France par exemple, il est étonnant que l’accès des journalistes soit plus facile aux prisons où les personnes sont en situation préventive ou de condamnation, alors que les personnes mises dans des centres de rétention n’ont commis aucun délit", regrette l’eurodéputée GUE-NGL (gauche communiste) Marie-Christine Vergiat. Elle participera à la compagne de visite aux côtés de sa collègue des Verts, Hélène Flautre.

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Au port de Calais, un nouveau scanner pour détecter les migrants cachés dans les camions

25 avril 2013 - La Voix du Nord - Marie Goudeseune

Depuis une semaine, le port de Calais est équipé d’un nouveau scanner pour contrôler les camions en partance vers l’Angleterre, et détecter une éventuelle présence humaine à l’intérieur. Les Britanniques ont investi plus de 500 000 euros pour installer cet équipement.

C’est un scanner plus performant que celui installé depuis 2002 : « L’image est plus nette : si un migrant s’est caché derrière une plaque de métal, par exemple, on va pouvoir le détecter. Le scanner arrive à percer beaucoup plus le camion », explique Anthony, agent de sûreté ferroviaire au port. Installé derrière deux écrans, le jeune homme analyse les images qui s’affichent à chaque passage de camion. Voilà une semaine que le nouveau scanner est en place.

Les poids lourds, à leur arrivée au terminal transmanche, sont invités à passer lentement - à moins de 8 km/h - devant l’équipement. « Si on voit une forme suspecte sur les images, on prévient les collègues du CO2, qui vont contrôler le camion à leur tour et vérifier, selon le taux de CO2 prélevé, s’il y a quelqu’un à l’intérieur », indique Anthony. La technique du scanner ne fonctionne que pour les camions bâchés et nouvelle génération, ajoute le jeune homme : « Avec les fourgons, les frigos ancienne génération et les tollés (qui représenteraient environ 50 % du trafic, ndlr), ça ne marche pas, c’est trop épais ». Ceux-là passent au détecteur de battements cardiaques...

Pour Sir Charles Montgomery, le patron de la Border Force (la « PAF » anglaise), ce nouveau scanner marque « l’engagement du Royaume-Uni pour fournir la technologie la plus moderne possible : il permet de chercher des clandestins tout en maintenant la fluidité du trafic ». Au total, cinq scanners vont ainsi être mis en place, aux frontières françaises, par les Britanniques pour un coût total de 3 millions d’euros : après celui du port, quatre autres doivent être installés dans le Nord, dont un à l’entrée du Tunnel sous la Manche.

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« Les migrants entrent dans nos camions sans qu’on s’en aperçoive »

Adam n’a jamais été contrôlé à la frontière avec des migrants dans sa cargaison. Si ça lui arrivait, il préfèrerait que ce soit en France : « J’ai entendu que de l’autre côté, à Douvres, on doit payer beaucoup, beaucoup d’argent si on se fait pincer », raconte ce chauffeur polonais. Lui a vu « tant de fois, sur tant de routes » des migrants qui ont tenté de monter à bord d’un poids-lourd : « Ils ne savent jamais si on va en Angleterre ou si on repart en Europe. Alors parfois ils montent, sans qu’on s’en aperçoive, ils font deux, trois cents kilomètres à bord de notre camion, et quand ils réalisent qu’on ne va pas en Angleterre, ils sautent et cherchent un autre camion ». Le camion de Codres a déjà été « squatté » par des migrants. C’était il y a quelques années, et le chauffeur roumain s’en souvient comme si c’était hier : « Je transportais des pneus pour poids-lourds. Ils ont profité que je dormais dans mon camion, sur la zone industrielle près des dunes, pour casser le câble et se cacher à l’intérieur. Seulement, quand je me suis réveillé, j’ai vu que le camion avait été forcé : j’ai appelé la police et elle a trouvé sept migrants à l’intérieur, que des hommes, qui s’étaient cachés à l’intérieur des pneus. Elle les a embarqués ». Comme Adam, Codres craint surtout les contrôles à l’arrivée en Angleterre : « En France, on ne dit rien. Mais en Angleterre, on paie une amende de 2000 livres par clandestin ! »

D’après Bastien, qui travaille pour l’entreprise de transports Deroo, l’amende revient autant au chauffeur qu’à son patron : « C’est 1500 euros par clandestin pour le patron, et 3000 euros pour le chauffeur », affirme-t-il. Aussi, son entreprise lui demande désormais de remplir une fiche de contrôle avant l’embarquement au port : « On doit tout revérifier, dans la mesure du possible. Ca permet de nous dédouaner un minimum en cas de problème », précise le jeune Français. Mais les chauffeurs ne sont pas toujours en mesure de vérifier tout leur chargement : « Parfois, les migrants s’introduisent par le haut du camion, en perçant la bâche. Quand on transporte plusieurs palettes, de tailles différentes, on n’arrive pas à tout vérifier à l’intérieur ». Aussi, Bastien préfère quand il charge lui-même la marchandise, « que je mets moi-même le cadenas et que j’arrive le jour même au port : au moins, dans ces cas-là, je voyage sans stress ». Pour lui, les équipements de contrôle au port sont plus qu’efficaces : ils ne laissent rien passer.

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Belgique : expulsions de Guinéens

24 avril 2013 - BBC Afrique

Les expulsions de Guinéens de Belgique ont été dénoncées par une association de défense des étrangers.

Plusieurs dizaines de Guinéens et de Sénégalais sont expulsés ce mercredi par avion militaire, comme c’est le cas chaque semaine depuis plusieurs mois, selon la RTBF, la radio/télévison publique belge.

Le Collectif de résistance au centre pour les étrangers dénonce des déportations collectives, à l’abris des regards, et estime que la Guinée-Conakry n’est pas un pays démocratique.

"Nous parlons d’expulsions collectives parce qu’on a vraiment ciblé un groupe de personnes qu’on renvoie dans un pays où il n’y a aucune garantie quant à leur avenir. Ce sont des personnes qui ont fui un pays qui n’est pas démocratique, et où aucun pouvoir législatif n’est en place actuellement. Les gens y sont arrêtés et sont même tués lors de manifestations, comme cela s’est produit en mars et en avril. Pour nous c’est tout à fait inacceptable" a déclaré France Arets, porte-parole du Collectif.

"Il n’y a aucune possibilité de refuser d’embarquer dans un avion militaire, on est encadré par la police fédérale. Ce qui nous semble le plus grave dans ce type de procédure, c’est qu’il n’y a aucun témoin ; personne n’a accès, ni les journalistes, ni les organisations non gouvernementales, ni les parlementaires", ajoute France Arets.

La problématique des Guinéens demandeurs d’asile en Belgique demeure une préoccupation pour le gouvernement guinéen et le gouvernement belge, ainsi que pour l’Organisation internationale pour la migration, avait déclaré au début du mois à Conakry le directeur général de l’Office belge des étrangers , Freddy Roosemont.

En 2013, pour les trois premiers mois, l’office a enregistré 442 demandes d’asile pour la Guinée contre 444 demandes pour le compte de l’Afghanistan.

Selon Freddy Roosemont, cette forte demande des Guinéens pour l’asile en Belgique s’explique par le rôle des réseaux clandestins de trafics qui encouragent "les gens à se lancer dans des situations illégales de demandeurs d’asile”.

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Migrants à Calais : le préfet veut bien dissocier "politique d’intégration" et "lutte contre l’immigration clandestine"

23 avril 2013 - France 3 - AFP

Le préfet du Pas-de-Calais a souhaité lundi que l’inauguration récente d’un bureau de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii) à Calais permette de dissocier la politique d’immigration et d’intégration de l’État de la lutte contre l’immigration clandestine.

"La politique de l’État repose sur deux pieds : le pied régalien avec le contrôle de l’immigration et le pied humain avec le retour au pays et les demandes d’asile", a déclaré le préfet Denis Robin, lors d’une visite du bureau local de l’Ofii, ouvert le 8 avril.

Cette structure est unique en France et distincte de la délégation territoriale de l’Ofii à Lille, a précisé le directeur général de l’Ofii, Yannick Imbert.

Traiter les demandes d’asile et de retour au pays

En moyenne, 200 migrants, la plupart désireux de gagner l’Angleterre, se trouvent en permanence dans le Calaisis, selon le préfet. Auparavant, l’Ofii était installé dans les locaux du commissariat de Calais, puis à la sous-préfecture.

La nouvelle antenne permettra de traiter les demandes d’asile ou de retour au pays des migrants sur le littoral du Nord/Pas-de-Calais dans un lieu différent, a expliqué en substance le préfet.

Installé dans un immeuble du centre-ville de Calais, l’Ofii emploie cinq agents, l’équivalent d’une délégation "dans une région de petite importance", a expliqué M. Imbert. L’Ofii prend en charge les frais de transports entre Calais et l’ambassade du pays concerné, puis le voyage de retour. Le délai moyen entre la première prise de contact et le retour au pays est d’environ quatre semaines.

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500 euros d’aide pour un retour au pays

En 2012, 47 personnes sont rentrées dans leur pays par le biais de l’Ofii à Calais, pour un coût de 90.000 euros, selon M. Imbert. Seize nouvelles demandes ont été formulées depuis le début de l’année 2013.

Depuis le 1er février, l’aide au retour au pays a été ramenée de 2.000 à 500 euros, pour rapprocher le niveau de cette aide de celle des autres pays européens et ainsi "limiter l’attractivité de la France", a souligné M. Imbert.

Pour les demandes d’asile, l’Ofii finance à hauteur de 75.000 euros l’Association Relais Jeunes Artois, qui assure le suivi des démarches des demandeurs d’asile et leur offre un hébergement en foyer.

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CALAIS : demande d’asile, retour au pays... L’OFII, un « guichet » pour les migrants

23 avril 2013 - La Voix du Nord - Dominique Salomez

Accompagner les migrants dans leur demande d’asile ou les aider au retour dans leur pays. Ce sont les deux missions de l’Office de l’immigration et l’intégration (OFII) qui a ouvert ses portes le 8 avril. L’antenne calaisienne a été inaugurée lundi par le préfet Denis Robin et le directeur général de l’OFII, Yannick Imbert. « C’est un lieu d’accueil serein pour obtenir une information complète et de qualité pour les migrants », soulignait ce dernier.

Sous l’œil des caméras, des objectifs photo, Satar, jeune Afghan de 21 ans, vient prendre des nouvelles de son dossier d’aide au retour auprès de Malaury Verfaillie, assistante sociale à l’OFII. OFII, un acronyme en quatre lettres pour : Office français de l’immigration et de l’intégration. Une nouvelle antenne de cet organisme d’État a été inaugurée ce lundi rue de Vic à Calais. Sur la photo, ce sont les visages d’Umar, Wariskhan, Satar qui illustreront, pour l’exemple, ce moment solennel dans la presse locale et les médias régionaux.

Comme eux, depuis le 8 avril, une quarantaine de personnes ont été accueillies par l’un des cinq agents qui travaillent ici. Ils les accompagnent dans leur démarche de demande de retour au pays ou de demande d’asile. Ce sont les deux missions de l’OFII. « Quand une personne se présente, je leur demande depuis quand elle est là, quel est son projet, explique Pascale Martincic, assistante sociale pour les demandes d’asile, on leur présente la demande classique, on leur remet toute la documentation. On les oriente après vers l’Association relais jeunes Artois (lire ci-dessous) ». Dans le bureau d’à côté, c’est à l’aide au retour qu’on accompagne. « On demande aux personnes un justificatif de plus de trois mois de présence. On ouvre un dossier, la personne devra récupérer un laisser-passer à l’ambassade de son pays d’origine. Quand elle a toutes les pièces, on vérifie que tout est correct et on fait la réservation du vol ». Le voyage est entièrement pris en charge par l’État qui abonde avec une aide de 500 €, contre 2 000 € l’année dernière. Une somme revue à la baisse pour être harmonisée avec les autres pays européens et pouvoir financer la réinsertion des migrants dans le pays d’origine, ce qui constitue un volet de travail de l’office.

À Calais, où transitent des centaines de personnes en séjour irrégulier, cette nouvelle implantation vient combler un vide. Elle était réclamée par le préfet. « Avant les permanences étaient noyées à la sous-préfecture », déplorait Denis Robin. « Aujourd’hui, les gens peuvent venir se poser ici et réfléchir à ce qu’ils veulent faire », soulignait Yannick Imbert qui connaît bien le dossier puisqu’il a été sous-préfet à Calais entre 1998 et 2000. « L’OFII est un lieu d’accueil serein où les migrants peuvent avoir une information complète et de qualité », poursuit-il en précisant que son action s’articulera avec celle des associations. « Nous allons gagner en clarté d’information, les associations poursuivront aussi leur suivi ».

L’OFII a investi 100 000 € dans la création de l’antenne. « C’est un effort conséquent, mais qui était nécessaire pour gérer efficacement l’immigration irrégulière ». En 2012, 131 familles ont été reçues et 36 demandes d’hébergement en CADA (Centre d’accueil de demandeurs d’asile) ont été formulées, renseigne la préfecture. L’année dernière, 47 personnes ont sollicité l’aide au retour. En 2013, 16 ont fait la même démarche.

OFII, 5 rue de Vic de 9 h à 12 h et de 14 h à 16 h 45.

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Calais : le préfet annonce une baisse du nombre de migrants

22 avril 2013 - La Voix du Nord - Dominique Salomez

Les chiffres énoncés ce lundi par la préfecture font état d’une baisse du nombre de migrants dans le Calaisis. Un constat qui est nécessaire de remettre dans le contexte juridique européen et national des derniers mois. En juillet dernier, la cour de cassation européenne avait en effet interdit la France de placer en garde à vue les personnes en situation irrégulière au seul motif qu’elles n’avaient pas de titre de séjour. « Corrélativement à cette décision, le nombre de migrants est passé à plus de 300, alors que le chiffre était avant plutôt de l’ordre de 200 personnes. Cela s’est accompagné d’une dégradation des rapports sociaux et des rixes entre migrants à la fin de l’année 2012 », epxlique le préfet.

Une modification de la loi le 31 décembre 2012 permet depuis le 1er janvier une « retenue daministrative » de 16 heures des personnes en situation irrégulière. « Cette nouvelle disposition nous a permis d’agir et de retrouver un nombre de 200 personnes en situation irrégulière. Ce qui est la tendance historique dans le Calaisis ». D’après les chiffres de la préfecture, le nombre de repas distribuait par les associations le soir est passé d’une moyenne de 140 ( jusqu’à 220) à moins de 120 ces derniers semaines. Le retour des interpellations par les services de la police au frontières a vu le taux d’occupation du centre administratif de rétention de Coquelles grimper en flèche : de 25 % à 80 %.

La baisse des tentatives d’intrusion est révélateur, explique le préfet, de la baisse fréquentation. De 1300 tentatives d’entrée dans des poids lourds, le chiffre est tombé à 800. « Au port, on comptait 178 tentatives au mois de décembre, aujourd’hui, on est sur une chiffre de 80 ». Même constat des effractions au tunnel sous la Manche : en décembre 70 à 80 tentatives ont été relevées, au premier trimestre de l’année, le nombre chute entre 40 et 50. « Tous ces indicateurs, nous montre qu’il y a une diminution de la présence des migrants », commentait Denis Robin qui se félicitait des actions de lutte contre les passeurs et le démantèlement des filières d’immigration.

550 passeurs ont été interpellés en 2012 et 170 trafiquants en 2013. « 26 passeurs ont été déférés et écroués », informait le préfet. L’année dernière, sept filières ont été démantelées et six l’ont été depuis le début de l’année.

Pour la branche humanitaire, il a été indiqué que la salle du BCMO a été ouverte pendant cinquante jours cet hiver pour les migrants. Toutes les personnes qui se sont présentées ont été accueillies.

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RSS Les migrants irréguliers n’entrent plus dans l’Union européenne

18 avril 2013 - Le Point - AFP

Les franchissements irréguliers des frontières extérieures de l’UE ont été divisés par deux en 2012 grâce aux renforcements des contrôles aux frontières.

Le nombre de franchissements irréguliers des frontières extérieures de l’Union européenne a chuté de près de moitié en 2012 à la suite du renforcement des contrôles à la frontière entre la Grèce et la Turquie, a annoncé jeudi l’agence Frontex. Quelque 72 430 franchissements illégaux ont été dénombrés en 2012, ce qui représente une baisse de 49 % par rapport aux 141 060 détectés l’année précédente, a précisé cette agence chargée de coordonner la surveillance des frontières extérieures de l’UE.

Deux facteurs expliquent cette baisse, "la plus importante dans l’histoire de Frontex depuis sa création en 2005", a indiqué son directeur exécutif Ilkka Laitinen lors d’une conférence de presse. La Grèce, qui fait face depuis plusieurs années à un afflux de migrants venant surtout d’Asie, d’Afrique ou du Moyen-Orient, a renforcé les contrôles le long de sa frontière terrestre avec la Turquie en déployant 1 800 gardes-frontière en août 2012. Athènes a également entrepris en janvier 2012 la construction d’une clôture en fil barbelé à la frontière gréco-turque dans le nord-est, longue de 10,3 km chacune et d’une hauteur de 2,5 à 3 mètres.
Déplacement des flux migratoires

"Le nombre de franchissements irréguliers a rapidement diminué, passant d’environ 2 000 durant la première semaine d’août à moins de 10 par semaine en octobre", a souligné Ilkka Laitinen. Au total, en Méditerranée orientale (Grèce, Bulgarie et Chypre), le nombre de franchissements irréguliers a reculé de 35 % en 2012, à 37 220. Deuxième raison expliquant la baisse constatée l’an dernier : le moindre afflux de migrants vers la Méditerranée centrale (Italie et Malte), après un pic atteint en 2011 en raison du Printemps arabe en Tunisie et en Libye.

Les franchissements illégaux ont ainsi chuté de 82 % à 10 380, contre 59 000 en 2011, mais 1 660 en 2010. Ce phénomène a entraîné un déplacement des flux migratoires au premier trimestre 2013, via la mer Égée, la frontière turco-bulgare et l’aéroport d’Istanbul. "Mais la hausse observée sur ces nouvelles voies ne compense pas, en termes de volumes, la baisse enregistrée l’an dernier", a expliqué Ilkka Laitinen. "Les réseaux criminels ont besoin d’un peu de temps pour s’adapter à la nouvelle situation", a-t-il ajouté. L’an dernier, les migrants étaient principalement originaires d’Afghanistan, de Syrie, d’Albanie, d’Algérie et du Bangladesh, selon Frontex.

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Rapport Baudis : les associations répondent à Manuel Valls

13 avril 2013 - La Voix du Nord

Ce samedi, un collectif d’associations d’aide aux migrants (parmi lesquelles Salam,
la Marmite aux idées, l’Auberge des Migrants, le GISTI ou la Ligue des droits de
l’homme) a publié un communiqué intitulé « L’insupportable déni du ministère de
l’Intérieur ».

Manuel Valls avait en effet vivement contesté les conclusions du rapport de
Dominique Baudis, le défenseur des droits, qui avait relevé un certain nombre d’abus
relevant du « harcèlement policier » à l’endroit des populations de migrants.

Le ministère de l’Intérieur Manuel Valls avait reproché à ce rapport de s’appuyer
sur des « déclarations de responsables d’associations rapportant des propos non
vérifiables et concernant des faits anciens qu’aucun élément objectif ne peut
soutenir aujourd’hui. » Le ministre soutenait également que « seule une minorité des
organisations associées à la saisine sont effectivement présentes et actives auprès
des migrants dans le Calaisis. »

Un « déni insupportable »

On pouvait s’en douter, la prise de position ministérielle hérisse le poil
d’associations bel et bien présentes et actives auprès des migrants dans le
Calaisis.

« Non seulement l’enquête menée par les services du défenseur des droits serait
insignifiante, voire partiale, mais la vingtaine d’organisations à l’origine de la
saisine seraient coupables de dénonciations mensongères ? Comme le seraient aussi
probablement le commissaire aux droits de l’homme du conseil de l’Europe, les
auteurs de la coordination nationale du droit d’asile ?, s’interroge le communiqué…
À moins que le ministre n’ait choisi de ne pas voir et de nier une réalité
inacceptable. Le rapport du Défenseur des droits, accablant pour les forces de
police, méritait mieux qu’un simulacre d’enquête de l’IGPN et les réponses
indigentes d’un directeur de cabinet. La situation de ces migrants, qui ne sont là
que parce qu’ils fuient guerre et insécurité dans leur pays, mérite mieux que
quelques aménagements humanitaires de pure apparence. Un ministre d’État se serait
honoré de tout mettre en œuvre pour faire la lumière sur les agissements dénoncés
par le défenseur des droits et faire primer en toutes circonstances les valeurs de
notre démocratie. »

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L’Office Français de l’Immigration ouvre une antenne à Calais

9 avril 2013 - La Croix - Jean-Baptiste François (avec AFP)

L’Ofii n’était pas encore présente sur ce territoire traversé par d’importants flux migratoires.

L’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii) a installé lundi 8 avril une antenne locale à Calais (Pas-de-Calais). Composée de cinq agents, elle aura pour missions d’assurer "la mise en œuvre de l’accueil des demandeurs d’asile, en lien avec les associations, et du dispositif d’aide au retour et à la réinsertion pour les étrangers en situation irrégulière, sans ressources, et souhaitant regagner leur pays", selon un communiqué de la préfecture du Pas-de-Calais.

Les associations sur la réserve

"Pour que ce soit bien fait, il aurait fallu qu’on soit contactés en amont", a déclaré Jean-Claude Lenoir, de l’Association SALAM (Soutenons Aidons Luttons Agissons pour les Migrants) de Calais, qui s’est montré pour le moins sceptique sur l’utilité de cette antenne. Lors de la dernière réunion du conseil des migrants, la semaine dernière, qui réunit régulièrement la municipalité de Calais et les principales associations d’aide, "personne" n’a parlé de cette antenne, a regretté Jean-Claude Lenoir.

Les relations se sont tendues ces derniers mois entre les organisations locales de solidarité et le ministère de l’Intérieur, qui a l’Ofii sous sa responsabilité. En Novembre 2012, le Défenseur des droits, Dominique Baudis, avait alerté Manuel Valls sur les contrôles d’identités et autres arrestations abusives dans le Calaisis. Le ministre de l’Intérieur avait considéré dans un courrier daté du 5 mars que les faits soulignés, reportés par les associations, étaient « non vérifiables et concernant des faits anciens ».

Des missions élargies

Financé notamment par les entreprises qui emploient des étrangers et les timbres fiscaux servant à payer les droits au séjour, l’Ofii a vu ses prérogatives se multuplier ces dernières années. Rebaptisé en 2009 après avoir porté différents noms, l’office, qui emploie aujourd’hui 866 agents, est en charge de l’accueil et de l’intégration des migrants (notamment avec le contrat d’accueil et d’intégration) sur les cinq premières années de présence en France.

Il a aussi pour mission la gestion des procédures d’immigration légales aux côtés des préfectures et des consulats, de l’accueil des demandeurs d’asile et de leur placement en centre d’hébergement, ainsi que le versement des aides au retour.

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RSS Gouvernement : "La France n’est plus un grand pays d’immigration"

9 avril 2013 - Le Point - AFP

Le gouvernement a publié mardi un rapport, en amont d’un débat au Parlement qui vise à "sortir des fantasmes" sur les flux migratoires.

La France "n’est plus un très grand pays d’immigration", estime le gouvernement dans un rapport publié mardi, en amont d’un débat au Parlement qui vise à "sortir des fantasmes" sur les flux migratoires. Les députés discuteront le 16 avril d’immigration professionnelle et étudiante, avant les sénateurs, le 24. Leurs débats ne seront pas suivis d’un vote mais nourriront un projet de loi, attendu à l’été, sur l’immigration. Le gouvernement souhaite profiter de l’occasion pour "apaiser" un sujet particulièrement inflammable en France. "Il s’agit de dépasser les idées reçues, de sortir des fantasmes avec des données chiffrées", souligne-t-on au ministère de l’Intérieur.

Pour ce faire, le Secrétariat général à l’immigration et à l’intégration (SGII) a rendu public mardi un "document préparatoire au débat" dans lequel il regrette que "la réalité des flux migratoires soit trop souvent méconnue ou présentée à des fins polémiques". Contrairement à l’entre-deux guerres et à la période des trente glorieuses, "la France n’est plus un très grand pays d’immigration", souligne notamment le SGII, qui s’intéresse aux étrangers extra-communautaires. "Le solde migratoire global apparaît, du fait de la relative faiblesse des flux entrants, comme modéré en France : 110 000 entrées-sorties, alors qu’il atteint 200 000 au Royaume-Uni et 400 000 en Espagne et en Italie", ajoute-t-il.

Cadre "complexe et dissuasif"

Ce ton tranche avec celui de l’ancien gouvernement : le président Nicolas Sarkozy estimait encore en mai que la France "avait accueilli trop de monde" et qu’il y avait "trop d’étrangers sur notre territoire". La France n’est surtout pas un grand pays d’immigration économique : sur les 193 000 premiers titres délivrés en 2012, seuls 9 % répondaient à un motif professionnel, alors que l’immigration économique représente plus de 20 % des flux en Grande-Bretagne, Espagne, Italie ou Canada, note le SGII. "La politique migratoire française a tenté de favoriser le recrutement de travailleurs qualifiés, sans toutefois connaître d’inflexion majeure", constate le SGII, dressant en filigrane un constat d’échec de la politique d’"immigration choisie" souhaitée par Nicolas Sarkozy, à cause de "la crise" mais aussi d’un cadre trop "complexe et dissuasif".

En revanche, "le nombre d’étudiants admis au séjour en France n’a cessé de croître d’année en année depuis la fin des années 1990", avec une progression des étudiants chinois et des plus diplômés. En 2011, on comptait 288 500 étudiants étrangers, dont 80 % non communautaires, ce qui représente un coût annuel estimé à environ 2 milliards d’euros annuels. Seul un tiers s’installera de manière permanente en France, estime le SGII. Or, le pacte pour la compétitivité du 6 novembre prévoit de renforcer l’attractivité de la France en accueillant davantage de talents étrangers - professionnels et étudiants.

Rationaliser la politique

Sans préjuger des "conclusions que le gouvernement sera amené à tirer du débat parlementaire", le SGII énumère douze leviers d’action pour rationaliser la politique du gouvernement. Parmi les pistes évoquées : regrouper les titres de séjour pour motif économique (il y en a onze aujourd’hui), alléger la procédure d’autorisation de travail, moduler les taxes versées pour l’embauche d’un étranger selon son niveau de qualification... Pour assurer que l’investissement dans la formation d’étudiants étrangers rapporte à la France sans trop nuire aux pays d’origine, le SGII suggère de s’interroger sur le niveau des frais d’inscription ou encore sur le nombre de redoublement autorisés.

À une semaine du débat, le gouvernement n’avait pas encore fait connaître ses arbitrages sur ces questions, mais Manuel Valls pourrait préciser sa position en ouverture des discussions.

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L’Office français de l’immigration ouvre ce lundi une antenne à Calais

8 avril 2013 - La Voix du Nord - M. Go.

La Préfecture du Pas-de-Calais annonce qu’une antenne de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) a été ouverte ce lundi à Calais, au 5 rue de Vic.

Cette antenne locale, composée de cinq agents, aura pour mission d’« assurer l’accueil des demandeurs d’asile », de mettre en oeuvre « le dispositif d’aide au retour et à la réinsertion des étrangers en situation irrégulière, sans ressources, souhaitant regagner leur pays », précise le communiqué.

Pour rappel, l’OFII est un établissement public qui dépend du ministère de l’immigration et de l’asile. Il est responsable de l’accueil et de l’intégration des migrants durant leurs premières années en France. Cet office verse notamment une aide au retour volontaire aux étrangers en situation irrégulière qui veulent regagner leur pays et propose une aide au retour humanitaire à ceux qui sont sans ressources.

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Calais : réponse de Manuel Valls au rapport Baudis : vos réactions, nombreuses

8 avril 2013 - La Voix du Nord - M. Go.

Associations, élus, internautes : vous êtes nombreux à réagir après la diffusion de la réponse de Manuel Valls au rapport Baudis, qui dénonçait des faits de harcèlement de policiers sur des migrants, à Calais.

Ainsi, pour l’association calaisienne La Marmite aux idées, c’est la consternation : « Les yeux dans les yeux du Défenseur des droits, Manuel Valls nie tout, s’insurge ainsi son président, Philippe Wannesson, dans un communiqué. Pas plus de violences policières à Calais que de compte en Suisse pour Jérôme Cahuzac », dénonce l’associatif. Lui estime que les ex-pulsions à Calais se poursuivent « sans concertation, sans relogement, sans procédure légale visible » et que l’enquête me-née par l’IGPN n’a servi qu’à « blanchir la police ».
De son côté, la coordinatrice départementale du Secours Catholique doute des réelles intentions de l’Etat envers les mi-grants : « Y a-t-il une vraie volonté d’améliorer les conditions de vie des migrants sur le Calaisis...? », s’interroge ainsi Véronique Devise.
Loin de partager l’avis des associations, l’adjoint calaisien Philippe Mignonet salue pour sa part la réponse du ministre de l’intérieur : pour lui, le rapport Baudis « prête plus à rire qu’autre chose : il a été instruit totalement à charge et il est rempli de déclarations très partisanes, en particulier celles des No Borders ». Sur la toile, quelques internautes argu-mentent à leur tour en faveur de Manuel Valls, comme Jacky b., qui juge que « les policiers français ont déjà suffisam-ment de soucis avec les délinquants français, pour ne pas avoir en plus à supporter les remontrances des associations qui soutiennent des personnes qui bafouent la loi française en entrant illégalement sur le territoire ». La question des migrants divise, donc. Mais ça, ça ne date pas d’hier...

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Roissy : Un clandestin mort dans le train d’atterrissage d’un avion

8 avril 2013 - 20 Minutes - William Molinié

Sans papier, le jeune homme était probablement mineur...

Un homme a été retrouvé mort lundi matin à l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle vers 8h40 dans le train d’atterrissage d’un avion en provenance de Yaoundé, la capitale politique du Cameroun, a indiqué à 20 Minutes une source judiciaire, confirmant une information du site leparisien.fr.

L’individu, non identifié et de type africain candidat à l’immigration clandestine, « plutôt jeune », serait parvenu à se glisser à Yaoundé dans le train d’atterrissage de l’appareil de la compagnie CamAir-Co.

« Ce n’est qu’au moment de l’inspection, à l’arrivée, qu’il a été retrouvé », précise cette source judiciaire. « A priori, il n’y a pas eu de traces d’écrasement. Il est sans doute mort de froid ». L’autopsie du jeune homme doit être pratiquée ce mardi.

Cela faisait « au moins trois ans » qu’un tel drame ne s’était pas produit à Roissy, selon une source aéroportuaire.

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Calais : Manuel Valls répond au rapport Baudis sur les migrants et estime que les faits dénoncés sont anciens et invérifiables

5 avril 2013 - La Voix du Nord - Marie Goudeseune

Dans un courrier daté du 6 mars dernier, le ministre de l’intérieur répond au rapport accablant qu’avait rédigé le défenseur des droits, Dominique Baudis, sur les relations entre police et migrants à Calais. Il estime que les faits dénoncés dans ce rapport sont anciens et invérifiables.

« Les faits annoncés dans votre décision reposent essentiellement sur des déclarations de responsables d’associations rapportant des propos non vérifiables et concernant des faits anciens qu’aucun élément objectif ne peut soutenir aujourd’hui. Seule une minorité des organisations associées à la saisine sont d’ailleurs effectivement présentes et actives auprès des migrants dans le Calaisis », est-il écrit dans ce rapport signé par le directeur du cabinet de Manuel Valls, Thierry Lataste. Pour rappel, le rapport Baudis dénonçait, entre autres, des faits de harcèlement de la part de policiers (PAF et CRS notamment) sur les populations de migrants (contrôles d’identité répétés, destructions d’effets personnels, etc.). Manuel Valls disposait d’un déali de trois mois pour y répondre. Il avait demandé d’ailleurs un délai supplémentaire au défenseur des droits, et sa réponse n’a été communiquée officiellement que ce jeudi.

La lettre du ministère de l’intérieur annonce toutefois quelques décisions.

Actuellement, les migrants interpellés sont conduits, s’il y a lieu, dans les locaux de l’hôtel de police de Coquelles, « qui dispose des équipements nécessaires aux vérifications (fichier automatisé des empreintes digitales, borne EURODAC pour les demandeurs d’asile et application VISABIO pour les visas) ». Le courrier stipule que « l’implantation de tels équipements au commissariat de Calais permettrait d’éviter le déplacement des migrants à Coquelles » et que « sa faisabilité est à l’étude ».

Par ailleurs, « un nouveau code de déontologie viendra prochainement moderniser et compléter les règles déontologiques qui s’appliquent déjà aux policiers ». En particulier, le principe de l’identification des policiers en intervention, que Dominique Baudis préconisait dans son rapport, « figurera dans ce nouveau code », lequel devrait être effectif « au cours des prochains mois ».

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France : le ministre de l’Intérieur balaie les recommandations du Défenseur des droits sur Calais

4 avril 2013 - Amnesty International

Saisi sur la situation des migrants dans le Calaisis, le Défenseur des droits a demandé au ministre de l’Intérieur en novembre 2012 qu’il soit mis fin à certaines pratiques et que la hiérarchie policière, qui ne peut les ignorer, y porte une attention particulière. Le Défenseur recommandait notamment le respect de « la dignité humaine pour tous », « une réflexion pour mettre fin aux pratiques de vérifications successives », « la fin de la pratique consistant à emmener à la déchetterie des biens et dons humanitaires », « des dispositions pour identifier les fonctionnaires de police, notamment l’introduction d’un matricule ».

Dans un courrier du 6 mars 2013, le ministère balaie la plupart des recommandations du Défenseur et les témoignages en déclarant que « les faits évoqués reposent essentiellement sur des déclarations de responsables d’associations rapportant des propos non vérifiables concernant des faits anciens » et « seule une minorité des organisations associées sont effectivement présentes et actives ».

Amnesty International France (AIF) s’inquiète de ce déni exprimé vis-à-vis du travail du Défenseur des droits et des nombreux témoignages d’exilés vivant en grande difficulté dans une très forte précarité et d’acteurs locaux présents courageusement sur le terrain depuis de nombreuses années pour leur venir en aide.

Le ministère semble fermer les yeux sur les allégations répétées de harcèlement des exilés, comme il le fait pour les saisines de notre organisation sur d’autres sujets, le dernier exemple étant la situation des Roms migrants

Le ministère conteste le constat des associations et du Défenseur

Non seulement le ministère doute de la véracité de nombreux témoignages mais, en outre, il affirme que l’administration fait tout pour le bien-être des exilés, et ce à tous les niveaux. Les enquêtes diligentées « n’ont pas permis d’établir des comportements constitutifs de manquements aux règles disciplinaires et déontologiques ». Selon le courrier, « les policiers ont à cœur de mener à bien leur mission dans le respect de la dignité des personnes ». Le ministre lui-même serait « particulièrement attaché au respect de la loi par les agents placés sous son autorité » et se dit « très attentif à la qualité des relations entre les forces de l’ordre et la population » ; les relations entre les services de l’Etat et les responsables associatifs sont, dit-il, « empreintes de compréhension mutuelle ». Il rappelle aussi que les modalités d’évacuation ont fait l’objet d’une concertation avec les associations à l’automne 2012.

Un projet de nouveau code de déontologie

AIF est particulièrement attentive à la recommandation du Défenseur de prendre « des dispositions pour identifier les fonctionnaires de police, notamment l’introduction d’un matricule ». AIF a demandé au ministère la dernière version du projet de code de déontologie de mars 2013. Il nous avait été précisé qu’« un numéro d’identification, individualisé et lisible, sera apposé sur l’uniforme de chaque policier ou gendarme en tenue, et sur le brassard des agents exerçant leurs fonctions en civil ; ce numéro permettra de répondre effectivement à l’objectif recherché, à savoir fournir à nos concitoyens un élément de personnalisation et d’identification de l’agent. »

Ces dernières années, Amnesty International (AI) a, à plusieurs reprises, attiré l’attention du ministère de l’Intérieur sur des violations des droits humains commises par des membres des forces de l’ordre. AI admet que leur tâche est souvent difficile et dangereuse et que la majorité d’entre eux s’acquittent de leurs fonctions dans le respect de la loi. AI ne cesse néanmoins de rappeler que, lorsque des fautes sont commises, il est nécessaire de le reconnaître et de les sanctionner. A défaut, c’est le sentiment d’impunité qui risque de l’emporter et de générer d’autres violations.

Dans la réponse adressée à notre organisation avant l’élection présidentielle, François Hollande s’était engagé à renforcer « l’indépendance, l’impartialité et la transparence » du Défenseur. L’efficacité du Défenseur ne peut cependant que pâtir d’une réponse qui met en cause la qualité et le sérieux de son travail.

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Calais : après le conseil des migrants, Salam et l’Auberge des migrants se confient

4 avril 2013 - La Voix du Nord

Elle est loin d’être évidente, la position de Salam et de l’Auberge des migrants. Alors que la Belle étoile a définitivement « raccroché », il y a à peine un mois, les deux associations continuent à distribuer des repas le soir. Comment vont-elles s’organiser cet été, sans la Belle étoile ? Jusqu’à quand vont-elles faire face, chaque jour, sur le terrain ? Au lendemain du conseil des migrants qui s’est tenu à l’hôtel de ville, Jean-Claude Lenoir et Christian Salomé, présidents respectifs de Salam et de l’Auberge des migrants, nous répondent.

Un premier constat, d’abord : depuis la dissolution de la Belle étoile, les migrants n’ont plus de distribution de repas le midi. Il ne leur reste que la distribution du soir, par Salam et l’Auberge des migrants. Faut-il s’en inquiéter ? Pour Jean-Claude Lenoir, il est évident que c’est « très pénalisant pour les migrants même si on arrive à s’en sortir quand même avec un seul repas ». En fait, explique-t-il, la distribution du midi était un « repère » de plus, quelque chose qui allait bien au-delà du simple besoin de s’alimenter : « Les migrants ont besoin de rester structurés, de rencontrer des gens », analyse le président de Salam. Pour Christian Salomé, l’absence de repas le midi est gênante pour un tiers des migrants (environ 60, 70 personnes) : « Un tiers parvient à se faire à manger dans les squats, un autre tiers a de quoi s’acheter une baguette le midi, ou se fait aider par les No Borders. Les autres, en revanche, vont attendre le repas du soir pour manger, et passer plusieurs fois, emporter du pain… Pour eux, c’est très difficile. »

D’après les deux hommes, il y a peu de chance qu’une distribution de repas reprenne le midi : « Nous n’avons pas les moyens d’assurer ça », regrette Christian Salomé tandis que Jean-Claude Lenoir explique qu’il mobilise déjà, chaque jour, « 15 à 20 personnes pour les repas du soir » : « Il sera très difficile de trouver des associations qui acceptent de faire à manger le midi », constate-t-il.

Une autre question se pose, automatiquement, puisque la Belle Etoile ne sera plus là cet été pour assurer les distributions : « Les années précédentes, on s’arrangeait entre les trois associations, avec l’aide des No Borders aussi, pour pouvoir s’arrêter chacune quelques semaines l’été, tout en gardant au moins un repas assuré chaque jour », précise le président de l’Auberge des migrants. Mais cette fois-ci, il faudra faire sans la Belle Etoile. Sur ce point, Jean-Claude Lenoir et Christian Salomé ont annoncé qu’ils allaient se rencontrer pour tenter de trouver une solution ensemble : « Je ne pense pas qu’on puisse faire une période sans distribution de repas : il faut qu’il y en ait un chaque jour », estime Jean-Claude Lenoir.

« On sentait le vent tourner »

La situation est donc loin d’être évidente. Pour le président de Salam, elle aurait pu être, d’ailleurs, mieux appréhendée : « On sentait le vent tourner à la Belle étoile. Si on était tous moins bêtes, moins obtus dans nos convictions, on aurait sûrement pu anticiper cette situation et mutualiser nos moyens », juge-t-il. Et de rappeler la fragilité inhérente aux associations : « Pour l’instant, les distributions le soir tournent bien. Mais on reste très fragiles : on n’est pas à l’abri d’un leader qui s’en va, d’un conflit entre bénévoles du jour au lendemain, confie celui qui est engagé depuis déjà des années. Il faut y aller, tous les soirs, dans le froid, distribuer les repas, avec les migrants… C’est dur », lâche-t-il. Christian Salomé évoque les mêmes difficultés au quotidien. Des difficultés qui s’éternisent selon lui : « On tourne en rond. Depuis dix ans, on tourne en rond, avoue-t-il, révolté de savoir que ces jours-ci encore, « 60 à 70 personnes dorment dans les dunes, sous des tentes de camping, sans aucun moyen de se chauffer ». Mardi, après le conseil des migrants, Natacha Bouchart avait expliqué à la presse que « la problématique des migrants s’est installée durablement : elle existera encore dans dix ans ». La réalité est là : pas évident de faire avec.

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Conseil des migrants ce mardi après-midi:ce qu’il faut en retenir

2 avril 2013 - La Voix du Nord - Marie Goudeseune

Le Conseil des migrants s’est tenu ce mardi après-midi à l’hôtel de ville de Calais, entre la Ville et plusieurs associations. Voici ce qu’il faut en retenir, en quatre points.

La police présente au prochain conseil ? Les services de police et de l’Etat pourraient être présents au prochain conseil. C’est une demande qui a été faite par les associations, hier, qui souhaitent que ce Conseil serve à aborder « des questions de fond, et pas seulement des problèmes d’ordre technique ». Cette demande a été validée Natacha Bouchart. La maire précise toutefois que « ça fait quatre ans qu’on les invite, en particulier le Sous-préfet, et jusque-là ils n’ont pas souhaité participer ».

Le plan Grand froid trop limité sur Calais selon les assos. D’après Médecins du Monde, la gestion du plan Grand froid est trop limitée à Calais : « Mettre cent personnes les unes sur les autres, sans points d’eau, avec deux toilettes à peine nettoyées et des risques d’infections certains », voilà qui n’est pas acceptable pour l’association. Natacha Bouchart a répondu hier que la Ville n’était, dans cette histoire, « pas obligée de dépenser un seul euro » pour la gestion de la salle BCMO. La maire renvoie d’ailleurs la balle à l’Etat, qu’elle ne juge « pas très présent sur ce dispositif ».

La Belle étoile se désengage le midi, la Ville prête à doubler les repas du soir. Le désengagement de l’association La Belle étoile a été abordé : « J’en prends acte », a déclaré Natacha Bouchart. Mais il n’y aura, semble-t-il, personne pour la remplacer aux distributions de repas du midi. « D’après les associations, les migrants arrivent de façon plus précipitée pour la distribution du soir car ils ont davantage faim, selon la maire. La Ville est donc prête à récupérer les aliments qui étaient distribués le midi pour doubler, s’il le faut, les repas du soir, en apportant (aux associations gérant la distribution du soir, ndlr) une subvention supplémentaire. »

Prochain conseil le 28 juin. Le prochain conseil aura lieu le 28 juin prochain. D’après Natacha Bouchart, il sera surtout question de la gestion des migrants durant l’été, « une période encore plus compliquée que l’hiver ». D’autant que l’été prochain, aucune association ne sera présente, a priori, pour servir les repas : la Belle étoile n’est plus là, et Salam ne sert habituellement pas de repas l’été. M.GO.

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