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Migrants : le ras-le-bol du président de l’association des chalets de Calais

29 octobre 2013 - La Voix du Nord - Chloé Tisserand

Après leur expulsion du squat Mouron, les migrants errent dans la ville à la recherche d’un abri, notamment dans les chalets de la plage. Ce qui provoque le ras-le-bol du président de l’Association des chalets de Calais, Philippe Desort, qui réclame l’ouverture d’un poste de police à la plage.

- Pourquoi tenez-vous à intervenir aujourd’hui auprès de la presse ?

« Pour montrer qu’on ne peut pas recréer un nouveau Sangatte à la plage ou un nouveau squat. Les migrants s’en rapprochent depuis un petit mois, ce qui correspond à la date de fermeture du squat Mouron. Avant on était tranquille : les migrants venaient de façon épisodiques, ce n’était pas flagrant comme maintenant. »

- En quoi leur présence vous gêne-t-elle ?

« Sur 500 chalets, 80 ont été dégradés, les portes sont fracturées. Nous avons insisté auprès des propriétaires de chalets pour qu’ils portent plainte. Une vingtaine ont été déposées. On a du mal à savoir où il faut précisément porter plainte. Entre la PAF, les CRS et la police, on ne s’y retrouve plus. On a réussi à obtenir qu’une patrouille passe plus souvent. Sous l’ancienne municipalité, les chalets ont eu du mal à se faire admettre. Aujourd’hui, ils sont répertoriés aux Journées du patrimoine alors on ne voudrait pas que les gens s’y désintéressent à cause des dégradations. »

- Comment êtes-vous sûr qu’il s’agit de faits provenant de migrants ?

« On s’en rend compte lorsque la police parvient à les expulser. Nous avons aussi parmi notre association des membres qui veillent et préviennent la police. »

- Cette veille qui pourrait s’apparenter à une milice ne semble pas vous déranger...

« Attention, nous ne sommes pas contre eux. Une fois ici, il faut bien qu’ils se nourrissent, qu’ils se logent... Ce que je veux, c’est essayer de prendre le problème en amont et éviter qu’ils restent dans le secteur de la plage. Si à Calais ils ne sont pas attendus, ils iront peut-être ailleurs. C’est un problème d’immigration qui dépasse le strict cadre calaisien. C’est un problème national, voire européen. Ce que fait actuellement la municipalité est tout à fait normal. J’approuve sa démarche sur Facebook. L’idéal pour nous serait qu’il y ait un poste de police sur la plage de Calais pour empêcher la venue de migrants à la plage. Ils s’installeraient entre 19 h et 9 h au poste de secours, qui sont les heures de déplacement vers la plage. »

Communication ?

Le commissariat de Calais n’a pas souhaité communiquer le nombre de plaintes déposées par les propriétaires de chalets et dire ce qu’il pensait de l’éventualité d’une ouverture d’un poste de police à la plage. Quant au sous-préfet, il indique sans autres commentaires : « On n’arrête pas de parler des migrants. J’ai donné mes instructions à la police aux frontières (PAF) et à la sécurité publique. Si c’est du flagrant délit, elles interpelleront. J’ai renforcé les patrouilles au niveau des chalets mais je ne vais pas quadriller tout Calais sous prétexte qu’on peut trouver des migrants ou d’autres personnes à tel endroit. On fait le maximum pour assurer une surveillance dans l’ensemble des quartiers. »

L’appel d’air, « un défaut de réflexion »

Les associations rappellent que si les migrants se déplacent vers la plage, c’est parce qu’ils sont victimes d’expulsions. « Comme tout être humain, ils ont besoin de s’abriter, d’autant plus avec la météo actuelle, souligne Christian Salomé, président de l’Auberge des migrants. On les a chassés des dunes, ils vont vers la ville. Maintenant, on les chasse de la ville, ils vont donc ailleurs. Ils cherchent un abri où ils peuvent en trouver. » Pour lui, il faut s’attaquer au « vrai problème » et leur donner un lieu où ils peuvent être logés, « c’est ça qui empêchera qu’il y ait des dégradations supplémentaires. Avec Sangatte, ils n’avaient pas besoin de trouver un abri ailleurs », remarque-t-il. Philippe Wannesson, président de la Marmite aux idées, ajoute : « L’ouverture d’un poste de police et des patrouilles supplémentaires feront que les migrants viendront moins à cet endroit mais ils iront ailleurs. La question aujourd’hui est de geler les expulsions et de réfléchir à une solution pérenne. » Il évoque le projet qui se trame, à échelle régionale, de création d’une Maison du réfugié, qui permettrait d’établir plusieurs lieux d’accueil à Calais et améliorerait les conditions de vie des migrants. Une hypothèse contestée par certains par peur de l’appel d’air. « Cette notion signifie qu’un Syrien quitte son pays pour Calais parce qu’il a un abri à Calais, explique Christian Salomé. Or, les personnes ne quittent pas leur pays parce qu’il y a certaines conditions d’accueil à Calais, mais bien en fonction des conditions de vie de leur pays d’origine. S’il n’y avait pas eu de guerre en Syrie, ils seraient restés dans leur pays. L’appel d’air ne tient pas debout, c’est un défaut de réflexion. »

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