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Archives du mois de 08 2014

Squats Vandamme et près de Tioxide (Calais) : aucune décision officielle pour l’instant

31 août 2014 - La Voix du Nord - Marie Goudeseune

Selon le collectif No Borders et l’association Calais, ouverture et humanité, le squat Vandamme et la « jungle » de Tioxide seront évacués la semaine prochaine. Interrogé sur ce point, le préfet du Pas-de-Calais a répondu ce samedi qu’il n’avait « toujours pas arrêté » sa décision. « Les deux décisions de justice sont sur ma table, a affirmé Denis Robin. Toutefois, je ne suis pas au bout des discussions avec les associations que je peux mener et qui se prolongeront la semaine prochaine. »

Le préfet a annoncé ce samedi que le dispositif mis en place dépuis le 5 août pour informer les migrants sur les demandes d’asile en France avait pris fin mercredi. Bilan : 300 migrants se sont rendus au cours de cette période à l’OFII (Office français de l’immigration et de l’intégration), 98 ont formulé une demande d’asile et une quarantaine a pu être hébergée « dans différents points du départements ».

Le préfet estime que ce résultat est intéressant, « même s’il est très modeste » : « Ce n’est pas comme cela que nous allons régler la question des mouvements migratoires sur Calais, mais il est indispensable de pouvoir rappeler aux migrants leurs droits. » Pour rappel, le préfet avait testé le même dispositif pour les migrants qui occupaient l’aire de distribution des repas, rue de Moscou, en juin dernier. 55 d’entre eux avaient pu être hébergés. Le dispositif avait pris fin le 1er juillet et dès le lendemain, au petit matin, le préfet procédait aux évacuations de la rue de Moscou et des autres squats de Calais.

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Calais : des migrants dans un camion font un malaise, un policier accidenté

30 août 2014 - La Voix du Nord - Jean-Philippe Delattre et Chloé Tisserand

Vers 9 h 45, ce samedi, dans une zone industrielle de Calais, les pompiers ont été appelés pour secourir seize migrants, d’origine syrienne, retrouvés dans un camion-citerne qui faisait le plein à une station Total. Plusieurs passagers clandestins ont été victimes de malaise.

D’après les secours, le chauffeur aurait entendu du bruit en mettant du carburant dans son véhicule, détectant ainsi la présence de passagers clandestins. Plusieurs d’entre eux se seraient sentis mal, probablement à cause du manque d’oxygène. Deux migrants, plus mal en point, ont été contrôlés sur place par le SMUR (service mobile d’urgence et de réanimation). Une fois le bilan effectué, ils ont pu rejoindre les autres réfugiés qui, près du camion, étaient encadrés par la police nationale en attendant d’être pris en charge par la police aux frontières (PAF). Le camion-citerne, immatriculé aux Pays-Bas, transportait des boules de polypropylène. On ignore si la société de transports à laquelle il appartient portera plainte.

Ce lundi, dix-sept migrants, majoritairement jeunes, avaient été retrouvés dans un camion frigorifié qui transportait des tomates. La basse température et le manque d’oxygène auraient provoqué un malaise chez certains d’entre eux, sans gravité. Cette fois, en revanche, tout le chargement avait dû être jeté et la société de ce camion frigorifié avait porté plainte.

Blessé lors d’un contrôle

Par ailleurs hier, dans l’après-midi, sur la rocade menant au terminal ferry de Calais, des centaines de migrants ont profité des ralentissements dus à un important afflux de touristes et de camions vers l’Angleterre pour monter à bord des poids lourds. Un adjoint à la sécurité du commissariat de Calais a été blessé lors d’un contrôle au cours duquel il sortait deux migrants d’une caravane. Pour le syndicat Unité SGP Police FO, il s’agirait d’un policier « bousculé par un migrant » qui aurait heurté une autre caravane qui roulait à faible allure sur l’autre voie. En revanche, selon le sous-préfet de Calais, Denis Gaudin, le policier a été « déséquilibré par un migrant et les circonstances sont accidentelles ». La victime a été transportée à l’hôpital de Calais par les sapeurs-pompiers de Marck pour effectuer des radios et vérifier s’il a la clavicule gauche cassée.

Depuis vendredi jusqu’à demain midi, un panneau est installé sur la rocade pour encourager les camions à emprunter une route parallèle. Installé par le Département, il permet de séparer les flux de véhicules et de poids lourds pendant ce week-end de retour de vacances, au cours duquel le trafic est plus important.

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Calais : le préfet favorable à « un accueil de jour » pour les migrants

30 août 2014 - La Voix du Nord - Marie Goudeseune

Le préfet du Pas-de-Calais Denis Robin s’est dit favorable ce samedi midi à la création d’un ou plusieurs accueils de jour pour les migrants à Calais.

Ne parlez plus de maison de migrants. Cette expression, c’est Manuel Valls qui l’avait employée en décembre 2013 lorsqu’il était venu à Calais. Il avait annoncé l’arrivée de CRS en renfort pour sécuriser la ville, mais aussi l’installation d’une « maison de migrants » qui ne serait pas « un nouveau Sangatte » mais qui permettrait un accueil ponctuel des clandestins nécessitant des soins.

Huit mois plus tard, cette maison n’existe toujours pas. Nous avions d’ailleurs demandé au préfet du Pas-de-Calais, début août, où en était ce projet. Il avait répondu que les choses avaient avancé : cahier des charges établi, demandes de financement en cours... Denis Robin avait expliqué que seuls deux éléments freinaient ce projet : d’abord, la « pression migratoire » qui a augmenté ; ensuite, le fait que certaines associations revendiquent un volet « hébergement » dans ce cahier des charges.

Pas question d’envisager un centre d’hébergement qui serait « un nouveau Sangatte », a répété ce samedi Denis Robin. Exit la proposition de la maire Natacha Bouchart de créer un centre pour migrants géré par l’État au centre de loisirs Jules-Ferry (le ministre Bernard Cazeneuve s’y était clairement opposé cette semaine). Le préfet d’ailleurs ne souhaite plus qu’on parle de « maison de migrants » car c’est un concept « qui ne dit pas la même chose à tout le monde ». Il propose désormais qu’on parle d’ « accueil de jour ».

Seuls les publics vulnérables seraient hébergés

Le dossier, dit-il, est toujours sur la table et a même plutôt bien avancé. Denis Robin explique qu’il est allé lui-même à Paris « défendre ce projet auprès de la DIHAL (Délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement) ». « Or, ce dossier a reçu une réponse positive », affirme le préfet. Ainsi, si le projet d’accueil de jour est validé, il recevra un financement de la part de la DIHAL.

En quoi consisterait cet accueil de jour ? C’est une des questions qui reste à éclaircir. Denis Robin estime que cet accueil doit permettre aux populations migrantes « d’avoir accès à un minimum de services : point d’eau, sanitaires, prestations de santé, accompagnement social et juridique ». Il affirme que ces différents services (vestiaire, distribution des repas, etc.) sont déjà existants à Calais et qu’il s’agirait donc de les regrouper. La question qui demeure est de savoir s’il faut envisager un seul accueil de jour qui pourrait regrouper tous ces services et « qui serait un lieu d’accès facile pour les migrants, où l’on pourrait concentrer les forces de tout le monde », ou plusieurs petits accueils « répartis en périphérie ». Cette question n’est pas tranchée à ce jour et doit être rediscutée avec les associations.

Le préfet estime que cet accueil de jour « peut démarrer assez vite », sans donner plus de précisions. « Je dois d’abord en parler au ministre, à la maire de Calais et prendre contact avec les financeurs potentiels », en particulier les conseils général et régional.

Le projet prévoit tout de même un petit volet « hébergement » : il inclut en effet « la prise en charge de certains publics vulnérables » : les familles, les femmes et les enfants bénéficieront d’une prise en charge « y compris la nuit ».

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Migrants à Calais : les ministres de l’Intérieur français et britannique vont « renforcer leurs efforts »

30 août 2014 - La Voix du Nord - Marie Goudeseune

Les ministres de l’Intérieur français et britannique Bernard Cazeneuve et Theresa May se sont rencontrés vendredi à Londres. Ce samedi matin, ils annoncent, dans un communiqué qu’ils vont avant tout « renforcer leurs efforts » pour « empêcher l’immigration illégale ».

Dans une déclaration conjointe envoyée à la presse ce samedi matin, Bernard Cazeneuve et Theresa May évoquent la situation de Calais : « L’augmentation du nombre de migrants à Calais et ses environs depuis le printemps 2014 a entraîné de très importants troubles tant économiques, sociaux que d’ordre public. Nous avons le devoir de renforcer nos efforts et de trouver de nouvelles solutions afin de soulager l’impact de la pression migratoire sur la population de Calais et son économie, et d’empêcher l’immigration illégale. »

Les deux ministres affirment qu’ils vont continuer à « renforcer les infrastructures portuaires » ; à s’assurer, parallèlement, que les « personnes dans un besoin avéré de protection ou qui sont victimes des filières de trafiquants » reçoivent l’aide « appropriée » ; et poursuivre leur lutte « contre les réseaux du crime organisé à l’origine de la contrebande et de la traite des êtres humains, en accroissant le travail commun de renseignement et la coordination entre nos agences en charge de la sécurité intérieure. »

Accroître les « vols de retour »

Concernant Calais, Bernard Cazeneuve et Theresa May n’évoquent pas la proposition de la maire Natacha Bouchart de créer un centre pour migrants. Ils annoncent en revanche qu’ils vont « prendre des mesures à Calais, et en amont de Calais, afin de dissiper les mythes qui y provoquent un afflux de migrants ». Des mesures à la tonalité particulièrement répressive, qui prévoient l’accroissement de « vols de retour » : « Nous enverrons un message clair sur le fait que quiconque sera interpellé en tentant une traversée illégale fera l’objet d’une procédure rigoureuse, en application des règles nationales et européennes pertinentes en matière d’asile. Des vols de retour cofinancés en direction de certains pays-clés sont déjà organisés et leur nombre sera accru. »

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Malaises lundi soir à Calais : 84 migrants examinés, quatre hospitalisés

26 août 2014 - La Voix du Nord - Marie Goudeseune

Les pompiers de Calais sont intervenus au squat Vandamme, lundi vers 21 h 30, pour venir en aide à une centaine de migrants originaires de l’Afrique de l’est qui se sentaient mal. Selon la préfecture, ils ont été victime d’une intoxication alimentaire.

La plupart étaient pris de maux de ventre et de diarrhée. La police nationale ainsi que plusieurs camions de CRS sont venus pour s’assurer que l’intervention des secours se déroulait sans difficultés à l’entrée de ce squat du centre-ville qui abrite au moins 150 personnes. Rapidement, les exilés malades ont formé une file afin d’être examinés les uns après les autres - les plus faibles en priorité - par les pompiers, qui avaient dépêché deux ambulances sur les lieux.

Une centaine de migrants malades

Vers 22 h 30, les pompiers ont fait appel au SMUR car au moins deux migrants se trouvaient dans un état jugé inquiétant. Sur place, certains ont expliqué qu’ils avaient consommé de la nourriture probablement avariée. Les uns ont parlé d’une sauce qu’ils avaient cuisinée, les autres de barquettes qui étaient périmées.

D’après une militante, de nombreux migrants avaient été pris de maux de ventre dès lundi matin. La préfecture du Pas-de-Calais a déclaré ce mardi qu’une centaine de migrants du squat Vandamme présentaient des symptômes de gastro-entérite. Quatre-vingt-quatre d’entre eux ont été examinés par les pompiers et le SMUR, et quatre ont été conduits à l’hôpital pour subir des examens complémentaires. Les autres ont été traités sur place.

« L’hypothèse d’une intoxication alimentaire a été retenue par les médecins », a indiqué la préfecture, précisant que les migrants auraient été malades après avoir mangé « leur repas du midi à l’intérieur du squat ».

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Centre de migrants à Calais : Natacha Bouchart confirme qu’elle va proposer Jules-Ferry

25 août 2014 - La Voix du Nord - Marie Goudeseune

La démission du gouvernement de Manuel Valls hier ne change rien pour elle : la maire de Calais a toujours l’intention de proposer au ministère de l’intérieur de créer un centre pour migrants de 400 places en périphérie de Calais. Elle a confirmé hier que le lieu qu’elle suggérera est le centre de loisirs Jules-Ferry.

- Allez-vous proposer le centre de loisirs Jules-Ferry ?

« Oui. On a de quoi y faire un accueil et engager rapidement les choses. Sachant qu’il peut y avoir d’autres possibilités d’implantation sur un terrain vierge, en particulier sur la zone dune extension (non loin du camp Jules-Ferry), si l’État le souhaite. »

- Que répondez-vous aux Calaisiens qui estiment que vous allez « chasser » les enfants de ce centre au profit des migrants ?

« Je réponds que les enfants, on les soigne ! Et que tout ça c’est de la négociation. Je n’accepterai pas ce centre pour migrants sans compensation : il faudra que l’État nous alloue un budget pour construire un tout nouveau centre plus fonctionnel. N’oublions pas que Jules-Ferry est excentré. Et c’est un camp qui date. On a des friches en centre-ville et au Fort-Nieulay : on peut très bien imaginer la construction d’un nouveau centre avant l’été 2015. »

- Le gouvernement a démissionné hier et votre rendez-vous avec le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve est, de fait, annulé. Vos projets sont-ils compromis ?

« Non, car l’urgence du dossier est là. Le nouveau ministre de l’intérieur ne pourra pas ignorer ce qui se passe ni repousser ce rendez-vous : c’est un sujet qui fait l’actualité, l’urgence est là, l’hiver arrive et il faut prendre des décisions très rapidement. Je pense que ce dossier sera un des premiers que le ministre aura à traiter. »

- À quoi ressemblerait le nouveau centre pour migrants ?

« Ce serait un sas où les migrants pourraient avoir des informations par France Terre d’Asile ou par des organismes nationaux. Ils y seront accueillis, hébergés, nourris. Mais ils ne seront en aucun cas appelés à y rester de façon permanente. Le centre sera limité à un certain nombre de personnes. Il faudra des professionnels à l’intérieur, peut-être des associations professionnelles reconnues nationalement. Malgré tout, je ne veux rien imaginer pour ce centre : il faut d‘abord un accord du ministre, sinon ce ne sera pas possible. Ensuite, il faudra échanger avec les services de l’État et les associations.

« C’est le bal des hypocrites ! »

L’ancien maire PCF Jacky Hénin a réagi hier à la proposition de Natacha Bouchart. Sa réaction est double : d’un côté, il estime qu’il était temps de faire cette proposition ; de l’autre, il juge qu’elle ne tient pas du tout la route…

« Je n’ai qu’un mot à dire : enfin ! Durant la campagne municipale, c’est ce que je voulais faire : créer un centre pour permettre à chacun d’avoir sa dignité. Natacha Bouchart a toujours dit qu’elle ne voulait pas d’un tel centre à Calais, et au lendemain des municipales, voilà qu’elle change d’avis : c’est le bal des hypocrites ! Et puis 400, ça ne veut rien dire : on fait quoi avec le 401e ? Le 402e ? Avec cette proposition (qui n’est pas nouvelle : ça fait des années qu’on propose l’Hoverport ou Jules-Ferry), elle pourra dire qu’elle voulait mais que le gouvernement n’a pas voulu. C’est peut-être bien joué mais ça n’est pas moral. Ça lui permet de montrer qu’elle veut faire avancer les choses et que c’est la faute des autres si ça ne se fait pas. Bref, c’est tactique ! D’après moi, le gouvernement créera les conditions pour que ce centre ne se fasse pas, parce qu’il considérera que c’est trop difficile à gérer et qu’on a le mauvais souvenir de Sangatte. Le gouvernement va laisser pourrir les choses. »

Le centre Jules-Ferry raconté en trois dates

- 1965 : un nouveau site. Créé en 1930 tôt le long de la plage, le centre aéré migre entre la zone des Dunes et le Fort-Vert, pour occuper ce terrain militaire de cinq hectares – une base allemande désertée. Sa composition : six préaux (dont quatre fermés), quatre longs réfectoires avec baies vitrées proposant à leurs extrémités lavabos, vestiaires et toilettes, et un bloc de cuisines au centre. Le tout forme un U et contient des blockhaus de la guerre 39-45 qui ont été éclairés et aérés.

- 1991 : 1 347 enfants. Le site accueille 1 347 enfants (qu’on appelle parfois « les enfants de Jules ») : il s’agit d’un « record », selon La Voix du Nord. Mais le centre en a déjà accueilli 1500 en 1966 !

- 2005 : le 75e anniversaire. Le centre fête son 75e anniversaire et obtient la charte départementale de qualité des centres de loisirs. Ses locaux « ne sont plus de première jeunesse », selon sa codirectrice Jacqueline Huez. Chaque été, il reçoit environ 1 000 enfants qui y sont acheminés en bus. L’idée de quitter ce camp pour en construire un neuf au centre de Calais daterait de l’ancienne municipalité.

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Calais : 17 migrants, majoritairement mineurs, retrouvés dans un camion réfrigéré

25 août 2014 - La Voix du Nord - Jean-Philippe Delattre

Ce lundi, vers 10 h, dix-sept migrants ont été retrouvés dans un camion réfrigéré. La majeure partie d’entre eux était des adolescents. Même s’ils se sont sentis mal à cause de la température et du manque d’oxygène, aucun n’a dû être transporté au centre hospitalier.

Vers 10 h, ce lundi, à Calais, au croisement de l’avenue Saint-Exupéry et de la rue Clément-Ader (à la frontière de la commune de Marck), les sapeurs-pompiers de Calais, de Marck ainsi que les policiers de Calais ont été appelés pour porter secours à dix-sept migrants retrouvés dans un camion réfrigéré qui transportait des tomates.

D’après les pompiers, certains clandestins ont fait un malaise à cause de la température basse d’une part, et d’autre part à cause du manque d’air. En effet, le conteneur doit être hermétique pour que le froid ne s’échappe pas. Les migrants auraient alors signalé leur présence au chauffeur qui, d’après les premiers éléments de l’enquête, n’était apparemment pas au courant de la présence de personnes dans son camion.

Dépôt d’une plainte

La majeure partie des passagers clandestins retrouvés est mineure. Il s’agit de Syriens et d’Égyptiens. Le camion, lui, était en partance pour l’Angleterre. Il vient du Maroc. Comme les secours ont constaté que les réfugiés étaient en bonne santé, aucun n’a été transporté par les pompiers. Ils ont été pris en charge par la police locale et la police aux frontières (PAF), basée à Coquelles. Quant à la marchandise que transportait le camion, elle a été perdue. Le transporteur en cause va déposer plainte.

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Centre pour migrants au camp Jules-Ferry à Calais : ce qu’en pensent les riverains

23 août 2014 - La Voix du Nord - Dominique Salomez

Vendredi, la sénatrice-maire Natacha Bouchart a annoncé dans nos colonnes qu’elle proposera la création d’un centre d’accueil pour migrants au ministre de l’Intérieur, qu’elle doit rencontrer le 2 septembre. Parmi les lieux qui pourraient accueillir ce centre, figurent l’espace de loisirs Jules-Ferry, situé chemin des Dunes, perpendiculaire à la route de Gravelines. C’est là que nous avons rencontré des riverains pour connaître leur avis sur la création de ce centre et sa possible implantation.

Que pensez-vous de la volonté de la maire de Calais de créer un centre pour migrants ? L’espace de loisirs Jules-Ferry, évoqué par les bénévoles d’associations, vous paraît-il un lieu adéquat ? Ce sont les questions que nous avons posées à des riverains de la route de Gravelines, proche du centre Jules-Ferry. Comme souvent sur la question des migrants, les avis sont tiraillés entre altruisme et besoin personnel de vivre dans la quiétude. L’impression d’être dans l’impasse domine aussi.

« Ça ne changera rien de faire un centre. Les gens continueront de passer par ici et ils seront peut-être plus nombreux s’il y avait un centre. Tout ce qui va se passer c’est qu’on va faire un nouveau Sangatte. On vit ici depuis un an, on se sent en insécurité. S’il fallait signer un courrier contre, on le ferait », explique Laurent, qui habite route de Gravelines avec sa femme et ses enfants.

À deux pas, Gérald Aucoin a un avis radicalement différent. « Ce serait bien ce centre, on ne peut pas laisser les gens comme ça, il faut essayer de faire quelque chose. On ne peut pas les laisser dormir dans les bois », explique le riverain qui habite là depuis vingt ans. Lui, imaginerait bien le local qui accueillait par le passé les vestiaires du Secours Catholique route de Saint-Omer, en direction des Attaques.

Blandine et Pascal Zielonka habitent eux plus près du centre Jules-Ferry et saluent le projet. « C’est bien s’il y a une création de centre. Ce sont des humains. Je trouve aussi qu’il faut que l’État aide Calais, ce serait bien qu’il prenne en charge ce projet (comme proposé par Natacha Bouchart). Si c’était à Jules-Ferry, ça ne changerait rien, on vit déjà avec les migrants et on n’a jamais eu d’embêtements. Mais c’est vrai qu’on pense encore à la façon dont ça s’est passé à Sangatte. Ils passaient à travers les maisons… », explique le couple. À deux pas, les voisins expriment leur ras-le-bol : « Il ne faut pas ouvrir un centre. Nous y sommes tout à fait hostiles. La France ne peut pas accueillir toute la misère, il faut que l’Angleterre prenne sa part aussi », explique un couple, qui préfère l’anonymat.

Même avis, pour cette jeune maman de trois enfants : « Je trouverai inquiétant un centre tout près. On n’a jamais eu d’ennui, mais c’est impressionnant ce monde. Je suis un peu partagée. »

La maire de Calais présentera un projet de centre d’une capacité de 400 places au ministre Bernard Cazeneuve, le 2 septembre. D’autres lieux ont été proposés par des élus locaux, dont l’ancien hoverport. Natacha Bouchart dévoilera la semaine prochaine le lieu qu’elle imagine pour ce projet.

Pourquoi un tel afflux de migrants aujourd’hui ?

D’où viennent les migrants qui affluent en France et à Calais ? Pour quelles raisons ? Voici un question-réponse pour mieux comprendre la situation de ces hommes et de ces femmes qui arpentent le littoral dans l’espoir d’un passage vers un ailleurs.

- Qui sont ces migrants ?

Ils viennent essentiellement de zones de conflits ou d’États répressifs. D’abord les Syriens qui fuient la guerre et les Érythréens qui veulent échapper à la dictature et au travail forcé auquel ils sont astreints à partir de 18 ans.

Il y a aussi des Maliens, des Soudanais, des Afghans, des Somaliens…

- La répression en Érythrée ou l’absence d’État en Somalie sont des phénomènes de longue date. La guerre en Syrie a débuté il y a trois ans. Pourquoi y a-t-il un afflux maintenant ?

Jusqu’à présent une partie des migrants trouvaient refuge dans des pays non Européens, où ils ne peuvent désormais plus vivre. Ainsi, Israël, où vivent environ 60 000 Africains en majorité Érythréens et Soudanais, multiplie les actions pour les encourager à partir. En Égypte, le retour des militaires au pouvoir a marqué un durcissement envers les réfugiés syriens qui, soupçonnés d’être proches des Frères musulmans, finissent parfois en prison. Surtout, le chaos libyen, où des milices rivales se battent pour contrôler le territoire, a favorisé la multiplication des passeurs. L’été est toujours propice aux traversées de la Méditerranée, moins agitée à cette période.

- Que représente la France pour ces migrants ?

La France n’est qu’un pays de transit. L’immense majorité de ces exilés veulent rejoindre les pays où sont installés leurs concitoyens. Les Érythréens ou les Somaliens visent l’Angleterre, les Syriens plutôt l’Allemagne ou la Suède. Ainsi, même si les chiffres augmentent, ils sont peu à demander l’asile en France. Seuls 237 Érythréens ont déposé un dossier au premier semestre.

- Quelle attitude les autorités peuvent-elles adopter envers ces migrants ?

En vertu du droit international, il est impossible de les renvoyer dans leur pays d’origine, où ils risqueraient de mourir. Le droit européen prévoit que les demandes d’asile doivent se faire dans le pays d’entrée dans l’UE. La France peut donc les renvoyer vers l’Italie quand il est établi qu’ils ont transité sur son sol. À Calais, les autorités ont tenté de convaincre ces migrants de déposer des demandes d’asile, mais peu ont saisi l’opportunité. (AFP)

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Calais : le camp de loisirs Jules-Ferry pourrait devenir le nouveau centre pour migrants

23 août 2014 - La Voix du Nord - Marie Goudeseune

Où pourrait se situer le centre pour migrants d’environ 400 places imaginé par Natacha Bouchart, à condition que l’État en assume la gestion ? L’hypothèse la plus plausible semble celle du centre de loisirs Jules-Ferry derrière la route de Gravelines : il s’agit d’un lieu immense, éloigné des habitations et doté de tous les équipements nécessaires…

Natacha Bouchart a donné plusieurs indices sur le site où pourrait s’implanter le nouveau centre pour migrants (elle ne dévoilera le lieu qu’en début de semaine prochaine). Il se trouve loin des habitations et peut accueillir des centaines de personnes. « Il s’agira d’un sas où les migrants recevront des informations, seront accueillis, hébergés et nourris provisoirement », a expliqué la maire. Il rassemblera des douches, le lieu de distribution des repas, des lits et des bureaux.

L’hypothèse du « camp Jules-Ferry » a déjà été évoquée ici et là, parmi plusieurs autres. Hier encore, imaginant un lieu adéquat pour recevoir 400 exilés, le président de Salam Jean-Claude Lenoir a évoqué ce centre de loisirs. Quels autres lieux peut-on imaginer ? « Des sites désaffectés dans la zone industrielle des Dunes, peut-être, a répondu le militant associatif. On aurait pu penser à l’ancien hôpital, mais ça ne va pas car la promiscuité serait ingérable : les Calaisiens ont droit au calme. » C’est cette même hypothèse du camp Jules-Ferry, qu’ont émise hier nos collègues les plus « calaisiens » de la rédaction. Situé entre la zone industrielle des Dunes et le Fort-Vert à Marck, le centre de loisirs est loin des habitations. Il possède plusieurs bâtiments et reçoit des centaines d’enfants. Bien évidemment, il faudrait imaginer délocaliser les activités de ce centre aéré, qui s’y déroulent à chaque vacance depuis 1965… On a pu retrouver d’ailleurs un article écrit par un de nos confrères cette année-là, et qui décrit les lieux : « C’est la pleine campagne : à portée de fusil, c’est le large marin, c’est la plage et le sable, et au loin, vers l’ouest, il y a le panorama de Calais et du port. (…) Quatre préaux ouverts, deux fermés, au centre quatre longs réfectoires aux larges baies vitrées, les bâtiments étant en U, le bloc des cuisines se trouvant au centre de cet U pour permettre une rapide distribution des plats, chaque extrémité des réfectoires est doté de lavabos, vestiaires et toilettes. » Le lieu paraît, en effet, parfaitement adéquat… Réponse la semaine prochaine.

Avant les municipales, les candidats avaient des projets…

Le problème de la présence de clandestins à Calais a longuement été évoqué lors de la dernière campagne des municipales. Avant le premier tour, lors d’un débat télévisé organisé par Weo, chacun a pu donner son point de vue sur le sujet. Ils mettaient en avant le projet de maison des migrants, imaginé par l’ancien ministre de l’Intérieur Manuel Valls. Petit retour en arrière avec les déclarations des candidats, un soir de février…

Ancien maire de Calais de 2001 à 2008, le communiste Jacky Hénin approuvait « la proposition de créer une maison des migrants ». Il expliquait qu’au début de son mandat, « je proposais déjà un lieu d’accueil ». De son côté, le socialiste Yann Capet expliquait « qu’on peut imaginer un accueil de jour, faire un lien avec le projet de maison des migrants ». La candidate du Front national Françoise Vernalde estimait quant à elle qu’il fallait « renforcer les contrôles aux frontières. Et le gouvernement peut agir pour cela ». Enfin Alexandre Van Kerkhove, allié à François Dubout (liste divers droite) souhaitait créer « un centre d’hébergement avec une compétence intercommunale. Ce centre pourrait se situer à l’extrémité de Marck, près de Oye-Plage ». Notons aussi que lors de ce même débat, Natacha Bouchart notait être « d’accord pour une maison des migrants, mais pas à Calais ».

Ce sujet fait donc encore parler de lui. Au sein de la nouvelle opposition municipale, Laurent Roussel (Parti de gauche progressiste) et Pascal Marié (Parti de gauche), ont récemment interpellé le maire de Calais. À la fin du mois de juillet, les deux élus proposaient l’ouverture d’un camp pour les réfugiés sur le site de l’ancien hoverport, « pour soulager la population calaisienne et les commerçants souvent sollicités par les migrants pour recharger leur téléphone portable ». Éric Dauchart.

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Centre pour migrants à Calais : Calaisiens, élus, associations d’aide aux migrants réagissent

23 août 2014 - La Voix du Nord - Marie Goudeseune

Ce jeudi, la maire Natacha Bouchart a annoncé son projet de créer un centre pour migrants, face à une situation « intenable ». D’après elle, la population de sa ville est « inquiète ». Nous sommes allés à la rencontre de quelques Calaisiens et, même si tout le monde n’est pas particulièrement inquiet, la plupart voient le projet de la maire comme une bonne idée mais pas une solution au problème des migrants.

« Insupportable ». Plusieurs Calaisiens emploient cet adjectif pour désigner la situation. « Ça l’est aussi bien pour les migrants que pour nous », développe Patricia. Ainsi, cette commerçante calaisienne trouve que le projet de centre pour migrants est « intéressant mais ce n’est pas une fin en soi. Il va bien falloir endiguer le flot des migrants, car à un moment ou à un autre, on va arriver à saturation ». Les migrants seraient actuellement plus de mille à Calais. Pour Christophe, Sangattois, même si le centre prévu par Natacha Bouchart peut accueillir jusqu’à 400 migrants, « ils seront mille à atterrir là-bas. C’est ce qu’il s’est passé à Sangatte ». Car beaucoup d’habitants du Calaisis gardent en tête l’ancien centre d’accueil de La Croix-rouge. « Leur idée n’est pas mauvaise, du moment qu’ils arrivent à gérer ce lieu. » Mais tous n’y croient pas. Carole, une Calaisienne, estime que cette idée de centre, « c’est reculer pour mieux sauter. Ça ne changera rien. À chaque fois qu’il y a un événement sur Calais, la Ville déplace le camp de migrants pour montrer une bonne image, mais ces derniers reviennent toujours vers le centre-ville. Ce centre, ça va être comme Sangatte, ils vont finir par le fermer. Il faut arrêter de prendre les gens pour des pigeons, que ce soit les Calaisiens ou les migrants ».

Il y a du pour et du contre, même en ce qui concerne l’implantation du centre. D’après Natacha Bouchart, il se trouverait loin du cœur de la ville. Franck, un étudiant qui réside à Calais depuis plus d’un an, trouve que « ce serait de la discrimination. Pourquoi les éloigner ? Si la mairie leur donnait un endroit en centre-ville, ça ne me dérangerait pas ». Tout le monde n’est pas de cet avis. Patricia pense que le bâtiment serait dégradé, comme « les squats ou les camps, c’est immonde. Il y a plein de déchets ». Franck, lui, rappelle que « les HLM aussi sont dégradés, quand il n’y a pas de surveillance. Ce n’est pas une question de nationalité ».

« C’est une très très bonne proposition »

Que pensent les militants associatifs de l’annonce de Natacha Bouchart ? Les avis sont partagés mais dans l’ensemble, la démarche de la maire est appréciée parce qu’elle a le mérite d’ouvrir le débat.

- Philippe Wannesson, auteur du blog « Passeurs d’hospitalités » : « Telle quelle, la proposition de Natacha Bouchart ne répond pas aux besoins (…) Un lieu d’accueil pour plusieurs centaines de personnes coupé de la ville reproduirait les côtés négatifs du centre de Sangatte, la relégation, la difficulté d’accéder à ses droits, la stigmatisation, la violence sourde ou ouverte qui s’installe dans ce genre de lieu-ghetto. Les solutions à terme sont donc à penser à taille humaine, et dans le tissu urbain, donc participant à une vie sociale normale. »

- L’association « Calais, ouverture et humanité » : « La mairie devra forcément s’investir dans ce projet. Il est clair que Calais ne doit pas supporter seul la catastrophe humanitaire qui se déroule sous ses yeux. (…) L’Europe doit prendre ses responsabilités. L’Angleterre doit prendre ses responsabilités. La France aussi (…) Alors oui madame Bouchart, cette annonce est importante et bien plus intelligente qu’une dénonciation de squat ou des expulsions (…) Peut-être est-il temps de faire des bus pour Paris et Bruxelles pour imposer votre point de vue. Vous risquez d’avoir bien plus de monde à transporter car nous serons tous dans ces bus pour faire remarquer à l’Europe et à l’État français la manière dont ils laissent tomber la ville de Calais. »

- Jean-Claude Lenoir, président de l’association Salam : « Je pense qu’ils ont réfléchi et que comme c’est le bazar, ils se sont dit qu’il fallait ouvrir des camps tout de suite et qu’il était temps de penser à une solution pérenne. Je pense que c’est une très très bonne proposition car elle va obliger tout le monde à réfléchir sur le sujet. Il faut être prudent sur le nombre : quel que soit le chiffre repris, si c’est démesuré, c’est voué à l’échec. Sangatte a été un échec par le nombre. Ce sera intéressant si c’est mené conjointement avec d’autres centres répartis sur le département, la France et l’Europe. »

- Véronique Devise, présidente départementale du Secours catholique : « C’est à la fois étonnant et c’est une bonne nouvelle pour expérimenter d’autres choses. L’idéal, c’est que chacun puisse être associé à cette réflexion et qu’on avance ensemble. Au moins, c’est une porte qui s’ouvre. »

Propos recueillis par Marie Goudeseune

Les réactions politiques

- Pierre-Henri Dumont, maire de Marck (UMP) : « Son annonce a surpris tout le monde, ça semble évident. Maintenant il faut voir, la situation actuelle n’est pas tenable, il faut réformer les accords du Touquet et mettre la frontière anglaise en Angleterre. Je ne sais pas si un centre est la meilleure solution et je ne sais pas s’il y a de bonne solution mais pourquoi pas le tenter si c’est le plus loin possible de Marck. »

- Françoise Vernalde, conseillère FN à Calais : « La création de ce nouveau centre pour migrants ne résoudra pas le problème de l’immigration. Madame Bouchart soutient la candidature de Nicolas Sarkozy à la présidentielle et est en pleine contradiction avec celui-ci qui a voulu la fermeture du centre de Sangatte en 2002. Les dirigeants politiques actuels de ces dernières années sont responsables de cette situation, celle d’avoir permis et encourager sur notre sol l’installation et le développement de cette immigration légale ou illégale. »

- Christophe Duffy, conseiller élu d’Europe Écologie Les Verts à Calais : « Je reste circonspect puisque Natacha Bouchart dit et fait tout et son contraire. Je n’oublie pas qu’elle a joué sur la problématique des migrants dans une perspective électoraliste et qu’elle a fait fi de la problématique humanitaire. Elle ne voulait pas d’un Sangatte mais il s’agit là d’un centre de 400 places et ils seront plus. Je suis étonné de ce revirement. Je ne suis pas sûr que la création d’un grand centre soit la panacée mais c’est mieux que rien. Plutôt que la ségrégation, je pense qu’une ville doit exploiter toute la richesse que peuvent nous apporter les migrants. »

- Alexandre Van Kerkhove, ex-UDI et candidat aux municipales à Calais : « C’est bien, je ne vais pas dire le contraire c’était l’action numéro 1 que j’ai proposée pour les municipales. Je regrette que cela ait été décrié pendant les municipales et que ça se fasse après. Maintenant, Natacha Bouchart prend plus de hauteur dans son deuxième mandat, je lui tends la main puisque j’ai eu la faculté de proposer ce centre avec de l’avance et je veux bien participer au comité de pilotage. »

- Philippe Blet, président de l’agglomération Cap Calaisis : « C’est une excellente proposition que je soutiens totalement. À Calais, nous sommes dans une situation surréaliste puisqu’on empêche les migrants de partir. Depuis la fermeture du centre de Sangatte, la question de l’hébergement est un problème permanent. Je soutiens cette proposition d’apaisement. Nous devons vivre ensemble, nous n’avons pas le choix tant que les responsables nationaux et européens ne sont pas capables de régler le problème transfrontalier, nous devons montrer que nous, responsables locaux, sommes capables de prendre nos responsabilités. »

- Yann Capet, conseiller PS à Calais : « La proposition, tardive, a le mérite d’être sur la table. C’est une évolution dans la posture de Natacha Bouchart. Il était temps et j’espère que ce n’est pas qu’une posture politicienne. Sa proposition reste encore floue, il faut en savoir plus sur le lieu, le mode de gestion. Je la rejoins sur sa volonté que l’État prenne ses responsabilités et qu’il réagisse par rapport à une situation devenue intenable. Il faut peut-être envisager des sites plus petits et divers. Et que Calais devienne un centre d’accueil, de sensibilisation et d’autres collectivités prennent leur part pour l’hébergement par exemple. »

Propos recueillis par Chloé Tisserand

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Calais : contre toute attente, la maire Natacha Bouchart propose de créer un centre pour migrants

22 août 2014 - La Voix du Nord - Marie Goudeseune

« Intenable ». C’est ainsi que Natacha Bouchart qualifie la situation actuelle de Calais, qui n’arrive plus selon elle à gérer la présence des migrants. Pour sortir de cette « impasse », la maire de Calais compte faire une proposition au ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, qu’elle doit rencontrer le 2 septembre prochain : créer un centre pour migrants éloigné des habitations, plus petit que Sangatte et entièrement géré par l’État…

C’est un constat, d’abord, que dresse la maire de Calais : depuis son élection en 2008, plusieurs dispositifs ont été mis en place pour gérer la présence des migrants dans la ville : aire de distribution des repas, douches, création d’un conseil des migrants... Aujourd’hui, selon Natacha Bouchart, ce dispositif ne fonctionne plus : « La population des migrants s’est accélérée, ce ne sont pas les mêmes nationalités, pas les mêmes cultures, il y a moins de respect qu’avant ». La population calaisienne est « inquiète » et « ne parle que de ça », selon la maire.

L’élue doit rencontrer le 2 septembre le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve. Aussi, elle a décidé de lui faire une proposition : il s’agirait de créer un centre pour migrants, qui ne soit ni un nouveau Sangatte, ni une maison des migrants, mais un intermédiaire « situé loin des habitations, car dès qu’on est trop près des riverains, ça devient sensible ». Ce centre pourrait abriter « environ 400 adultes dans de bonnes conditions », précise la maire, sans vouloir préciser quel lieu pourrait être choisi.

« Soulager les Calaisiens »

Mais Natacha Bouchart n’entend pas proposer cette solution à n’importe quel prix. « J’accepterai ce centre si l’État prend en charge sa gestion », prévient-elle. Pour la maire, ce centre permettrait « de vider à 80 % le phénomène (de la présence migratoire, ndlr) dans la ville » et « de soulager les Calaisiens qui ont droit à un peu de sérénité ».

Natacha Bouchart fera une autre proposition à Bernard Cazeneuve le 2 septembre : « Je souhaite qu’on puisse engager une table ronde au niveau européen avec les ministres, maires et bourgmestres des villes concernées par ces problématiques migratoires. » Elle souhaiterait que des lieux d’accueil se mettent en place dans ces villes européennes « pour expliquer aux migrants en amont leurs droits ». Autre volonté de la sénatrice-maire : que l’Europe accompagne les villes et les collectivités concernées (Lampedusa et Calais notamment) en les aidant financièrement pour favoriser leur développement économique.

Risques calculés

Natacha Bouchart, que l’on connaît inflexible sur la problématique de l’immigration, propose à l’État la création d’un centre d’accueil pour les migrants, aux frontières de sa ville. Si l’information ne venait pas de la sénatrice-maire UMP elle-même, on aurait pensé à une supercherie. L’idée, en effet, a des allures de retour vers le futur pour celles et ceux qui ont connu le centre de La Croix-rouge à Sangatte, entre 2000 et 2002. Nicolas Sarkozy risque d’ailleurs de s’étrangler en pensant à l’énergie qu’il a déployée, alors qu’il était ministre de l’Intérieur, pour fermer un centre de Sangatte devenu ingérable.

Douze ans plus tard, retour au point zéro : le Calaisis, fenêtre vers l’Angleterre, ne s’en sort toujours pas avec les migrants. En proposant d’ouvrir un centre de quatre cents places, Natacha Bouchart s’expose à de vives contestations. Mais en politique, tous les risques sont calculés. La population calaisienne, certes tolérante, s’impatiente et pourrait se satisfaire d’une solution transitoire éloignée du centre-ville. Surtout, la proposition de la sénatrice-maire UMP va mettre le gouvernement socialiste dans l’embarras. En renvoyant l’État à ses responsabilités, l’élue rappelle que la venue de Manuel Valls, fin 2013, n’a en rien modifié la donne.

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Migrants à Calais : « Ils sont dans une logique de survie »

9 août 2014 - Le Nouvel Observateur - Magali Judith

Les rixes se multiplient entre les migrants, de plus en plus nombreux, et dans une précarité accrue, selon Cécile Bossy, coordinatrice de la mission migrants à Calais pour Médecins du Monde. Interview.

Environ 300 migrants se sont battus aux abords du terminal ferry dans la nuit du lundi au mardi 5 août dans la zone portuaire de Calais, faisant une cinquantaine de blessés, dont un grave. Une nouvelle rixe a eu lieu mardi dans la soirée. Des tensions “extraordinaires” qui sont liées à plusieurs facteurs récents, selon Cécile Bossy, coordinatrice de la mission migrants à Calais pour Médecins du Monde.

Ces rixes entre migrants sont-elles régulières ?

- On assiste à une situation de crise assez importante au vu des dernières rixes. Il y a eu quelques tensions auparavant entre migrants mais les dernières bagarres extraordinaires sont à mettre en relation avec l’afflux important de migrants, les expulsions à répétition et les relations compliquées avec les CRS.

Comment expliquer ces rixes ? Sont-elles liées à une lutte de territoires entre migrants ?

- Les systèmes de réseaux sont indéniables mais les rixes sont dues à des facteurs multiples. Les migrants sont dans une situation de précarité accrue et ils sont dans une logique de survie, qui peut susciter un comportement violent. La situation est disproportionnée. Les migrants sont constamment confrontés au stress : il faut se battre pour avoir de l’eau, de la nourriture et des médicaments... Se battre pour vivre, en somme.

Comment expliquer l’augmentation de migrants à Calais ?

- C’est la répercussion du contexte international. Il y a des migrants qui viennent à Calais pour des raisons d’instabilité politique ou des problématiques liées à des conflits armés. Certains fuient les systèmes qui vont à l’encontre de leur liberté…

Comment analysez-vous les réponses policières ?

- Pour gérer l’afflux de migrants, la réponse se fait par une présence policière plus importante. Les migrants sont de plus en plus méfiants. Lorsque l’on parle avec eux, certains disent qu’ils sont violentés, gazés ou tabassés. C’est la conséquence d’une politique qui privilégie l’expulsion plutôt que l’accueil. Il n’y a pas de changements concrets à Calais.

Il y a quelques portes ouvertes à travers des discussions avec l’État mais ces solutions sont bien faibles. Le volet répressif domine, c’est la réponse quasi automatique. Médecins du Monde a mis en place un dispositif d’accueil avec les responsables locaux, mais il n’y a pas de travaux de grande envergure.

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Calais : après les rixes, les migrants Soudanais et Érythréens enfin réconciliés ?

7 août 2014 - La Voix du Nord - M. GO.

D’après la police de Calais, aucun incident lié aux migrants n’a émaillé la nuit de mercredi à jeudi. Le calme semble être revenu dans la zone industrielle des Dunes et aux abords du port. L’impressionnant dispositif policier mis en place dès mercredi soir pour éviter de nouvelles bagarres aurait donc porté ses fruits.

Mais il n’est peut-être pas la seule cause de l’accalmie observée ces dernières 48 heures : en effet, d’après Philippe Wannesson, militant engagé auprès des migrants, les exilés soudanais et érythréens se seraient réconciliés mercredi soir, après la distribution des repas quai de la Moselle. « Après le repas, un cercle se forme, les discussions reprennent, raconte-t-il dans son blog « Passeurs d’hospitalités ». Quelques interventions fortes marquent l’auditoire. Pour consacrer l’accord, deux personnes se prennent par la main, et la joie explose. Un peu alentour, des personnes s’apostrophent pour se dire la fraternité retrouvée. »

Les deux « camps » de migrants étaient en conflit depuis plusieurs jours : ils se disputaient des parkings proches du port, où ils tentent chaque nuit de monter dans des camions en partance pour l’Angleterre. Les Érythréens reprochaient également au camp des Soudanais d’avoir frappé leurs femmes au cours d’une des bagarres.

Celles-ci avaient fait 16 blessés dans la nuit de dimanche à lundi, et plus de 50 la nuit suivante. Dès mardi soir, des bénévoles avaient tenté de réunir les porte-paroles de chaque camp pour entamer le dialogue et envisager une sortie de crise. Depuis mercredi en tout cas, le calme semble bel et bien revenu dans la ville.

Deux exilés ont tenté de rejoindre des ferries à la nage, dans la nuit de mercredi à jeudi. Partis du fort Risban, ils ont nagé dans l’avant-port avant d’être repérés par une patrouille de la Police aux frontières (PAF). On ignore s’ils ont été laissés libres.

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Migrants à Calais : retour au calme ce mardi soir, sous très haute surveillance policière

6 août 2014 - La Voix du Nord - O. P. et M. GO.

À Calais, où la situation autour des migrants est très tendue, la nuit de mardi à mercredi n’a pas été émaillée d’incidents dans la zone industrielle des Dunes et aux alentours du port. Un impressionnant dispositif policier a été déployé toute la nuit pour dissuader les migrants de s’affronter. Dans une lutte de territoires, les nuits de dimanche à lundi puis de lundi à mardi ont été le théâtre de bagarres générales, faisant 16 puis 53 blessés.

Le calme après la tempête, mais pour combien de temps ? Dans la nuit de mardi à mercredi, aucun incident n’a été enregistré dans la zone des Dunes et autour du port de Calais. Les sapeurs-pompiers de Calais, Marck et Ardres, très sollicités les deux nuits précédentes après les rixes entre clandestins, n’ont pas eu à intervenir pour porter secours à des migrants blessés.

Des fourgons à chaque point stratégique

Un vaste dispositif policier a été mis en place, avec des fourgons de CRS postés à chaque point stratégique de la zone industrielle et du port et des patrouilles de police multipliant les rondes entre ces deux zones. Sur les parkings accueillant des poids lourds stationnés pour la nuit, chaque tentative d’intrusion par des groupuscules de migrants était avortée par une intervention rapide de la police et de CRS.

La préfecture du Pas-de-Calais a confirmé hier qu’aucun incident n’était survenu durant la nuit. Elle n’a toutefois pas souhaité en dire plus sur le dispositif mis en place. « Le préfet a déployé un dispositif policier adapté à la situation à Calais, mais il préfère ne pas communiquer sur la stratégie qu’il adopte », nous a-t-on fait savoir.

D’après Gille Debove, du syndicat Unité SGP-Police-FO, Denis Robin disposait de plusieurs moyens pour renforcer la surveillance policière de nuit : « Il a probablement décalé les horaires de la demi-compagnie de CRS (une vingtaine d’hommes) prévue de jour, tout en faisant appel dans le même temps à des policiers présent dans les secteurs calmes du département, comme Béthune ou Boulogne. Il a sûrement eu recours aussi à la section d’intervention de Coquelles : c’est une unité de maintient de l’ordre comme les CRS, mais qui a une vocation départementale. Elle est déployée quand il faut des renforts. » Le calme est donc revenu, mais pour combien de temps ?

Les policiers auraient-ils pu empêcher les bagarres ?

Des personnes se présentant comme bénévoles à l’association SALAM ont contacté la rédaction hier pour reparler des bagarres entre migrants des dernières nuits. Selon elles, la police aurait « laisser faire » quand les rixes ont éclaté. Joint hier après-midi, le président de SALAM Jean-Claude Lenoir a confirmé que des bénévoles de son association présents sur le terrain au moment des affrontements avaient constaté cette « non-intervention » policière : « C’est honteux !, a-t-il réagi. Soit ces policiers sont incompétents, soit ils ont fait exprès de ne pas intervenir, et c’est grave ! » Interrogé sur le sujet, le syndicaliste policier Gilles Debove a mis en avant pour sa part le manque d’effectifs sur le terrain : « Mes collègues étaient onze la nuit où les bagarres ont éclaté, avant que les 20 CRS les rejoignent. Comment voulez-vous qu’ils interviennent face à 200 migrants ? »

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Avec ces voyageurs d’infortune échoués à Calais

6 août 2014 - Le Monde - Éric Nunès

« Keep calm and sit down ! » (« calmez-vous et asseyez-vous »), répète en boucle la poignée de bénévoles de l’association Salam aux centaines de migrants africains et afghans venus, mardi 5 août, chercher un repas. Il est 18 heures et une interminable file indienne serpente, quai de la Moselle à Calais, avec au bout un plat de pâtes et un peu de pain.

Depuis deux jours, les rixes entre Érythréens et Soudanais se multiplient dans la zone industrielle des Dunes. Dans la nuit de lundi à mardi, 51 personnes ont été blessées selon la préfecture. Le point de distribution du repas est le rendez-vous obligatoire de la plupart de ces voyageurs de fortune et les forces de l’ordre craignent qu’il soit le terrain d’une revanche. La tension est palpable. « En cas de dérapage, nous prendrons les mesures appropriées », avertit en anglais un capitaine des compagnies républicaines de sécurité.

« Les Italiens nous ont sauvés du naufrage »

Ils viennent du Soudan, de l’Érythrée, du Mali, du Tchad, d’Irak et d’Afghanistan. Ils sont des centaines à avoir traversé deux continents pour échouer face à la Manche, à cinquante kilomètres de leur objectif : l’Angleterre. Idriss (qui n’a pas souhaité donné son nom) dit être né en Érythrée en 1989. Les cheveux déjà grisonnants, il patiente assis à quelques mètres de la cantine et de son unique repas quotidien. Dans la poche de sa veste, une brosse à dents et un tube de dentifrice. Depuis six mois, il a traversé le Soudan et la Libye avant d’embarquer direction Lampedusa, l’île italienne perdue entre la Sicile et la Tunisie. Une fois gagné l’Italie, il a traversé la France et rejoint Calais.

De leur périple, la plupart des Africains interrogés évoquent surtout leur passage en Italie. « Les Italiens sont très gentils, raconte Nasser, Érythréen de 22 ans. Ils nous ont sauvés du naufrage à Lampedusa puis nous ont logés à l’hôtel. » Hassan, 26 ans, salue également la bienveillance des forces de l’ordre transalpines : après cinq années passées en Libye à travailler comme maçon, il a traversé la Méditerranée jusqu’en Sicile où les forces de l’ordre ne se sont pas opposées à la poursuite de son odyssée qui, comme ses compagnons d’infortune, cale sur les bords de la Manche.

Ehmad dit qu’il a « peut-être 30 ans ». Il a quitté l’Afghanistan, traversé l’Iran, puis la Turquie, la Grèce et le reste de l’Europe. L’épopée lui aurait coûté 15 000 euros. À court d’argent, il rejoint Calais. « Il suffit de prendre un camion pour traverser la Manche. Pas besoin d’euros ici. Ceux qui choisissent ce chemin sont pauvres. »

À la nuit tombée, des centaines d’ombres dépenaillées surgissent des sous-bois, « la jungle », selon les mots des migrants. Les mains vides, ces errants longent la rue des Garennes aux impasses remplies de poids lourds en partance. Un étrange ballet se joue alors, les candidats au départ planquent près des stops, dos-d’âne et ronds-points qui ralentissent les véhicules, offrant aux plus audacieux l’occasion de s’y accrocher. Les chauffeurs multiplient les embardées pour demeurer à distance des fantômes prêts à s’agripper.

Il existe une solution moins risquée pour s’introduire dans un camion. À quelques centaines de mètres des quais d’embarquement des ferries, le contrôle du parking est de Calais serait la cause des violentes altercations entre les communautés de migrants. Occupé par des centaines de poids lourds, l’endroit offre une importante réserve d’opportunités de départ pour les migrants. « Mais les Soudanais nous en interdisent l’accès. Ceux qui s’approchent sont frappés », témoignent des Érythréens.

« Je ne crois pas que les altercations soient dues à des tensions ethniques » explique Philippe Wannesson, observateur local et auteur du blog “Passeurs d’hospitalités”, consacré aux exilés de Calais. Le cœur du problème, c’est qu’ils sont chaque mois plus nombreux. Avec la chute de l’État libyen, un nouveau couloir migratoire, en provenance d’Afrique de l’Est, s’est ouvert vers l’Europe et maintenant, des milliers de personnes démunies se retrouvent bloquées ici à Calais. « Mais avec la ferme intention de passer quoi qu’il en coûte » affirme Brakat, afghan : « On s’accroche à chaque camion. Et si on rate, on réessaie ! »

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Calais : une bagarre générale entre migrants fait 53 blessés durant la nuit de lundi à mardi

5 août 2014 - La Voix du Nord - M. GO.

La nuit de lundi à mardi a été marquée, comme la précédente, par des affrontements entre migrants originaires d’Afrique de l’est à Calais. 53 personnes ont été blessées au cours de cette bagarre générale, dont quatre sérieusement. Un homme gravement blessé a été héliporté au CHR de Lille.

Des secours venus d’Audruicq, Ardres, Marcq, Calais, Boulogne et Saint-Omer ont dû être déployés dans la nuit de lundi à mardi, vers 3 h du matin, après une bagarre générale survenue entre migrants au port-est de Calais.

Après un premier décompte à 51 blessés, ce sont finalement 53 personnes qui ont été prises en charge par les pompiers et le SMUR puis transportées dans les hôpitaux des environs. Quatre d’entre elles étaient sérieusement touchées. Un homme blessé à la tête a été héliporté dans un état grave au CHR de Lille. Il souffre d’un traumatisme crânien mais ses jours ne seraient pas en danger.

De nombreux effectifs de police, CRS, Police aux frontières (PAF) et brigades anticriminalité étaient également sur les lieux.

La bagarre se serait déroulée dans le parking du port-est de Calais et aurait impliqué plusieurs dizaines de migrants originaires d’Afrique de l’est, à coups de barres de fer et de pierres notamment.

Des événements qui rappellent ceux qui se sont produits la nuit précédente dans la zone industrielle des Dunes, faisant 16 blessés. Le préfet, qui s’était exprimé sur le sujet dans la matinée de lundi, avait estimé que ces rixes étaient la conséquence de « logiques de territoire ».

Rencontrés sur place durant la nuit, des migrants soudanais ont expliqué que le parking du port-est de Calais était jusqu’ici accessible « à tout le monde, toutes les nationalités », « gratuitement », alors que d’autres sont « tenus » par des passeurs ou du moins déjà « réservés » par certains groupes. Seulement, des tensions seraient survenues récemment sur ce parking du port-est, opposant les Soudanais à d’autres exilés de nationalités éthiopienne et érythréenne.

Les uns et les autres vivent depuis des semaines dans des « jungles » situées dans la zone industrielle des Dunes, et proches du port de Calais. Chaque nuit, ils tentent de monter dans des poids lourds en partance pour l’Angleterre. « On n’a pas de toilettes, on n’a qu’un seul repas par jour, ça n’est pas assez, on a faim », expliquait cette nuit un homme qui semblait à bout. Avant d’ajouter : « Nous les Soudanais, on ne veut pas se battre, on veut seulement aller en Angleterre. »

À 5 h ce mardi, les secours et les forces de l’ordre étaient toujours sur place. Le nouveau sous-préfet de Calais Denis Gaudin était attendu d’une minute à l’autre. La tension était encore palpable aux abords du port et dans la zone industrielle des Dunes.

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Calais : polémique franco-anglaise sur les migrants

5 août 2014 - France TV Info - Clarisse Fortuné

Déplacer la frontière à Douvres, en Angleterre : voilà la solution provocante que propose un adjoint au maire de Calais afin que les britanniques prennent conscience de l’ampleur du problème que posent les migrants. Côté Anglais, les transporteurs routiers reprochent à la France de ne plus maitriser la situation et demandent à leur gouvernement d’agir.

Pour la municipalité UMP de Calais, la situation des migrants est désormais ingérable. Après plusieurs nuits d’affrontements entre Erythréens et Soudanais pour vraisemblablement une « guerre de territoire », Philippe Mignonet, premier adjoint au maire de Calais lance un avertissement. Selon le quotidien britannique Daily mail, il aurait proposé de « déplacer la frontière de Calais à Douvres et Folkestone pendant un mois pour que la Grande-Bretagne comprenne l’ampleur du problème ». Il serait même prêt à leur offrir le billet.

Entre 1200 et 1300 migrants s’entassent à découvert dans des camps de fortune, en attendant de pouvoir passer en Angleterre. Un nombre en hausse malgré les opérations de destruction des campements sauvages.

Mais pour les Anglais, c’est aux Français de gérer la situation. Les camions assurant le transport de marchandises sont régulièrement pris d’assaut aux frontières, parfois en plein jour, comme le montre cette vidéo de la BBC. Sur le site du gouvernement, les transporteurs routiers ont lancé une pétition pour que le Ministère de l’Intérieur demande officiellement à la France de régler cette situation. Parmi leurs revendications, ils réclament une zone de sécurité à la frontière afin qu’ils puissent circuler librement, plus de moyens et plus d’inspections des véhicules par la police des frontières.

Ils réclament également la suppression des amendes : un chauffeur, conscient ou pas de la présence d’immigrants dans son véhicule doit payer 1200 euros par personne trouvée.

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Calais, toujours sur la route

5 août 2014 - La Voix du Nord - Olivier Berger

Pour bien faire, il faudrait bouger l’Angleterre. Pardi ! La déplacer quelque part, entre l’île de Lampedusa, les côtes libyenne et tunisienne. Voilà qui éviterait les drames, les noyades, les souffrances, les révoltes, les bastons générales pour un territoire, les rackets, les passeurs, les castagnes avec les routiers, les épidémies de gale, les troubles psychologiques, les ras-le-bol des riverains, les coups de matraque et les gazages, les tracasseries administratives, les humiliations. Oui mais Calais est sur la route de l’Eldorado de la Grande-Bretagne.

Depuis toujours et pour longtemps, sans remonter au camp du Drap d’or, François Ier et Henri VIII. Il en est ainsi malgré la ligne de l’espace Schengen, malgré les accords du Touquet de 2003 qui déplacent concrètement la frontière britannique sur notre sol, malgré les lois de plus en plus restrictives votées au Royaume-Uni pour limiter l’immigration. Rien n’y fait. On tente le tout pour le tout en rêvant de se fondre dans la masse outre-Manche, le pays sans carte d’identité, où un contrôle policier doit être motivé par formulaire.

Calais, passage obligé des désarrois humains

Depuis 1999, la guerre au Kosovo et le hangar de Sangatte, rien n’a fondamentalement changé. Calais et sa côte sont le passage obligé des désarrois humains de notre foutue planète. Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, avait fermé en novembre 2002 ce lieu administré par la Croix-Rouge, qui cristallisait l’afflux migratoire (prévu pour 800 personnes, on termina à 1 800). Éric Besson, ministre de l’Immigration, fit nettoyer la jungle de Calais en septembre 2009 par les bulldozers et les CRS. On se souvient y avoir bu un thé en 2008 avec des jeunes Afghans perdus sous une tente de fortune pendant que d’autres jouaient au foot sur le terrain de l’usine Tioxide. Comme aujourd’hui. Comme demain.

Ces politiques ont-elles eu des résultats tangibles ? Autre qu’une baisse temporaire de la pression, éphémère comme un ministère. Non parce qu’après l’Afghanistan, l’Irak, la Somalie, l’Érythrée, le Darfour au Soudan d’alors, les guerres et les crises se succèdent intensément. De nouveau l’Irak, maintenant la Syrie, la Libye, toujours l’Érythrée, le Soudan, du sud désormais.

Un rapport de la police aux frontières, dévoilé par Le Figaro, évalue que du 1er janvier au 30 juin 2014, 61 591 migrants irréguliers ont débarqué en Italie contre 7 913 pour la même période en 2013 et 4 301 en 2012. D’où les tensions constatées à la frontière française avec l’Italie, puis à Calais, en bout de chaîne.

Selon certaines ONG comme France Terre d’Asile, le refus par l’Union européenne d’aider l’Italie à gérer les migrations aurait entraîné une certaine relâche d’un pays en première ligne (comme la Grèce). Rien ne sera jamais réglé à Calais. La solution doit être européenne, collective et humaine.

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Calais : le préfet n’évacuera pas les squats de migrants avant plusieurs semaines

4 août 2014 - La Voix du Nord - M. GO.

Le préfet du Pas-de-Calais a réuni la presse ce lundi matin pour s’exprimer sur la situation des migrants à Calais. Il a annoncé deux décisions. Premièrement, il ne fera pas évacuer tout de suite le squat Vandamme et la « jungle » de la zone industrielle des Dunes : il souhaite que les migrants puissent être informés d’abord sur leurs possibilités d’hébergement et de demande d’asile en France. Seconde décision : il a obtenu la mise en place d’une demi-compagnie de CRS supplémentaire pour faire face à l’afflux de migrants au port de Calais.

Le préfet accorde « un temps supplémentaire » aux migrants installés dans les principaux squats de Calais (sur le site de Tioxide et au centre-ville, sur le site de l’ancienne usine Vandamme) : « Je souhaite qu’ils soient d’abord informés des différentes alternatives qui s’offrent à eux en termes de demandes d’asile, de demandes de retour au pays et de demandes d’hébergement d’urgence », a déclaré Denis Robin.

Des agents de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) et de la Direction départementale de la cohésion sociale (DDCS) se rendront sur place dès ce mardi, ainsi que vendredi prochain et « les mercredis des semaines qui suivent » « pour aller à la rencontre des migrants et pour les informer que d’autres solutions s’offrent à eux ». Ensuite seulement, les deux sites seront évacués par le recours à la force publique.

Pour rappel, avant les évacuations du 2 juillet déjà, le préfet avait mis en place ce dispositif. Mais peu de migrants en avaient bénéficié et l’opération était apparue clairement comme un échec.

Une demi-compagnie de CRS en plus

L’autre annonce faite par le préfet ce lundi concerne le port de Calais, confronté à un afflux de migrants ces dernières semaines : « Je suis très sensible à la situation », a affirmé Denis Robin, notamment au fait qu’elle nuise fortement à l’attractivité du port auprès des transporteurs et des exportateurs. Pour rappel, une bagarre générale a éclaté cette nuit encore entre des migrants – « entre 100 à 150 » – présents dans la zone industrielle des Dunes, non loin du port : elle a fait 16 blessés. D’après Denis Robin, « les CRS sont intervenus trois fois pour séparer des groupes de migrants qui s’affrontaient sans doute dans des logiques de territoire ».

Le préfet annonce donc que, pour faire face à cette situation de tensions, il a obtenu auprès du ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve « des renforts supplémentaires » pour « augmenter la surveillance portuaire et celle des rocades d’accès ». Renforts qui seront désormais mobilisés « pour la totalité de la nuit, ce qui n’était pas le cas jusqu’ici ». Une demi-compagnie de CRS (soit 40 hommes) interviendra donc en plus des moyens déjà en place. Mais Denis Robin répète aussi que la responsabilité est collective dans cette affaire : le port notamment doit renforcer ses mesures de sécurité et les transporteurs doivent veiller à mieux fermer leurs poids lourds.

Réactions : « S’il n’y a pas d’accident ou de mort d’ici là, ça ira »

Jean-Marc Puissesseau, président de la CCI Côte d’Opale, gestionnaire du port de Calais : « Si le préfet annonce l’arrivée d’une demi-compagnie de CRS en renfort, je l’en félicite et l’en remercie. Il faut que le port puisse opérer en toute sécurité pour que les clients ne s’en aillent pas, que les marchandisent ne soit pas souillées, dégradées ou même volées. Tout ce qui peut aller dans ce sens est une bonne chose. »

L’usine Tioxide, propriétaire du site où est installée la jungle : « Nous respectons la décision et l’autorité du préfet, néanmoins la situation actuelle est vraiment très difficile pour Tioxide, car il est de plus en plus difficile de gérer le nombre croissant de migrants qui mettent en danger leur propre sécurité ainsi que celle du site et ses activités. Par conséquent, l’évacuation doit avoir lieu dès que possible, pour la sécurité des migrants et des sites. »

Catherine Guennoc, de l’association l’Auberge des migrants : « C’est comme d’habitude. Le préfet s’est donné un petit répit et va proposer aux migrants de demander l’asile ou de retourner chez eux, alors que ce n’est pas du tout ce que ces gens veulent : ce qu’ils veulent, c’est du travail ! Ils veulent aller en Angleterre car ils croient (ou c’est un fait) que travailler au noir là-bas, c’est plus facile. Ils ne veulent surtout pas retourner chez eux car ils ont déjà dépensé tellement d’argent pour partir que leur honneur leur interdit de toute façon de rentrer chez eux ! Si on leur accordait l’asile en France en trois mois, peut-être qu’ils accepteraient, mais pas si ça prend deux ans ! Eux veulent travailler, c’est leur urgence ! Le seul élément positif dans l’annonce du préfet, c’est que les migrants ne seront pas expulsés demain et qu’on a deux ou trois semaines devant nous. Mais malgré tout, la situation est catastrophique ici dans la jungle. »

Le propriétaire du squat de l’Impasse des Salines, Fabien Vandamme : « S’il n’y a pas d’accident et pas de mort à cause des cuves d’hydrocarbures, ça ira. Sinon, ce serait bien dommage et tout le monde regrettera de ne pas avoir évacué plus tôt. Après, je suis bien conscient qu’il faut laisser le temps au temps et que le problème des migrants est complexe : personne n’a de solution, c’est un problème européen et même international. Malgré tout, s’il y a un accident sur le site, l’ancien exploitant Galloo sera responsable tout comme moi. J’ai déposé plainte et je m’exonère juridiquement, certes, mais je reste responsable moralement en cas d’accident. »

Un militant No Border du squat Vandamme : « On espère que les autorités vont accepter d’entrer en dialogue avec nous : on le leur demande depuis le début, mais jusqu’ici c’est toujours resté lettre morte. On va voir ces prochains jours ce que va proposer l’OFII en matière de demandes d’asile, si elles vont ou non être traitées en urgence, si c’est fait sérieusement et sur plusieurs semaines. Si c’est le cas, ça permettra d’instaurer un climat de confiance. »

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