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Archives du mois de 09 2014

hackde bay ali rami

22 septembre 2014 - La Voix du Nord - Bruno Mallet

[ ali rami:The cause of the breach is the silence of the world on the crimes committed by the Moroccan occupation in the right of the Saharawi people /. ]

Des cocktails Molotov lancés contre un squat de migrants à Calais

22 septembre 2014 - La Voix du Nord - Bruno Mallet

Dans la nuit de vendredi à samedi, le squat dit « des Égyptiens », avenue Blériot à Calais, a été attaqué à coups de cocktails Molotov par plusieurs personnes, apparemment des jeunes Calaisiens.

« Ils étaient quatre jeunes, raconte un occupant du squat. Quand les cocktails Molotov ont été lancés, certains d’entre nous sont sortis. Les jeunes étaient en voiture, et un camarade a été percuté et blessé à la jambe. Ensuite, il y a eu une poursuite dans le quartier. La police est arrivée et apparemment, a réussi à attraper les quatre jeunes. »

Ces derniers devraient être jugés en procédure de comparution immédiate, aujourd’hui au tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer. Ni la police, ni le parquet ne souhaitent communiquer sur cette affaire.

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Calais : la mairie peut difficilement empêcher les matchs de migrants à la Citadelle

22 septembre 2014 - La Voix du Nord - Marie Goudeseune

La Ville de Calais s’oppose depuis quinze jours à la tenue de matchs de foot avec les migrants à la Citadelle le dimanche. Mais peut-elle vraiment empêcher qu’ils aient lieu ? Pas sûr…

On a voulu savoir, d’abord, si la Ville avait déposé plainte contre les migrants et leurs soutiens, après le match de dimanche. C’est ce qu’avait annoncé l’adjoint à la sécurité Philippe Mignonet. Mais lundi, impossible de joindre l’élu sur le sujet. Le premier adjoint Emmanuel Agius et la maire Natacha Bouchart n’ont pas non plus répondu à nos sollicitations. La police de Calais, jointe ce lundi soir, n’avait en tout cas été saisie d’aucune plainte.

L’autre question consistait à savoir quelle est la réglementation en vigueur sur ce terrain de foot de la Citadelle : un panneau apposé par la Ville il y a quelques jours devant le terrain indique un numéro de téléphone pour avoir plus de renseignements. Il s’agit en fait du service des sports de la municipalité. Lequel, une fois contacté, répond qu’il transmettra la réglementation en vigueur « uniquement si le cabinet de la maire donne son accord ».

Pas de plainte, donc, ni de réglementation pour l’instant. Tout juste sait-on qu’un huissier est à nouveau passé sur les lieux dimanche en compagnie de Philippe Mignonet, pour constater l’occupation du terrain.

« Un problème purement municipal »

D’après le commissaire-adjoint de Calais Michel Soistier, il sera de toute façon compliqué d’évacuer les joueurs : « Pour qu’il s’agisse d’une entrée par effraction, il faut que la porte soit verrouillée, ce qui n’est pas le cas. On se situe davantage face à une occupation illicite, tout en sachant que le caractère sporadique de ces matchs est bien plus compliqué à traiter que l’occupation d’un terrain pendant trois semaines par les gens du voyage, par exemple ! Il faudrait d’ailleurs, pour qu’il y ait recours à la force publique, que le sous-préfet saisi par l’huissier estime qu’une telle intervention est nécessaire. »

Pour le sous-préfet de Calais, on est avant tout, dans cette affaire, « face à un problème purement municipal » . Denis Gaudin est bien entendu « au courant » de la situation, mais il rappelle qu’il a des situations bien plus problématiques à gérer actuellement à Calais, en particulier la présence des migrants près du port. Par ailleurs, dans ce dossier, non seulement il faut une plainte pour agir, « mais une plainte ne peut pas être traitée immédiatement par la police, ajoute Denis Gaudin. Tout cela passe par des procédures en justice et prend du temps. »

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Migrants à Calais : il y a cinq ans, la « jungle » démantelée

21 septembre 2014 - La Voix du Nord - Olivier Pecqueux

Il y a cinq ans, quasiment jour pour jour, au terme d’une journée ultra-médiatisée, Éric Besson, le ministre de l’Immigration du gouvernement Fillon, annonce le démantèlement puis la destruction de la « jungle » de Calais. Zone des Dunes, 276 migrants dont la moitié de mineurs, sont interpellés.

À l’époque, les observateurs avertis doutent que le démantèlement de la « jungle », route de Gravelines, réglera la problématique de l’immigration clandestine. Depuis dix ans, la population s’est habituée aux opérations « coup de poing », à Calais et aux alentours, pour tenter de dissuader les candidats à l’exil. Cette évacuation, pilotée par le ministre Éric Besson, a surtout des allures d’opération de communication. Le démantèlement a été annoncé une semaine auparavant par le ministre sur le plateau du journal télévisé de Laurence Ferrari. L’évacuation de 300 personnes, devant les médias de toute l’Europe, est un message adressé aux filières mafieuses. Cinq ans plus tard, l’histoire bégaie puisque Calais, avec plus d’un millier de clandestins recensés, est plus que jamais concerné par l’immigration clandestine.

Chronologie

1998-1999. La guerre fait rage dans les Balkans, poussant des milliers de Kosovars à fuir. Certains de ces exilés candidats à une traversée pour la Grande-Bretagne arrivent au port de Calais.

Septembre 1999. Un ancien hangar d’Eurotunnel, à Sangatte, est réquisitionné par l’État pour abriter les milliers de migrants qui depuis des mois dorment dans les parcs publics à Calais.

Novembre 2002. Nicolas Sarkozy, ministre de l’Intérieur, fait fermer le centre à Sangatte.

Avril 2006. Les migrants squattent des usines désaffectées ou vivent dans des cabanes de fortune. Deux campements route de Gravelines, au bois Dubrulle (zone des Dunes) sont démantelés le 6avril. Plus tard, on nommera cette zone la « jungle ».

Mardi 22 septembre 2009. À la demande du ministre de l’Immigration, 500gendarmes et policiers encerclent la « jungle », zone des Dunes, et vident les campements, ensuite rasés.

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Les douches pour migrants incendiées : « catastrophique », selon le Secours catholique de Calais

20 septembre 2014 - La Voix du Nord - David Sagot

Mauvaise surprise jeudi matin pour les bénévoles du Secours catholique. En arrivant zone Marcel Doret pour ouvrir les douches aux migrants, ils ont découvert que les préfabriqués avaient été incendiés la nuit précédente.

La piste criminelle ne fait pas de doute. « Un matelas a été déposé entre deux des trois préfabriqués. Il a été aspergé, sûrement avec de l’essence, et a été incendié », explique Régis, bénévole depuis quatre ans qui a découvert le sinistre. Les modulaires n’ont pas été complètement détruits, mais les sept douches sont inutilisables. « L’intérieur était noir de fumée. Il y a beaucoup de dégâts », constate le bénévole.

1 300 migrants quasiment plus de douches

Les douches ne pourront vraisemblablement pas rouvrir avant une dizaine de jours. « Il y a 1 300 personnes et on n’a plus de douches, s’inquiète Vincent Deconinck du Secours Catholique, c’est catastrophique, on ne peut pas rester comme ça ». L’association est en effet de plus en plus sollicitée : chaque jour (du lundi au vendredi) une centaine de migrants se succédaient aux douches, soit deux fois plus qu’en début d’années. Aujourd’hui, il ne reste de douches qu’au squat Vandamme (quatre douches froides) et à la PASS (permanence d’accès au soins). Fin décembre déjà, les douches gérées par le Secours Catholique avaient été incendiées.

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Comment est accueilli l’accord franco-britannique sur la situation migratoire à Calais ?

20 septembre 2014 - La Voix du Nord - Bruno Mallet

Le président de la chambre de commerce (CCI), gestionnaire du port de Calais, affichait ce samedi sa satisfaction après l’accord franco-britannique concernant la gestion des migrants (lire ci-dessous). Quinze millions d’euros seront investis pour la sécurisation du port de Calais, dans les trois ans qui viennent.

Surpris, agréablement surpris, le président de la CCI. Trois jours après sa visite place Beauvau, qu’il avait déjà saluée comme constructive, l’accord franco-britannique rendu public ce samedi matin est venu répondre à toutes ses demandes : « Le plan que j’ai présenté au ministre et à ses quatre conseillers, mercredi, est repris dans cet accord »

Jean-Marc Puissesseau avait chiffré la sécurisation nécessaire du port à 14,5 ou15 millions d’euros. C’est précisément cette somme que la Grande-Bretagne s’engage à verser en trois ans, et le président de la CCI sait déjà comment il va l’utiliser. « D’abord, on met en place une clôture le long de la rocade, jusqu’à la limite de l’emprise portuaire, c’est-à-dire la sortie menant à la zone des Dunes. » En tout, quatre kilomètres de clôture de quatre mètres de haut, surmontée de fil barbelé. « Bien sûr, il restera des points d’accès, quatre en tout. Mais ce sera plus facile à surveiller que deux kilomètres totalement ouverts, prévoit Jean-Marc Puissesseau. Au moins cela empêchera des vagues de plusieurs centaines de personnes prenant d’assaut les camions. Ce n’est vraiment pas de gaieté de cœur que je prévois cela, mais on ne peut plus faire autrement : l’activité du port commence à souffrir de cette situation. »

D’autres travaux seront ensuite menés pour améliorer la fluidité du trafic, empêcher les ralentissements et rendre plus difficiles les tentatives d’intrusion : « Nous allons augmenter le nombre d’aubettes destinées à l’immigration britannique, à condition qu’ils mettent plus de personnel, créer un cheminement routier et un grand parking sécurisé pour délester le trafic en cas d’affluence », précise encore Jean-Marc Puissesseau, qui avoue également son soulagement : « Ces mesures vont contribuer à rassurer nos clients, nos transporteurs. Elles vont également favoriser la finalisation du dossier de Calais Port 2015, qui doit être voté avant la fin de l’année. »

Les réactions : historique ou déjà vu

Natacha Bouchart

La maire de Calais ne s’y trompe pas : l’accord franco-britannique est un « signal très fort, un acte fondateur et important que je salue. » Si elle mesure l’aspect historique de cet accord, elle estime qu’il valide le discours qu’elle tient depuis quelques semaines. « Je pense que ma menace de fermer le port a été entendue, cela a eu un écho auprès du gouvernement britannique », affirme-t-elle. Autre motif de satisfaction : « La place de Calais et sa souffrance ont été entendues, les messages que j’ai portés au ministre aussi, c’est là que le rôle d’un élu prend tout son sens. »

L’accord en lui-même porte principalement sur la sécurisation du port, contre laquelle s’était positionnée Natacha Bouchart il y a quelques jours : « J’ai évolué sur cette question, je n’avais pas encore vécu les tentatives de ces derniers jours ». Mais le texte est en revanche moins précis sur le projet d’accueil de jour qu’elle défend : « C’est toujours en cours de discussion avec le ministre, avec le préfet. Mais la prise en charge au niveau européen qui est essentielle, est évoquée dans l’accord. C’est très important, même s’il reste encore beaucoup à faire. Comptez sur moi pour être vigilante sur l’application de cet accord », conclut la maire, qui rencontrera une nouvelle fois Bernard Cazeneuve, le 7 octobre à Paris.

Yann Capet, député PS

« Que la Grande-Bretagne change ainsi sa position, c’est considérable. Je salue l’humilité et la détermination avec lesquelles Bernard Cazeneuve a travaillé sur ce dossier. Il prouve que quand on ne se place pas dans une logique de communication ou de buzz, on arrive à des résultats. »

Jacky Hénin, conseiller municipal PC

« Pour la première fois, la Grande-Bretagne admet qu’elle doit prendre sa part, c’est très positif, mais il lui reste à régler des choses chez elle. Tant qu’il n’y a pas là-bas de carte d’identité et tant qu’on peut y travailler au noir, les migrants voudront y aller. Une question reste en suspens : que fait-on des 1 500 personnes qui sont là actuellement ? La Grande-Bretagne ne pourrait-elle pas les accueillir chez elle, comme elle avait accueilli des migrants à la fermeture de Sangatte ? »

Jean-Claude Lenoir, association d’aide aux migrants Salam

« Je crains que tout cela ne soit que du déjà-vu, du saupoudrage. La solution, c’est de prévoir un accueil et une orientation globale dès que les migrants arrivent sur le territoire européen, de prévoir des maisons des migrants, des centres de pause. L’urgence absolue, c’est de décongestionner Calais, car là, avec 1 000 ou 1 500 personnes, on ne peut rien faire. Quant à la chasse aux passeurs, cela me fait sourire. Ici, tout le monde les connaît et personne ne les arrête ! »

Gilles Debove, syndicat unité SGP POLICE-FO

« On prend acte et on se réjouit de la prise de conscience côté britannique. L’ accord prévoit des moyens financiers pour sécuriser le port. Nous demandons aussi des moyens humains pour continuer d’assurer notre mission de service public. »

Les termes de l’accord

L’annonce en a été faite ce samedi matin par le ministère de l’Intérieur : la France et le Royaume-Uni ont conclu un accord sur la « gestion de la pression migratoire » à Calais, qui prévoit notamment une contribution britannique de 15 millions d’euros en trois ans pour sécuriser le port.

Cet accord prévoit notamment une contribution britannique de 15 millions d’euros en trois ans pour sécuriser le port. Selon Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur, le Royaume-Uni « reconnaît » être « responsable avec la France des mesures urgentes et de long terme qui doivent être mises en place » pour « dénouer la crise que connaît la question migratoire à Calais depuis plusieurs années ».

Cet accord, conclu après « trois semaines de négociations » entre le ministre français et son homologue britannique Theresa May, prévoit la création d’un « fonds commun », « alimenté par une contribution britannique de cinq millions d’euros par an pendant trois ans, soit 15 millions d’euros au total », selon le gouvernement français, qui ne précise pas à ce stade son propre apport.

« Ce fonds financera des actions destinées à sécuriser le port de Calais », dont l’agencement sera « modifié pour améliorer les contrôles et fluidifier le trafic », et à « protéger les personnes vulnérables », précise le ministre. Le renforcement de la sécurisation du port inclura notamment la construction de « barrières solides le long de la rocade » d’accès. « Dans l’attente de ces installations permanentes, des solutions temporaires devront être mises en place dès que possible afin d’offrir immédiatement une plus grande sécurité au public et aux transporteurs. »

La coopération policière contre les filières de passeurs sera « renforcée » avec des échanges de policiers, et des « campagnes d’informations communes » menées auprès des migrants « pour expliquer le caractère illusoire et dangereux du passage clandestin vers le Royaume-Uni », ajoute-t-il.

En déplacement fin août à Londres et dans nos colonnes, Bernard Cazeneuve avait appelé le gouvernement britannique à « prendre ses responsabilités » pour aider à endiguer l’immigration illégale depuis Calais. La maire, Natacha Bouchart, avait menacé pour sa part de bloquer le port sans « geste fort » de Londres.

Les fonds prévus financeront également l’accueil de jour souhaité par la maire de Calais Natacha Bouchart et contribueront à améliorer la prise en charge humanitaire des migrants du Calais. Natacha Bouchart a salué l’accord, espérant qu’il permettra de relâcher la pression : « Je ne sais pas s’il sera suffisant, mais c’est en tout cas déterminant. »

Quelque 1 400 à 1 500 clandestins, selon les autorités, principalement originaires du Soudan et d’Érythrée, se trouvent actuellement à Calais et dans les environs avec l’espoir de se rendre en Grande-Bretagne pour y demander l’asile, en traversant la Manche. Des tentatives d’intrusions massives ont régulièrement lieu et de violentes rixes ont opposés début août des migrants d’Afrique de l’Est.

Point de vue : nouvelle ère

L’accord trouvé entre Londres et Paris revêt, au moins sur le papier, une portée historique. Alors qu’elle semblait s’en laver les mains avec un zeste de condescendance depuis les accords du Touquet de 2003, la Grande-Bretagne admet qu’elle doit désormais prendre sa part dans la gestion des migrants qui s’amassent, plus que jamais, à Calais. Il faut sans doute voir autant de pragmatisme que de philanthropie dans ce revirement, mais au moins celui-ci ouvre une nouvelle ère.

Ce texte est historique aussi car pour la première fois, un gouvernement semble avoir pris la mesure, dans toutes ses dimensions, du désastre qui se noue sur nos côtes, sans prétendre régler définitivement la question. En recherchant l’équilibre entre sécuritaire et humanitaire, en considérant aussi bien la détresse des migrants que l’exaspération des Calaisiens, en élargissant le point de vue à l’échelle européenne, il est en tout cas porteur d’espoirs.

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Calais : la mairie veut interdire aux migrants de jouer à la Citadelle

15 septembre 2014 - La Voix du Nord - Marie Goudeseune

Plusieurs migrants et leurs soutiens se sont réunis dimanche à la Citadelle pour jouer au foot, comme ils le font presque chaque semaine. Mais des élus sont intervenus pour leur demander de partir...

Leur présence n’avait jusqu’ici pas posé de problème. La preuve, peut-être, c’est que le premier adjoint Emmanuel Agius n’était même pas au courant qu’ils jouaient là depuis plusieurs années ! L’équipe de football des migrants, menée par le Calaisien Jérémie Jacquemin - fervent défenseur des exilés - a reçu dimanche la visite de plusieurs élus qui leur ont demandé de partir, alors qu’ils étaient en train de jouer au football sur l’ancien terrain de rugby de la Citadelle.

Motif : pour pouvoir jouer sur ce terrain, il faut avoir l’autorisation de la mairie. Le concierge est intervenu le premier, suivi de Philippe Mignonet, adjoint à la sécurité et de l’adjoint Gérard Grenat, qui était ce jour-là élu d’astreinte. Mais ce n’est pas tout : la police nationale s’est également déplacée ainsi qu’un huissier de justice venu constater les choses. Le premier adjoint Emmanuel Agius était là aussi.

Il y avait ce dimanche-là une soixantaine de migrants répartis en équipes et occupés à jouer au foot, ainsi que plusieurs Calaisiens qui les accompagnaient, et qui ont refusé de quitter les lieux. « Depuis toujours, les familles et les jeunes viennent jouer à la Citadelle, a réagi hier Marie-Pierre, une Calaisienne qui était là dimanche. De quel droit nous empêche-t-on de jouer ? On ne nous a même pas montré de réglementation disant qu’on n’a pas le droit d’être là ! » Jérémie Jacquemin affirme quant à lui que l’équipe des migrants « n’a jamais fait d’ombre à aucun club. Nous avons toujours respecté le SOC (l’équipe de handball, ndlr) et l’équipe de football américain, et à chaque fois que le concierge nous a demandé des choses, nous avons respecté ces décisions. » L’équipe vient s’entraîner là depuis plus de deux ans, avec l’idée de créer du lien et de faire tomber les barrières. Pas sûr qu’on la laisse revenir la semaine prochaine.

Il y a ceux qui ont le droit, et ceux qui n’ont pas le droit

Il y a ceux qui ont le droit, et ceux qui n’ont pas le droit. Par exemple, pour Emmanuel Agius, un « enfant de 10 ans » a le droit de jouer au ballon à la Citadelle. Mais « des migrants en train de jouer avec des No Border, en masse, sans prévenir », ça non.

Il y a un immense parc, à Lyon, qui s’appelle le parc de la Tête d’Or. Là-bas, le week-end, les familles se retrouvent et jouent au foot sur l’herbe, un peu partout. Elles en ont le droit... et c’est vraiment sympa. On a fait cette remarque à Emmanuel Agius, hier, parce que le parc de la Tête d’Or est un lieu public, un peu comme la Citadelle. « Mais chère Madame, nous a répondu l’élu, à Lyon ils font ce qu’ils veulent ! » Et à Calais ?

À Calais, si l’on ne fait pas partie d’un club, à moins d’être « un enfant de 10 ans » ou d’avoir les faveurs de Madame la Maire, on n’a pas le droit de jouer au ballon (depuis dimanche en tout cas !). Oui, il paraît même que c’est comme ça « partout à Calais ».

On peut « déambuler », en revanche, nous rassure Emmanuel Agius. Déambuler, mais pas se regrouper : n’oublions pas qu’un arrêté anti-regroupement a été pris il y a quelques semaines ! On a le droit donc de déambuler dans la ville. Et si l’on a vraiment envie de jouer au football, alors il faut avoir 10 ans. Ou demander l’autorisation à la mairie. « C’est la moindre des choses », répète le premier adjoint. Le problème, c’est que les migrants qui veulent jouer au foot n’ont en général pas 10 ans. Et qu’ils sont toujours accompagnés de leurs amis, ceux qu’Emmanuel Agius qualifie à l’envi de « hors-la-loi », d’« ennemis », de « repris de justice », de « No border ». Bref, on doute fort, à l’entendre, que « ces gens-là » obtiennent un jour les faveurs de la municipalité !

« Ils n’ont pas le droit de rester là »

Emmanuel Agius est le premier adjoint de Natacha Bouchart. Il n’avait jamais remarqué, dit-il, que les migrants et leurs soutiens se réunissaient à la Citadelle pour jouer au foot chaque week-end. Selon lui, ils n’en ont tout simplement « pas le droit ».

- Pourquoi êtes-vous intervenu dimanche à la Citadelle ?

« Parce que ces gens ne peuvent pas aller en masse, comme ça, sans prévenir, jouer sur ce terrain réservé aux entraînement de foot et de rugby. Les migrants étaient en train de jouer pendant que des No Border étaient assis et applaudissaient leurs performances. Je leur ai rappelé leurs droits. Un huissier est d’ailleurs passer faire un constat. Quand nous sommes revenus vers 17 h 30, ils étaient partis. »

- En quoi n’ont-ils pas le droit de jouer sur ce terrain ?

« C’est un terrain d’entraînement : ils doivent demander une autorisation pour pouvoir y jouer et c’est la maire qui décide de leur autoriser ou non. On ne joue sur ce terrain que si on fait partie d’un club sportif, d’une association ou si on a l’autorisation. »

- Cela fait au moins deux ans que ces matchs ont lieu. Et jusqu’ici, personne ne s’y était opposé...

« Peut-être que nous n’avons pas été assez vigilants. Mais ce n’est pas parce qu’un million de personnes fait une connerie que ça n’est pas une connerie. J’ai été mis au courant dimanche, et quand j’ai vu que c’était un groupe de No Borders qui organisait ce genre de choses, je me suis dit qu’on ne pouvait pas laisser passer ça. C’est une question de principe. Le dimanche précédent déjà, ils voulaient organiser leur petite sauterie à la Citadelle, avec un barbecue et de la musique ! »

- Y a-t-il d’autres endroits où ils pourraient jouer au football ?

« On peut déambuler dans les lieux publics, mais pour le reste, il faut demander une autorisation à la mairie. On ne joue pas au ballon dans les parcs, en tout cas pas de cette façon ! S’ils demandent l’autorisation, la maire en décidera. Moi en tout cas, je ne donnerais pas d’avis favorable aux No Border : ces repris de justice sont clairement mes ennemis. »

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Un arrêté d’expulsion déposé pour le squat Blériot

15 septembre 2014 - Nord Littoral - V. P.

Occupée depuis plus d’un an par une dizaine de migrants au départ, puis une quarantaine aujourd’hui dont une quinzaine de mineurs (de nationalités égyptienne, palestinienne et syrienne), le squat situé au 153 de l’avenue Blériot semble vivre ses dernières heures.

Vendredi après-midi, un arrêté d’expulsion a été affiché sur la façade de la maison, papier qui avait disparu le lendemain. Ce document est la conséquence d’une plainte du propriétaire des lieux en décembre 2013 suite à une mise en demeure de la mairie de Calais.

Sur ce document rédigé le 2 septembre dernier par le vice-président du tribunal d’Instance de Calais, Jean-François Le Pouliquen, il est mis en évidence, pour justifier cette expulsion, « l’occupation des lieux sans droit ni titre par des personnes qui n’ont pas accepté de se faire identifier » et aussi « la vétusté et l’insalubrité des lieux ». Par ces motifs, le vice-président du tribunal d’instance a ordonné l’évacuation des lieux qui pourra se faire à tout moment à partir de maintenant.

Du côté des riverains, on s’inquiétait quelque peu de l’évolution du squat : « Au début, les migrants étaient entre une dizaine et une vingtaine, ça ne posait aucun problème. Mais là, ça commence à poser quelques questions concernant leur sécurité et leur santé », confie un commerçant proche du squat. Un autre riverain confirme, comme d’autres de ses voisins, « n’avoir jamais de problèmes d’insécurité avec les migrants. Tout juste quelques incivilités du style jeter des papiers à terre, comme certains Français le font, mais ils les ramassaient toujours sans aucune agressivité lorsqu’on le leur demandait. Ils sont très pacifiques et restent tranquilles ».

Du côté des associations, on condamne cette expulsion : « Le jugement se fait en tenant compte de manière exclusive des droits du propriétaire, ignorant les pans de la législation française concernant le droit au logement, le droit inconditionnel à l’hébergement d’urgence, tout comme ce qui découle de la situation de dénuement des personnes concernées ou la vulnérabilité de certaines d’entre elles – comme les enfants. Une illustration parmi d’autres des distorsions des institutions sous l’effet de l’impératif de la chasse aux exilés », déclare Philippe Wannesson, de Passeurs d’Hospitalité.

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Calais : la préparation des repas aux migrants bientôt gérée par l’État ?

9 septembre 2014 - La Voix du Nord - Marie Goudeseune

Le préfet du Pas-de-Calais a proposé vendredi dernier aux associations chargées de la distribution des repas aux migrants d’être déchargées de la partie « préparation des repas ». Elles ne disent pas non...

Cette proposition, le préfet du Pas-de-Calais l’a émise vendredi dernier lors d’une réunion avec les associations. Dans le projet d’accueil de jour au camp Jules-Ferry, Salam et l’Auberge des migrants n’auraient plus à préparer les repas.

Pour Christian Salomé, de l’Auberge des migrants, cette proposition est tout à fait acceptable : « Avec 200 ou 300 repas à servir, on se débrouillait. Avec 800, on n’y arrive pas. On est obligés de préparer une partie la veille, du coup la nourriture refroidit et on n’a pas de moyens pour la réchauffer. On craint les intoxications alimentaires et nos locaux ne sont plus adaptés. Ce n’est pas un travail pour des retraités : nous, on cherche surtout le contact avec les migrants. » D’après lui, l’État pourrait lancer prochainement un appel d’offres auprès des entreprises.

C’est sur ce point que le président de Salam se questionne : « La proposition semble bonne à tous les points de vue. Mais elle sera coûteuse : il faudra compter entre 3 et 5 € par repas, alors qu’aujourd’hui, la nourriture utilisée vient principalement de dons ». Jean-Claude Lenoir admet toutefois que l’actuel mode de préparation des repas « est dépassé » : pour lui, une confection « industrielle » ne sera justifiée « que si le projet fonctionne dans sa globalité, avec une vraie prise en charge des migrants qui permette de désengorger Calais ».

Contactée ce mardi, la préfecture n’a pas souhaité communiquer sur ce sujet.

800 repas distribués en une heure

Lundi, 17h30. Le camion de Salam doit arriver d’une minute à l’autre et déjà, des centaines de migrants font la queue quai de la Moselle. Quand on est bénévole, on a le choix entre deux missions : faire le gendarme pour s’assurer que personne ne double dans la file, ou servir la nourriture. Contrairement aux apparences, la seconde option n’est forcément pas plus facile : quand la camionnette arrive enfin (on se demande d’ailleurs comment elle peut contenir 800 repas et tout le matériel nécessaire !), il faut aller vite. Sortir les gamelles et les caisses, installer les tables, se tenir prêt. Des migrants donnent un coup de main.

La distribution commence, elle durera une bonne heure. Tout s’enchaîne très vite, de façon très cadrée. Pour les fruits par exemple, on commence par les morceaux de melons et d’ananas, qu’on tend à main nue. Les melons et ananas épuisés, on passe aux caisses de prunes (deux par personne), puis aux raisins (une grappe chacun, plus ou moins grosse) avant de servir les bananes. Pas question de tergiverser si un exilé préfère tel ou tel morceau, tel ou tel fruit (les bananes sont très convoitées) : il prend ce qu’on lui donne, un point c’est tout ! La file d’attente ne désemplit pas et il faut que tout s’enchaîne de façon fluide. Comme dit Jean-Claude Lenoir, cette distribution est « un travail d’équipe » qui nécessite « de la discipline » : c’est la condition selon lui pour que tout se passe bien et que la dizaine de bénévoles parvienne à servir 800 repas sans heurts. On a à peine le temps de lever les yeux pour voir les visages qu’on sert (ceux d’enfants et de femmes parfois). À 19 h, tout est déjà fini.

Qui finance quoi aujourd’hui ?

Subventions

L’État ne finance pas le distribution des repas actuellement. Les subventions viennent des collectivités : l’Auberge des migrants reçoit 3 000 € annuels de la Ville de Calais, 5 000 € du conseil général et 6 000 € de la Région. « Le reste, c’est de notre poche et ce sont des dons », précise Christian Salomé.

Dépenses

Les principales dépenses concernent les charges, comme le détaille Jean-Claude Lenoir, de Salam : « 400 à 500 € par mois de gaz, 1 000 € par mois d’électricité et 1 000 € pour acheter les contenants. »

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Calais : un tournoi de football pour faire face à la manifestations anti-migrants

8 septembre 2014 - La Voix du Nord - Olivier Pecqueux

À huit cents mètres à vol d’oiseau de la mairie, sur le complexe sportif Pierre-de-Coubertin, les pro-migrants ont improvisé ce dimanche après-midi un tournoi de football auquel ont participé une centaine de réfugiés. Huit équipes, dont certaines étaient également composées de bénévoles d’associations et de No Borders, ont tapé dans le ballon jusqu’à la distribution des repas, vers 18 h. Derrière les rencontres amicales se devinait un double message : ouverture et intégration.

Le sport comme vecteur d’intégration. Dimanche après-midi, c’est en partie le message que voulaient transmettre les associations œuvrant auprès des migrants, en organisant un tournoi de football sur les terrains en dur du complexe Coubertin. C’est sur le terrain de handball en fait, bordé par quelques bandes enherbées, que les pro-migrants ont trouvé une solution de repli. La veille en effet, la Ville de Calais avait interdit aux migrants et aux associations l’accès à la Citadelle, prétextant « l’absence de demande officielle ». Un argument ainsi balayé par Maël Galisson, de la plate-forme de services aux migrants : « Tous les dimanches depuis des mois, des migrants viennent jouer à la Citadelle pour se détendre. On ne comprend pas cette interdiction. »

Avec en fond sonore des musiques engagées, le tournoi amical s’est tenu dans une ambiance détendue. « Notre idée, c’était de créer un temps de rencontre avec la population calaisienne, un moment d’ouverture et de tolérance, poursuit Maël Galisson. Des groupes et des responsables politiques veulent mettre de la distance entre les populations. J’aurais souhaité une plus grande présence de Calaisiens, pour qu’ils apprennent à connaître les migrants. » Au bord du terrain, le public était essentiellement composé de bénévoles habitués à aider les clandestins, de sympathisants et de No Borders. « Le football est un moyen de créer du lien, on le voit avec des équipes amateurs du Calaisis qui ont déjà invité les formations de migrants à disputer des matches amicaux », commente Philippe Wannesson, de l’association Passeurs d’hospitalité.

Attentif à l’évolution de la manifestation de Sauvons Calais place de la mairie, les pro-migrants ont reçu la visite, vers 15 h 45, d’une soixantaine d’antifascistes surveillés de très près par les forces de l’ordre. Certains, avec des véhicules immatriculés en Belgique, ont vite quitté les lieux. D’autres sont restés pour participer à la fête.

Abbé Boutoille : « La situation s’aggrave »

Autrefois porte-parole du collectif C’Sur qui rassemblait, avant sa dissolution, les associations aidant les clandestins, l’abbé Jean-Pierre Boutoille porte un regard averti sur la question de l’immigration clandestine à Calais. En 2002, tandis que Nicolas Sarkozy fermait l’ancien hangar à voussoirs de Sangatte, il accueillait dans son église, au Courgain maritime, les migrants afghans et irakiens réclamant un toit et le droit à l’exil vers l’Angleterre.

Que vous inspire la situation actuelle à Calais, entre tensions liées au nombre de clandestins et manifestations anti-migrants ?

« La situation s’aggrave, avec un nombre de migrants encore jamais enregistré à Calais. Mais en douze ans, hormis le nombre, rien n’a changé finalement pour les migrants qui dorment toujours dehors. Opposer les migrants et les Calaisiens, c’est une drôle de politique qui a été menée par la municipalité. L’appel à la délation facilite l’émergence de comportements hostiles, entraînant aujourd’hui de telles manifestations. Quant aux migrants, on sent leur impatience. Cet hiver, le local du BCMO ne sera pas suffisant. »

Que pensez-vous du projet de Natacha Bouchart d’ouvrir un centre pour migrants au camp Jules-Ferry ?

« Ce projet est retoqué et on se dirige vers un lieu d’accueil de jour. C’est exactement le projet que nous avions finalisé avec Jacky Hénin, en 2008, avant sa défaite aux municipales. Lors du premier conseil des migrants, Natacha Bouchart avait annoncé renoncer à ce projet. Je lui avais dit qu’un jour ou l’autre, elle devrait revenir sur ses positions. »

Quel est votre engagement aujourd’hui ?

« Je suis présent au vestiaire de la rue de Croy, je fais le lien avec les associations du Boulonnais où j’exerce toujours dans plusieurs paroisses. Je réponds aux sollicitations des établissements scolaires, comme Jeanne-d’Arc ou Saint-Pierre à Calais ou encore l’école d’infirmières, qui veulent que je témoigne sur la situation des migrants. »

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Calais : deux cents migrants demandent « l’arrêt des violences policières », la police répond

5 septembre 2014 - La Voix du Nord - Chloé Tisserand

Ce vendredi, environ deux cents migrants ont manifesté du quai de la Moselle à la place d’Armes où ils se sont réunis en cercle. Ils ont réclamé de meilleures conditions d’accueil et ont dénoncé des violences policières. Le sous-préfet et un représentant de syndicat de police se sont exprimés sur ce point.

Béret à carreaux, costume et chemise, Abdallah, originaire du Soudan, se maintient debout à l’aide d’une béquille. Il montre son bandage au pied. « C’est la police qui m’a attaqué, c’est comme ça toujours dans le train, dans la rue, à la frontière », explique-t-il. Un des meneurs de la manifestation montre un jeune, le bras plâtré et scande en anglais : « Stop à la violence policière ». C’est un des messages - en plus d’un besoin de plus de protection, de droits et de conditions de vie dignes - que les exilés, en majorité originaires du continent africain, ont voulu partager.

Maintien de l’ordre

Une permanence d’écoute pour les violences policières a été créée afin de « recueillir les témoignages des migrants et leur proposer, pourquoi pas, de porter plainte, explique un militant en marge de la manifestation. L’idée est de constituer un dossier et de l’envoyer au défenseur des droits pour qu’il interpelle l’État. » Un numéro de téléphone sera communiqué aux exilés. Pour le moment, ils sont huit bénévoles, dont la juriste de la plateforme de service aux migrants (PSM), à se rendre dans les « jungles » et les squats pour prendre des contacts directs.

Le cortège, parti du quai de la Moselle, finit par former un cercle place d’Armes et affiche des grandes pancartes « UNHCR ? » « Nous n’avons pas de lieu où rester ».

Gilles Debove, représentant du syndicat de Police SGP Police FO, a assisté à la manifestation. « C’est honteux et dégradant pour l’institution de police. Quand on sort des migrants cinq à six fois des camions, ils peuvent considérer ça comme du harcèlement mais nous, on fait notre travail. Il y a une grosse pression migratoire, donc plus de policiers et ça dérange le plan des migrants qui pointent du doigt une pression. » Il ajoute : « On dit que c’est un sujet tellement sensible que nous devons faire attention. Qu’on nous montre des vidéos de policiers qui frappent des migrants ! »

De son côté, le sous-préfet Denis Gaudin indique : « À partir du moment où les migrants font monter la pression et se livrent à des comportements anormaux (assaut des clôtures du port), les policiers font leur travail et les repoussent à l’extérieur. Ils sont là pour remettre de l’ordre à un trouble dont le fait générateur est le comportement des migrants. »

Appel à bénévoles pour la permanence d’écoute (perm.violences.calais@gmail.com)

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Deux responsables du Haut Commissariat aux réfugiés en visite de terrain à Calais

4 septembre 2014 - La Voix du Nord - Marie Goudeseune

Deux responsables du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) se sont rendus à Calais ce mercredi. Cette visite fait suite à l’annonce du ministre de l’intérieur d’ouvrir un centre d’accueil pour migrants à Calais. Lors de sa rencontre avec la maire Natacha Bouchart mardi, l’hypothèse d’une participation du HCR à ce nouveau centre avait d’ailleurs été évoquée.

Le directeur pour l’Europe et le responsable en France du HCR se sont rendus ce mercredi à Calais, où ils ont visité la « jungle » de Tioxide, assisté à la distribution des repas et rencontré à la fois des migrants et les associations qui leur viennent en aide. « On pense qu’un bon nombre seraient reconnus comme réfugiés s’ils faisaient une demande d’asile, mais ils doivent en être informés », a déclaré William Spindler, porte-parole du HCR en France. Les deux responsables ont également rencontré le sous-préfet de Calais Denis Gaudin et la maire, Natacha Bouchart. Ils devaient s’entretenir dans la soirée avec le préfet de Calais, Denis Robin. « Les gens qui demandent l’asile en France ont le droit d’être hébergés », a également souligné M. Spindler. « Notre idée, c’est de fournir des informations à ces personnes pour qu’elles comprennent les différentes options, dont la demande d’asile en France », a ajouté le porte-parole, qui a salué l’annonce par les autorités d’ouvrir un accueil de jour à Calais.

Le plan Cazeneuve pour Calais, en six points

Créer un accueil de jour à Calais

L’idée : « Éviter l’errance des migrants dans le centre de Calais et leur apporter une aide humanitaire d’urgence ».

Héberger les migrants les plus vulnérables

Femmes, enfants : ils seront hébergés mais pas dans l’accueil de jour. « Je ne veux pas de Sangatte-bis », dit le ministre qui aurait également promis une tolérance zéro pour les squats. Cet hébergement pourrait s’organiser à l’extérieur de Calais.

Contraindre les Britanniques à prendre leurs responsabilités

Bernard Cazeneuve leur a demandé d’être plus présents à Calais « pour dissiper les mythes sur l’eldorado anglais » et participer « à la sécurisation du port et aux actions humanitaires ».

Démanteler les filières de passeurs

Et ce par une « coopération renforcée » avec les Britanniques.

Maîtriser davantage les flux migratoires

C’est l’objectif de l’opération européenne « Frontex plus », qui vise à renforcer la surveillance des frontières extérieures de l’UE. Bernard Cazeneuve souhaite aussi que les États membres respectent davantage les règles européennes d’enregistrement des migrants.

Être plus ferme avec les migrants qui ne répondent pas à l’asile

« Quiconque sera interpellé en tentant une traversée illégale fera l’objet d’une procédure rigoureuse », ont prévenu le ministre et son homologue britannique. « Des vols de retour cofinancés en direction de certains pays-clés » seront même « accrus ».

Accueil de jour : ce qu’ils en pensent

Que pensent-ils du projet d’accueil de jour annoncé par le ministre Cazeneuve ? Cette question, nous l’avons posée à Maël Galisson, qui coordonne les différentes associations de soutien aux migrants sur le littoral, ainsi qu’à l’ancien maire de Calais Jacky Hénin. Voici leurs réponses.

Maël Galisson, coordinateur de la plateforme de service aux migrants : « Je ne pense pas que les associations soient satisfaites. Elles sont fatiguées de faire ce que l’État ne fait pas. L’accueil de jour n’a jamais été porté par les associations. On ne peut pas donner à manger, soigner et dire aux migrants d’aller dormir dans un fossé ou dans un buisson, c’est quelque chose d’inacceptable. Les associations étaient mobilisées sur la maison du migrant. L’État met de côté l’hébergement d’urgence alors que cela fait partie de ses prérogatives. Il s’agit-là d’un petit écran de fumée pour oublier ses obligations. L’État pilote les choses et les associations sont mises hors jeu. On est presque spectateur et notre expertise de terrain en tant que militant et bénévole n’est pas considérée. »

Jacky Hénin, ancien maire communiste de Calais, conseiller municipal d’opposition : « On va passer très vite sur la course à l’échalote sur qui est passé le premier chez le ministre et qui a obtenu satisfaction. L’idée de l’ancien ministre de l’intérieur Manuel Valls semble mise en avant, avec ce projet d’accueil de jour. Moi je dis allons-y, prenons cette décision, tout en sachant que très vite, ils vont se rendre compte que ça ne suffit pas : quand la nuit va tomber, les gens seront livrés à eux-mêmes ! Si le ministre propose un hébergement à l’extérieur de Calais, comment vont-ils s’y rendre ? Ils vont dans tous les cas revenir à Calais car ils veulent aller en Angleterre ! La suite logique de cet accueil de jour, pour moi, c’est qu’il y ait un hébergement pour les migrants : laissons-les commencer avec cet accueil, l’hébergement se fera naturellement à la suite. »

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Une centaine de migrants pénètrent dans l’enceinte du port de Calais : « Une situation inacceptable »

3 septembre 2014 - La Voix du Nord - Marie Goudeseune

Ce mercredi après-midi, la tension a atteint un pic au port de Calais en proie depuis plusieurs semaines à une situation compliquée. Lors des grosses journées de trafic, des migrants prennent en effet d’assaut les camions circulation sur la rocade d’accès au port pour s’y dissimuler et tenter le passage clandestin vers l’Angleterre.

Ce mercredi après-midi vers 15 h 30, une centaine de migrants ont pénétré dans l’enceinte même du port. La plupart ont été amenés hors de l’enceinte par les forces de l’ordre et des fouilles ont été effectuées pour trouver une quinzaine d’exilés qui s’étaient cachés dans les camions. Les passerelles qui mènent aux ferries ont dû être levées, selon la chargée de communication du port de Calais. L’accès au port a été bloqué pendant une trentaine de minutes. Le représentant du syndicat de Police SGP Police FO, Gilles Debove, témoigne : « J’ai vu 500 à 600 migrants de part et d’autre de la rocade et d’un coup une grosse vague s’est dirigée vers l’hovercraft où sont stationnés les camions. Ils ont escaladé des grilles et sont entrés dans l’enceinte du port. » Une trentaine d’agents de la sécurité publique, douze de policiers de la police aux frontières ont été rejoints par un effectif plus conséquent. Les forces de l’ordre ont éloigné les migrants vers la zone des Dunes.

« Calais bientôt Melilla ? »

« Cela crée un désordre et des mouvements presque de peur, a réagi Jean-Marc Puissesseau, président de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI), gestionnaire du port. Le personnel a fermé les contrôles ce qui a fait reculer les camions sur la rocade. Je réclame que les forces de l’ordre soient là en permanence pour intervenir tout de suite. La situation est inacceptable, le port est en première ligne dans un état de siège. C’est anormal ou alors il faut fermer le port ! »

De son côté, Maël Galisson de la plateforme de service aux migrants (PSM) qui regroupe une majorité d’associations d’aide aux migrants, a indiqué que « ce qui se passe au port n’est qu’une résultante de la situation. Les migrants prennent de plus en plus de risques. La gestion uniquement policière ne fait qu’en rajouter et entraîner cette situation. Nous avons des situations similaires au Maroc ou en Espagne (Melilla), c’est étonnant qu’à Calais on n’est pas vu ça avant étant donné les conditions de vie (harcèlement policier, absence d’hébergement). Cette réaction collective des exilés est quelque chose qu’on peut voir ailleurs ».

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Bernard Cazeneuve : « Je veux que les Anglais soient plus présents à Calais »

3 septembre 2014 - La Voix du Nord - Hervé Favre

De retour d’une tournée européenne, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve qui recevait ce mardi la maire de Calais Natacha Bouchart nous expose son plan pour réduire la pression migratoire. Mais pas question de rouvrir un Sangatte !

- Depuis la fermeture de Sangatte en 2002, tous vos prédécesseurs se sont heurtés à l’afflux des migrants vers Calais. Pourquoi auriez-vous plus de chances de réussir ?

J’ai une autre méthode. Je souhaite que l’on trouve pour Calais une solution globale, pour garantir un accompagnement humain aux migrants et apporter aux Calaisiens la sécurité et la tranquillité auxquelles ils ont droit. Nous pouvons y arriver en dégageant un consensus large avec les élus, les associations, et l’Europe, autour de mesures cohérentes et réalistes. Il faut aussi contraindre les Britanniques à prendre leurs responsabilités. Les précédents gouvernements ont souvent eu sur ce sujet le verbe haut sans résultats concrets. Je préfère une démarche d’humilité et de pragmatisme, sans promesses ni instrumentalisation politique, mais avec des solutions au bout.

- Vous revenez de votre tournée européenne avec des engagements ?

J’ai souhaité que la France soit à l’initiative pour répondre à un problème qui est international. Plus de 100 000 personnes ont migré vers l’Europe via la Méditerranée depuis le début de l’année. Une réponse européenne forte et coordonnée est indispensable. J’ai donc proposé à nos partenaires un plan en trois points : d’abord renforcer la surveillance des frontières extérieures de l’Union Européenne qui permette l’extinction progressive de Mare Nostrum, en faisant monter en puissance une opération européenne de contrôle au plus près des côtes, baptisée Frontex plus. Ensuite faire respecter par tous les Etats membres les règles européennes d’enregistrement des migrants pour une meilleure répartition des demandes d’asile. Enfin améliorer la coopération avec les pays de provenance pour démanteler les filières de l’immigration irrégulière, diminuer les départs et favoriser le développement. En une semaine nous avons obtenu l’accord de l’Italie, de l’Espagne, du Royaume-Uni, de l’Allemagne et de la Commission Européenne. C’est un pas décisif.

- Avec quel calendrier ?

Je souhaite que l’on aille vite et que Frontex Plus soit opérationnelle dès novembre. J’ai obtenu de la Commission européenne que ce travail commence tout de suite.

- Vous allez aussi accélérer le traitement des demandes d’asile mais les migrants de Calais ne veulent pas rester en France…

Pour combattre efficacement le discours cynique des passeurs, les services de l’Etat sont mobilisés afin que ceux qui relèvent de l’asile puissent en bénéficier, et qu’ils soient répartis dans des centres d’accueil partout sur le territoire national. Ensuite nous accentuons le démantèlement des filières à Calais. Nous obtenons des résultats : l’an dernier 203 filières ont été démantelées en France représentant mille interpellations, cette année nous en sommes déjà à 155 filières et près de 1 500 interpellations. Quant aux migrants qui viennent de pays où ils ne sont pas menacés, les reconduites auront lieu. Si on veut une politique d’accueil pour ceux qui en ont besoin, il est normal de ne pas garder en France ceux qui ne relèvent ni de l’asile ni des voies d’immigration légale. »

- En attendant que proposez-vous pour répondre à la situation d’urgence humanitaire à Calais ?

La première mesure est d’organiser un accueil de jour pour les migrants, qui évitera l’errance de ces personnes dans le centre de Calais et leur apportera l’aide humanitaire d’urgence. Je souhaite aussi des solutions d’hébergement pour les personnes les plus vulnérables. En revanche, je ne veux pas reconstituer un nouveau Sangatte, qui provoquerait un nouvel afflux.

- Qu’avez-vous demandé aux Britanniques qui nous laissent gérer l’afflux vers leurs côtes !

J’ai demandé fermement trois choses à nos amis Britanniques : une coopération renforcée pour le démantèlement des filières, qu’ils soient davantage présents à Calais pour dissiper les mythes sur l’eldorado anglais, et enfin qu’ils participent à la sécurisation du port et aux actions humanitaires.

- Quand viendrez-vous à Calais ?

Je viendrai avant la fin de l’année. Je ne veux pas venir pour promettre mais pour constater avec les élus et les Calaisiens les actions engagées.

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Migrants : ce qui ressort de l’entrevue entre le ministre de l’Intérieur et la maire de Calais

3 septembre 2014 - La Voix du Nord - Marie Goudeseune

Reçue mardi après-midi par Bernard Cazeneuve, la maire UMP de Calais est ressortie de cet entretien avec le sentiment d’avoir été « entendue ». « Pendant 1 h 20, nous avons pu vraiment échanger sur la forme et sur le fond », a déclaré Natacha Bouchart.

Le ministre de l’Intérieur et la sénatrice-maire se sont entendus sur plusieurs points. Ils souhaitent communément renforcer le dispositif Frontex de protection des frontières pour que les flux migratoires soient davantage maîtrisés à l’échelle européenne. Sur les relations franco-britanniques aussi, ils semblent avoir trouvé un terrain d’entente : « Bernard Cazeneuve est contre la révision des accords du Touquet. Dans ce cas, je veux que les Britanniques prennent en charge le préjudice qu’ils font subir à Calais. S’ils refusent, je suis prête à bloquer le port de Calais ! », plaide Natacha Bouchart. Des réunions de travail sont annoncées, avec l’idée de créer « un fonds commun d’engagement » par lequel la France, la Grande-Bretagne et l’Union européenne financeraient les coûts de la présence migratoire à Calais ainsi que la sécurisation du port.

Autre point abordé entre la maire UMP et le ministre : le projet de créer un centre pour migrants à Calais. Une entente semble également avoir été trouvée : un accueil de jour devrait être créé en périphérie de la ville, sur le site Jules-Ferry qui sert chaque été, depuis les années 60, de centre de loisirs. Le ministre s’oppose au volet « hébergement » que proposait Natacha Bouchart dans ce centre et propose d’organiser cet hébergement à l’extérieur de Calais.

Pour l’élue calaisienne, toutes les conditions sont réunies pour que ce dossier avance vite. Elle compte se rendre dès cette semaine au centre de loisirs Jules-Ferry en compagnie du préfet pour évaluer les lieux et dresser un cahier des charges avec les associations. L’hypothèse d’une gestion du site partagée entre les services de l’État, le HCR et des associations d’aide aux migrants a été abordée durant l’entretien. « Je dois revoir Bernard Cazeneuve avant fin octobre pour confirmer ce dispositif d’accueil, explique-t-elle. Le ministre s’est engagé en parallèle à ce qu’il n’y ait plus de squat à Calais, il a même employé l’expression squat zéro : c’est très important pour moi. »

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Bernard Cazeneuve confirme la création d’un accueil de jour des migrants au centre Jules-Ferry

3 septembre 2014 - Nord Littoral - Julien Pouyet

Natacha Bouchart s’est longuement entretenue hier au ministère de l’Intérieur avec Bernard Cazeneuve sur la question des migrants.

« Le ministre a accepté certaines de mes propositions et est prêt à en discuter d’autres » lâche Natacha Bouchart, visiblement satisfaite hier au sortir d’1h20 d’entretien avec Bernard Cazeneuve, place Beauvau, auquel Denis Robin, préfet du Pas-de-Calais, a été convié.

Le maire de Calais est venu avec des propositions concrètes : la limitation du flux de migrants arrivant à Calais, la renégociation des accords du Touquet, la création d’un dispositif tout au long du parcours et l’indemnisation des territoires victimes de l’immigration. Et elle estime avoir obtenu des réponses positives sur tous ces sujets : « Au cours de son tour d’Europe, il a notamment exigé de l’Italie qu’elle enregistre les migrants au niveau de ses côtes. Le niveau de surveillance de l’agence européenne en charge de la protection des frontières devrait être accru… »

Concernant les accords du Touquet, si le ministre avait expliqué à son homologue anglaise vendredi dernier que ces « accords ne valaient que s’ils étaient appliqués de part et d’autre de la Manche dans un esprit de responsabilité et de solidarité » explique une source au ministère, Natacha Bouchart précise que Bernard Cazeneuve lui a tout de même demandé d’« étudier les conséquences réelles qu’une remise à plat de ces accords auraient sur la ville de Calais. » Le maire a également évoqué devant le ministre les différents moyens que les élus possèdent pour faire pression sur la législation. « La situation est invivable. Quels sont nos moyens d’action ? Bloquer le port ? Faudra-t-il passer par là ? » se demande Natacha Bouchart, qui exige des contreparties financières.

Oui au site Jules-Ferry ?

Quid de sa principale proposition, celle de créer un centre d’accueil de 400 places pour les migrants sur le site de Jules-Ferry ? Natacha Bouchart assure que le ministre y a réfléchi et n’y serait plus opposé. « Il est d’accord pour que l’on étudie avec le préfet dès la semaine prochaine ma proposition d’un centre d’accueil de 400 personnes où l’on regrouperait aire de distribution de repas, de vêtements, les douches, etc., ainsi qu’un accueil pour le plan grand froid sur le site de Jules Ferry » se satisfait Natacha Bouchart. Sauf que le ministre parle bien d’« un accueil de jour » et non d’un centre d’hébergement. Mais le maire estime que ce centre irait plus loin qu’une simple maison de migrants. Du côté du ministère, on ne confirme pas le chiffre de 400. « Il a surtout été question de la gestion des flux. On n’est pas encore rentré dans le cœur du dispositif » nuance-t-on. Ce que confirme le ministère, en revanche, c’est que cet accueil pourrait être réservé en priorité « aux personnes les plus vulnérables, aux femmes et aux enfants ». A côté de ça, des maisons de migrants réparties sur plusieurs villes en dehors de Calais pourraient voir le jour. Outre ces solutions humanitaires, le ministre a également rappelé sa volonté de mettre fin à tous les squats à Calais. Ce dispositif global, Natacha Bouchart affirme qu’il viendra « le vérifier en personne à Calais » non pour faire des annonces mais pour en mesurer la réussite. « Il n’a pas donné de date mais il faudrait que l’on soit opérationnel avant l’hiver. »

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Migrants à Calais : Yann Capet se dit « optimiste » après sa rencontre avec le ministre Cazeneuve

2 septembre 2014 - La Voix du Nord - Marie Goudeseune

Le député PS et conseiller municipal d’opposition Yann Capet a été reçu ce mardi matin au ministère de l’Intérieur par le ministre Bernard Cazeneuve, afin d’évoquer la pression migratoire à Calais. Il ressort de cet entretien « optimiste » et persuadé qu’un « consensus » est possible. La maire UMP de Calais Natacha Bouchart rencontrera à son tour le ministre à 17 h ce mardi.

Yann Capet est rentré de Paris avec le sourire. « On va vers le consensus », a-t-il annoncé ce mardi après-midi à la presse, après avoir passé « 1 h 10 d’entretien » avec le ministre de l’Intérieur. Selon lui, Bernard Cazeneuve a la volonté « de ne pas s’inscrire dans la politique politicienne » et de « se saisir pleinement du sujet ».

Le ministre a annoncé au député PS qu’il allait contacter dès aujourd’hui Jean-Marc Puissesseau, président de la CCI Côte d’Opale (concessionnaire du port de Calais) et Daniel Percheron, président du conseil régional (propriétaire du port de Calais) pour leur proposer une entrevue. Ces dernières semaines, la situation au port de Calais s’est en effet tendue, les migrants tentant de jour comme de nuit de monter dans des poids lourds rejoignant l’Angleterre. « Bernard Cazeneuve a pleinement conscience des effets économiques néfastes de la pression migratoire sur le port de Calais », indique Yann Capet.

Faire participer les Britanniques

La question de l’ouverture d’un accueil de jour à Calais pour les migrants a été abordée durant l’entretien. « Pour Bernard Cazeneuve, il n’est pas pertinent de faire un Sangatte bis, a expliqué Yann Capet, faisant référence à la proposition de Natacha Bouchart de créer un centre de 400 places géré par l’État. Il veut en revanche pouvoir avancer rapidement sur la question d’un accueil de jour et m’a garanti que l’État était prêt à se mobiliser. » Plusieurs questions restent à étudier, selon le député : « Comment organiser l’accès à cet accueil ? Comment éviter qu’il soit utilisé par les No Borders, la mafia et les passeurs ? Par qui doit être géré cet accueil ? Comment assurer l’hébergement des personnes en situation de danger (femmes, mineurs notamment) ? » Le centre de loisirs Jules-Ferry (proposé initialement par Natacha Bouchart) est un des lieux envisagés pour créer cet accueil de jour. « Il a l’avantage d’être immédiatement prêt, mais l’inconvénient d’être trop proche du port de Calais », a expliqué Yann Capet.

D’après le député, les Britanniques pourraient être incités à participer « y compris financièrement » à la mise en place de cet accueil de jour et des éventuelles structures d’accueil qui le compléteraient : « Bernard Cazeneuve a beaucoup insisté sur le fait que les Anglais doivent être solidaires très concrètement, et pas seulement dans le discours, sur ce sujet : pas question qu’ils disent On s’en lave les mains. » Il est également question, selon le député PS, « que le gouvernement britannique envoie des personnes à Calais qui soient en capacité d’expliquer la vérité aux réfugiés » et que, côté français, la présence et les moyens de l’État dans la ville de Calais soient renforcés « avec des officiers supplémentaires à l’OFPRA et à l’OFII (Office français de l’immigration et de l’intégration) et plus de soutien financier de la part de l’État aux associations ».

Enfin, le député PS affirme que Bernard Cazeneuve a l’intention de venir à Calais, mais pas dans l’immédiat : « Il viendra à Calais quand ce dispositif sera lancé et se mettra en place ».

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